Soleil de plomb : La critique
Soleil de plomb, c’est trois histoire d’amour compliquées sur trois décennies dans un pays dans lequel l’origine des êtres humains compte plus que les liens qui peuvent les rapprocher.
C’est cette haine entre serbes et croates qui est au cœur du film, une animosité partagée qui laisse le spectateur pantois. À vrai dire, à regarder les divers protagonistes, il m’est impossible de prime abord de reconnaître qui est qui. Mais en sous-jacent traine cette sentence que le réalisateur lui-même s’est entendu dire par sa grand-mère lorsqu’ils parlaient de ses petites amies : « tant qu’elle n’est pas l’une des leurs ».
Dalibor Matanic a décidé de livrer un film fondé sur l’amour afin de montrer ce qui se passe dans son pays, mais aussi l’espoir qu’entraînent les nouvelles générations moins repliées sur des coutumes ancestrales et plus ouvertes aux autres.
Le film commence donc avant la guerre et met en images la passion qui lie deux jeunes gens. Ce premier segment à la Roméo et Juliette et le plus léger et gai du film. Le plus simple aussi, celui qui montre l’insouciance de la jeunesse et son espoir en l’avenir.
Le deuxième segment se passe après la guerre. Le pays est en reconstruction et c’est la rencontre entre une jeune femme qui revient au village avec sa mère et un jeune homme chargé des réparations de leur maison qui est le moteur de l’histoire. Ce passage est plus sombre, les morts de la guerre et la violence partagée hantant chacun des protagonistes.
Le dernier segment suit un jeune homme de passage dans sa région pour une grande fête. Mais ce qui va l’attirer est la femme qu’il a abandonnée suite aux conseils de ses parents. Une histoire bien plus adulte et profonde dans laquelle la joie et la luxure et laissent place à une réflexion plus profonde sur la famille et la vie. C’est aussi un récit qui laisse la porte ouverte à un avenir que le réalisateur espère plus ouvert.
Le lieu choisit est unique. Un village proche d’une plage, lieu de rencontre des habitants et de baignade des jeunes. Cet endroit, central dans l’histoire, est modifié pour chaque segment.
Le réalisateur a aussi choisi de garder pour chacun des segments les mêmes acteurs principaux et secondaires et de leur attribuer des rôles différents. Cet élément qui peut être perturbant au début renforce finalement la continuité de cet amour qui veut s’exprimer envers et contre tous.
Il faut aussi souligner la prestation de Tihana Lazovic et Goran Markovic qui incarnent trois personnages très différents et les rendent crédibles et attachants. Les personnages qu’ils interprètent sont très divers et ces derniers réussissent à leur donner une véritable âme à travers trois histoires d’amour extrêmement variées.
Soleil de plomb est un beau film dont le soleil omniprésent met en exergue les ombres qui se cachent aux cœurs des humains. C’est l’amour qui est mis en valeur à travers deux jeunes gens qui n’ont, à aucune des décennies montrées, le droit de s’aimer. Mais plus qu’un constat déprimant, le réalisateur montre les valeurs positives de l’humanité qui permettent de croire à un avenir meilleur dans lequel l’amour l’emportera sur la haine.
Une œuvre dure et sombre qui laisse entrevoir de l’espoir et dont la réalisation et l’interprétation parlent au cœur et à la raison.
À voir, ne serait-ce que pour se rappeler que la haine n’apporte ni beauté ni avenir.
SYNOPSIS
Soleil de Plomb met en lumière trois histoires d’amour, à travers trois décennies consécutives, dans deux villages voisins des Balkans marqués par une longue histoire de haine inter-ethnique. Soleil de Plomb est un film sur la fragilité – et l’intensité – de l’amour interdit.
Prix du Jury "Un certain regard" au Festival de Cannes 2015
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 2 h 03
– Titre original : Zvizdan
– Date de sortie : 30/03/2016
– Réalisateur : Dalibor Matanic
– Scénariste : Dalibor Matanic
– Interprètes : Tihana Lazovic, Goran Markovic, Nives Ivankovic, Dado Cosic, Stipe Radoja, Trpimir Jurkic, Mira Banjac, Slavko Sobin
– Photographie : Marko Brdar
– Montage : Tomislav Pavlic
– Musique : Alen Sinkauz, Nenad Sinkauz
– Costumes : Ana Savić Gecan
– Décors : Mladen Ozbolt
– Producteur : Ankica Juric Tilic pour Kinorama
– Distributeur : Bac Films
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