Lettres au père Jacob : La critique
Lettres au père Jacob est un très beau film, très touchant sur deux personnes que tout oppose et qui vont réussir à unir leurs solitudes.
Le scénario se focalise sur une ex-détenue relâchée malgré une condamnation à perpétuité pour meurtre qui va devoir répondre au courrier d’un prêtre retraité aveugle. La relation entre cette femme fermée et rugueuse et cet homme au grand cœur est au centre d’une belle histoire mettant en valeur deux excellents acteurs.
Pour l’anecdote, c’est une inconnue, Jaana Makkonen, qui a envoyé le scénario au réalisateur avec son nom et son numéro de téléphone. Ce dernier a regardé le manuscrit un jour où il était alité et a eu un coup de cœur à sa lecture. Il l’a ensuite retravaillé en accord avec Jaana Makkonen pour en faire Lettres au père Jacob.
L’intrigue se passe en huis-clos, dans une grande bâtisse en partie décatie dans laquelle vit le prêtre. Ce lieu se situe dans un coin isolé de la campagne finlandaise et offre de beaux paysages estivaux dans lesquels le rituel du courrier se fait au grand air.
La mise en scène, peu intrusive, s’efface au profit des deux protagonistes et de leur apprivoisement mutuel. C’est au travers de leurs comportements et de leurs répliques que l’on découvre une histoire plus profonde que de prime abord et dont la révélation finale est d’une grande beauté.
Lettres au père Jacob est aussi un magnifique film sur la croyance, la générosité, l’acceptation et la solitude. Une œuvre qui touche directement le cœur et dont les paroles pleine de tendresse du prêtre remontent le moral.
Un long métrage attrayant qui montre que la cécité n’empêche pas de voir ce qui compte vraiment.
Heikki Nousiainen est excellent dans le rôle de cet homme de foi qui a confiance en l’humanité et a pour vocation d’aider ses prochains. L’acteur a d’ailleurs eu le Jussi Awards 2010 (équivalent des Césars Finlandais) du meilleur acteur principal pour son rôle. Le comédien donne une grande humanité et sérénité à son personnage et réussit à toucher profondément le spectateur.
Kaarina Hazard est formidable en cette ex-détenue taiseuse et renfrognée. Elle réussit à magnifiquement faire évoluer son rôle et à rendre attachant une femme qui paraît autant déplaisante au début de l’histoire.
Lettres au père Jacob est un très beau film, fort émouvant qui montre une belle rencontre entre deux individus que tout sépare. Avec une mise en scène sobre et délicate, une photographie lumineuse et deux acteurs en parfaite osmose, c’est une très jolie réflexion sur l’humanité et la solitude qui est proposée.
Poignant et revigorant.
Le film a eu les prix du Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur acteur principal et Meilleure musique aux Jussi Awards 2010.
SYNOPSIS
Condamnée à la perpétuité, Leila est libérée après douze ans. Elle trouve refuge auprès d’un prêtre aveugle, qui cherche un(e) assistant(e) pour répondre à l’abondant courrier de ses ouailles. Indifférente au malheur d’autrui, Leila va tenter de profiter de la situation, n’hésitant pas à éliminer des paquets de lettres pour éviter d’écrire.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 14
– Titre original : Postia pappi Jaakobille
– Date de sortie : 09/03/2016
– Réalisateur : Klaus Härö
– Scénariste : Klaus Härö d’après une idée originale de Jaana Makkonen
– Interprètes : Kaarina Hazard, Heikki Nousiainen, Jukka Keinonen, Esko Roine
– Photographie : Tuomo Hutri
– Montage : Samu Heikkilä
– Musique : Dani Strömbäck
– Costumes : Tarja Westman
– Producteur : Lasse Saarinen, Risto Salomaa pour Lasse Saarinen, Risto Salomaa
– Distributeur : Saje Distribution
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