Le grand jeu : La critique
Le Grand jeu avait tout pour plaire. Des acteurs prestigieux en tête d’affiche et qui confirment ici encore tout le talent qu’on leur connaît dans leur rôle respectif. Le sujet s’annonçait palpitant et la mise en place promettait un développement riche en rebondissement. Malheureusement, d’une part le film complexifie inutilement l’intrigue et d’autre part, il contient de nombreuses scènes qui paraissent inutiles.
Le film amène très maladroitement ce qui constitue la colonne vertébrale du film à savoir l’affaire Tarnac. Pour rappel Julien Coupat, un intellectuel fédérait autour de lui des militants d’extrême gauche dans le petit village corrézien de Tarnac. Coupat ainsi que huit autres personnes ont été mis en examen pour "dégradations en relation avec une entreprise terroriste" en 2008 à la suite du sabotage d’une caténaire. Or, le manque de preuves, les méthodes de la DCRI et la qualification de terrorisme n’ont pas manqué d’interroger sur les véritables raisons de cette mise en examen.
Nicolas Pariser, réalisateur mais aussi scénariste du film s’est donc inspiré de cette affaire, et a voulu nous en montrer les coulisses fictives. Pour cela il a choisi d’articuler son film autour des deux personnages joués par André Dussolier et Melvil Poupaud. Ainsi le premier joue Joseph Paskin, un homme influent et manipulateur dans le monde politique. C’est par son intermédiaire que l’on découvre les coulisses du pouvoir et les luttes d’influences qui se jouent au plus haut sommet de l’Etat. Ce sont indéniablement les scènes les plus intéressantes du film mais elles sont malheureusement trop peu nombreuses. De façon incompréhensible, Pierre Blum le personnage joué par Mervil Poupaud ne semble exister et ne faire ses choix qu’à travers ses relations amoureuses du moment ou de son passé. Du coup, alors qu’il devient très rapidement le personnage central du film, son manque d’épaisseur, combiné à de trop nombreuses scènes illustrant ses tourments sentimentaux font qu’on a du mal à accrocher à l’intrigue qui semble presque secondaire.
On a ainsi l’impression de regarder un film un peu confus, avec cette sensation persistante que le réalisateur ne sait pas où il veut nous emmener. C’est bien dommage, car certaines répliques font mouche et le mode de vie alternatif du groupe d’activistes méritait effectivement qu’un regard cinématographique se pose sur eux. Si on comprend mieux les conséquences que peuvent avoir sur la société civile les luttes d’influences dans les plus hautes sphères du pouvoir, un sentiment de trop peu domine. Au final, malgré ses bonnes intentions, Le Grand jeu est loin d’être le grand thriller politique qu’il aurait pu être et c’est bien dommage.
SYNOPSIS
Pierre Blum, un écrivain de quarante ans qui a connu son heure de gloire au début des années 2000, rencontre, un soir, sur la terrasse d’un casino, un homme mystérieux, Joseph Paskin. Influent dans le monde politique, charismatique, manipulateur, il passe bientôt à Pierre une commande étrange qui le replongera dans un passé qu’il aurait préféré oublier et mettra sa vie en danger. Au milieu de ce tumulte, Pierre tombe amoureux de Laura, une jeune militante d’extrême gauche ; mais dans un monde où tout semble à double fond, à qui peut-on se fier ?
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 39
– Date de sortie : 16/12/2015
– Réalisateur : Nicolas Pariser
– Scénariste : Nicolas Pariser
– Interprètes : Melvie Poupaud, André Dussollier, Clémence Poésy
– Photographie : Thibault Grabherr
– Montage : Léa Masson
– Musique : Benoît de Villeneuve, Benjamin Morando
– Costumes : Anne-Sophie Gledhill
– Décors : Nicolas de Boiscuillé
– Producteur : Emmanuel Agneray, Jérôme Bleitrach pour Bizibi, Arte France Cinéma, Les films du 10, Arte France, OCS
– Distributeur : Bac Films
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