Hedi, un vent de liberté : La critique
Hedi, un vent de liberté est un film très délicat sur la jeunesse tunisienne post printemps arabe.
On y découvre un jeune homme, commercial chez Renaud, qui doit bientôt épouser une jeune fille suite à un mariage arrangé. Avec un père décédé, assujetti à sa mère, il découvre l’amour lors d’un voyage commercial et va avoir envie de vraiment vivre sa vie.
Les films parlent souvent du ressenti d’une fille que l’on marie contre son grès ou qui fait un mariage arrangé. Mais le point de vue masculin est peu évoqué alors que ce dernier va se trouver unis à une femme inconnue, devoir lui faire des enfants pour perpétuer la tradition et travailler pour faire vivre sa famille.
Un destin qui n’est pas forcément heureux pour celui qui ne veut pas se marier, ou ne souhaite pas une famille traditionnelle avec des enfants et une femme à la maison.
Le long métrage aborde plusieurs sujets d’actualité comme la famille, l’obéissance aux aînés, le mariage, mais aussi le désir, le chômage, l’émigration et le poids de la société.
Mohamed Ben Attia livre une œuvre douce-amère dans laquelle la mélancolie n’est jamais loin et l’envie d’un avenir meilleur toujours présente. Elle est toujours centrée sur le personnage principal que l’on suit en permanence dans ses atermoiements.
C’est Majd Mastoura qui incarne de main de maître un protagoniste ambigu dont le comportement parfois robotisé va progressivement s’humaniser. Le comédien apporte une grande subtilité à son rôle et montre parfaitement aux spectateurs ses différents états d’esprit.
Rym Ben Messaoud fait un très intéressant contrepoint féminin en incarnant une femme libre et enjouée qui n’hésite pas à faire des choix parfois drastiques pour vivre la vie qu’elle veut.
Les autres acteurs permettre de brosser le portrait d’une société à la fois traditionnelle avec la mère et la future épouse passive et moderne avec le fils aîné et la jeune femme, objet des désirs du héros.
La photographie de Frédéric Noirhomme est très propre et l’alternance entre les paysages tunisiens, les routes de campagne, les petits villages, la ville de Kairouan et ce très bel hôtel luxueux, point de chute du personnage principal est très bien trouvée. Le film montre une Tunisie attachante et vivante qui donne fortement envie de la visiter.
Hedi, un vent de liberté est un beau film qui va droit au cœur et parle de sujets forts à travers le prisme d’une jeunesse pas si différente de celle des Français. Avec un très bon acteur principal, un récit bien écrit et une réalisation maîtrisée, c’est une belle histoire d’envie et de liberté qui nous est conté.
Dur et touchant.
SYNOPSIS
Kairouan en Tunisie, peu après le printemps arabe.
Hedi est un jeune homme sage et réservé. Passionné de dessin, il travaille sans enthousiasme comme commercial.
Bien que son pays soit en pleine mutation, il reste soumis aux conventions sociales et laisse sa famille prendre les décisions à sa place. Alors que sa mère prépare activement son mariage, son patron l’envoie à Mahdia à la recherche de nouveaux clients.
Hedi y rencontre Rim, animatrice dans un hôtel local, femme indépendante dont la liberté le séduit.
Pour la première fois, il est tenté de prendre sa vie en main.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 33
– Titre original : Inhebbek Hedi
– Date de sortie : 28/12/2016
– Réalisateur : Mohamed Ben Attia
– Scénariste : Mohamed Ben Attia
– Interprètes : Majd Mastoura, Rym Ben Messaoud, Sabah Bouzouita, Hakim Boumessoudi, Omnia Ben Ghali, Arwa Ben Smail
– Photographie : Frédéric Noirhomme
– Montage : Azza Chaabouni
– Musique : Omar Aloulou
– Costumes : Nedra Gribaa
– Producteur : Dora Bouchoucha pour Productrice, Nomadis Images, Les Films du Fleuve
– Distributeur : Bac Films
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