Voeux durs ou voeux molllets ?
NuqneH !
Il y a quelques semaines, tout les bons Klingons polis et bien élevés ont pris leur plus beau stylet, l’ont trempé dans du sang de Kh’larkt bien frais (ou bien se sont contentés de leur terminal, même propre) pour envoyer de bons vœux bien frais du jour à toutes leurs connaissances, lesquelles bien souvent, en les recevant, se sont dit in petto : "Zut ! Encore un à qui il va falloir répondre !"…
Ce moment de franche émotion passé, la question se posa alors dans toute son horreur à tous les zélés écrivains désireux de s’acquitter le plus rapidement possible de la corvée annuelle : comment rédiger ses compliments de Bonne Année afin qu’ils ne soient pas trop tartes. Evidemment, le sempiternel "Bonne Année, Bonne Santé" fait toujours recette, mais il faut bien avouer que l’auteur finit quand même un peu par passer pour une truffe moisie avec son manque d’imagination.
Alors on cherche. "Que le grand Brontosaure Nacré vous polisse le Grougnatche avec une furnancle à glapissure farcie" fait certes impression, mais manque par trop de simplicité. "Coucou les poteaux", à l’inverse, fait preuve d’une certaine désinvolture qui ne manquera pas d’en froisser plus d’un.
On pourra trouver le genre : "Mon cher Kt’ingrah, que ton furoncle à la fesse droite se soigne au mieux, que ton redressement fiscal se termine bien, que ton hydroptysie génitale se résorbe de façon satisfaisante, que ta femme accepte de se taire deux minutes par jour, que le gicleur de ton Vort’cha se débouche enfin, que ton Bat’leth soit toujours bien graissé, que ta…" Mais ça risque de faire un peu long, le destinataire pouvant s’endormir avant la fin.
A éviter aussi : "Que ta femme soit toujours aussi belle, ah, t’es veuf ? Ben, bon… Ton fils alors ! Il est en taule ? Zut, euh… alors… hé, hé…"
Ainsi donc, vous voyez qu’il est fort difficile de présenter ses vœux de façon adéquate, polie, non blessante et originale. Alors, lancez-vous dans la bataille des vœux comme dans un combat sans merci, en sachant que votre avenir social en dépend peut-être… Le risque est grand, mais que voulez-vous, on ne fait pas d’omelette sans casser des vœux, pardon, des œufs…
Bon, je vais me coucher. Non, arrêtez de médire : ce n’est pas de la fainéantise, mais de la méditation pour trouver les souhaits de qualité. Il faut bien que je sois à la hauteur de ma réputation, non ?!
Et comme disait Khaless : "Pomme tannée, Pomme sentie ! C’est pas original, ça ?"
Qapla’
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