
Prisoners : La critique
SYNOPSIS
Dans la banlieue de Boston, deux fillettes de 6 ans, Anna et Joy, ont disparu. Le détective Loki privilégie la thèse du kidnapping suite au témoignage de Keller, le père d’Anna. Le suspect numéro 1 est rapidement arrêté mais est relâché quelques jours plus tard faute de preuve, entrainant la fureur de Keller. Aveuglé par sa douleur, le père dévasté se lance alors dans une course contre la montre pour retrouver les enfants disparus. De son côté, Loki essaie de trouver des indices pour arrêter le coupable avant que Keller ne commette l’irréparable. Les jours passent et les chances de retrouver les fillettes s’amenuisent….
NOTRE AVIS
Sans être réducteur ou trop simpliste, Prisoners est un thriller à l’ancienne comme on en voit plus. Le réalisateur Denis Villeneuve, à qui l’on devait Incendies considéré par le New York Times comme un des 10 meilleurs films de 2011, nous emmène dans une ordinaire mais glaciale banlieue pavillonnaire proche de Boston, parfaite représentation d’une Amérique puritaine et croyante où l’acteur australien Hugh Jackman incarne un père de famille vengeur et dévasté par la disparition des deux fillettes. Face à lui, Jake Gyllenhaal campe un jeune inspecteur méticuleux, patient et calme mais dont ne saura étonnement jamais qui il est réellement, ce qui le motive ou le trouble.
L’opposition de ces 2 personnages ne tombe pas pour autant dans les clichés habituels du bien contre le mal tant le scénario est habile, subtil et nous contraint à souffrir avec eux. On est partagé et gêné de se sentir proche de ce père impuissant mais luttant jusqu’au bout, quitte à faire les pires choix et tout sacrifier dans le seul but de retrouver les fillettes. A l’opposé, on comprend si bien cet inspecteur, intègre et ordonné qui met tout en œuvre pour les retrouver. Et on l’accompagne dans son désarroi et sa colère lorsqu’il finit par perdre les pédales devant le terrible constat de son échec.
Alors, même si l’histoire parvient à nous glacer le sang, si plusieurs fois on se met à craindre le pire grâce à de très bonnes idées comme cette pièce remplie de coffres cadenassés dont on n’ose imaginer le contenu, si on en vient à se questionner quant à la vraie morale du film ; à savoir si la fin justifie les moyens, si on est dérangé de penser qu’on aurait agit de la même façon, il est impossible d’occulter le fait que le rythme est terriblement lent et dessert la progression de l’intrigue. On peut aussi malheureusement ajouter à cela que la résolution de l’enquête est sans surprise ni suspens puisque tous les éléments nous sont servis sur un plateau alors qu’on ne demandait qu’à se perdre dans ce labyrinthe sombre et complexe.
En somme, Prisoners est un thriller politiquement incorrect, bouleversant et intriguant qui vous force à prendre position, teste votre sens de l’empathie et finalement parvient à vous faire changer d’avis en cours de route. Les acteurs, habités par leur rôles respectifs, excellent et contribuent amplement à noircir le tableau et faire monter la tension ambiante. Ce qui pourrait bien valoir à Hugh Jackman et Jake Gyllenhaal une ou deux récompenses tant la dualité entre les 2 hommes fonctionnent bien.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 2 h 33
– Titre original : Prisoners
– Date de sortie : 9 octobre 2013
– Réalisateur : Denis Villeneuve
– Scénariste : Aaron Guzikowski
– Interprètes : Hugh Jackman, Jake Gyllenhaal, Viola Davis, Maria Bello, Terrence Howard, Melissa Leo, Paul Dano et Dylan Minnette
– Directeur photo : Roger Deakins
– Musique : Johann Johannsson
– Costumes : Renée April
– Décors : Paul D. Kelly
– Producteur : Broderick Johnson, Kira Davis, Andrew A. Kosove et Adam Kolbrenner pour 8:38 Productions, Alcon Entertainment et Madhouse Entertainment
– Distributeur : SND
LIENS
– Lien vers site officiel du film
– Lien vers fiche allociné.fr
– Lien vers fiche imdb.fr
PORTFOLIO
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