
Stoker : La critique
SYNOPSIS
A la mort de son père dans un étrange accident de voiture, India, une adolescente, assiste au retour de son oncle, un homme mystérieux dont elle ignorait l’existence, et qui s’installe avec elle et sa mère. India commence à soupçonner que les motivations de cet homme charmeur ne sont pas sans arrière-pensées et ne tarde pas à ressentir pour lui des sentiments mêlés de méfiance et d’attirance.
NOTRE AVIS
Stoker, c’est le nouveau bébé de Park Chan-wook et son premier dans la langue de Shakespeare. Fort du succès de ses précédents films, et particulièrement de sa trilogie de la vengeance qui a fait le tour des festivals du globe, le réalisateur a pu compter sur un trio de têtes d’affiches prestigieux : Mia Wasikowska, Matthew Goode et la future jurée du festival de Cannes Nicole Kidman. Chan-Wook achève l’affiliation américaine de son nouveau bébé en s’associant au scénariste feu acteur Wentworth « Prison Break » Miller. Avec un cocktail aussi hétéroclite, on ne peut s’attendre qu’à ce qu’il soit explosif.
Le film s’intéresse donc à la famille Stoker en plein deuil suite au décès du patriarche. Heureusement, le frère de ce dernier inconnu jusqu’alors de la mère et de la fille surgit et se met en tête de réconforter les siens. Un altruisme qui va interpeller la cadette de la famille. Avec un tel pitch, vous aurez compris que le film hésite entre drame et thriller. Cela va être le cas les premières scènes avant qu’il ne se décide très vite quelques développements plus tard. Des développements qui rappelleront certains procédés hitchcockiens.
A vrai dire, Stoker rend un très bel hommage au maître du suspens qui a définitivement le vent en poupe cette année. Outre l’enquête de son héroïne intra-résidentielle qui pourrait rappeler celle de James Stewart sur ses voisins dans Fenêtre sur cour, c’est surtout au mystère entourant l’oncle commun à L’Ombre d’un doute et au film que l’on pense. L’ambiguïté du personnage est tout ce qui a de plus fine, on ne sait plus au bout du compte si on doit l’aimer ou le redouter. Il faut dire que Matthew Goode tient son rôle à la perfection, à la fois glaçant et séduisant. L’acteur crève l’écran et fait même de l’ombre à ses deux partenaires, pourtant elles aussi très méritantes. Mia Wasikowska habite cette jeune héroïne farouche faussement prude et Nicole Kidman est toujours charmante dans le rôle d’une veuve esseulée en quête de ses vingt printemps.
Chan-wook oblige, le film regorge de motifs, bien au-delà de ceux d’Hitchcock. Chaque plan étant un nouveau tableau qui s’offre à lui, le spectateur se retrouve constamment nourri par un réalisateur qui s’efforcera de tout faire pour happer même le plus perplexe d’entre nous dans son univers. Pour se faire, le metteur en scène va employer des motifs dont les thèmes sont directement issus de ses deux personnages principaux : la jeunesse et la solitude. Emportés dans cette spirale d’images, India et son oncle finissent par peu à peu se confondre l’un dans l’autre.
Tel un Brian de Palma coréen, le cinéaste nous présente finalement une fable hitchcokienne sur le passage à l’âge adulte d’une adolescente bridée se découvrant des pulsions refoulées. Un des grands films de cette année, sans aucun doute.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 40
– Titre original : Stoker
– Date de sortie : 1er mai 2013
– Réalisateur : Park Chan-Wook
– Scénariste : Wentworth Miller et Erin Cressida Wilson
– Interprètes : Mia Wasikowska, Nicole Kidman, Matthew Goode, Dermot Mulroney et Lucas Till
– Directeur photo : Chung Chung-hoon
– Musique : Clint Mansell
– Maquillage : Linda Boykin-Williams
– Costumes : Kurt Swanson et Bart Mueller
– Producteur : Ridley Scott et Tony Scott
– Distributeur : Fox Searchlight Pictures
LIENS
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– Lien vers fiche imdb.fr
PORTFOLIO
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