
Ne manquez pas les merveilleux politiclowns
NuqneH !
Ah, le merveilleux système politique notre Glorieux Empire ! Seul le plus fort, le plus honorable peut détenir les rênes du pouvoir ! Quel extraordinaire façon de gérer un peuple, même si d’aucuns diront que cela manque de... comment disent-ils ? de sténographie, non... de démographie... Ah oui ! De "démocratie"...
Sur P.S.U.D.F.U.M.P. 07 (Planète Sûrement Ultra Démocratique Fermement Unie Mais Pervertie) - c’est leur nom, j’y peux rien - j’ai eu récemment l’occasion de tester leur système d’élection. Enfin, plus précisément leur campagne, ce gigantesque spectacle du plus fin comique dont ils raffolent tant qu’ils ont ramené leur fréquence de sept à cinq ans.
C’est un grand moment ! On y retrouve comme dans les grandes traditions du cirque les Clowns Blancs, sérieux et faire-valoir, et les Augustes ridicules, miroirs déformants des défauts humains. Lors du spectacle auquel j’ai assisté, il y avait un petit pitre du nom de Sarzhokiki, qui vitupérait dans tous les sens, montrant les dents puis courbant l’échine jusqu’à lécher le sol de la piste. Celui-là symbolisait l’excitation, l’énervement de tout un chacun face à la vie stressante de notre siècle. Son faire-valoir, Depillevino, calme, beau, serein, lui opposait un calme olympien et faisait ressortir le côté agité de son compère.
Un autre groupe, lui, donnait dans le trio burlesque. Ils avaient choisi de singer le comportement excessif des petits enfants. Du genre : "Je suis le meilleur, mon papa, il est gendarme - Non, c’est moi, mon papa, il est chef des gendarmes - Non, le mien, il est chef des chefs..." et ainsi de suite ! Madame Loyal, dirigeait ce petit groupe avec brio, grâce et fermeté, tandis que ses acolytes, Fausse-Canne, qui jouait les jeunes dévergondés déguisé en vieux sage alzheimérique qui s’agrippait à son bâton de pouvoir dissimulant une épée empoisonnée ; et Gravius, dans le rôle du gandin guindé guidé par la gadoue, lui tendaient tous les pièges possibles et imaginables, au grand plaisir des spectateurs en pleine euphorie.
D’autres comiques de moindre importance, mais non sans intérêt jouaient les seconds rôles. L’horrible démon L’Penh, toutes dents sanglantes dehors ; la naïve incurable Lalarguée, le tout-fou "Besace : No !" (un ancien facteur qui refuse dorénavant de porter son sac postal). Et bien d’autres encore...
Ce spectacle, bien entendu visible sur tous les médias de la planète, permettait d’entretenir une liesse permanente parmi les habitants de P.S.U.D.F.U.M.P. 07, tandis que les "Ceukonlésou", les vrais maîtres de ce monde de joie et de plaisirs tramaient dans l’ombre les prochains méfaits qui allaient encore augmenter leur puissance.
Ah, la belle planète ! Le merveilleux univers ! Ces gens tant gâtés par leurs dirigeants sont-ils conscients de leur bonheur ? Ils n’ont plus à penser, les réjouissances sont permanentes ! Les pitres sont chaque minutes sur la piste et sur tous les murs, vitres, écrans, journaux...
Je préfère retourner me coucher, pour continuer à rêver à ce féerique Eden.
Et comme disait Khaless : " Qu’on les Elise, Elise, Elise et moi, on est heureux comme ça !"
Qapla’
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