
Comic Con’ Paris 2012 : Happy birthday Spidey !
Joe Madureira n’était pas seul pour évoquer SpiderMan. Sur scène étaient également présents Thierry Rogel (sociologue) et Matteo Losso. La discussion était animée par Lise Benkemoun (Panini France).
L’expérience de Joe Madureira
C’est l’un des premiers comics qu’il a acheté dans sa jeunesse, il l’a toujours lu.
Depuis qu’il travaille sur SpiderMan, il essaie d’ajouter un peu plus de personnalité et de caractère au personnage.
Le super-héros préféré de Joe Madureira : SpiderMan ou Superman ?
SpiderMan ! Peter Parker est plus proche de nous, il a les mêmes problèmes que nous, il doit payer son loyer, il travaille comme livreur de pizzas.
Superman est cool mais on a plus de difficultés à s’identifier à lui car il vient d’une autre planète et il est invulnérable (tout le monde n’ayant pas accès à la kryptonite).
SpiderMan par Matteo Losso
Il est comme nous, il a des problèmes d’argent et n’est pas invincible. On le voit davantage comme un ami.
Le succès de SpiderMan pour Thierry Rogel
Depuis ses débuts, c’est la représentation ultime du super-héros, avec ses forces et ses faiblesses.
C’est un inadapté social, incapable de s’intégrer, qui est rejeté par ses camarades au lycée. Il doit gérer sa double identité et des rôles multiples et contradictoires (SpiderMan, s’occuper de sa tante et être un neveu gentil, être un étudiant qui essaie de se faire accepter par les autres, un livreur de pizza). Il est toujours un peu perdant dans ses situations, ce qui reflète les adolescents dans les années 60. Ils se sont plus retrouvés en lui plus que dans les autres super héros.
En 2012, SpiderMan connait toujours un franc succès car les problèmes des adolescents de nos jours ne sont pas forcément si différents de ceux des années 60.
Quel est le vilain le plus intéressant dans l’univers SpiderMan ?
Pour Joe Madureira, c’est le bouffon vert à la fois en tant que lecteur et qu’artiste. Dans le deuxième cas, c’est un vrai kiff de le dessiner et il s’amuse à l’imager dans des combats face à des méchants et ennemis venus d’autres univers (cf dans Avenging SpiderMan). Joe espère qu’il aura l’occasion de le faire affronter d’autres ennemis issus d’autres univers.
Pour Matteo Losso, tous les méchants ont une importance dans sa formation de super-héros. Le bouffon vert est certainement le plus grand ennemi car il connait sa vraie identité, c’est une dualité symbolique : les ennemis se connaissent sans le masque.
J. Jonah Jameson, rédacteur en chef du Quotidien (Daily Bugle en anglais) n’est-il pas l’ennemi le plus dangereux ?
C’est un cas particulier car c’est un ennemi de SpiderMan mais pas de Peter Parker. Sans vouloir spoiler sur le futur, son rôle va évoluer, il va changer de rôle et avoir d’autres responsabilités.
Pour Matteo, cela fait partie de la formation. Il est la représentation de quelque chose de plus grand. Différents niveaux de lecture : rédacteur en chef certes mais il représente autre chose.
Gwen Stacy ou Mary-Jane Watson ?
Joe Madureira : Mary-Jane car il aime les rousses (sa petite amie en est une).
Matteo Losso : Mary-Jane.
L’importance de la ville de New-York
Joe Madureira est né et a été élevé à New-York, c’est donc un attrait supplémentaire pour le personnage de SpiderMan.
Cela lui permet d’intégrer des éléments de sa vie de tous les jours dans ce qu’il dessine. Maintenant ce n’est plus un new-yorkais puisqu’il habite Austin (TX).
Quel épisode a le plus touché Joe ?
Plusieurs de l’arc avec Kraven (ndlr : Kraven le Chasseur). Rien à voir avec les histoires habituelles de Spidey, c’est bien plus sérieux, plus effrayant. Il les relit régulièrement car il aime le sentiment qui s’en dégage. Joe espère avoir l’opportunité de travailler sur ce genre de séries plus sérieuse. C’est une facette qu’il aimerait voir plus souvent.
SpiderMan aujourd’hui
Pour Matteo, il est toujours très lié à son époque, c’est une grande force de la BD américaine, être dans son époque.
Spidey vit la même réalité que nous.
Le numéro préféré de Matteo Losso ?
The Gift de J.M. DeMatteis et Mark Bagley (1995) sur la mort de Tante May. Même si on apprendra plus tard que ce n’est pas vrai (ndlr : un robot avait pris sa place) c’est pour lui le titre le plus lyrique, le plus poétique. Il y a des moments incroyables.
Sur leur manière de travailler
Joe préfère avoir l’intégralité de l’histoire avant de se mettre au travail, ça lui permet d’imaginer à quoi vont ressembler ses planches. Sur Ultimate, il ne recevait qu’une partie de l’histoire à la fois, il n’arrivait pas à visualiser l’ensemble de l’histoire. Tout dépend donc du scénariste, mais à titre personnel, il préfère avoir tout d’un coup.
Sociologiquement, la saga du clone ne complique-t-elle pas la double entité ?
Petite précision : Thierry Rogel a travaillé sur les années 61-73 et le clone apparaît plus tard, juste après l’arrivée des premiers clonages réels (1973).
C’est plus clair dans X-Men mais on assiste aussi dans SpiderMan à un changement d’état d’esprit : le clone meurt dans un accident (une explosion), Peter Parker l’incinère dans une cheminée en lui disant "adieu mon frère" : il incinère quelqu’un qu’il considère comme son frère son sépulture ce qui est une marque de manque d’humanité.
Le bureau SpiderMan chez Marvel a-t-il déjà refusé une idée de Joe ?
Il n’a jamais eu ce problème car les idées qu’il a soumises les a déjà toujours emballé. Sa blague est de leur parler d’une rencontre entre SpiderMan et des ninjas mais ce n’est pas encore arrivé.
Sur son nouveau projet, il y aura Wolverine, Elektra et des ninjas... cela met SpiderMan dans une situation assez trouble car il se trouve face à des gens qui n’ont aucun problème à tuer, ce que lui se refuse à faire.
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