
Le Gruffalo / L’Ours Montagne : La critique animée
Date de sortie cinéma : 19 octobre 2011
Titre original : Gruffalo / Den kæmpestore bjørn
LE FILM
Synopsis :
Dans Le Gruffalo, une petite souris traverse le bois et tombe, chemin faisant, sur un renard, un hibou et un serpent, qui l’auraient bien croqué. Evoquant un rendez-vous avec le terrible Gruffalo, qu’il invente pour l’occasion, il échappe à un funeste destin, et poursuit sa route, pour tomber sur le monstre, qu’il pensait avoir inventé de toute pièce.
Dans L’Ours Montagne, deux enfants rendant visite à leur grand père découvrent, au delà du jardin, dans la forêt, une créature énorme qui se camoufle en coin de montagne boisé. L’aimable plantigrade a adopté la petite sœur tandis que le grand frère, en tentant de la retrouver, tombe sur un chasseur près à tout pour éliminer le monstre, responsable de la perte de son village. Le jeune garçon devra faire face à la folie vengeresse d’un homme, et regagner l’amour de sa petite sœur, bien décidée à sauver l’Ours Montagne.
Ce qu’on en pense :
Une fois n’est pas coutume, nous allons parler de la sortie de deux films d’animation destinés aux enfants. Plus exactement d’un programme réunissant plusieurs courts animés, et d’un long-métrage en 3D. C’est que ces titres ont un charme particulier qu’il est nécessaire d’évoquer pour ne point les rater dans cette avalanche de films d’animations qui débarquent les semaines qui viennent, avec en tête de liste, depuis le 12 octobre, Un monstre à Paris d’Eric Bergeron, qui bénéficie des voix de Vanessa Paradis et de M, entre autre. Nous vous parlerons prochainement aussi d’Emilie Jolie de Francis Nielsen et Philippe Chatel et du Tableau de Jean-François Laguionie que nous avons eu le plaisir de rencontrer. Qu’en est-il donc pour ces deux sorties animées du 19 octobre, Le Gruffalo et L’Ours Montagne ?
L’Animation à destination des enfants est une production plus difficile qu’il n’y paraît. Un soin particulier lié pour le récit aux règles des contes, lié à la technique pour les choix visuels, surtout s’il s’agit d’une adaptation d’une œuvre éditée, rend le travail délicat. Si on ajoute la musique, les voix, et tout ce qui font les joies et les peines d’une production animée, on comprendra qu’il faut plus que du talent pour arriver à ses fins.
Pour Le Gruffalo, les films du préau tablent clairement sur les salles de Cinéma Art et Essai, avec ce qu’ils font parfois, un programme rassemblant des courts et moyens métrage. Ici, en avant programme, Pierre et le Dragon épinard (Allemagne), Loup y es-tu ? (Slovaquie), Mon monstre et moi (Suisse) avec un aspect papier découpé, animation en volume, et un caractère visuel bien différents les uns des autres, sur le thème des monstres issus de notre imagination.
Et si ces courts sont sympathiques, Le Gruffalo emporte clairement la timbale, ce moyen-métrage étant à la fois très fidèle au livre original, et d’une beauté à couper le souffle. L’aspect est celui des films en pâte à modeler, bien que réalisé en image de synthèse, avec des couleurs vives et surtout une lumière qui rappelle immédiatement les sous-bois. La nature y est tout bonnement magnifique, les pauses entre les différentes rencontres du souriceau sont autant d’invitations à la contemplation et au rêve, scènes que l’on voit rarement en dehors de la production nipponne. Les expressions, le mouvement, et bien entendu les animaux concourent à rendre vivant ce conte raconté par une maman écureuil. Tout en n’occultant pas le côté « manger ou être mangé », la ruse de la souris est excessivement drôle, notamment dans l’évocation des plats préférés du monstre par si fictif que ça… Le Gruffalo mérite mille fois les prix raflés dans les différents festivals du monde entier.
Pour l’Ours Montagne, le cas est différent. Histoire originale, largement inspirée par Miyazaki Hayao (on pense immédiatement à Mon voisin Totoro), elle reprend à son compte les histoires et légendes des pays nordiques. Les montagnes, les Ours évoquent des forces de la nature opposés ici symboliquement, malgré l’éloignement du grand père de toute ville ou tout village, aux hommes. Le côté sédentaire des hommes, qui implantent leur maison, et n’en bougent plus, est clairement opposé aux déplacements du gigantesque Ours, véritable écosystème à lui tout seul.
Le côté nomade, pour le coup, des plantes comme des oiseaux, semble opposé à l’image imperturbable et figée d’un massif rocailleux. La Nature est vivante, il nous appartient de vivre avec, et non contre elle.
Si le film a quelques défauts techniques ou de récit, ce ne sont que quelques détails qui ne doivent pas faire oublier que nous assistons là à la naissance d’une jeune réalisateur qui, bien qu’influencé par l’animation japonaise, remet en perspective les légendes de son pays par le biais d’un beau film d’animation.
LA FICHE TECHNIQUE
– Gruffalo
–
Durée du programme : 45 min
– Réalisateur : Jakob Schluh et Max Lang
– Scénariste : Julia Donaldson, Jakob Schluh et Max Lang
- Musique : René Aubry
–
Producteur : Terry Davies
–
Distributeur : Films du Préau
– L’Ours Montagne
–
Durée du film : 1h14
–
Réalisateur : Esben Toft Jacobsen
–
Scénariste : Jannik Tai Mosholt et Esben Toft Jacobsen
–
Musique : Nicklas Schmidt
–
Producteur : Petter Lindblad
–
Distributeur : BAC Films
ON EN PARLE
Gruffalo
– Lien vers site officiel du film
– Lien vers fiche allociné.fr
– Lien vers fiche imdb.fr
L’Ours Montagne
– Lien vers site officiel du film
– Lien vers fiche allociné.fr
– Lien vers fiche imdb.fr
Les illustrations des articles sont Copyright © de leurs ayants droits. Tous droits réservés.












