
Le silence est d’or… ou de cyanure...
NuqneH !
C’est un de vos proverbes terrien, ça : "Le silence est d’or". Ça veut dire que parfois, le silence est plus éloquent que la parole. Que le bavardage stérile peut ne mener à rien, et que plutôt que dire une couennerie, mieux vaux fermer son clapet.
Il est vrai que parfois, il vaut mieux se taire pour éviter d’envenimer une situation. Lorsque Madame (ou Monsieur) commence sa crise conjugale, pour une raison futile, il sera bien plus avisé de se taire et d’attendre que le souffle manque à l’être haimé (non, c’est pas une faute d’orthographe), pour lui dire : "T’as fini ? Bon, ben je vais me coucher".
Dans d’autres cas, comme disait à peu près O’Diard, Klingon cinéaste, "Il vaut mieux se taire et laisser penser qu’on est un con, que de l’ouvrir et le prouver". Le silence a son charme, son utilité, et surtout, repose…
Mais il est aussi dangereux.
Prenons un couple. Non, pas celui-ci, celui-là, là-bas, la nana est mieux roulée. Depuis dix ans de mariage, pas un mot plus haut que l’autre, pas une engueulade, pas un pet de traviole. Et tout d’un coup, l’un des deux annonce à l’autre : "J’en ai marre de toi, je divorce ! Ouitche !
Et pourquoi tout ça ? Parce que ni l’un ni l’autre ne s’est jamais confié à son conjoint. Dix ans de phrases dignes de Hugo : "Tu peux me passer le sel ?", "T’as pensé à acheter du pain ?" ou bien "Tiens, faudra penser à payer la note du boucher." Quelle profondeur, quelle littérature !!!!
Alors que depuis des années, elle ne supporte pas ses chaussettes sales et puantes un peu partout, y compris dans la cuisine ; et que lui ne peut plus la voir passer deux heures chaque matin pour se pomponner, alors qu’il attend de se préparer pour aller au bureau.
Cela peut passer pour des détails, mais lorsque ces petites choses sont ruminées en silence pendant dix ans, le jour de l’explosion fait ressembler Fukushima à un léger pet discret.
Alors, si le silence est d’or, il peut être aussi la mort d’un couple ou d’une amitié. Parlons-nous, en réfléchissant bien à la façon de dire les choses, avec fraternité ou amour, sans haine, sans rancœur. Faisons confiance à l’autre en ménageant sa susceptibilité et en présentant la chose avec humour, gentillesse.
Moi, quand je trouve mon oreiller trop dur, je lui explique avec douceur et il s’amollit… Puis je dors comme une Loire (le fleuve).
Et comme disait Khaless : "Je lui dis ce que je pense de lui, ou je lui dis pas ? Ça pourrait le tuer… Quoique…"
Qapla’
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