
Pandora Hearts : l’interview exclusive de Jun Mochizuki
A l’occasion de la Japan Expo 2010 qui se déroula du 1er au 4 juillet au parc des expositions de Paris-nord Villepinte, Unification France a eu l’occasion d’interviewer Jun Mochizuki, la jeune auteur du manga Pandora Hearts édité aux Editions Ki-oon.
Actuellement, plus de 10 volumes sont publiés au Japon. Combien comptez–vous réaliser de tome et avez-vous la fin du récit en tête ?
Je pense que le manga tournera autour de 20 volumes. Pour la fin, je n’ai pas encore de scénario définitif mais j’ai une certaine idée de la direction à prendre.
A la lecture de Pandora Hearts, on remarque de nombreuses références aux œuvres de Lewis Carroll. D’où vient cet intérêt ?
Avant d’écrire la série Pandora Hearts que vous connaissez actuellement, j’avais dessiné un One Shot du même nom dans un magazine de prépublication de Square Enix.
Même si le nom était identique, le contenu y était différent. Durant
l’écriture, je voulais absolument avoir une trame de fond qui puisse être reconnue de tous. C’est pour cela que j’ai décidé de m’inspirer d’Alice au Pays des Merveilles. Au Japon, peu de personnes ont lu l’œuvre de Lewis Carroll mais tous connaissent l’adaptation de Disney A partir de là, j’ai creusé un peu le sujet et je me suis découvert un intérêt pour l’Angleterre victorienne. Pour l’œuvre actuelle, j’ai souhaité reprendre une nouvelle fois Alice au Pays des Merveilles comme toile de fond.
Parmi les personnages de votre histoire, auquel vous identifiez-vous le plus ?
Je pense me rapprocher de Oz, bien qu’en apparence joyeux, c’est au fond une personne assez sombre.
Avez-vous le temps de lire des mangas ?
Oui, je lis beaucoup de manga que ce soit du shônen, du shôjo ou du seinen. Je dirais même que j’en lis beaucoup plus qu’avant n’ayant plus de contraintes financières. Je peux m’acheter autant de mangas que je veux. Cela fait aussi partie de mon travail. Cela me permet d’apprécier les bonnes idées et de savoir celles qui sont à éviter.
Quelles sont vos préférences et vos sources d’inspirations ?
Quand j’étais petite, j’étais abonnée à Shonen Jump (magazine de prépublication japonais) et j’étais très fan de Dragon Quest, la Quête de Dai (publié en France chez l’éditeur Tonkam), Mais plus récemment je suis fan de Hiromu Arakawa, l’auteure de Full Metal Alchemist (publié chez Kurokawa). C’est son travail qui m’a incitée à envoyer mes planches à Square Enix.
Tout le monde connaît le rôle important des tantô (responsable éditorial qui s’occupe de conseiller les auteurs), dans l’élaboration d’un manga. Quelle importance a le votre dans l’élaboration de votre histoire ? Est-ce un guide ou bien vous donne-t-il des pistes pour votre récit ?
Je suis un peu gênée car le tantô est juste derrière vous. Mais je dirais que c’est une "grande gueule"qui dit tout ce qui lui passe par la tête. (rires) C’est lui qui m’a contactée pour me prévenir que j’avais gagné le concours pour sa maison d’édition. J’étais tellement heureuse que je lui ai dit que je venais le voir dès le lendemain. Et ce fut une douche froide. Il m’a dit que je ne savais pas dessiner les filles, elles ne sont pas mignonnes, mon style est un peu vieillot, etc….
C’est une personne qui sait manier la carotte et le bâton,.. surtout le bâton. Voilà les rapports que j’entretiens avec mon tantô. C’est la première fois que je rencontre une personne qui me tape autant sur les nerfs (rire)
Le nom d’Oz, fait-il référence au magicien d’Oz ?
Oui, je me suis inspirée du magicien d’Oz mais uniquement pour le nom. Pendant la conception de l’histoire de Pandora Hearts, le personnage d’Oz s’appelait autrement et c’était un personnage secondaire. Il accompagnait Gilbert qui lui avait à ce moment le rôle principal. Mon tantô m’a conseillé d’inverser les deux personnages et j’ai également changé le nom par Oz car j’aimais bien le son de ce nom.
Par la suite quand j’ai voulu intégrer un personnage du nom de Dorothy, mon tantô a dit que j’exagérais et qu’il fallait éviter la parodie (rire).
Vous avez dit que vous lisiez tout type de manga. Pensez-vous également en écrire en cours de votre carrière ?
Je pense que pour développer mes capacités artistiques, j’aimerais toucher à tous les genres. Mais celui que j’affectionne particulièrement en ce moment c’est la Fantasy. Par contre actuellement, je ne me sens pas capable de raconter une histoire contemporaine se déroulant au Japon.
Et par rapport au public visé ?
Pour ce qui est des tranches d’âge, je souhaite faire des mangas tout public quelque soit l’âge ou le sexe. Je ne vise finalement aucun public particulier.
Malgré votre emploi du temps très chargé, avez-vous eu l’occasion de visiter Paris, la France ? Et que pensez-vous des Français ?
J’ai eu l’occasion de visiter le Mont-Saint-Michel avant la Japan Expo et j’en ai été émerveillée. Par contre je n’ai pas eu le temps de découvrir pleinement Paris et de faire du shopping.
Les Français sont exactement comme je le pensais. Ce sont des gentlemen. Au Japon quand on va au restaurant, les hommes ne tiennent jamais la porte.
Par contre les Françaises sont beaucoup plus fortes que je ne l’imaginais.
Remerciements à Jun Mochizuki et aux éditions Ki-oon.
© Jun Mochizuki / SQUARE ENIX CO., LTD.
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