The Orville - New Horizons : Critique 3.09 Domino

Date : 02 / 08 / 2022 à 16h30
Sources :

Unification


THE ORVILLE NEW HORIZONS

- Date de diffusion : 28/07/2022
- Plateforme de diffusion : Hulu
- Épisode : 3.09 Domino
- Réalisateur : Jon Cassar
- Scénaristes : Brannon Braga & Andre Bormanis
- Interprètes : Seth MacFarlane, Adrianne Palicki, Penny Johnson Jerald, Scott Grimes, Peter Macon, J. Lee, Mark Jackson, Chad L. Coleman, Jessica Szohr et Anne Winters

LA CRITIQUE FM

Pénultième épisode de The Orville et curieusement, alors qu’on pouvait légitimement attendre la résolution de la guerre avec les Kaylons pour le dernier épisode, c’est cette semaine où tout arrive. À nouveau un épisode très long comme si la série se transformait en collection de longs-métrages et toujours le sentiment que, malgré la durée, les choses se précipitent. Pour autant, c’est à nouveau une démonstration de maestria visuelle et émotionnelle que l’équipe de la série nous offre. Et ce, avec peut-être un chouia plus de cohérence globale tant les nœuds du scénario se démêlent à la perfection sur cet opus.

Sur toute la saison, j’ai été dubitatif sur l’introduction du personnage de l’enseigne Charly Burke. Pas tant dans l’interprétation d’Anne Winters que dans la définition même du personnage qui ne semblait exister que dans son rapport aux Kaylons et à Isaac en particulier. Confirmation avec cet épisode tant sa destinée est importante quant à la résolution du conflit avec l’Union.

Avoir des valeurs et s’y tenir sont les seuls moyens de ne pas se perdre et de triompher à la fin. C’est le credo de l’épisode. On peut en penser beaucoup de choses, particulièrement en ce moment où la réalpolitik et les intérêts personnels dictent la conduite du monde. Mais c’est ce qui relit le plus The Orville aux fondamentaux du vrai Star Trek. C’est idéaliste, sans doute un peu naïf, mais Dieu qu’on a besoin d’entendre et de voir ça de temps en temps. Pour autant, ce que j’apprécie le plus avec The Orville, c’est que les opposants aux valeurs de l’Union ont aussi droit à la parole et qu’ils ont des arguments qui peuvent être légitimement entendables.

Visuellement, il y a plus de batailles et d’action dans cet épisode que dans bien des films à gros budget. Et toujours avec la série, l’impression d’en avoir trop à l’écran. Personnellement, j’aime beaucoup, même si cela peut nuire à la crédibilité de certaines scènes. Certains moments m’ont tellement fait penser à l’attaque de l’Étoile de la mort dans Star Wars que je me suis demandé si Gordon n’allait pas fermer les yeux et s’en remettre à la Force...

Et il y a la trajectoire globale des personnages principaux sur les 3 saisons. De clowns à la limite du pathétique en saison 1 à officiers responsables en saison 3, c’est sûrement un grand écart scénaristique digne de Jean Claude Vandamme, mais cela fonctionne totalement. Ed, Kelly, Bortus, Claire, Isaac et tous les autres sont entrés dans notre inconscient nourri par nos expériences audiovisuelles. Cela serait vraiment dommage que cela s’arrête au prochain épisode.

LA CRITIQUE YR

Pénultième épisode, The Orville 03x09 Domino est aussi le premier de la saison à ne pas seulement épiloguer des arcs issus des deux précédentes mais à conclure le nexus de nouvelles problématiques introduites dans la troisième.
Dans la mesure où New Horizons s’était employé, opus après opus, à déconstruire — au nom d’un angélisme parfois hors-sol — toutes les alliances de l’utopique Planetary Union, sa survie de plus en plus improbable face à la menace Kaylon (ainsi qu’aux potentiels autres périls tels les Krills et les prédateurs génétiques de The Orville 03x02 Shadow Realms) impliquait forcément la sortie du chapeau d’une technologie disruptive ("game changer") assortie d’un renversement géopolitique brutal d’alliances.
Sans grande surprise, c’est exactement ce qui se produit ici, et encore plus rapidement qu’il était permis de l’anticiper, c’est-à-dire sans attendre le final de la saison. Et comme si la série se savait déjà condamnée ou du moins dans l’antichambre de l’annulation, elle donne vraiment tout ce qu’elle a pour payer d’audace (et en mettre plein la vue), histoire de damer le pion à toutes les SF télévisuelles concurrentes (#FakeTrek en tête), et même à bien des blockbusters cinématographiques, tout en réaffirmant en arrière-plan les idéaux trekkiens, presque désespérément, à la façon d’une profession de foi virtuelle qui ne s’embarrasserait plus d’un quelconque cadre de vraisemblance, à la façon d’un cri de ralliement face à un monde réel de plus en plus cynique tant il est grignoté par la realpolitik.
Autant dire que dans la note d’intention comme dans le règne de la sincérité, The Orville 03x09 Domino est au mieux une complète réussite, au minimum un épisode fort touchant, une lettre d’amour à une idéalité perdue en guise de chant du cygne.

Malheureusement, pour qui estime que la seule noblesse des intentions ne suffit pas à faire une démonstration, pour qui s’impose l’exercice certes rabat-joie de considérer et analyser les détails de l’exécution, bien des failles et des imperfections se font jour, à tel point que leur masse — quoique non critique — pourrait compromettre pour bonne part la suspension consentie d’incrédulité.
Récapitulons :
- Grâce à ses super-pouvoirs 4D alias "une capacité de visualisation multidimensionnelle" (dont on ne sait toujours pas en quoi cela consiste vraiment), Charly Burke met au point en quelques jours avec son nouveau buddy Isaac l’arme ultime contre les Kaylons… qui — alimentée par le noyau quantique de l’USS Orville — désintègre en quelques secondes une flotte entière durant l’attaque de Xelaya ! Étant donné l’écart évolutionniste de puissances, une R&D aussi éclair relève presque de la magie (TGCM). D’ailleurs, cette démo "with all the bells and whistles" est si difficile à gober que le spectateur soupçonne instinctivement une simulation en holodeck. Mais rien de tel, c’est bien la vérité internaliste en dur, et il faut l’accepter sans discuter.
- Après ce galop d’essai opérationnel couronné de succès, il s’en est fallu de peu pour que l’amirauté ordonne d’exterminer systématiquement tous les Kaylons... Le capitaine Ed Mercer n’ayant pas manqué de s’indigner de l’amalgame sous-tendant une mesure aussi extrémiste envers des sentients quand bien même synthétiques (invoquant notamment les cas de Timmis dans The Orville 03x07 From Unknown Graves et bien sûr d’Isaac), la décision est finalement soumise au vote du Conseil de la Planetary Union. Sera ainsi privilégiée l’option de la paix arrachée par une démonstration de force (pour laisser une chance de survie aux Kaylons)... moyennant toutefois l’invocation impérialiste contreproductive du bonapartisme et de sa politique de soumission par la terreur !
- En parallèle et tout aussi rapidement, à peine exclus de l’Union, les Moclans (représentés entre autres par le capitaine Rechik) négocient une alliance secrète avec les Krills... que curieusement sa chancelière suprême Teleya accepte aussi sec en dépit de sa xénophobie systémique qui lui avait valu de trahir (dans The Orville 03x04 Gently Falling Rain) la plus élémentaire des diplomaties envers l’Union (et au mépris des engagements de son prédécesseur Korin). Le parallèle avec la rivalité très actuelle entre l’Occident atlantiste (se voulant démocratique et moralisant) vs. la SCO ou Organisation de coopération de Shanghai (réputée totalitaire et cynique) saute aux yeux, mais cette transposition "contemporano-centrée" est simplificatrice et à double-tranchant... Le capitaine Ed Mercer poussera même la transposition plus loin en invoquant explicitement le Pacte germano-soviétique (ou Molotov-Ribbentrop Pact en VO) !
- Sous la conduite de l’amiral Halsey, l’USS Orville se rend alors sur Kaylon 1 pour imposer un armistice. Mais étant donné la vulnérabilité d’un seul vaisseau de l’Union face à toutes les forces robotiques ultra-performantes déployées autour de leur planète-mère et le délai non nul d’activation de l’unique exemplaire de la super-arme, cette campagne dans "l’antre de la bête" n’est pas d’une immense crédibilité (au minimum le vaisseau négociateur aurait dû être distinct du ou des vaisseau·x coercitif·s).
- À la surface d’une planète toujours aussi somptueuse et futuriste que dans The Orville 02x08 Identity, Kaylon Primary cède pragmatiquement à "l’offre qu’on ne peut refuser" de Halsey, à savoir non pas être asservi "à nouveau" (comme le craignait le leader des robots), mais simplement devoir renoncer au projet d’extermination de tous les sentients biologiques (sous le contrôle proactif de l’Union). Sauf que les Kaylons ne cacheront pas d’emblée leur intention de trouver la faille de la super-arme leur imposant ce deal contre leur gré (toute technologie étant supposée avoir un talon d’Achille), ce qui scellera à la fois une coopération hypocrite (ou de mauvaise foi) et un potentiel comminatoire.
- Qu’à cela ne tienne : happy-end ataraxique dès la vingtième minute (d’un épisode qui en compte pas moins de soixante-dix-huit), tout semble se terminer pour le mieux dans le meilleur des mondes possible, avec en bonus une belle ambiance Woodstock lorsque Gordon Malloy et Charly Burke viennent interpréter en duo à la guitare acoustique Flowers Never Bend With The Rainfall de Simon & Garfunkel. Évidemment, les spectateurs se doutent bien que c’est là une (trop belle) bonace avant la tempête, il est juste dommage que les protagonistes ne voient rien venir, tant ils sont shootés d’autosatisfaction sur leurs nuages de félicité. Jamais très bon signe quand les héros ont un train de retard sur le public...
- À la vingt-septième minute, patatras ! Deux officiers pénètrent dans le saint des saints au 32ème sous-sol du QG de la flotte (alias Planetary Union Central) où est entreposée la super-arme (toujours surmontée d’un petit œuf lumineux) et s’en emparent illégalement par la ruse et la force, puis quittent prestement la Terre en quantum drive au moyen d’une navette de l’Union. Un vol qui se réalise tellement vite et facilement (à l’aide des équivalents d’un hypospray et d’un phaser trekkiens) dans un environnement bien peu sécurisé (juste deux gardes dans une petite pièce !) qu’il est permis de questionner le professionnalisme et la prophylaxie de la PU... qui aurait dû anticiper que l’arme ultime inventée par Isaac et Charly — garante d’un renversement bien artificiel des rapports de force galactiques — serait au cœur de toutes les convoitises, aussi bien externes qu’internes. A fortiori lorsqu’on découvre (ensuite) qu’elle n’a été développée qu’en un seul exemplaire !
- Alors s’agit-il de Kaylons dissimulés derrière des voiles holographiques (comme Isaac lorsqu’il apparaît périodiquement sous les traits de Mark Jackson) ? De Krills modifiés pour ressembler à des humains via des microgreffes transcellulaires (comme Teleya sous l’identité de Janel Tyler dans The Orville 02x01 Ja’loja ? De Moclans déguisés au moyen de quelque autre subterfuge ? Eh bien non... "seulement" d’officiers barbouzes à la solde de l’amiral Perry qui a pris le parti de trahir la décision souveraine du Conseil de l’Union et les ordres de l’amirauté tant il les désapprouvait ! Qui l’eût cru ? Il s’avère que ce personnage (joué par Ted Danson), pourtant toujours si mesuré et sapiential, était en fait le chef de fil d’une opposition radicale bien connue de ses collègues et convaincue de la nécessité d’exterminer préventivement tous les Kaylons avant qu’ils ne trouvent un moyen de contourner la super-arme pour en faire de même.
- Mais loin d’un amiral Leyton et sa Red Squad dans ST DS9 04x12 Paradise Lost ou d’un Luther Sloan et la Section 31 dans ST DS9 07x16 Inter Arma Enim Silent Leges, Perry n’aura pas eu la prudence stratégique élémentaire de conserver la super-arme au sein de l’Union (en la confiant par exemple à une agence secrète plus ou moins autonome ou dissidente pour en étendre la puissance et réussir à l’employer sans le concours de Charly et d’Isaac). Non, c’est carrément à la pire ennemie — hystériquement xénophobe au nom de la divinité Avis, ayant fomenté un coup d’état sur Krill et mis en scène l’exécution publique des dirigeants de l’Union (à commencer par le président Alcuzan lui-même) — c’est-à-dire à la chancelière suprême Teleya que l’amiral s’est empressé d’offrir la "doomsday machine" ! Avec pour consigne d’en pratiquer la rétro-ingénierie pour la comprendre, l’utiliser en l’absence de ses créateurs, et faire disparaître tous les Kaylons de l’univers ! Rien que ça ! Dans le registre de la trahison tellement incontinente que franchement suicidaire, on pourra dire Perry n’aura pas fait les choses à moitié. Il avait tellement soif de génocider les Kaylons qu’il n’a même pas songé au risque qu’il faisait encourir à l’Union en confiant une technologie aussi disruptive à ses plus fanatiques adversaires. Pour un amiral accompli, il aura renvoyé l’enseigne Burke de The Orville 03x01 Electric Sheep au bac-à-sable de la haine et de l’incontinence. Difficile de dire si cette opération relève du point Godwin ou d’un angélisme bêlant, mais tous les records d’irresponsabilité sont battus.
- Faut-il s’étonner qu’à l’instar du vénal capitaine humain du Merchantman dont le vaisseau et son équipage furent détruits par le commander klingon Kruge (après lui avoir livré les informations classifiées sur Genesis dans Star Trek III The Search For Spock), Teleya exprimera sa reconnaissance et son amitié nouvelle (sic) pour Perry... en le descendant, lui et sa navette, immédiatement après avoir pris livraison de la super-arme ! Scénaristiquement, c’est tout de même une solution de facilité, car outre la disparition d’un personnage au potentiel incontestable, on évite ainsi la mise en scène du procès que l’amiral appelait de ses vœux (en annonçant qu’il allait se constituer prisonnier dès son retour sur Terre), et qui aurait permis de creuser rhétoriquement le dilemme relatif aux Kaylons tout en questionnant la politique de l’Union (et le militantisme de l’USS Orville) ayant conduit les Moclans tout droit dans les griffes des Krills.
- Le motif (bien léger) invoqué par Teleya pour assassiner Perry — éviter que l’Union apprenne trop vite la nouvelle alliance entre les Krills et les Moclans — est largement contredit par l’enquête express menée ensuite par l’USS Orville. Suivant la piste des autorisations professionnelles de l’amiral Perry ayant indûment permis le vol, Ed et son équipe reconstituent la trajectoire de la navette puis découvrent sans difficultés les débris de sa destruction et les traces des armes employés, à la fois krill et... moclans ! L’alliance secrète n’aura donc pas mis longtemps à être éventée… et précisément "grâce" au meurtre commis pour dissimuler cette information ! Un peu ballot quand même. En réalité, si la chancelière avait été cohérente et avait véritablement voulu cacher à l’Union cette nouvelle alliance, soit il lui suffisait de rencontrer Perry sans la présence de vaisseaux moclans (en quoi étaient-ils utiles pour faire face à une simple navette de la PU ?), soit elle devait s’assurer que les Moclans n’emploieraient pas leurs armes contre la navette de l’amiral (alors que de toute façon déjà détruite par les armes krilles). Or elle n’aura fait ni l’un ni l’autre. D’autant plus incompréhensible que Teleya a quand même été durablement dans la peau d’une officière de l’Union (Janel Tyler) pour en connaître parfaitement la méticulosité des procédures. Bref, un nawak stratégique juste destiné à semer des indices grossiers qui permettront ensuite aux héros de déterminer illico la localisation de la super-arme puis en stopper in extremis l’emploi… Comme dans The Orville 03x08 Midnight Blue, l’internalisme devient un peu artificiel à force de laisser autant transparaître les objectifs externalistes
- Ainsi donc, grâce aux commodes inconséquences de la chancelière suprême qui avait le culot de reprocher juste avant à ses très virils nouveaux alliés d’être de piètres tacticiens manquant d’intelligence et de ruse féminine (sic), la connaissance de l’implication des Moclans — ex-armuriers de l’Union — permet à Bortus de deviner la mise à contribution du plus expert de ses compatriotes, le Dr Kalba dans son avant-poste de recherche sur Draconis 427. Une reconnaissance discrète sur place (derrière une lune et des systèmes de brouillage) permet à l’USS Orville de confirmer cette hypothèse… au centuple : une véritable armada orbite autour de cette planète, et celle-ci accueille le plus puissant "quantum core" jamais rencontré, capable d’étendre la portée de la super-arme sur des milliers d’années-lumière (et non plus "seulement" dix millions de kilomètres comme avec le noyau quantique de l’USS Orville) ! Mais vu que l’épisode se déroule en temps réel (modulo l’ellipse des temps de voyage en FTL), il est bien difficile de croire que les Moclans ont réussi à percer aussi vite tous les secrets d’une arme livrée sans mode d’emploi, qu’ils n’ont aucunement conçue et dont ils ne savaient rien avant, et qui est supposée plus avancée encore que ne l’est la technologie kaylon ! De quoi "dumper" dangereusement Perry et l’élite de l’Union, du moins hors des super-pouvoirs 4D de Charly. Un enchaînement bien trop rapide pour être crédible...
- Pour rééquilibrer le rapport de force et prévenir le crime de la masse qui se prépare, c’est avec un bien curieux naturel qu’Ed Mercer songe à s’allier avec les Kaylons face à la nouvelle alliance Krills-Moclans. Apparemment sans même prévenir l’amirauté ni être autorisé par l’Union à bouleverser une nouvelle fois radicalement l’ordre géostratégique, l’USS Orville fonce en FTL pour prévenir Kaylon Primary de la situation et inviter les robots à s’allier à l’Union pour ravir la super-arme fatale sur Draconis 427. Alors, certes, la PU a possiblement donné son aval en amont et off screen pour suivre un pareil plan, mais l’épisode aurait tout de même gagné à s’attarder un peu sur les implications à la fois éthiques et stratégiques, c’est-à-dire à donner une visibilité à la discursivité argumentaire... alors qu’il s’en était fallu de peu en amont pour que le Conseil de l’Union suive la voie des Krills et des Moclans. Autant dire que faire soudain confiance aux Kaylons et s’en remettre à eux ne devrait pas aller de soi comme s’il n’existait aucune divergence sur cette question au sein de la PU hors de feu Perry.
- On verse même dans la complète irresponsabilité lorsque les héros révèlent au Primary que la super-arme volée était en fait le seul exemplaire en possession de l’Union ! Vu leur coopération initiale très contrariée et leur intention de trouver une faille (de leur propre aveu en début d’épisode), si les Kaylons avaient été des IA aussi rationnelles et implacables que Skynet dans la saga Terminator, le sort de l’humanité aurait pu être scellé à la seconde même où ladite arme serait récupérée par eux ou détruite. Du coup, une question corollaire se pose : est-ce que les protagonistes n’ont pas révélé aux Kaylons comment réchapper à la super-arme pour ne pas perdre totalement le bénéfice de ce moyen de pression, ou bien parce que les scénaristes ont fait semblant de ne pas y songer pour permettre le gros spectacle qui allait suivre ? Parce que si l’objectif de l’Union était vraiment de sauver les Kaylons de l’anéantissement, il aurait été logique de leur révéler le mode de fonctionnement de la super-arme (créer une boucle de rétroaction dans la chaine de communication de la matrice de synchronisation à laquelle sont reliées tous les Kaylons et leurs vaisseau, tombant alors comme des dominos) pour qu’ils puissent s’immuniser comme d’Isaac (n’étant quant à lui plus relié à la matrice comme certains Borgs "dissidents" de ST TNG et ST VOY). Mais ce faisant, la PU serait redevenue vulnérable. Voilà qui aurait représenté le vrai cœur du dilemme... Mais en l’état, c’est comme si The Orville 03x09 Domino n’assumait pas jusqu’au bout ses partis pris...
- Ponctué des sarcasmes d’un Kaylon Primary finalement plus attachant qu’inquiétant, un plan d’action commun est mis en place pour attaquer la Death Star de Star Wars... euh... l’avant-poste de recherche de Draconis 427. En gros, la flotte de l’Union guidée par Ed Mercer formera la première vague d’assaut contre les flottes krills et moclans respectivement commandées par Dalak et Korin. Puis, la flotte robotique menée par Kaylon Secondary constituera la seconde vague. À la faveur de l’effet de surprise, sous l’escorte d’une flottille de vaisseaux de chasse Pterodon PT-197 (révélés dans The Orville 03x01 Electric Sheep) et conduits par Gordon Malloy, une navette de l’USS Orville cachée derrière un bouclier occulteur transportera à la surface un commando composé de Kelly Grayson, Talla Keyali, Charly Burke, Isaac, et Kaylon Primary pour s’emparer de la super-arme dans une base investie par le Dr Kalba... et la chancelière Teleya. Toute cette vaste opération "épique" sera un festival non-stop de batailles spatiales, de dogfights, de vols en rase-motte, de space diving, et de corps-à-corps chorégraphiés, botoxé d’effets spéciaux spectaculaires... pastichant peu ou prou SW Episode VI Return Of The Jedi jusqu’à la partition de John Williams (à peine réinstrumentée) ! Cumulant pas moins de vingt-cinq minutes de run, ce sera un tiers du temps utile de l’épisode. Exaltant ou ennuyeux... selon les goûts et/ou les attentes.
- Mais comme presque toujours, ces opéras graphiques 100% CGI de blockbusters croisent davantage dans les eaux virtuelles des cartoons que dans les espaces pesants de la Hard SF. Il serait donc superfétatoire d’épingler (entre autres) les réflexes de pilotage bien au-delà des capacités humaines et (par exemple) les couleurs chamarrées intempestives sacrifiant le réalisme à l’esthétique… En se bornant juste au plus grave, il est impossible de ne pas déplorer l’absurdité tactique de faire escorter une navette entièrement invisible par un convoi de chasseurs très visibles, ces derniers venant annuler tout le bénéfice de cette super-furtivité… comme le confirmera un peu malgré lui l’épisode lorsque l’astronef de Kelly sera tellement endommagé par les tirs visant les escorteurs que les cinq passagers en seront réduit à sauter et atterrir en "diving", c’est-à-dire comme Baby-Kirk et Sulu rebootés dans Star Trek 2009. Pas bien malin ! Mais qu’importe pourvu qu’il y ait du (gros) spectacle, n’est-ce pas ? Plus généralement, la flottille de Pterodons PT-197 de Gordon n’aura pas eu la moindre utilité durant toute l’opération : #1 ces chasseurs auront fait de la navette occultée une cible ; #2 ils n’ont jamais réussi à forcer le bouclier protégeant le gigantesque noyau quantique de Draconis 427 ; #3 et en définitive ils ont juste gratifié l’épisode d’un ballet aérien ininterrompu, certes magnifique, mais aussi interminable que vain, avec en sus pas mal de morts dans leurs rangs. Quand une stratégie militaire vire au spectacle son et lumière…
- Ok, on va dire que Dr Kalba est un génie de compétition. Mais quand même, c’est un peu fort de café qu’il ait suffi à feu l’amiral Perry de remettre à l’alliance Krills-Moclans la super-arme secrète d’Isaac et Charly pour qu’aussi sec — l’épisode se déroulant presque en temps réel — Draconis 427 se retrouve équipé d’un quantum core de la taille d’une cathédrale, et pour qu’une technologie mystérieuse (que les si supérieurs Kaylons se disent incapable de matcher) soit instantanément percée à jour (sans le concours actifs de ses créateurs), upgradée, et déployée à l’échelle galactique ! La rétro-ingénierie prend ici tellement la forme d’une baguette magique que c’est à se demander pourquoi le génial Kalba — encore membre et matière grise de l’Union dans l’épisode précédent — n’a pas de lui-même développé cette super-arme ou une autre du même genre contre les Kaylons...
- Toujours un peu curieux que le chef d’état d’un vaste empire supervise lui-même les opérations de terrain, en la circonstance que la chancelière suprême krill, Teleya, dirige en personne le déploiement de la super-arme par Kalba au moyen du méga quantum core de Draconis 427. Même en répétant à tue-tête "autre civilisation, autre temps, autre mœurs", il est quand même difficile de ne pas deviner ici des intentions externalistes assez convenues : provoquer un affrontement rituel entre les héros et la Némésis attitrée d’Ed Mercer (et accessoirement mère de sa fille Anaya), conduisant à sa mort ou à sa capture. Et ça n’a par raté : un catfight mano à mano chorégraphié entre Kelly Grayson et Teleya, cette dernière prenant d’ailleurs le dessus avant que Talla "Hulk" Keyali mette tous les plaideurs d’accord.
- (...)

(...) [Analyse détaillée à venir] (...)

Imaginons une uchronie où Rick Berman n’ait pas été remercié en 2006 et où la nouvelle direction de Paramount/CBS lui ait imposé les codes et un budget de super-production pour relancer de façon putassière Star Trek (en lieu et place d’un JJ Abrams et d’un Alex Kurtzman). Eh bien, cela aurait pu donner un produit hybride de ce genre...
Dans une large mesure, The Orville 03x09 Domino est un film Kelvin (de type ST 2009)... mais qui aurait été signé par les auteurs historiques bermaniens les plus brillants de la franchise (Brannon Braga quoi). C’est-à-dire du spectacle à gogo et un étalage de fric ("space diving" inclus), une multitude de simplismes et de facilités bancales comme aiment à les accumuler les blockbusters (disneyisé ou pas)... MAIS néanmoins sans reboot/remake qui tuerait le worldbuilding, avec un cœur philosophique à la bonne place, et offrant de vrais dilemmes moraux pour un fond authentiquement trekkien... quoique sans aucune contrainte de réalisme.
Alors oui, c’est infiniment mieux que le #FakeTrek de Secret Hideout, mais cela reste significativement moins bien que Star Trek ! Quelque part à mi-chemin entre les deux, on rencontre ce somptueux sous-Trek. Mais par les temps de disette SF actuels et après treize ans de tournantes kurtzmaniennes, cela peut suffire et même... émerveiller.
Attention cependant à ne pas surévaluer — par faim ou frustration — un opus capiteux et alliciant au premier visionnage, mais qui ne survivra pas forcément à l’épreuve des revisionnages, du logos et de la postérité.
Ce qui est certain, c’est que l’indépassable Brannon Braga des référentielles ST TNG, ST VOY, et ST ENT nous manque cruellement...

NOTE ÉPISODE

NOTE STAR TREK

BANDE ANNONCE



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