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Star Trek Discovery : Review 1.13 What’s Past is Prologue

Date : 31 / 01 / 2018 à 14h30
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Attention spoilers à tous les étages !

Gabriel Lorca est, depuis l’épisode précédent, un traitre de l’univers miroir, ayant usurpé sa vraie place dans Starfleet prime. En y repensant, on a dû mal à croire qu’il se soit perdu dans tant d’aventures (les premiers épisodes) pour arriver à ses fins. Quoiqu’il en soit, il est revenu chez lui dans l’univers miroir afin de devenir calife à la place du calife, c’est-à-dire empereur en lieu et place de l’impératrice Philippa Georgiou. Il prend donc d’assaut l’immense navire impérial ISS Charon (le passeur des morts de la mythologie grecque, si la référence bien lourde vous a échappé). En chemin, il récupère le Stamets-miroir.

Stamets-miroir est un idiot. Lorca, menant la rébellion avec des troupes fidèles, est en situation de force. Pourtant, Stamets-miroir se montre tellement hypocrite et s’adonne à tant de provocation cynique dans son rapport avec le tout-puissant Lorca que le énième twist concernant son exécution, une fois son utilité passée de date pour son maître, est un non événement dramatique. Avec son côté miroir bien caricaturalement écrit, ce personnage avait tant appelé sur lui son sort funeste que la scène fait pschitt.

Par rapport à ce mirror universe qui parvient à sembler plus extrême que celui du Star Trek pré-2005, Starfleet et le vaisseau-titre ici dirigé par Saru (Doug Jones, parfait) retrouvent, à l’écran, une sorte de stabilité opérationnelle et un brin d’humanisme. Saru, depuis l’épisode précédent, garde une certaine dignité et fait un capitaine digne de ce nom. Même l’enseigne Tilly, dans un rôle pourtant souvent dirigé en ce sens, ne laisse pas la fâcheuse impression d’être échappée d’un soap opera comme dans l’épisode précédent. Sa conversation avec Stamets révèle que la contamination de l’univers mycélien à travers tous les univers devient l’enjeu de fin du monde de cet épisode.

A ce moment survient une scène des plus surréalistes dans son fond. Lors de leur échange, Stamets et Tilly pensent pouvoir repartir dans l’univers prime, mais au seuil de l’univers miroir se trouve une infinité de chemins possibles vers une infinité d’univers. Et comme ils n’ont pas (d’après les dialogues) de moyen de faire le bon choix parmi les multivers, la seule réaction de Stamets est de citer une réplique précédemment entendue : « Je ne crois pas au no-win scénario ». Et sur ce, confiance revenue, les personnages s’en retournent, solution trouvée. Hein ? Quoi ? C’est tout ? Rappelez-moi de ne jamais embarquer avec ces gens !

Autre incohérence (moins grave, mais je le vois, donc ce n’est pas bon pour moi en tant spectateur, sorti de la narration pendant un moment) : l’équipage prépare l’assaut pour neutraliser le vaisseau impérial et récupérer Burnham… En toute simplicité, l’USS Discovery possède dans ses banques de données toutes les caractéristiques techniques et les plans de l’ISS Charon alors qu’ils n’ont pas pu approcher le monstrueux navire de prêt, ni même le scanner. Une nouvelle fois, je dis ça, je dis rien.

A bord du Charon, on apprend que Michael Burnham fait partie des plans de Lorca, une fois le pouvoir conquis par lui. D’où ses efforts pour la libérer dans l’univers prime. Ce projet de faire de Burnham son bras droit semble incohérent avec l’intelligence du personnage de Lorca qui connaît, au-delà de ses capacités physiques et stratégiques, les qualités éthiques de notre héroïne. J’ai donc eu du mal avec cette dernière révélation peu crédible, contribuant à me désengager, une fois de plus, de l’histoire en cours.

Lorca prend néanmoins le pouvoir après un intense shootout plutôt bien filmé dans les caverneux couloirs du Charon. Il est, dans son action, aidé par Landry-miroir (coucou la revoilou), étrangement moins pète-sec ici que dans sa version prime. Même si c’est elle qui a la tâche d’exécuter Stamets-miroir, elle en serait presque sympathique. Va comprendre, Charles.

Lorca contacte son ancien vaisseau et annonce à l’équipage du Discovery qu’il aura la vie sauve grâce au sacrifice de Burnham qui accepte de rester à ses côtés. Mais dans une facilité scénaristique hollywoodienne de plus, Burnham dispose très facilement du garde qui la tient en joue, placé juste derrière elle. S’ensuit une méga bagarre mano-a-mano (et kung fu concernant Michelle Yeoh) entre Lorca, Georgiou, Burnham, Landry et tout le petit personnel. Cette scène est tellement chorégraphiée qu’elle sonne faux. Honnêtement, on dirait presque un travail scolaire. Burnham et Georgiou prennent néanmoins l’avantage à l’issue de la confrontation.

Burnham, fidèle à ses principes que Lorca, précédemment intelligent ne comprit donc pas, décide de ne pas exécuter son ancien capitaine. Évidemment, Philippa Georgiou-miroir s’en charge. C’est la fin du personnage, pourtant de ceux qui paraissaient prometteurs grâce au grand talent de Jason Isaacs, ici réduit à un méchant de James Bond, prêt à dominer le monde. Et pourtant, en dépit de ce gâchis, on peut encore croire aux motivations du personnage durant l’épisode, c’est dire la qualité de l’acteur.

Philippa et Burnham ayant survécu, voilà qu’elles se font… des sourires. Voilà que Philippa continue à faire risette alors qu’elle se sent (elle le dit) impératrice vaincue, déchue, elle, la reine de l’égo, de la mégalomanie. La seule chose que devrait vouloir la sanglante impératrice Georgiou telle que la série nous la présentée jusque-là, c’est garder / récupérer son trône. Non ici, elle garde son mince sourire et décide de se sacrifier (sic) pour faciliter le départ de Burnham alors qu’approchent les derniers sbires de Lorca. Incroyable ! La voilà quasi-sympathique maintenant ! Du grand n’importe quoi… de la démagogie narrative feel-good pour plaire au plus grand nombre. Les scénaristes prennent décidemment les spectateurs pour des gogos.

Dans la même logique, au moment de se faire téléporter sur le Discovery, Burnham a un geste sentimental envers Georgiou (culpabilité oblige envers Georgiou prime ?) et l’empêche de mourir sous les coups de phaser de la partie adverse (le reste du clan Lorca) en la faisant téléporter avec elle à bord du Discovery. Elle l’a pourtant vue tuer et massacrer ses semblables. Burnham a beau se sentir coupable, reconnaissons qu’en tant qu’héroïne, les auteurs lui faisaient auparavant garder les pieds sur terre. Pas ici ? On nage, une nouvelle fois, en pleine démagogie, en pleine incohérence…

Evidemment, on sent venir que l’ex-impératrice aura un rôle à jouer après le retour dans l’univers prime (et hop ! confirmé par le teaser de l’épisode suivant où c’est dit de but en blanc). Donc, le vaisseau revient dans son univers, in extremis (c’est bien le moins), avec l’ex-impératrice mégalomane à son bord. Surplus d’incohérence, Stamets trouve la bonne issue parmi les multivers en écoutant de la musique d’opéra sur les conseils de feu son petit ami Culber, lors d’un flashback new age et sirupeux. Love will save us all ! Toujours du grand n’importe quoi… décidemment, on n’en sort pas.

Bref, si l’épisode n’est pas aussi médiocre dans sa structure narrative que le précédent et bénéficie même du mise en scène plus lisible, plus au service de son histoire, ce treizième opus de Star Trek : Discovery reste, d’un point de vue de crédibilité et de cohérence scénaristique, un pénible exemple de je-m’en-foutisme tape-à-l’œil.

ES

Tandis que Discovery semblait avoir durablement pris racine dans le Mirror Universe, ambitionnant même apparemment de conférer psychologie et profondeur à un evil-universe énantiomorphe selon la grille hypothético-déductive des timelines alternatives, tout en enchaînant péripéties sur péripéties à la mode des serials, 01x13 What’s Past Is Prologue prend soudain la tangente avec le même sens de la prestidigitation volatile que l’ouverture de la trappe devant le trône de Jabba… enfin de l’impératrice terran (une référence à Star Wars ou l’influence de Master Of The Universe ?)
Cette fois, l’histoire peut même se résumer à une phrase : en deux coups de cuiller à pot, Paul Stamets est guéri (lorsque son alter ego miroir est tué), et l’USS Discovery trouve le moyen de quitter le Mirror Universe de la même façon qu’il y était arrivé (exit l’USS Defiant), tout en régénérant le mycecial network (par la destruction de l’orbe lumineux alimentant l’ISS Charon impérial), et en téléportant Burnham ainsi que l’impératrice Georgiou (après que celle-ci a tué Mirror-Lorca tout juste monté sur son trône).
Fin de la parenthèse miroir, c’était en fait tout simple. Devant la rapidité et l’aisance avec laquelle cette plongée prétendument abyssale dans le Mirror se résout, l’interjection qui saute fatalement à l’esprit est : « vraiment ? tout ça pour ça ? ». Principe narratif élémentaire : il n’est pas homogène de résoudre avec la même vitesse le ressort d’un épisode loner… et une problématique déployée sur un arc de quatre épisodes. Sans quoi, la construction apparaît fatalement téléphonée.

Après une balade du côté de chez Mike Hodges (et son Flash Gordon de 1980) dans le douzième épisode, Discovery 01x13 What’s Past Is Prologue rend maintenant visite à Chuck Norris et à sa légendaire finesse de bulldozer. Voilà qui pourrait sembler raccord de prime abord avec le caractère outrancier de l’univers miroir tel que l’avait d’emblée imaginé le grand novéliste Jerome Bixby pour TOS 02x01 Mirror, Mirror.Malheureusement, les showrunners de Discovery font un usage tellement incontinent de leur voilure à géométrie variable que les inconséquences tonales et psychologiques s’enchaînent et se contredisent tels des mouvements browniens.

Ainsi, à la "lumière" des révélations de What’s Past Is Prologue, faisant apparemment mentir la réplique conclusive de Spock quant au Miroir (« Il est bien plus facile pour des hommes civilisés de se comporter en barbares que pour des barbares de se comporter en hommes civilisés »), les épisodes précédents de Discovery avaient fait du capitaine Lorca un transfuge de l’univers miroir étonnamment adaptatif et caméléon. En effet, il aura réussi à immédiatement comprendre ce qui lui était arrivé lorsqu’une téléportation en pleine tempête ionique sur l’ISS Buran lui fit suivre le même chemin que les protagonistes de l’ISS Enterprise dix ans après. Puis, Mirror-Lorca n’a eu aucune difficulté à se faire passer pour un officier de Starfleet au point d’y gagner le commandement du vaisseau le plus avancé et le plus stratégique de la flotte ! Impressionnant pour un imposteur non formé, non préparé, débarqué malgré lui d’un univers réputé barbare dans un univers prétendument utopique. On aura beau pointer commodément du doigt l’ambivalence dont témoignait d’emblée Mirror-Lorca au début de la série, c’est avant tout la responsabilité de l’institution trekkienne qui demeure engagée, puis c’est elle et elle seule qui a confié un poste aussi critique a quelqu’un présentant des signes d’instabilité et de violence (outre d’avoir causé la mort de tout l’équipage de l’USS Buran). Tout comme c’est l’institution trekkienne qui aura condamné à l’emprisonnement à perpétuité Burnham pour une guerre qu’elle n’a pas déclenchée (en dépit de ce que le script lui fait répéter épisode après épisode).
Mais c’est finalement Mirror-Lorca qui aura su se comporter équitablement envers Burnham en la sortant de geôle, puis qui a su récupérer des informations tactiques décisives sur les boucliers occulteurs klingons qui auraient pu faire gagner la guerre à la Fédération. Un palmarès plutôt saisissant en comparaison de Mirror-Kirk… qui, lui, n’a pas mis plus de quelques secondes pour être identifié comme un evil twin puis arrêté par l’équipage de l’USS Enterprise.
Cette façon narrative de procéder porte un nom : la trahison du prequel ! Lorsqu’au mépris de toute continuité causale, les "prédécesseurs ultérieurs" font beaucoup mieux sur tous les plans que les "successeurs antérieurs" en pareille situation… au motif qu’il faut matcher les attentes de spectateurs qui connaissent leurs classiques. Un piège au parfum de facilité que la série prequel Enterprise avait remarquablement su éviter (quitte à s’attirer en son temps les foudres des trekkers… mais pour les raisons exactement inverses de Discovery).

Fi ! Plutôt que de mettre narrativement à profit la subtilité géniale (quoique si peu "mirrorienne") de Jason Isaacs pour composer un personnage ambivalent voire en quête de rédemption (par exemple rescapé du Miroir et épousant la cause de l’UFP pour la sauver malgré elle des Klingons par des méthodes miroir), Discovery 01x13 What’s Past Is Prologue a finalement préféré opter pour la voie la plus putassière, qui a également le malheur d’être la plus invraisemblable. Ainsi, échoué dans l’univers initial de la série, Mirror-Lorca n’a eu de cesse d’obtenir légalement le commandement du vaisseau le plus high end USS Discovery (en dépit du massacre de son équipage précédent), de s’exposer aux premières loges à une guerre qui n’était pas la sienne, de faire venir à lui Michael Burnham à la faveur de l’injustice qu’elle avait subie (son alter ego miroir étant à la fois sa fille adoptive et son amante), et de pousser au développement du mycelium drive par Paul Stamets… dans le seul et unique but de regagner son univers miroir (alors qu’à la base rien ne permettrait d’anticiper que cette technologie expérimentale puisse y conduire). Puis Mirror-Lorca réussira à détourner l’ultime saut en spore drive (au nez et à la barbe de tous y compris de Stamets !) pour conduire l’USS Discovery dans le Mirror Universe, à investir le vaisseau-ville ISS Charon (par l’entremise de Michael), à libérer à lui tout seul tous ses partisans affreusement torturés dans des agony booths en quantité industrielle, à empoisonner tout l’équipage de l’ISS Charon (grâce à une bioweapon développée par Mirror-Stamets), et finalement à éliminer l’impératrice Georgiou pour prendre (bien entendu) sa place !
Wow ! Revisiter mentalement avec une once de recul cet enchaînement de relations de causes à effets permet de prendre la mesure de son caractère hautement improbable, a fortiori si la série tente de nous vendre ledit enchaînement comme parfaitement prémédité (ou téléologique) et maîtrisé. C’est à peu près aussi convaincant que les théories du complot à la mode qui nous vendent l’implication voire la préméditation systématique de la CIA dans tous les événements de rupture se produisant sur la planète…

Mais que serait l’improbable s’il ne culminait finalement par le grossier et l’absurde ? En effet, il aura suffi que Mirror-Lorca révèle son jeu à la fin de l’épisode précédent (ou plus exactement que Burnham et Mirror-Georgiou exposent leurs conjectures) pour que ce transfuge si caméléon, qui a su si bien se fondre dans les institutions et les idéaux de l’UFP, redevienne instantanément le barbare primitif, manichéen, et caricatural qu’il n’aurait parait-il jamais cessé d’être derrière des apparences (relativement) civilisées : massacre de masse, assassinats sans état d’âme, glorification du Destin personnel inscrit dans les étoiles… et caricature de discours réactionnaire crypto-trumpien ("make the empire great again") qui tente – comble de l’absurde au regard du contexte – de le faire passer pour plus infamant que l’impératrice ! Un peu comme s’il suffisait de distribuer des points Godwin pour réussir à faire croire que Donald Trump est en fait bien pire qu’Adolf Hitler... Soit une bien piètre tentative de diabolisation à contre-emploi selon les recettes rances de la doxa.
Et c’est pourtant la manipulation sur laquelle repose la narration puisque c’est par des associations idéologiques de ce genre que What’s Past Is Prologue tente – par contraste – de faire naître chez le spectateur une forme de sympathie pour Mirror-Georgiou afin de le préparer au choix que fera Burnham pour des raisons à la fois d’affect et de culpabilité. À savoir prendre le parti de l’image miroir de sa "maman de substitution", prétendre racheter ses propre fautes (largement imaginaires) envers la capitaine Georgiou en faisant allégeance à un alter-ego miroir (qui est pourtant son antithèse), et même la ramener dans ses bagages (un tropisme excusable dans DS9 04x20 Shattered Mirror car c’était un Jake encore enfant qui s’était trouvé une "maman de rechange" d’autant plus que Mirror-Jennifer n’était pas l’impératrice terran). Mais cette tentative d’objectiver le subjectif, outre d’être maladroite, est surtout intellectuellement malhonnête, tant il s’agit d’un enfumage émotionnel destiné à masquer la réalité. Les premiers épisodes de l’arc miroir de Discovery n’ont pourtant pas manqué de mettre en scène la cruauté indépassable de l’impératrice Georgiou (massacre sans pitié de l’alliance rebelle qui incarnait pourtant ce qui se rapprochait le plus de l’UFP dans le Miroir, arme biologique commanditée à Mirror-Stamets, assassinat avec la froideur de serpent de son cercle le plus proche de minions, le poignardage de Mirror-Lorca dans son dos avant d’être jeté par la trappe dans l’orbe mycélien…). Et plus généralement, le simple fait d’être parvenu au sommet de la chaîne alimentaire d’un système aussi criminel que le Terran Empire fait de Mirror-Georgiou la pire représentante de la pire des sociétés.
Mais oublions tout ça... pourvu que cela serve la dynamique de rebondissement autocentré.
Relativisons même la pire des pires au travers des yeux de Chimène de l’héroïne en titre... et au moyen d’une parodie de discours alt right chez le rival systémique (Mirror-Lorca).
Occultons le fait que celui-ci aura été durant des mois le presque-parfait capitaine du plus puissant des vaisseaux de Starfleet... en lui faisant pathétiquement la leçon quelques secondes avant son assassinat (« We would’ve helped you get home if you had asked. That’s who Starfleet is » !).
Et tant qu’à faire, inventons même à la dernière minute chez l’incarnation vivante de Terran Empire un sens du sacrifice désintéressé célébrant toute la noblesse du bushido… en faisant soudain assumer à Mirror-Georgiou la responsabilité qui vient avec le privilège du rang, prête - comme dans un tragédie hellénique antique - à affronter stoïquement son inéluctable trépas pour permettre à "sa fille" Burnham de fuir (tout en sauvant le réseau mycélien pourtant initialement contaminé par son "vaisseau à orbe") : « I will buy you some time. I am a defeated emperor. They’ve seen my neck. I have no future now. But I will die on my feet as fitting my station. »
Mais en prétendant que la découverte tardive d’un sentiment (et d’une estime) filial(e) rachèterait une vie entière dédiée au crime (syndrome de Darth Vader / Anakin Skywalker à la fin de Star Wars VI Return Of the Jedi), en faisant tenir soudain - face une mort certaine - un discours aussi trekkien à celle dont le règne, les actes, et les mœurs incarnent la négation parodique de Star Trek… cela ne fait que renforcer l’impression persistante d’une série qui se moque de son sujet et qui se joue des spectateurs… dès lors que cela sert à la fois le ressort serialisé (il est évident que c’est Mirror-Georgiou qui sortira de son chapeau d’impératrice déchue les clés de résolution face à l’Empire klingon dans l’épisode suivant) et le ressort mélo (la contemplation - prétendu communicative - de ses propres émotions par Michael).
Reste le sacrifice stérile sur l’autel "manichéisme" de Mirror-Lorca qui, s’il n’était pas le personnage le plus trekkien, n’était pas non le plus anti-trekkien de la série (surtout face à l’inquiétante UFP discoverienne), recelant à ce titre un vaste potentiel de développement. Mais il fallait bien promouvoir sur son dos la pièce rapportée Mirror-Georgiou que la série ne manquera probablement pas de paralléliser avec feu la capitaine du même nom en dépit du Miroir qui les oppose. Peut-être aussi que la série projette de faire sortir du bois le capitaine Lorca original (non miroir) à propos duquel le silence appuyé de la narration s’apparente presque à une annonce en creux.

En tout état de cause, difficile de se départir du sentiment de s’être fait abuser une nouvelle fois… avec des personnages ayant occupé une part significative de la narration… et qui finalement se révèlent n’être que des illusions ou des constructs, réduits à la fonction peu gratifiante d’outils au service de coups de théâtre et de jeux de permutations. Le plus psychologue des humains de la série - Ash Tyler – n’était que la couverture d’un Klingon 2.0 xénomorphe, tandis que l’ambivalent Lorca n’était qu’un cartoonesque Iznogood. En revanche, l’impératrice Ming avait de la noblesse à revendre derrière sa mégalomanie et ses exterminations de masse. Ben voyons...
Voilà qui confirme - si cela était encore nécessaire - toute la stérilité de la politique du "twist pour le twist". Car lorsque le moyen devient sa propre finalité, toute révélation sonne la fin du jeu, frappant alors rétroactivement de facticité du (peu de) fond qui précédait.

Certaines mauvaises langues – y compris Ronald D Moore – avaient naguère reproché au Star Trek historique de s’appuyer parfois sur le seul technobabble pour résoudre les situations inextricables dans lesquels les personnages (et les vaisseaux) se retrouvaient. Cette inclination occasionnelle de la franchise demeurait malgré tout mesurée et raisonnable au regard des hypothèses technologiques hautes perchées présidant à l’exploration trekkienne, et dans la mesure où, justement, les sciences futuristes trekkiennes étaient supposées obéir à des codes aussi rigoureux que les sciences réelles. Ainsi, les méthodes ou les procédures formalisées dans des épisodes antérieurs obligeaient toujours les épisodes ultérieurs, et dessinaient un système de lois physiques (et naturelles) prolongeant et extrapolant les sciences réelles. La part rituelle du technobabble, quand bien même moquable d’une perspective extérieure, renforçait la rigidité mathématique du système, contribuant ainsi à véritablement enraciner Star Trek dans les contraintes de la science-fiction (où tout n’est pas supposé être permis et où il n’est normalement pas davantage permis de courber les hypothèses de départ que dans le monde réel).
À l’inverse, plus Discovery avance, moins le technobabble 2.0 qu’elle a introduit ne semble être régi par des contraintes scientifiques rigoureuses et invariantes, ni respecter les sciences réelles (quantiques et relativistes)… visiblement pliées aux seuls besoins des showrunners. Il en ressort des explications toujours plus prétextes, tellement alambiquées et nébuleuses qu’elles s’apparentent au latinisme cryptique des médecins de Molière, ironiquement assénées durant de semblables séances pleines de solennité.
Ainsi donc, Discovery 01x13 What’s Past Is Prologue révèle que l’orbe au cœur du vaisseau-cité impérial ISS Charon (et qui évoquait une singularité ou un soleil artificiel à la façon des designs rencontrés dans l’action-RPG Mass Effect) est en réalité un réacteur mycelien, soit le pendant miroir du spore drive de l’USS Discovery (comment l’USS Discovery s’est-il procuré des infos tactiques aussi détaillées, Burnham peut-elle désormais transmettre de façon immatérielle et à distance des dossiers tactiques fatalement classifiées ?).
Si les recherches de Stamets (apparemment aiguillées par Mirror-Lorca) l’ont conduit à mettre à profit le mycelial network pour le traverser et accéder instantanément à tout l’univers (au mépris de la chronologie), celle de Mirror-Stamets l’ont amené à y puiser une source d’énergie pour alimenter le gigantesque vaisseau de l’impératrice. Mais en retour, cela contamine l’ensemble du réseau mycelien à travers tous les multivers en dépit des capacités auto-régénératrices du réseau. La nature de ladite contamination n’est à aucun moment précisée, et il est permis de s’interroger sur ce qui la distingue en essence de l’exploitation qu’en fait de son côté l’USS Discovery (dont l’épisode établira d’ailleurs que les seules spores stockées à bord offrent assez d’énergie pour traverser plusieurs galaxies !). Tout cela suggère en outre une étonnante vulnérabilité à l’échelle de la multidimensionnalité, auquel cas le réseau aurait dû s’effondrer depuis longtemps au regard des infinies possibilités de timelines (corollaires à l’hypothèse même des multivers). Si l’objectif transpositionnel était de composer une allégorie écologiste "avatarienne" sur la surexploitation industrielle de notre planète (et de mère nature) par des empires multinationaux contemporains dénués de tout scrupules, voilà qui tombe particulièrement à plat.

Seule solution pour "libérer" le mycelial network et lui permettre alors de se régénérer : détruire le cœur du réacteur sporique après avoir désactivé (depuis la salle du trône de l’ISS Charon) le champ de confinement de l’orbe. Mais le drainage de l’énergie exotique en provenance du réseau mycélien a engendré une telle accumulation localisée de spores mycéliennes que le réacteur se retrouve inondé de champs hypermagnétiques et hypergravitationnels (quid ?, fait-on référence à un puits gravitationnel d’étoile à neutron ou de trou noir ?) dont les seules torpilles à photons ne pourraient venir à bout. Il faut donc y ajouter en renfort une réaction en chaîne provoquée par des ogives remplies de tout le stock de spores mycéliennes (est-ce un explosif ?) contenues sur l’USS Discovery, quitte à devoir en contrepartie renoncer au spore drive nécessaire au retour dans l’univers non-miroir (il y a là une possible contradiction puisqu’il fut annoncé au début de l’épisode que les récoltes des mycelium n’ont justement pas pu être sauvées). Au passage, la "serre" où sont cultivés les astro-champignons est tellement haute et étendue (d’après ce qu’en montre en CGI l’épisode) que cela impliquerait que l’USS Discovery fasse plusieurs kilomètres d’envergure et soit donc incomparablement plus grand que l’Enterprise E de Picard (pourtant sis plus d’un siècle après).
Malheureusement, la destruction de l’orbe libérant le réseau mycelien engendrerait une telle vague d’énergie que l’USS Discovery ne pourrait y survivre en dépit de ses boucliers. Curieux, car cette libération aurait logiquement dû être endo-énergétique étant donné qu’il s’agit du "puits de drainage" d’un réseau mycélien réputé exsangue (en outre le passage immédiat en distorsion aurait dû permettre d’échapper à cette vague). L’idée de Tilly est alors d’exploiter cette onde mycélienne suprême (sic) en se maintenant à sa marge pour que cette dernière "active" le spore drive (en dépit de l’absence de spores à bord puisque déjà utilisées pouur détruire l’orbe), tandis que le warp drive y serait couplé afin d’activer une bulle de distorsion qui viendrait s’ajouter aux boucliers principaux pour renforcer la résistance du vaisseau. (Il serait possible de retrouver là de vagues échos - ou préfigurations en internaliste - de configurations rencontrées dans TNG 04x05 Remember Me et TNG 05x10 New Ground, si ce n’est que ces épisodes-là avaient traité ces sujets techniques avec incomparablement plus de rigueur et de crédibilité.)
Puis, par la rétro-ingénierie des coordonnées utilisées par Mirror-Lorca pour regagner l’univers miroir, Stamets prétend pouvoir retrouver le chemin de son univers d’origine et identifier les bonnes coordonnées spatio-temporelles pour y parvenir peu ou prou au moment où l’USS Discovery en est parti (visiblement, le temps est déjà une variable d’ajustement... une dizaine d’années avant que la possibilité de voyager dans le temps ne soit découverte dans TOS 01x06 The Naked Time).
Certains spectateurs trouveront peut-être convaincante toute cette justification sortie de derrière les fagots pour clore vite fait l’arc miroir. D’autres s’en ficheront à partir du moment où l’acmé est à son paroxysme. Enfin, d’aucuns tiqueront, et trouveront ça à la fois bien commode et/ou particulièrement capillotracté.

Il faut noter que l’épisode présente les apparences de la choralité en donnant en cette occasion à tous les figurants de l’USS Discovery (Kalya, Airiam, Owosekun, Rhys, Bryce…) quelques lignes de dialogues. Mais ne nous y trompons pas, seuls Stamets et Tilly fournissent les clefs de survie et de retour. L’USS Discovery a beau réunir l’élite scientifique de Starfleet, la matière grise est visiblement détenue principalement par Sylvia Tilly… d’une façon bien plus démonstrative qu’au début de TNG par Wesley Crusher (qui pourtant agaçait la plupart des spectateurs).
Par ailleurs, le principe actif de toute cette stratégie pseudo-scientifique se veut un pesant clin d’œil à James T. Kirk : « nous n’accepterons pas le no win scenario ». Ce motto se transforme même en formule magique qui fait miraculeusement germer dans la tête des protagonistes les solutions à chaque problème. Telle une course de relais, c’est d’abord Saru qui convoque la formule lorsqu’il semblait établi que le vaisseau ne survivrait pas à l’explosion. Puis Tilly trouve une solution pour survivre à l’explosion et évoque à son tour cette devise. Et c’est enfin Stamets qui annonce pouvoir regagner l’univers non-miroir au nom de ce même principe.
Focus sur ce point d’orgue de la narration qui illustre à quel degré de WTF la série n’hésite pas à hisser le technobabble pseudo-résolutif : Tilly fait remarquer qu’une infinité d’embranchements ("infinite pathways") s’ouvrira devant l’USS Discovery durant la traversée inter-univers, rendant le retour dans le bon univers hautement hasardeux. Stamets répond alors doctement à la cadette : "no win scenario" ! Ce n’est même plus un MagGuffin mais désormais un joker qui est offert en guise de justification scientifique, et l’épisode n’en fournira d’ailleurs aucune autre ensuite.
Mais à la place, durant la traversée qui s’ensuivra, Stamets recevra le concours appuyé du spectre de Hugh Culber qui, tel un ange sorti du Always (1978) de Steven Spielberg, guidera le pilote à bon port... au travers de la proverbiale clairière de la forêt et en suivant le fil de la musique céleste (serait-ce une référence aux bondieuseries de la dernière saison de BSG 2003 ?).

Autant dire que la véritable technologie qui semble désormais faire fonctionner l’USS Discovery, c’est la foi ! Inutile d’emphatiser davantage la trahison épistémologique potentielle de Star Trek qui en résulte (cf. la critique de 01x12 Vaulting Ambition).

Le style Chuck Norris – mâtiné de Jet Li - s’exprime quant à lui dans la façon surréaliste dont Burnham et Mirror-Georgiou reconquièrent à elles deux la salle du trône de l’ISS Charon... avant d’en provoquer la destruction de façon coordonnée avec Saru sur l’USS Discovery.
Le style des actions commandos en duo dans les vaisseaux ennemis fut inauguré par ST 2009 et poursuivi dans le pilote de Discovery. Mais dans Discovery 01x13 What’s Past Is Prologue, il atteint des sommets. En dépit du gigantisme de l’USS Charon, Burnham n’a aucune difficulté à retrouver l’impératrice déchue en fuite, car réfugiée dans un "sanctuaire". Croyant reconnaître en elle toutes les caractéristiques de son mentor (la série continuant à vendre un maximum de similitudes des personnages au travers du Miroir), Michael n’hésite cette fois pas à s’allier explicitement à elle dans le cadre d’un plan postulant une confiance mutuelle absolue (eh bien !). Puis faisant mine d’accepter la proposition de ralliement de Mirror-Lorca en contrepartie de la liberté de l’équipage de l’USS Discovery, Michael lui livre Mirror-Philippa... tandis que cette dernière n’hésite pas à lui annoncer - par pure forfanterie - ses véritables intentions ! Et dans une salle du trône remplie des partisans du nouvel empereur, elles réussissent à elles deux à massacrer tout le monde, non sans en passer par une succession de combats chorégraphiés (mano a mano et kung fu) très peu naturels (comme les cultivait la série Alias du même showrunner Alex Kurtzman). Mirror-Landry y décède (personnage curieusement aussi sinistre dans les deux univers)... tout comme Mirror-Lorca que Burnham voulait épargner (mais l’impératrice ne lui en a pas laissé le temps). Faut-il croire que tous ces compagnons de combat de Mirror-Lorca, forgés dans la violence du Terran Empire, puissent se faire collectivement démolir tels des pantins articulés de vitrine ?
Certes, les deux "guerrières" recevront au départ un coup de pouce de l’USS Discovery... si ce n’est qu’il est totalement incohérent que celui-ci ait pu donner l’assaut au puissant (et gigantesque) ISS Charon jusqu’à endommager dès le premier tir la salle du trône ! Faut-il vraiment croire que le vaisseau impérial du plus paranoïaques des empires était dépourvu de boucliers ?! Sans compter le risque de tuer par la même occasion Burnham durant cette attaque extérieure qui n’avait rien de chirurgicale.
Bref, cette opération coordonnée est un portnawak intégral, mais c’est probablement là que réside tout le "fun". Tellement orienté action et si peu réflexion que l’on agit d’abord et l’on réfléchit après (ou pas d’ailleurs). Dès lors, heureusement que les scénaristes TPTB (the powers that be) sont là pour rattraper le "coup". Oui, "pensons serial" (en non Star Trek ni même SF), et gardons-nous de nous attarder sur un quelconque "détail" de vraisemblance dès lors que l’excitation confine à l’orgasme...

Cette intrusion de quatre épisodes dans l’univers miroir aura visiblement réussi à considérablement solidariser l’équipage de l’USS Discovery sous le commandement effectif de Saru, davantage encore depuis la révélation de la provenance Mirror de Gabriel Lorca. À tel point que pour la première fois, le Kelpien qualifiera Burnham "d’amie" et n’hésitera pas à risquer tout son équipage pour la sauver. Pour pas mal de trekkers orphelins, dans l’enfer de l’univers miroir, Saru aura ainsi représenté le phare (ou l’ultime feu) illuminant les ténèbres des lumières trekkiennes.
Hélas, la démonstration parait rétrospectivement assez artificieuse au regard du comportement parfaitement anti-trekkien (ainsi que non-professionnel) que Saru exhibait dans les neuf premiers épisodes de la série. S’il faut en passer par l’adversité de l’univers miroir pour réussir à "trekkiser" l’équipage de l’USS Discovery et pour mettre en évidence l’iniquité infligée à Burnham par Starfleet, il y a comme un vice de fabrication dans la proposition initiale de la série... à l’image de la façon pré-construite dont Discovery 01x07 Magic To Make The Sanest Man Go Mad a fait naître la romance d’ado entre Ash et Michael.

Attardons-nous d’ailleurs un instant sur cette espèce inventée par Discovery : les Kelpiens, très improbables "super-proies" (?) mais aux capacités de "super-prédateurs", et dont le principal "super-pouvoir" serait de sentir la venue de la mort à l’avance ! Une fois de plus, Saru vient se targuer de cette aptitude auprès de son équipage pour lui assurer qu’il ne coure aucun danger (« It is well known that my species has the ability to sense the coming of death. I do not sense it today. »). Mais si l’on fait le bilan de cette "aptitude" depuis le début de Discovery, cela tient littéralement d’un gag sorti de Futurama. Car jamais Saru n’a détecté les véritables dangers de mort (le commando où la capitaine Philippa Georgiou trouvera la mort dans 01x02 Battle At The Binary Stars, la nature klingonne d’Ash Tyler, l’origine miroir de Gabriel Lorca, la boucle temporelle multi-méga-létale de 01x07 Magic To Make The Sanest Man Go Mad...). En revanche, les threat ganglia de Saru n’ont cessé de se déployer en présence de Michael Burnham, personnage pourtant le plus trekkien et le moins équivoque de la série. Somme toute, le pseudo-"super-pouvoir" de Saru consiste surtout en une exacerbation de l’asociabilité subjective, de la rancune, et de l’ambition personnelle.

La titre de l’épisode renvoie une nouvelle fois, avec une invariable prétention, à Shakespeare. En l’occurrence, la scène 1 de l’acte II de la pièce The Tempest ayant en partie fourni la structure du chef d’œuvre Forbidden Planet (1956) de Fred M. Wilcox qui lui a directement inspiré TOS. Il est également possible d’y voir une référence (lexicale seulement) au titre de l’épisode DS9 01x04 Past Prologue, ainsi qu’au titre du roman qu’écrivait Jake Sisko dans DS9 05x04 The Ascent. Mais par-delà ce name dropping (qui n’est en soi le gage d’aucune légitimité), il y a une certaine ironie à ce que le titre de l’épisode convoque aussi symboliquement le passé lorsque la série fait à l’inverse tabula rasa.

What’s Past Is Prologue s’achève par un nouveau rebondissement-de-la-mort-qui-tue : l’USS Discovery est bien revenu dans le quadrant alpha de son univers... mais avec neuf mois de retard ! La carte tactique se tapisse des logos rouges emblématiques des Klingons. Plus la moindre balise spatiale automatique de la Fédération. L’Empire klingon semble avoir gagné la guerre !
Inutile de préciser à quel point ce parti pris serait de nature à infliger un viol de continuité supplémentaire par rapport à TOS. En effet, quand bien même le retour de l’USS Discovery et les connaissances de l’impératrice Georgiou conduiraient à une "reconquista" (avec l’idée naïve qu’un seul vaisseau pourrait changer le cours d’une guerre), la défaite (voire la disparition) - quand bien même temporaire - de l’UFP aurait forcément laissé des empreintes prégnantes sur TOS.
Lorsque les Romuliens apparaissent pour la première fois dans TOS 01x08 Balance Of Terror, ils mettent au jour toute la profondeur des traumatismes (collectifs et pas seulement individuels) gravés dans la conscience collective de l’humanité par une guerre pourtant vieille d’un siècle (antérieure même à la fondation de l’UFP).
Mais lorsque les Klingons apparaissent à leur tour pour la première fois dans TOS 01x27 Errand Of Mercy, là, pas l’ombre d’un trauma historique à signaler - l’UFP et l’Empire klingon étant en sus de forces équivalentes ! Une guerre apocalyptique, au point de mettre totalement à genoux la Fédération, et seulement une décennie (et non pas un siècle) auparavant... ne s’inscrit d’évidence pas dans la continuité originelle.
Bien entendu, le canoniste répliquera : il n’est explicitement dit nulle part qu’il n’y a pas eu de guerre totale dans les années 2250 ni que l’UFP n’a jamais cessé d’exister durant quelques mois ; de plus, il y a la fameuse Battle of Axanar (dont on ne sait rien si ce qu’elle fut remportée par le capitaine Garth Of Izar) suivie de la Peace mission at Axanar (ou Kirk fut décoré).
Certes... mais il s’agit là du respect de la lettre et non de l’esprit !
Or un bon (et un vrai) prequel (comme le fut en son temps Enterprise) se mesure justement par le respect des deux.

Sauf que finalement... par pur effet d’annonce (ou effet de manche), Discovery triche en exagérant considérablement les implications du cliffhanger final de 01x13 What’s Past Is Prologue ! Car la bande-annonce de 01x14 The War Without The War Within révèle en fait que les Klingons occupent "seulement" 20% de l’UFP et que Starfleet a "seulement" perdu le tiers de sa flotte ! Bref, la Fédération n’est pas encore à genoux, et la continuité peut encore s’en relever, du moins sur ce point précis (sans recourir à un voyage temporel correctif ou à une timeline distincte).
Décidément, la manipulation décomplexée des spectateurs est dans les gènes de Discovery. Mais il faut peut-être y voir - avec une nostalgie émue (ou pas) - un trait caractéristique des serials des années 40, qui pour certains n’hésitaient pas à mystifier les spectateurs avec des fins d’épisodes délibérément mensongères, i.e. ne correspondant pas au début des suivants...

YR

EPISODE

- Episode : 1.13
- Titre  : What’s Past is Prologue
- Date de première diffusion : 21/01/2018 (CBS All Access) - 22/01/2018 (Netflix)
- Réalisateur : Olatunde Osunsanmi
- Scénaristes : Ted Sullivan

VIDEOS



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