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Star Trek Enterprise en Blu-Ray : Must absolu de la SF !

Date : 26 / 04 / 2014 à 17h16
Sources :

Source : Unification France


Star Trek : Enterprise – saison 4 en Blu-Ray
Disponibilité : 22 avril 2014
Distributeur : Paramount Home Entertainment France


NOTRE AVIS

Le très attendu coffret Blu-Ray de la quatrième saison de Star Trek : Enterprise achève en gloire la revisitation HD de l’une des plus brillantes compositions du 8ème art à ce jour.

Enterprise : depuis la toute première navette spatiale OV-101, un nom mythique pour une série appelée à devenir culte… à l’instar de toutes les œuvres d’auteur au parfum de souffre qui ont eu le malheur – donc rétrospectivement l’audace – d’être un peu trop en décalage (de forme et/ou de fond) par rapport à leurs époques respectives de production.

Enterprise : préquelle de l’univers Star Trek, dont les 98 épisodes déployés sur quatre saisons prennent chronologiquement place avant tout le "reste" de Star Trek (628 épisodes & 10 films) afin d’en expliquer la genèse. Mais la quête initiatique du "pourquoi du comment de toute chose" représente aussi le plus complexe travail de décryptage possible, et partant, de démystification. "Pire" encore, développer en 2001 une série au goût du jour (avec des décors et des effets spéciaux high-end) mais en même temps supposée chronologiquement antérieure de plus d’un siècle à une série des sixties au look ultra-kitsch, cela relevait littéralement de l’exploit, pour ne pas dire de l’impensable !
Or force est de constater qu’en dépit des innombrables obstacles et coercitions démagogiques – parfois même des coups de pute – infligés par la Major Paramount et par la télé-poubelle UPN, le défi a été relevé au-delà de toute espérance par les créateurs-auteurs-producteurs Rick Berman & Brannon Braga ! Ainsi, non seulement la série préquelle aura réussi à formaliser une transition crédible entre le présent tangible et le futur imaginaire, mais elle sera également parvenue à "résoudre" avec maestria toutes les incohérences internes qui subsistaient encore entre les différentes périodes de trois cents ans de timeframe trekkiens ! La forme ne fut pas non plus en reste par rapport au fond : les mises en scène proposées par Enterprise étaient riches et contrastées, tantôt resserrées et subjectives (dans le style "you are there") à la limite de la caméra sur l’épaule, tantôt distanciées et cinématographiques (notamment à la faveur du 16/9ème) ; mais la haute production value s’étendait aussi aux BO qui s’appuyaient sur une importante ventilation des compositeurs (Paul Baillargeon, Velton Ray Bunch, Kevin Kiner, David Bell... en renfort des Dennis McCarthy et Jay Chattaway un peu "vidés") pour échapper au "syndrome de la musique d’ascenseur interchangeable" affligeant nombre de séries télévisées ; du coup, pas mal d’épisodes préquels y ont gagné une identité sonore digne des compositions de Ron Jones (dans les premières saisons de The Next Generation) non loin des géniaux Goldsmith père & fils.
Mais sans grande surprise, la fétichiste communauté des trekkies américains demeura perplexe et divisée quant aux partis pris de la série Enterprise... notamment parce que cette dernière prenait place dans une société qui n’était pas encore supposée être celle de Star Trek, tout en osant donner objectivement vie aux mythifications subjectives de chacun - nées de ce qui ne fut pas donné aux spectateurs durant presque deux générations.
Car telle est au fond la condition ingrate des préquels dont la vocation casse-gueule est de s’attaquer frontalement au "mythe des origines" et finalement à "l’origine du mythe". Qu’il s’agisse de la prélogie de Star Wars, du Prometheus de Ridley Scott, de l’intéressante série Caprica de Ronald D. Moore, et même par certains côtés de la remarquable série Stargate Universe... aucune n’y a échappé : toutes paraissent à la fois "trop semblables" et "trop différentes", en réalité outrageusement infidèles aux "préquels imaginaires" que les fans endurcis avaient mentalisé dans leur intimité.
Et pourtant, il aura suffit que Paramount officialise la scandaleuse annulation d’Enterprise pour que ladite communauté des trekkies américains se découvre soudain une âme de pasionaria et s’implique furieusement dans une vaste campagne de sauvetage de la série, allant jusqu’à réunir trois millions de dollars (un record) !
L’euphorie de diffamer en meute n’a visiblement d’égale que le courage de résister... après la Libération.
Malheureusement, le miracle accompli par Bjo Trimble en 1968 au bénéfice de la troisième saison de Star Trek : The Original Series ne sera pas réitéré par le collectif Save Enterprise en 2005.

Enterprise, c’est aussi trois séries en une ! Trois… pour ne pas dire bien davantage…

Fort d’un casting très solide (campant des personnages délibérément imparfaits, humains en somme), les deux premières saisons "d’Enterprise" - dont la première devait prendre place uniquement sur Terre (au 22èmesiècle) selon le projet initial de Rick Berman - furent portées par un concept original et une véritable inspiration d’auteur. Dans un style très The Right Stuff (L’étoffe des héros), elles auront exacerbé une des plus nobles constantes de l’humanité à travers les âges : la fascination pour l’inconnu, et la soif d’exploration... quel qu’en soit le prix ! A l’honneur : ces "fous volants dans leurs drôles de machines" qui ont fait l’Histoire aéronautique puis astronautique des temps modernes.
Le capitaine Jonathan Archer - incarné par le viscéral Scott Bakula - restera la plus vibrante incarnation de cette quête d’ailleurs et de dépassement de soi, posant un regard vierge et insouciant sur l’enfance de l’aventure spatiale dans un cosmos très pragmatique, donc vertigineux ! Soit une forme de hard-SF largement inédite en série télévisée.
Auréolées d’esprit pionnier dans l’ombre de la NASA, les deux premières saisons tissent un trait d’union étonnamment vraisemblable entre notre réalité pessimiste et l’utopie trekkienne en devenir. Jouissif bras d’honneur à la mode "so-2000" du feuilleton et du soap opera nombrilistes, leur idéalisme intemporel est le contrepied souverain d’une actualité cynique et de son lot de SF moralisantes (généralement appelée à vieillir très vite).
Les 51 premiers épisodes offrent plus que jamais : aux néophytes curieux la meilleure porte d’accès au paradigme trekkien… et aux trekkers blasés la chance inespérée de pouvoir revivre le frisson cosmique comme s’il s’agissait de la toute première fois - tel l’orgasme juvénile d’une virginité retrouvée.

Vient ensuite la troisième saison qui ne pourrait être davantage l’antithèse des deux premières et qui fera évoluer les héros d’une façon exceptionnelle - par la voie de l’humilité. Pur serial en 28 épisodes (28 et non 24 car débordant légèrement sur les deuxième et quatrième saisons) à la frontière du giga-long métrage se déployant sur vingt heures non-stop, c’est une plongée à corps perdu dans un cauchemar apocalyptique et désespéré, dans les coulisses d’une Guerre temporelle – concept de SF ultime – dont l’extermination de l’humanité n’est qu’un paramètre parmi d’innombrables autres… au sein d’un jeu cosmique dépassant l’entendement. Les réalités alternatives (futur où la Terre n’existe plus, passé où les Nazis ont gagné la seconde guerre mondiale, etc…) se succèdent et s’entrechoquent tandis que le genre humain se retrouve comptable d’actes qu’il n’a pas encore commis - tel sera le prix cosmologique à payer pour l’avènement de l’utopie trekkienne future.
Toute première production audiovisuelle de fiction à avoir pris la mesure du "choc 9/11", la troisième saison d’Enterprise demeure encore au jour d’aujourd’hui la plus ambitieuse transposition de ce traumatisme états-unien pour avoir su le transcender au lieu de simplement le commenter.

Enfin, la quatrième saison embrase le firmament tel un bouquet final. Véritable confiserie à l’usage des trekkers, préquel circulaire et non plus préquel initiatique (c’est-à-dire délaissant les newbies pour s’adresser surtout aux "vieux de la vieille" qui connaissent par cœur le "futur" trekkien), elle se révèle un exercice à la fois maïeutique et onaniste.
Plus vaste univers SF audiovisuel à ce jour (y compris par rapport à Doctor Who, du moins en durée cumulée d’heures de programme), Star Trek aura été un constant work in progress durant quarante ans, survivant aux modes, aux styles, aux évolutions sociales, et à des générations d’auteurs. Mais si ses incohérences internalistes étaient exceptionnellement rares au regard de sa longévité de production et de son gigantisme interne, il en subsistait toutefois plusieurs… que la série Enterprise - et plus particulièrement sa quatrième saison - s’est justement donnée pour ambition de dénouer, notamment avec l’aide des très talentueux (et prolifiques) romanciers de l’univers étendu, Judith & Garfield Reeves-Stevens. Mais rien à voir avec des bricolages de dernière minute sortis du chapeau : les solutions apportées brillent par leur intelligence et leur naturel tant elles puisent épistémologiquement dans l’ADN de la franchise, dans les fondements même de la série originale (de 1966) et de la série animée (de 1973) ! Telle un révélation de Star Trek à lui-même et à ses propres mystères, son univers semble y avoir gagné la masse critique de la sentience, tandis que ses auteurs auraient cessé d’être des créateurs de fiction pour se découvrir explorateurs à leur tour.
Et aucune inconsistance, aucune zone d’ombre, aucun trou, aucun nœud gordien n’aura été délaissé ou ignoré :
- l’assimilation de Seven Of Nine (Voyager) avant que Picard (The Next Generation) ne rencontre les Borgs dans le cadre d’une UFP qui gagne considérablement en réalisme dès lors que sa main droite ignore ce que fait sa main gauche ;
- l’insondable imbroglio historique des Guerres eugéniques (de la troisième guerre mondiale à "l’aïeul" de Data)... avec pour effet les considérables évolutions d’apparence et même de comportement des Klingons plongés dans une tragique crise d’identité qui ne dit pas son nom ;
- la dynamique d’évolution trekkienne (ennemis avant de devenir amis) de la cinématique relation d’amour-haine entre humains et Vulcains... sous l’arbitrage invisible mais omniprésent des stratèges romuliens ;
- la subjugation inavouable des pourtant civilisés humains pour la "traite des vertes" (orionnes) ;
- (…)
- jusqu’à l’infinie ironie ayant présidé à la nativité de la Fédération en 2161… flanquée de son traumatique contrepoint, la Guerre romulienne (au singulier en VO, au pluriel en VF).
Totalement inimaginable lorsque ses morceaux étaient éparpillés, la mosaïque s’assemble pourtant avec une telle perfection, avec une telle vérité... que l’on a cette indicible impression de l’avoir toujours su... à un niveau inconscient ! L’on se surprend même à regretter que les apparentes contradictions - parfois vieilles de quarante ans - n’aient pas été délibérément créées à l’origine dans le seul but d’être sublimées en paradoxes quelques décennies après... dans la vallée de l’ombre de la mort (joke inside).
Comprimant en une seule année ce que les créateurs d’Enterprise comptaient développer sur quatre à cinq saisons (la série devant originellement en compter sept à dix), enrichie d’une fascinante "TOS-touch" conféré par le trekkie assumé Manny Coto (promu responsable d’écriture par Brannon Braga), les vingt derniers épisodes dévoilent une densité narrative inouïe (non sans rappeler sur ce point la seconde saison de l’excellente série Jeremiah de J. Michael Straczynski). Et pour se faire, l’architecture de la quatrième saison suit une mathématique fractale, car elle est constituée d’une succession d’arcs pour ne pas dire de mini-série autonomes, formant leurs propres univers en aparté, focalisés successivement sur des lieux, des espèces, et des thématiques magistralement découpées et pour la plupart éminemment "TOSienne" .
Cet esprit de "monades" atteindra d’ailleurs son apothéose dans le diptyque entièrement sis dans le dystopique univers miroir (au point de disposer de son propre générique bien distinct !). Et là, Enterprise donnera (entre autres) toute la mesure de son accomplissement relativiste lorsque la reconstitution minutieuse d’un vaisseau de classe Constitution (l’USS Defiant NCC-1764 clone du NCC-1701 du capitaine Kirk dans la série originale) réussira à apparaitre sensiblement plus futuriste que le NX-01 du capitaine Archer (ou sa contrepartie miroir). Faut-il que la "mission préquelle" ait été prodigieusement remplie pour que le 22ème siècle high-tech d’une série dernier-cri des années 2000 parvienne à être subjectivement perçu comme moins avancé que le 23ème siècle rétro d’une série réputée fauchée des sixties !
Quant à l’ultime épisode, polémique comme il se doit, et ayant accueilli dans son cast un authentique astronaute de la NASA (boucle bouclée !), il offrira l’une des plus belles mises en abyme de l’histoire télévisuelle en faisant soudain basculer Enterprise dans un holodeck de The Next Generation, lorsque l’histoire devient mythe... et que les faits et la doxa s’emmêlent et s’entremêlent inextricablement à travers les yeux de la postérité. Une fausse fin, ou plus exactement une non-fin, seyant donc à merveille à un univers conceptuellement sans alpha ni oméga puisque émancipé de ses démiurges successifs.

Largement incomprise à sa sortie, longtemps victime – tout comme son créateur inspiré et "gardien du temple" obstiné Rick Berman – d’un bashing impardonnable, davantage en prise avec un univers de SF intemporel (et ses possibilités infinies) qu’avec une actualité éphémère (et son anthropocentrisme aliénant), réussissant à consolider et unifier en profondeur quarante ans de production quasi-ininterrompue, incarnant plus que nulle autre la voie de la difficulté par sa volonté d’assumer dans les plus infimes détails quarante ans de continuité (lorsqu’il est si facile de faire cycliquement table rase pour remaker et rebooter…), fidèle jusqu’au bout à un idéal roddenberrien qu’il aurait été tellement plus confortable de renier ou railler durant les années 2000… l’ultime feu de la créativité trekkienne représente aussi l’un de ses apogées !
Les nombreux baromètres du web et les feedbacks des conventions SF attestent d’ailleurs que la série préquelle est désormais en pleine phase de réhabilitation auprès des trekkers (mieux vaut tard que jamais), tout en se révélant être le plus efficace vecteur d’initiation à l’univers Star Trek... car contrairement au reboot de 2009, Enterprise prêche pour l’ensemble de la franchise et pas seulement pour elle-même.



TECHNIQUE

  • Format image : 1080p - 1.78 - 16/9 natif
  • Format son : anglais 5.1 DTS HD Master Audio, français Dolby Digital 2.0, allemand Dolby Digital 5.1, japonais Dolby Digital 2.0
  • Sous-titres : anglais, français, allemand, néerlandais, japonais
  • Durée : 940 minutes environ
  • Région : multi-régions
  • Prix public indicatif : 69,99 € le coffret de six Blu-ray

Techniquement, Enterprise aura été à l’image de son propos, c’est-à-dire pionnier ! Toute première série TV à avoir été post-produite en HD, elle en aura également essuyé les plâtres étant donné que le format n’était alors pas encore stable ni définitivement arrêté. Expérimentale jusqu’au bout, elle aura ainsi accompagné l’émergence de la haute-définition, rendant compte en temps réel du développement d’une norme technologique appelée à devenir un standard planétaire.
Ainsi les deux premières saisons, produites entre 2001 et 2003, souffraient d’une HD encore incertaine (le 1080p n’ayant été défini qu’en 2004), qui oscillait – selon les épisodes - entre un 480p solide (ce que pour mémoire le NTSC usuel de la SD était loin d’être !) et un 720p timide. Les coffrets Blu-Ray afférents (sortis en 2013) apportent donc un certain gain par rapport aux DVD… mais restent évidemment très très loin de l’IMAX.
La postproduction de la saison 3 aura offert une amélioration significative de la définition avec une 720p stable tout du long, quoique très bruitée, permettant donc à son coffret Blu-Ray de ne pas déshonorer une bonne salle de Home-Cinéma.
Toujours est-il qu’un remastering 1080p des trois premières saisons d’Enterprise est souhaitable à terme, c’est-à-dire lorsque toutes les autres séries Star Trek seront entièrement re-postproduites en HD (si elles le sont… car une incertitude plane pour le moment quant à Deep Space Nine et à Voyager).

Mais ce n’est qu’avec la saison 4 que la full HD est pleinement au rendez-vous, car en 2004, la norme venait juste d’être arrêtée, et la série fut alors directement tournée (et pas uniquement post-produite) directement en 1080p. Un choix particulièrement heureux dans le cadre du magnifique coffret Blu-Ray qui vient de sortir et qui mérite techniquement la note maximale (ou presque)… mais en même temps un choix qui pourrait s’avérer dommageable si d’aventure CBS décidait un jour de remasteriser les séries Star Trek en 4K ou en 8K (une ultra-haute définition que seul un tournage sur pellicule peut prétendre matcher).
Toujours est-il qu’à quelques légers artefacts d’aliasing (et à une VF médiocre) près, ce coffret Blu-Ray est visuellement quasi-référentiel tant il permet de contempler dans une full HD enfin sans concession les superbes effets spéciaux (quoique parfois un peu connotés CGI) dont Enterprise fait un usage particulièrement prodigue. Et contrairement au temps béni des maquettes et matte paintings (de Star Trek TOS à Voyager inclus), les SFX ne se limitent plus ici à des scènes spatiales redondantes de bottle shows ni à de planètes de studio ! Bien des épisodes offrent d’authentiques expériences d’immersion, intenses et durables, dans des environnements extraterrestres inédits. Suivre les pas de Surak dans l’envoûtant désert vulcain de La Forge, ou encore se perdre dans "l’Atlantide andorien" de la cité souterraine gelée des Aenars... voilà autant de ravissements science-fictionnels auxquels le format télévisé très budgété ne nous avait guère habitué.



BONUS

Tous les bonus (y compris les commentaires audio d’épisodes) de la précédente édition DVD sont évidemment repris… le plus souvent à l’identique (donc en SD), mais contre toute attente parfois aussi en HD !
En sus, viennent s’y ajouter :

  • Before Her Time : Decommissioning Enterprise (Avant son temps : le démantèlement d’Enterprise)
    - Part One : New Voices (Première partie : nouvelles voix) (full HD, durée : 26’49)
    - Part Two : Memorable Voyages (Seconde partie : voyages mémorables (full HD, durée : 29’42)
    - Part Three : Final Approach (Troisième partie : approche finale) (full HD, durée : 30:05)
    - Part Four : End of an Era (Quatrième partie : la fin d’une époque) (full HD, durée : 29:14)
  • In Conversation : Writing Star Trek : Enterprise (Conversation : l’écriture de Star Trek) (full HD, durée : 1h29’52)
  • Nouveaux commentaires audio (mais réservés aux anglophones car non sous-titrés en français) des épisodes :
    - 04x07 The Forge (Le pèlerin du désert) et 04x11 Observer Effect (L’expérience témoin) par Judith & Garfield Reeves-Stevens et Denise & Michael Okuda
    - 04x13 United (Pacte fragile) par Judith & Garfield Reeves-Stevens et David Livingston
    - 04x18 In A Mirror, Darkly (Le côté obscur du miroir 1ère partie) par Michael Sussman, James L. Conway et Denise Okuda
    - 04x19 In A Mirror, Darkly, Part II (Le côté obscur du miroir 2ème partie) par Michael Sussman et Tim Gaskill
    - 04x20 Demons (L’enfant) et 04x21 Terra Prime par Connor Trinneer et Dominic Keating
  • Scène coupée (full HD, durée : 1’17) et script de la fin originale de 04x03 Home (Retour au bercail)

Depuis la première saison remasterisée en Blu-Ray de Star Trek : The Next Generation, CBS se démarque de la profession par un cortège de bonus non-autopromotionnels, généralement sous l’égide de Roger Lay Jr. & Robert Meyer Burnett. Une occasion unique de s’affranchir de cette langue de coton marketée qui voudrait faire croire que Hollywood serait un monde merveilleux dans lequel la production audiovisuelle tiendrait d’une perpétuelle partie de "fun" entre gens tous formidables.
Fidèle à ce parti pris anticonformiste de transparence, le coffret Blu-Ray de la quatrième saison d’Enterprise livre une fournée exceptionnelle de bonus inédits (plus de 3h30 sans même comptabiliser les nouveaux commentaires audio !) où les artisans-vétérans de la franchise Star Trek – et en particulier Brannon Braga et Manny Coto – se lâchent et règlent leurs comptes avec les studios et les networks.
Et l’histoire rapportée est triste, le témoignage déchirant. Il y est question du combat infatigable et inégal mené par une poignée d’auteurs et de producteurs extrêmement talentueux pour sauver l’ultime déclinaison de Star Trek. Mais la lutte était malheureusement perdue d’avance ! Si officiellement Enterprise fut annulée faute d’audience (et dès lors que fut atteint le seuil minimal de rediffusion en syndication), la réalité s’avère toute autre : les Nielsen Ratings (qui ne comptabilisaient alors même pas l’usage intensif des TIVos et autres modes de visionnages en différé !) de sa quatrième saison sur UPN (pourtant seulement diffusée sur 80% du territoire américain) surclassaient (à hauteur de plus d’un million de spectateurs supplémentaires) la première saison de Battlestar Galactica 2003 sur Sci-Fi... alors que cette dernière était considérée par tout le monde comme un hit ! L’échec et la honte des uns équivaut manifestement au succès et à la gloriole des autres.
La vérité est que les scores télévisuels d’Enterprise (minimum de 3 au NR) feraient pâlir d’envie bien des séries de genre contemporaines à succès. Une injustice criante qui souligne que dans le contexte du remaniement financier et statutaire de Viacom/Paramount/CBS, l’annulation d’Enterprise aura en fait été un acte intrinsèquement idéologique, pour ne pas dire politique !
Et si Rick Berman & Brannon Braga réussirent - au moyen d’un cliffhanger "insoutenable" en fin de troisième année - à s’assurer à l’arrache une quatrième saison, l’équipe créative avait d’emblée largement conscience qu’il n’y en aurait pas de cinquième.
Du coup, perdu pour perdu, cet ultime baroud d’honneur se sera tenu loin des perspectives consuméristes usuelles, pour le seul plaisir gourmet (ou gourmand) des trekkers et pour la cohérence profonde de l’univers Star Trek, en somme pour la simple beauté de créer sans retombées économiques, soit un état de grâce fort rare dans l’industrie télévisuelle (et qui préfigurait déjà l’esprit des fanfics dorénavant en plein essor). L’ataraxique liberté de ton - pour ne pas dire de "folie trekko-trekkienne" - qui transparaît au travers de cette dernière saison demeure proprement unique dans la longue histoire de la franchise.

Cerise sur le gâteau, les bonus s’achèvent par un touchant appel de Brannon Braga à la "reconstitution des Beatles"… soit le rêve fou de retrouver tous ses anciens partenaires d’écriture, à savoir les plumes de légende Manny Coto, Ronald D. Moore, René Echevarria, et Joe Menosky afin de créer ensemble une nouvelle série Star Trek !
L’auteur le plus fécond de la franchise n’hésite alors pas à clamer que les séries TV furent, sont, et seront toujours le format, non pas seulement privilégié, mais tout bonnement véritable de cet univers de SF sans égal… comme pour déplorer à demi-mot que le label Star Trek se soit égaré depuis 2009 dans le Pandémonium de l’industrie dépersonnalisante des blockbusters.







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