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Going to Brazil : La rencontre avec l’équipe du film

Date : 22 / 03 / 2017 à 11h30
Sources :

Unification


À l’issue de la projection du film Going to Brazil, les comédiennes Vanessa Guide, Alison Wheeler et le réalisateur Patrick Mille sont venus répondre aux questions du public.

Voici la retranscription des échanges qui ont eu lieu. Vous pouvez aussi en visualiser la vidéo en fin d’article.

Attention, vous trouverez des spoilers mineurs dans les échanges un important sur la fin du film signalé en fin d’article.

Comment vous est venu l’idée du film ?

Patrick Mille : Je voulais faire un autre genre de film que celui de mon premier long métrage. Je voulais quelque chose de plus divertissant et me lancer dans une comédie après un drame intimiste.

Je voulais aussi aller vers le cinéma de comédie que j’aime, celui qui est un mélange d’aventure et de comédie, comme les œuvres de Philippe de Broca et de Francis Weber. Elles sont des mélanges avec le cinéma de genre que j’adore.

Mon idée était de prendre une bande fille et de leur faire vivre une aventure comme pour une bande de mecs.

Ce n’est pas un film politique. Il n’y a pas de message. Même si, dans la comédie, on peut faire passer ce genre de message.

Pourquoi avez-vous tourné votre film au Brésil ?

Patrick Mille : J’ai voulu tourner au Brésil, car c’est un pays dont je suis amoureux depuis que je suis petit.

Je suis franco-portugais et des amis de mes parents étaient des réfugiés, car c’était l’époque de la dictature au Brésil. Ils m’ont fait écouter de la musique de leur pays et je la préférais à la musique portugaise. J’ai eu un amour de ce pays fantasmé très longtemps.

Après, pour l’histoire, je me suis dit « il faut faire un film sur ce pays où tout est beau ». J’aime ce pays.

Est-ce que c’était dur de tourner dans les favelas ?

Patrick Mille : Assez. Le bayefun est une fête interdite par les autorités. C’est des choses qui existent et font partie de la culture favela. C’est une fête incroyable de 24 heures organisée par le chef des trafiquants, qui sont vraiment les chefs des favelas.

Cela a été assez difficile de tourner là-bas pendant une de ces fêtes. La police peut débarquer à n’importe quel moment. D’ailleurs, elle l’a fait.

Alison Wheeler : On est montées à moto derrière un mec qu’on ne connaissait pas pour aller sur les lieux du tournage et on n’avait pas beaucoup de temps pour tourner.

Ce genre de fête fait beaucoup de bruit et quand MC commence à rapper, il s’emporte un peu et dit des choses violentes contre les flics, et les policiers ont vraiment débarqué, flingues à la main.

Patrick Mille : On avait une autorisation de tournage limite, car je voulais faire une vraie fête. On a commencé la fête à 5 heures et j’ai pris toutes les personnes de la communauté qui ont voulu participer à la fête. Ils représentaient 80 % des fêtards et le reste était constitué des autres personnes de notre équipe.

Vanessa Guide : Dans la première scène, j’arrive et je kiffe l’ambiance et le réalisateur me rappelle alors que j’étais enceinte…

Comment c’est passé le casting des filles ?

Patrick Mille : Dans la première version du scénario, elles étaient plus âgées et cela ne marchait pas. Il fallait que le spectateur ait de l’empathie pour les filles, donc j’ai fait un casting classique.

Je vois beaucoup de films français et quand les gens me plaisent, je note leurs noms. J’avais vu Vanessa dans des petits rôles et un court métrage, La Bifle.

J’en ai vu une autre dans Cloclo. C’était une fan qui pleurait tout le temps, et j’avais noté son nom : Alison Wheeler.

Quand j’ai débuté le casting, j’ai demandé au directeur du casting de trouver les filles que j’avais repérées.

Puis, j’ai choisi les filles et trouvé le bon quatuor et elles se sont vraiment bien entendues.

Pour le casting brésilien, j’ai aussi noté les noms de ceux que j’avais repéré dans des films et séries. La chef de gang est une star au Brésil, Ingra Liberato. Elle ne fait que des rôles de bourgeoises et j’avais envie de lui faire jouer ce personnage, car j’ai trouvé qu’elle avait un regard intense.

En ce qui concerne le rôle masculin, Chico Diaz, c’est immense acteur de théâtre, comme Fabrice Luchini chez nous. Il est très respecté au Brésil, mais ne fait pas de télénovela. Il est spécialisé dans le cinéma auteur et le théâtre. Ce sont des grands acteurs brésiliens qui jouent dans le film.

Dans quelle langue avez-vous tourné ?

Patrick Mille : D’habitude, dans une production internationale, on travaille en anglais. Je suis portugais et les Brésiliens parlent portugais, donc on a tourné le film en parlant portugais. C’était difficile pour les filles qui ne connaissaient pas la langue.

En effet, les Brésiliens ne parlaient pas anglais, et dans l’équipe, il n’y avait que des personnes qui parlaient portugais. Du coup, les filles parlaient français entre elles et avec moi uniquement.

Alison Wheeler : Je me rappelle que l’équipe technique, maquilleurs, habilleurs… ne s’occupaient pas beaucoup de nous. Quand les stars de télénovela sont arrivées sur le plateau, ils sont devenus comme des dingues et on est passées complètement au second plan.

Vous utilisez parfois un langage un peu vulgaire, notamment dans la scène du lac. Pourquoi ?

Patrick Mille : Parce que les filles se parlent comme cela, qu’elles lâchent des trucs entre elles.
Je ne voulais pas qu’on parle de chatte, mais elles ont un langage courant. La plus jeune, elle est énervée et a du mal à communiquer, et sa sœur est coincée. Cela me faisait rire.

Alison Wheeler : C’est des filles à cran, en cavale. Elles n’ont pas le temps de mettre les formes dans ce qu’elles disent.

Patrick Mille : J’avais envie de retourner vers les filles et de les voir se réconcilier. Je voulais aussi les voir tomber dans la féminité et mélanger cela avec des scènes ou elles débarquent avec des mitraillettes.

Comment s’est passée la scène du lac ?

Alison Wheeler : Philipine avait très peur des insectes et elle était très tendue, car il y avait beaucoup de choses dans l’eau.

Patrick Mille : C’est une fille naturelle. Il faut la chopper au bon moment et sur les dernières prises, elle était nickel. On doit aller chercher quelqu’un quand on est un réalisateur.

Quelles étaient les conditions climatiques du tournage ?

Alison Wheeler : On a eu une bonne météo. On était levée à 4h00 du matin et le tournage commençait à 6h00.

Patrick Mille : En effet, le soleil se couche très tôt et en plus, on était en hiver qui a lieu dans l’hémisphère sud en juillet-aout.
Je ne savais jamais le temps du lendemain. Il n’y avait pas de plan B. On a eu de la chance sur le tournage.

Vanessa Guide : Il a quand même pas mal plu.

Avez-vous pensé au tournage avant le montage ou vice-versa ?

Patrick Mille : J’ai plus pensé au montage que dans mon premier film parce que j’avais l’expérience des deux et que je savais que le montage était important.

Je me demandais toujours « Qu’est-ce qui se passe ? ». J’étais préoccupé par le temps et ce qu’on pouvait faire chaque jour. C’est une vraie aventure de faire un film là-bas.

Le montage a été un gros travail. On a passé 5 mois sur un film d’1h34.

Vous avez un rôle assez amusant dans le film. Comment se passait la gestion devant et derrière la caméra ?

Vanessa Guide : Super ! Quand Patrick jouait avec nous, il était plus drôle et heureux. On ne voyait pas le réalisateur, mais le partenaire de jeu. C’était l’éclate !

Patrick Mille : C’était une récréation et je me suis beaucoup amusé avec le personnage.

Alison Wheeler : C’était dur de garder son sérieux quand il jouait avec nous. Et dans les scènes avec la glace ou les pistaches et qu’on ne doit pas rire, c’était l’horreur !

Combien de temps a duré le tournage ?

Patrick Mille : 38 jours. Nous avons fait les repérages 2 mois avant. Les filles sont arrivées au dernier moment pour être dans le choc de la découverte du pays et être plus crédible à leur arrivée sur le sol brésilien.

Avez-vous fait beaucoup d’improvisation sur le tournage ?

Alison Wheeler : Nous avons fait 1-2 lectures avec du bon vin chez Patrick. Mais nous n’avions pas l’objectif de répéter, car c’est des rôles très organiques qui demandaient d’être naturelles.

Le soir de chaque jour de tournage, on se retrouvait toutes les quatre dans un appartement, on buvait de la tisane et on jouait à un jeu de cartes.

Vanessa Guide : On faisait des choses peu importantes pour se détendre.

Patrick Mille : Il n’y a pas eu beaucoup d’improvisation, mais il y en a eu une longue quand l’une d’entre elles parle de la fusée de monsieur Hervé.
C’était la fin de la journée de tournage et j’ai vu ce lieu. C’était les chiottes de l’équipe. On a posé la caméra et lancé un concours d’improvisation.

Je coupe peu au niveau des dialogues.
Je n’ai pas envie de trop répéter pour ne pas tomber dans une mécanique de jeu.

Allez-vous montrer le film au Brésil ?

Patrick Mille : : Oui. Je suis très fier d’être sélectionné au festival de South by Southwest à Austin.
On y trouve toutes les nouvelles technologies et mon film est le seul film de fiction, en plus français, sélectionné. Les responsables avaient vu ma bande annonce et ils m’ont proposé de venir sans avoir vu mon film. Je vais voir avec le public américain comment cela se passe.
Le film sortira en septembre-octobre au Brésil, car c’est une co-production France-Brésil.

Comment avez-vous trouvé cet équilibre dans votre bande de copines ?

Alison Wheeler : Nous avions un équilibre à trouver comme colocataire. Je connaissais déjà Vanessa, car nous avions déjà tourné ensemble.

La difficulté était plus avec le personnage de ma sœur, car Philippine était assez timide, et ne m’adressait pas la parole.

L’isolement a fait qu’on était 4 Françaises et que personne ne parlait notre langue. Il n’y avait pas de wifi. On a fait des jeux ensemble comme le rami. On a joué à cache-cache… Cela nous a rapprochées.

Vanessa Guide : Cela n’a jamais été un problème. Nous n’avions pas d’égo surdimensionné. Il y avait beaucoup de respect, d’admiration et de soutien entre nous.

Alison Wheeler : Toi, tu dors beaucoup. Tu fais plein de micros siestes dans la journée. On te parle, et tu dors.

Vanessa Guide : Mon personnage était plus isolé que les autres et moi, je restais dans ma bulle. J’étais avec des écouteurs et une musique qui faisait chialer. J’avais besoin de me concentrer.

Alison Wheeler : Il n’y en avait une pas à l’unisson des 3 autres, car elle ne savait pas ce qui s’était passé.

Comment s’est passée la scène où l’une des filles s’énerve dans la voiture ?

Patrick Mille : J’avais écrit : « coincée de la teuche ». Puis j’ai laissé la caméra tourner, et la comédienne à la suite de la scène a ajouté une réplique pas écrite « pas de place ». C’était très drôle.

Elle a été filmée le premier jour du tournage. C’était un règlement de comptes, une scène très dure. Cela met directement dans l’ambiance.

Alison Wheeler : Je venais d’arriver, je n’avais pas envie de m’engueuler. J’avais envie de socialiser avec les autres comédiennes.
Je me sentais mal avec Margot Bancilhon, notamment par sa puissance de jeu. Cette scène nous a calmées tout de suite.

Patrick Mille : Et Alison te sort « la » réplique. C’était absurde et très drôle.

Alison Wheeler : Il y a aussi eu une impro avec des pets et des poils de chat. Mais elle n’a pas été gardée.

Avez-vous envisagé une suite ?

Votre film ressemble vraiment à un film de Philippe de Broca. Comment avez-vous trouvé le burlesque à mettre dedans ?

Ce cinéma permet que le burlesque arrive de façons inappropriées et quel meilleur lieu que celui d’une ambassade pour faire rire. On trouve cela chez de Broca.

Je voulais faire ma propre comédie française et montrer un décalage sur les personnages importants.

J’ai été beaucoup inspiré par ce que j’ai vu en voyageant et les expatriés créent des espaces vraiment intéressants dans la comédie. Par exemple, dans la soirée du consul, et la folie qui peut y naître.

Le film est une inspiration de cela, et c’est aussi une moquerie gentille de ces gens-là. C’est un grand cirque.

Attention ! Spoilers sur la fin du film ci-dessous.

Patrick Mille : J’ai fait une happy end, 5 mois après, avec un plan Malickien que vous retrouverez dans les bonus.

C’était la journée la plus chère du film, et on ne l’a pas montée.

J’ai deux fins, celle abrupte et l’autre belle où elles vivent avec des enfants indiens. C’est très beau, gentil, mais ça ne correspond plus à l’ambiance du film.

À la fin, quand elles laissent tomber les armes dans l’eau et ne disent rien, ce n’est pas fait exprès, mais c’est plus Rock’n Roll.

S’il y avait eu une autre fin, cela aurait été super beau, mais il n’y aurait pas eu de cohésion avec tout le reste du film.

Je me suis posé une vraie question de montage.

Je la montrerais dans la version DVD comme fin alternative.

Going to Brasil est une comédie d’aventures burlesques, fort drôle et habitée par un casting formidable. Vous pouvez en retrouver la critique ICI.

- SITE OFFICIEL

VIDÉOS

Rencontre avec les comédiennes Vanessa Guide, Alison Wheeler, Philippine Stindel et le réalisateur Patrick Mille :


Bande annonce :



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