Les Rayons et les Ombres : La critique

Date : 17 / 03 / 2026 à 11h00
Sources :

Unification


LES RAYONS ET LES OMBRES

– Date de sortie : 18/03/2026
– Titre original : Les Rayons et les Ombres
– Durée du film : 3 h 15
– Réalisateur : Xavier Giannoli
– Scénaristes : Xavier Giannoli, Jacques Fieschi
– Interprètes : Jean Dujardin, Nastya Golubeva, August Diehl, Vincent Colombe, Nicolas Avinée, Chloé Astor

LA CRITIQUE

Les Rayons et les Ombres est un excellent film revenant sur l’occupation en France pendant la Deuxième Guerre mondiale à travers la figure d’un journaliste et responsable de publication, et de sa fille comédienne.

Le scénario du réalisateur Xavier Giannoli et de Jacques Fieschi montre la relation très forte entre un journaliste français, Jean Luchaire, et son ami allemand, Otto Abetz, qui fait des piges pour son journal pendant les 30 glorieuses. Deux hommes ayant prôné le rapprochement franco-allemand et le pacifisme, avant de se faire rattraper par la réalité.

Le film de Xavier Giannoli est très impressionnant et brosse sans complaisance la société de l’époque, remettant un certain nombre d’éléments dans leur contexte d’alors. Car en dehors de cette relation fusionnelle entre un père et sa fille, c’est aussi une plongée dans la collaboration montrant que tout n’était pas si blanc et noir à l’époque et que si certains ne s’offusquaient pas des horreurs pratiquées par les nazis, d’autres préféraient détourner la tête et dire ne rien savoir.

La reconstitution de l’époque est vraiment impressionnante. Les costumes de Pascaline Chavanne sont absolument magnifiques. Les décors de Riton Dupire-Clément sont parfois somptueux. Ils sont très bien filmés par la belle photographie de Christophe Beaucarne. Tandis que le récit se déroule en grande partie à Paris. Il faut d’ailleurs signaler la grande qualité des effets spéciaux qui donnent vraiment l’impression de s’immerger 90 ans dans le passé.

Jean Dujardin est remarquable en homme appréciant l’argent, même s’il en manque, et parfois ambiguë dans ses choix. Nastya Golubeva crève l’écran en jeune fille de bonne famille voulant percer au cinéma et suivant son père dans ses soirées mondaines. Le duo fonctionne parfaitement et permet de s’attacher aux personnages, même si ces derniers ne sont pas irréprochables. August Diehl est excellent en allemand aimant beaucoup la France qui se retrouve propulsé dans un rôle qu’il n’avait jamais imaginé. Il forme avec Jean Dujardin un autre duo très intéressant où l’amitié est très forte, malgré les événements qui se déroulent.

Les autres comédiens sont impeccables et apportent beaucoup de crédibilité dans leurs rôles variés. D’autant que le récit se déroule dans plusieurs milieux et brode des portraits diversifiés d’individus essayant de survivre à l’occupation, de vaquer à leur vie, voire même de profiter de la situation sans aucune honte.

L’ambiance est parfaitement retransmise. Ainsi, alors que beaucoup d’éléments deviennent compliqués pour tout le monde et que les exactions concernant les Juifs s’amplifient, le contraste est très grand avec l’opulence des riches allemands et des cercles aisés où les politiciens, les journalistes et les stars de l’époque évoluent sans se poser de questions. La musique de Guillaume Roussel a aussi son importance dans l’atmosphère ressentie.

L’œuvre monte d’ailleurs parfaitement comment certains vivent au jour le jour sans trop se poser de questions. Alors que l’arrivée de la fin de la guerre crée de nouvelles vocations chez des individus ne voulant pas être traités de collaborateurs.

De plus, la maladie est extrêmement bien traitée. En effet, le père et la fille sont atteints de tuberculose, une maladie mortelle à l’époque. On suit de près la manière dont cette maladie a un impact sur cette dernière. D’ailleurs, le passage tournant autour du sanatorium est particulièrement dur et peut être traumatisant à cause des soins portés. Tandis que les exactions menées par les Nazis ne sont jamais montrées de visu, ce qui fait que l’on n’a pas forcément de moments violents à l’écran, en dehors de quelques passages marquants, notamment à la fin quand les tensions s’exacerbent lors de la déroute croissante des Nazis.

Les amateurs d’histoire apprécieront le passage véridique sur l’avenir de la capitale de la France à la fin de la guerre. Alors que le discours de l’avocat de l’accusation, dans le procès de Jean Luchaire, est absolument remarquable.

La saga de 3h15 a parfois quelques longueurs. Toutefois, elle brosse avec acuité plus d’une décennie, et elle se plonge aussi bien dans une relation père-fille très intense, que dans une histoire d’amitié tragique.

Les Rayons et les Ombres est un excellent film montrant sans concession la période de l’occupation française, ainsi que le pouvoir des médias dans l’acceptation des événements par les populations. À travers cette histoire fascinante, portée par une très belle réalisation, une reconstitution flamboyante et des acteurs incroyables, on passe un grand moment de cinéma.

Grandiose et humain.

SYNOPSIS

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, l’histoire vraie de Jean et Corinne Luchaire, un père et sa fille pris dans l’engrenage de la collaboration.

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

– Photographie : Christophe Beaucarne
– Montage : Mike Fromentin, Cyril Nakache
– Musique : Guillaume Roussel
– Costumes : Pascaline Chavanne
– Décors : Riton Dupire-Clément
– Producteurs : Olivier Delbosc, Patrick Godeau pour Curiosa Films, Waiting for Cinéma
– Distributeur : Gaumont Distribution

LIENS

– SITE OFFICIEL
– ALLOCINÉ
– IMDB

GALERIE PHOTOS

Les Rayons et les Ombres


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