Rebel Moon, partie 1 - L’enfant du feu : La critique du film Netflix

Date : 23 / 12 / 2023 à 14h00
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REBEL MOON, PARTIE 1 - L’ENFANT DU FEU

- Date de diffusion : 22/12/2023
- Plate-forme de diffusion : Netflix
- Titre original : Rebel Moon : Part One – A Child of Fire
- Durée du film : 2 h 16
- Réalisateur : Zack Snyder
- Scénaristes : Shay Hatten, Kurt Johnstad et Zack Snyder
- Interprètes : Sofia Boutella, Charlie Hunnam, Ray Fisher, Djimon Hounsou, Michiel Huisman, Anthony Hopkins, Staz Nair, Bae Doo-na, Jena Malone, Ed Skrein, Stuart Martin, Cary Elwes, Corey Stoll, Alfonso Herrera, Fra Fee

LA CRITIQUE

Sans aucun doute le film Netflix le plus attendu de l’année, Rebel Moon - L’enfant du feu arrive aujourd’hui dans un contexte où son réalisateur, Zack Snyder, semble vouloir poser ses valises définitivement sur la plate-forme de streaming que rien n’arrête. Il est vrai que depuis ses déboires avec Warner Bros. et DC, le cinéaste a franchement mal vécu que son Justice League de 2017 ait été tronqué par le studio et Joss Whedon.

Réalisateur à la vision unique, ses autres films DC (Man Of Steel et Batman v Superman) ont été mal perçus par les fans de la première heure. En écartant évidemment ce qu’il a vécu en 2017 dans sa vie privée, il faut donc croire que son passage chez les super-héros en tant que réalisateur a été un véritable traumatisme. Depuis, Netflix l’a accueilli les bras ouverts et il n’a pas quitté le navire tant ses oeuvres font les beaux jours du streamer. Il a donc livré Army of the Dead en 2021, et là encore, son long métrage de zombies a aussi apporté son lot de critiques acerbes.

Aujourd’hui, il nous apporte la première partie de son Rebel Moon, voyons donc ce que le cinéaste a à nous raconter dans une galaxie quelque peu lointaine.

Divisé en trois actes bien distincts, le scénario des plus classiques suit une certaine Kora (Sofia Boutella), recueillie depuis "deux saisons" dans une communauté agricole sur une lune au confins de la galaxie. Ancienne guerrière dans l’armée d’un royaume qui se fait appeler Monde-Mère, la jeune femme a déserté - on ne sait pas trop pourquoi - et se retrouve à labourer des champs dans un village dont les habitants vivent selon des principes fondateurs stricts et profondément ancrés. Leur sort est mis en danger quand l’Amiral Atticus Noble (Ed Skrein) débarque à bord de son Croiseur impérial... oh, pardon... de son Cuirassé, Le Regard du Roi, réclamer la récolte des villageois au nom de leur allégeance au Régent Balisarius (Fra Fee). À partir de cet instant, il est clair que le Monde-Mère et l’Amiral qui le représente ne sont pas du genre à respecter leurs engagements.

Le premier acte du film permet de rencontrer les personnages principaux et de connaître les tenants et les aboutissants de l’histoire. Le deuxième nous emmène à travers la galaxie à la rencontre des guerriers qui seront recrutés pour faire face à la menace. Le troisième nous réserve quelques révélations qu’on ne voit pas arriver et nous donne une bataille finale interessante, tout en bouclant une première partie par un cliffhanger.

Le postulat du long métrage repose en fait sur l’idée de faire appel à un groupe de guerriers pour défendre une communauté isolée. Mais au regard de l’adversaire auquel ils auront à faire, il paraît évident qu’une petite équipe de quelques hommes ne suffira jamais, ou alors il faudra accepter que l’équipe en question fasse bien plus que défendre un village, ou encore compter sur une erreur d’un ennemi surpuissant.

Si le film de Zack Snyder a tout pour appâter l’abonné de Netflix, et les autres, il a également le grand talent de laisser certains téléspectateurs quelque peu décontenancés. Alors oui, c’est du très grand spectacle. Oui, on retrouve ce style Snyder unique fait d’une image à la luminosité contrastée et de ralentis contemplatifs - Snyder assurant lui-même la photographie de l’ensemble. Mais d’un autre côté, et aussi incroyable que cela puisse paraître, le film pêche par une image aux abords flous et par une thématique de la vengeance et de la rédemption qui ne va pas jusqu’au bout de son intention.

Le montage du film - et plus particulièrement du troisième acte, réalisé à la hache - est également difficile à accepter. Quand on sait que Snyder avait dès le départ une idée très longue et R-Rated pour le film, il a sans doute été très difficile de choisir ce qui devait rester dans la version PG-13 tant désirée par Netflix, avant que Snyder ne puisse nous servir son Director’s Cut avec pas moins d’une heure de film en plus.

Les effets spéciaux sont corrects sans être d’une incroyable facture. Les décors sont réussis, mais si tôt qu’on y rajoute des personnages, on voit immédiatement que c’est du fond vert qui est utilisé. Par contre, les vaisseaux spatiaux sont très beaux, d’une esthétique racée et irréprochable. Les créatures extraterrestres qu’on rencontre tout au long du film sont également une réussite de CGI.

Si la distribution du film est incroyable, le jeu des acteurs l’est un peu moins, à moins que ça ne soit les personnages qui manquent de profondeur ou d’originalité. Ou que la mise en scène ne leur permet pas de faire mieux... Boutella mène un casting de rêve composé de Skrein, et Huisman, mais aussi de l’inusable Djimon Hounsou, Corey Stoll et Anthony Hopkins entre autres. L’un des plus gros points forts du film est également l’un de ses points faibles. Désireux de donner du temps d’écran à chacune de ses stars, Snyder est dans l’incapacité de donner plus de profondeur aux personnages, ni aux relations qu’ils entretiennent.

L’actrice de Star Trek - Sans limite n’est pas très convaincante, et cette impression est renforcée par une V.F. peu captivante et un doublage franchement pas à la hauteur. L’idée m’est venue en cours de visionnage de passer en V.O., et cette impression que l’actrice n’a pas envie d’être là disparaît comme par magie... Quant à Huisman, j’ai cru revoir les images de son Daario Naharis éperdument amoureux de Daenerys dans Game of Thrones. Son Gunnar est là encore (trop) amoureux, et on n’a vraiment pas besoin d’en voir autant. Le mouvement de rébellion porté par Darrian Bloodaxe est décrit comme celui qui pose le plus de problème au Monde-Mère, et pourtant... Affublé d’une arme à feu surpuissante et aux dimensions surréalistes, le personnage de Ray Fisher n’en fait usage qu’à de très brefs instants, sans pour autant faire mouche. Le voir s’élancer depuis une rampe en trottinant pour atteindre à pied un appareil ennemi achève de le discréditer.

Enfin, et comme pour compenser ce manque d’entrain, un acteur semble sortir son épingle du jeu : c’est Ed Skrein avec son Amiral Noble franchement méchant. Sans tomber dans le méchant simplement méchant, l’acteur livre une prestation remarquable en terme de froideur et de machiavélisme, avec un semblant d’ambiguïté à toute épreuve. Le reste du casting du film fait également le boulot.

Il n’empêche quand même que L’enfant du feu possède une sacrée odeur de Star Wars qui ne dit pas son nom. Quand on sait que le réalisateur avait pitché son idée à Lucasfilm - à une époque où la société venait tout juste d’être rachetée par Disney - comme étant un potentiel Star Wars, on comprend très vite ses intentions. Et même si depuis, son idée initiale a changé, qui de mieux que le Kaï de Charlie Hunnam pour illustrer ce propos ? Pilote pas franchement honnête, avec des penchants pour le vol et la contrebande, le bonhomme très intéressé par l’argent accepte de mettre son vaisseau à contribution et donner un petit coup de main à Kora pour la transporter de planètes en planètes, en passant par une petite lune ici ou là. Pour le coup, cette caricature du Han Solo trop gentil est omniprésente, d’autant qu’il passe son temps à essayer de se rapprocher de Kora, qui prend ici des allures de Leia, mais dans une version plus bad-ass. On y ajoute un Gunnar qui traîne dans les parages tel un Luke Skywalker qui ne sait pas trop ce qu’il fait là, on obtient, à quelques détail près, le même trio que dans Un Nouvel Espoir. Mais la comparaison s’arrête là mais c’est quand même étrange... Lucasfilm avait donné une fin de non recevoir à Snyder à l’époque, car le cinéaste voulait faire son propre truc dans la galaxie lointaine, sans se rattacher à des personnages hérités. Il est pourtant en plein dedans...

En fait, j’ai passé mon temps à chercher et à trouver ce qui donne à Rebel Moon, partie 1 les allures d’un film qui se déroule dans la galaxie lointaine, très lointaine (je ne prétends pas avoir tout trouvé). On nous parle de rebelles en insurrection contre une force tyrannique, qui aurait trouvé refuge sur une Lune, par exemple. (Ne parlons même pas des sabres flamboyants maniés par la Nemesis de Bae Doo-na, on pense forcément à un certain sabre noir manié par le souverain de Mandalore. Ne parlons pas non plus d’un certain pouvoir qui coulerait dans les veines d’une certaine jeune princesse, ni du "droïde" Jimmy, vocalisé par Hopkins)

Rebel Moon, partie 1 - L’enfant du feu a de quoi satisfaire les inconditionnels de son réalisateur, Zack Snyder. Il aura également de quoi donner à ses détracteurs du grain à moudre. Pour ma part, j’ai comme le derrière coincé entre deux chaises... Entre ma condition de fan du réalisateur depuis son 300 de 2006 et cette oeuvre Netflix, je ne sais plus vraiment où me situer. Gageons que la partie 2, Rebel Moon - L’entailleuse, attendue pour avril prochain, réussisse là où L’enfant du feu n’a pas vraiment réussi. Il sera également interessant de voir le Director’s Cut de cette première partie qui sortira également sur Netflix à une date qui n’a pas encore été annoncée.

SYNOPSIS

Une colonie spatiale située aux confins de la galaxie est menacée par le tyran Balisarius et son armée. Pacifiques, les civils sont désemparés et désespérés. En dernier espoir, ils envoient Kora, une mystérieuse jeune femme, pour chercher de l’aide auprès de guerriers d’autres planètes.

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