Il était une fois le cinéma : Qu’est-ce qui fait un bon Jump Scare ?

Date : 26 / 11 / 2023 à 08h00
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UN BON JUMP SCARE ?

Comme vous le savez sans aucun doute, le jump scare est un procédé utilisé au cinéma pour effrayer le spectateur. Il consiste à faire monter l’attente de ce dernier, et au moment où il s’y attend le moins, pensant le pire passé, provoquer un moment d’horreur.

Du fait de son contenu, plein de révélations, cet article, et ses extraits vidéos, est, bien entendu, truffé de spoilers majeurs. Vous en serez prévenu.

On pourrait faire remonter l’origine du jump scare au film Le Fantôme de l’Opéra de 1925 (et même, avant lui, au Cabinet du Dr. Caligari de 1920) ou Nosferatu de 1922), ou encore à l’apparition du perroquet dans Citizen Kane en 1941.

Mais, techniquement, le premier véritable jump scare du cinéma, dans l’intégralité de sa force et de son intention, intervient dans le film de Jacques Tourneur, La Féline, en 1942.

Dans cette scène, une jeune femme marche dans une ruelle sombre, et se retourne, car elle pense qu’elle est suivie. Elle commence à courir, effrayée, elle arrive près d’un poteau pour regarder à nouveau derrière elle pour vérifier qu’il n’y a personne, et c’est alors qu’un bus s’arrête à sa hauteur avec un bruit strident et lui ouvre ses portes.

Les films des années 20, évoqués plus haut, étaient certes effrayants, mais faisaient culminer la scène horrifique par une révélation, et l’apparition du perroquet et son cri strident de Citizen Kane n’était en fait qu’un artifice pour combler un manque de rythme. Ces scènes, certes très marquantes, ne peuvent donc pas être vraiment qualifiées de jump scare, car il leur manque un élément constitutif de ce procédé, à savoir, la baisse de rythme avant la révélation.

Par opposition, la scène du bus dans La Féline est parfaite.
Un autre exemple notoire intervient dans La Nuit de tous les mystères en 1959, mais surtout dans Psychose en 1960.
À partir de là, il n’y a pas un film horrifique qui ne se passe du jump scare. On pensera aux scènes finales de Carrie (1976), Vendredi 13 (1980), ou des Griffes de la Nuit (1984), qui font énormément baisser la pression, dans une scène finale bucolique avant d’asséner le coup de grâce.

Le procédé fut trop utilisé dans les slashers movies, qui, souvent, cachaient une faiblesse de scénario par la multiplication de ces scènes.
La série des films Scream (à partir de 1996), se joue d’ailleurs admirablement de ce que les spectateurs savent de ce procédé, en proposant une somme incroyable de fausses pistes quand le tueur Ghostface apparaît aux victimes pour la première fois.

En 1990, le très moyen Exorciste 3 nous fait pourtant sursauter avec la scène de l’hôpital.
Le prix du meilleur jump scare pourrait lui être décerné, si l’incroyable apparition du démon d’Insidious (2010) ne lui disputait pas âprement, puisqu’elle nous saute aux yeux dans une scène de dialogue particulièrement calme et en plein jour !
La toute première apparition du requin des Dents de la Mer (1975), est manifestement sur le podium aussi.

Le prix spécial du jury reviendra sans doute à la scène d’Alien (1979), et son chestburster, tournée sans prévenir les acteurs, ce qui déclenchera des réactions prises sur le vif, plus vraies que nature, même si on pourrait remettre en doute que cela soit un vrai jump scare, au sens pur du terme.

Il n’y a d’ailleurs pas que les films qui utilisent le jump scare, mais aussi toutes les œuvres qui s’en inspire fortement. On peut évoquer les séries d’anthologies d’horreur comme La 4ème Dimension, les jeux video comme Resident Evil (l’apparition du chien qui saute à travers la baie vitrée est inoubliable) ou la série des Five Nights at Freddy’s, les vidéos de screamer sur internet (des vidéos anodines qui demandent de l’attention et font surgir un monstre).

Le procédé n’est d’ailleurs pas absolument rattaché au monde de l’horreur, et on se souviendra de ceux de Mulholland Drive (2001) par exemple.
Pour illustrer cela, on pourrait évoquer L’Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet (2013), un film de Jean-Pierre Jeunet, dans lequel la mort de l’un des 2 enfants, tué par son frère de façon accidentelle avec un fusil, jette un froid extrêmement violent sur le monde de l’enfance idyllique montré jusqu’à ce moment.

EXTRAITS

















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