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Star Trek Discovery : Review 3.13 That Hope Is You, Part 2

Date : 11 / 01 / 2021 à 14h30
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Il est des séries qui ne nous déçoivent jamais, dans leurs qualités ou, au contraire, dans leur médiocrité. Longtemps, j’ai pu faire la part des choses. C’est-à-dire voir dans Discovery une incarnation de Star Trek sans doute différente de l’âge d’or Gene Roddenberry - Rick Berman, mais qui arrivait, comme ses ainés, à embrasser les réalités de notre époque, quitte à bousculer un peu le canon de la franchise. Mais cette troisième saison est allée tellement loin dans l’absurde que j’ai désormais beaucoup de mal à faire émerger ses bons cotés. Et le final de cette troisième saison est un cas d’école pour moi.

D’abord, parce que l’intégralité du scénario de ce dernier opus n’a aucune logique. C’est juste une suite de rebondissements incessants n’ayant ni queue ni tête où Michelle Paradise, showruneuse de son état, nous prend pour des idiots congénitaux. Quelques exemples...

Avoir peur pour la vie de nos héros préférés est un des ressorts les plus puissants d’une série TV, surtout quand elle a déjà montré par le passé qu’elle n’hésitait pas à faire passer de vie à trépas un personnage principal. Cela aurait pu être le cas de Discovery avec la mort surprise de Culber en saison 1, sauf à se souvenir que son retour était prévu dès le départ. Mais là, franchement, est ce que l’un d’entre vous a pu penser un seul moment que Tilly, Detmer, Owosekun sur le Discovery, ou Saru, Adira ou Culber sur la planète de dilithium auraient pu être un seul instant sacrifié ? Bien sûr que non. Rien que cela annihile totalement 10 % du temps d’antenne de cet épisode.

Autre exemple avec l’ensemble des scènes des turbolifts. Notre ami Yves a déjà eu à de multiples reprises l’occasion de dénoncer l’absurdité de la représentation visuelle du déplacement des ascenseurs du vaisseau. J’étais bien entendu d’accord avec lui, même si je n’en faisais pas particulièrement un argument essentiel pour rédiger mon avis. Mais cette semaine, excusez moi, cette connerie m’a littéralement crevé les yeux. Pour moi, un seul type de vaisseau a assez de vide et d’espace pour avoir un système de transportation interne comme il est présenté dans la série : un cube Borg. En tout cas pas dans un vaisseau aussi plat que le Discovery. C’est super beau à regarder, mais cela reste avant tout super con.

Un dernier exemple pour la route. C’est quand même un incroyable heureux hasard qu’un vaisseau qui a résisté plus de 100 années aux conditions de la planète de dilithium se disloque juste à la seconde même où le Discovery est en capacité de sauver tout le monde...

Cette saison 3, j’ai dû arrêter de me pincer, j’avais trop de marques sur mon bras à la fin de chaque épisode. Je m’arrête donc là, mais l’intégralité de la résolution de cet épisode est du même acabit. Yves va certainement vous décrire d’autres truculentes imbécilités scénaristiques de ce Season Finale, mais SVP Yves, arrête de la mettre sur le même plan qu’Alias. Même cette série, qui avait transformé en art les résolutions capillotractées, n’arrive pas à la cheville de cette saison 3 de Star Trek Discovery.

Après 67 soupirs et 35 yeux levés au ciel, arrive enfin le moment clé de cette saison, la raison pour laquelle on a dû subir tout ça : l’accession de Michael au Graal trekkien : poser son cul sur le fauteuil de commandement. Et sur ça, je suis entièrement d’accord. Depuis que Bryan Fuller avait dévoilé en août 2016 que le héros principal de cette série n’était pas Capitaine, il était clair pour moi que la série proposerait le chemin conduisant cette personne à la situation de commandement d’un vaisseau et que ses erreurs seraient un terreau pour sa compréhension des tenants et aboutissants d’un tel poste.

Donc que Michael Burnham devienne Capitaine du Discovery à l’issue de cette troisième saison est pour moi la logique même. Je suis beaucoup moins à l’aise sur son apprentissage. Oui, elle a fait beaucoup d’erreurs, mais pour moi, elle n’en a rien appris. Au-delà de sa condamnation dans le pilote de la série, l’ensemble de la chaîne de commandement de Starfleet n’a pas cessé de la féliciter en lui disant qu’elle avait raison de faire ces erreurs. Et le dernier en date, c’est l’Amiral Charles Vance. Le fondement de Star Trek, c’est la méritocratie. Le fondement de Star Trek Discovery c’est la boulletocratie,..

Mais Youpi, sauf à avoir une mauvaise adresse de livraison, la mission donnée au vaisseau et à son équipage ne devrait pas poser de problème à Captain Burnham. Livrer du dilithium aux quatre coins de la galaxie devrait être à sa portée. D’ailleurs, je vous propose de transmettre à Monsieur Kurtzman un changement de nom du vaisseau. J’hésite entre USS Chronopost ou USS Deliveroo. Cela aurait de la gueule non ?

Une dernière chose existentielle, autant les nouveaux uniformes me semblait pas mal sur les officiers de l’Apple Store de Fedefleet, ceux-ci restant debout, autant la vision de Michael sur son fauteuil me dit que les couturières de la série vont devoir revoir fissa la coupe de ces uniformes...

Avant de prendre de très longues vacances critiques de Discovery, un petit recap sur la saison dans son ensemble. J’étais assez satisfait de la première moitié de la saison. Je dois même dire qu’un de mes deux épisodes préférés de la série s’y trouve : Forget Me Not, l’autre se situant en seconde saison, New Eden. Mon avis global a totalement chuté sur la seconde moitié. Entre le départ de Georgiou qui a été une vraie purge et la précipitation vers la conclusion qui a obligé les scénaristes à aller vers la facilité, cette fin de saison est d’une faiblesse inédite. Comme je suis un éternel optimisme, j’espère juste qu’avec maintenant Burnham au commandement, on aura peut être la chance d’avoir une renaissance de la série dans un an. On peut toujours croire aux miracles...

NOTE DE L’EPISODE

NOTE DE LA SAISON

FM

Depuis 2017, les séries Star Trek se sont alignées sur la concurrence pour adopter une structure exclusivement feuilletonnante. Il en ressort que plus aucun épisode produit ne se suffit à lui-même. Chaque opus n’est que le maillon d’un incessant flux narratif qui frappe de carence le présent pour capitaliser uniquement sur la promesse d’un futur assouvissant. Ainsi, chaque épisode n’est que le (long) teaser du suivant. Et selon un système de récurrence aussi propitiatoire que frustrant, c’est sur l’éventuelle conclusion (vers la fin de la saison ou de la série) que pèsera toute la charge de légitimer la validité de ce qui précède, le perpétuel jeu attente-récompense, et les couleuvres avalées... au risque sinon de ruiner rétrospectivement toute l’expérience de visionnage (si elle fut positive) ou du moins ne pas la rédimer (si elle fut négative).
Cet état de dépendance envers la surenchère du mouvement s’apparente à l’économie du crédit... substituant progressivement toute réalité tangible à la virtualité d’une promesse en devenir. Or le crédit renvoie étymologiquement à la croyance et à l’acte de foi... dans les auteurs et showrunners actuels. Autant dire une gageure au regard du passif particulièrement médiocre d’Alex Kurtzman et de l’agenda politico-idéologique de Michelle Paradise.
Et bien voici venu le temps à la fois du showdown et du pay-off… après huit épisodes ayant étiré l’intrigue en longueur au travers d’une succession de MacGuffins jetables et interchangeables, après deux épisodes HS en guise de plateforme de lancement nauséabonde du spin-off Section 31, et finalement deux épisodes ayant commencé à lever le voile sur le comment du pourquoi. Discovery 03x11 Su’Kal et Discovery 03x12 There Is A Tide… ont ainsi entamé le cycle justificatif, hélas d’une façon très insatisfaisante , mais c’est sur le final Discovery 03x13 That Hope Is You, Part 2 que repose finalement tout le poids de l’édifice diégétique de la saison.
Alors est-ce que la confiance placée une nouvelle fois par les trekkers dans les showrunners pour suspendre leur jugement et leur suspension d‘incrédulité durant douze épisodes était finalement justifiée, ou est-ce que la construction de la saison est bel et bien une énième pyramide de Ponzi ?
Si ça passe, grand sera le sentiment d’assouvissement du spectateur, enfin récompensé de l’incessant jeu de pistes galactiques, les mystery boxes gigognes, et les conjectures ludiques qui en résultaient.
Mais si ça casse, c’est toute la structure de la saison qui subira un effondrement rétroactif en cascade, et la série ne sera au pire qu’une grosse arnaque, au mieux une mauvaise plaisanterie.

Malheureusement, les poules ne font toujours pas cygnes, et à l’instar des deux précédentes saisons de Discovery mais aussi de la première saison de Picard, l’heure du bilan reste le moment le plus cruel pour la série et le plus désagréable pour le spectateur.
Cependant, qui a suivi le feuilleton parallèle méta de ces critiques exhaustives était psychologiquement préparé à la fatale issue, et cette dernière ne présente pas la moindre forme de surprise ni de gratification, même ses twists avaient été prévus et éventés par mes analyses précédentes, à tel point que cela que "l’expérience utilisateur" devient désespérante.
Ainsi, la critique du premier épisode de la saison, Discovery 03x01 That Hope Is You, Part 1 se concluait par : « Allez, une prévision comportant zéro risque : Burnham retrouve l’USS Discovery dans l’épisode suivant puis ce qui reste de la Fédération, elle résout l’énigme du Burn (alors que tout le 32ème siècle en fut incapable) et l’empêche de se reproduire, elle resuscite l’UFP dans toute sa gloire passée, et elle devient la capitaine officielle de l’USS Discovery à la fin de la troisième saison. »
Check.
Et dans la critique du pénultième épisode, Discovery 03x11 Su’Kal, on pouvait lire : « En aval, la chronicité des crises de Su’Kal aurait dû engendrer de nombreux Burns successifs depuis 120 ans (et non un seul). Mais bah, le final de la saison révélera sans aucun doute que c’est la vision de la mort de sa mère, la Dr Issa, qui provoqua chez Su’Kal un hurlement si primal et si chtonien que l’onde de choc aura atteint toute la galaxie (voire tout l’univers), causant le big Burn. Les autres mini Burns restant des phénomènes locaux. »
Check également.

Or si la prévisibilité peut être en soi un gage de cohérence en terme de relation de causes à effets, cela n’a aucunement contribué ici à une quelconque crédibilisation de la troisième saison qui reste une masse critique d’invraisemblances, d’inconséquences, de contradictions, et de WTF en flux tendu, à tel point que l’épreuve de visionnage s’est transformée, non pas en jeu des 7 erreurs, mais en jeu des 1 000 erreurs. Soit le pire des deux mondes comme trop souvent dans le Kurtzverse : vous aurez à la fois l’ennui (d’avoir tout deviné longtemps avant) et la colère (devant une écriture aussi bâclée et bancale).

Si vous ne souhaitez pas vous plonger dans une analyse exhaustive du contenu, veuillez cliquer ici pour aller directement à la conclusion.

Le triptyque par lequel se conclut la troisième saison de DIS se caractérise par une grande homogénéité sur le terrain tactique et stratégique. À savoir que c’est absolument n’importe quoi de A à Z, au point que c’est à se demander si le personnel de Starfleet (Burnham et Vance très compris) a été formé par une quelconque académie militaire. Systématiquement, ce sont les choix les plus irresponsables, les plus risqués, les plus suicidaires, les plus criminels, les plus contreproductifs, les plus inégalitaires qui sont privilégiés… de toute évidence dans le seul but de glorifier Mary-Sue et sa bande d’ados, mais aussi d’étaler artificiellement sur trois épisodes l’ineptie qui aurait pu être relatée en un seul.
Dans Discovery 03x11 Su’Kal, Tilly – nouvellement acting captain – était incapable de mettre à profit la phénoménale supériorité tactique offerte par le spore drive en jumpant à des milliers d’années-lumière de la Chaine d’émeraude pour revenir directement ensuite en orbite de la planète de dilithium afin de récupérer le détachement. Au lieu de ça, Sylvia a préféré rester passivement à proximité du Viridian (comme si l’USS Discovery n’était équipé que de distorsion), puis jouer avec Osyraa au duel de garces façon Dynasty, et finalement se faire circonvenir et capturer comme la gamine Instagram qu’elle n’a jamais cessé d’être. De même, alors que Saru disposait des moyens de directement téléporter le rescapé kelpien d’une zone particulièrement inhospitalière (quitte ce faisant à le secouer un peu en le sortant brutalement de sa complaisance holographique centenaire), les protagonistes ont préféré rentrer dans un interminable jeu de "fantasy psychanalytique"… exposant la galaxie entière à un nouveau Burn, la planète de dilithium à une prédation de l’Emerald Chain, et l’USS Discovery à l’irresponsabilité de sa "joke-captain".
Dans Discovery 03x12 There Is A Tide…, une opportunité historique à la fois de paix (avec le principal ennemi de l’UFP du 32ème siècle), de progressisme social (interdiction de l’esclavage, cessation du viol de la Prime Directive…), et de soft power au bénéfice de l’UFP (nombreuses concessions à ses valeurs et à son éthique…) fut proposée par Osyraa. Mais en parfait despote, sans même la concertation de la présidence ni d’une quelconque assemblée de la Fédération, Vance a imposé en retour des exigences tellement irréalistes que cela revenait à cracher sur la proposition d’armistice. Transformant l’ultime bastion de l’UFP en dogmatisme fondamentaliste et impérialiste, incapable de considérer la big picture, de prioriser l’intérêt général, et de nouer de relation constructive avec quiconque ne se soumettant pas corps et âme à son corpus éthique et moral. Exit toute forme de vraisemblance géopolitique. Exit aussi cette passionnante realpolitik qui faisait le sel de séries comme ST DS9 et ST ENT.
Dans Discovery 03x13 That Hope Is You, Part 2, belote, rebelote, et dix de der ! Alors que l’USS Discovery est à l’intérieur de la bulle de distorsion du QG de l’UFP sous le feu nourri de toute la force de frappe de Starfleet, eh bien… même pas mal !!! L’USS Discovery du 23ème siècle – quand bien même refité – résiste sans broncher durant le long teaser à une vingtaine de vaisseaux de pointe du 32ème siècle (conduits par l’USS Voyager NCC-74656-J qu’on entraperçoit d’ailleurs à peine), alors que le respect du plus élémentaire équilibre des forces (pourtant défini par la série elle-même) aurait impliqué que le vaisseau détourné par Osyraa ne résiste pas à pareil assaut concentré au même endroit plus de quelques secondes. Et que cette dernière comprenne que l’émetteur du bouclier principal du QG est maquillé en antenne déflectrice, ou encore qu’elle assène en flux tendu les répliques idiotes « donnez tout ce qu’on a » et « frappez plus fort » ne changent rien à l’affaire. À forces équivalentes, l’arithmétique la plus élémentaire a été violée.
Puis, après que le Viridian a fini par ouvrir une brèche dans le champ de distorsion et que la flotte venue de Ni’Var est arrivée à la rescousse, et tandis que Michael souligne elle-même que désormais l’USS Discovery et le Viridian sont totalement submergés et en position d’infériorité, elle se met inexplicablement à supplier l’amiral Vance de faire cesser l’hallali et de laisser Osyraa s’enfuir avec ses troupes et l’irremplaçable USS Discovery… au seul motif d’éviter l’affrontement ! À l’appui du plus autocentré des arguments : « vous pouvez me faire confiance, je ne vous laisserai pas tomber ». Quoique contrarié, l’amiral accepte cet invraisemblable marché.
Mais c’est quoi ce what the fuck ?! Osyraa avait donné l’ordre au Viridian de lâcher une cargaison de pesticide (traduit en VF par insecticide). Au sens littéral, un pesticide serait totalement HS en terme de nuisance dans le vide spatial (y compris à l’intérieur du QG). Si le terme renvoie à d’hypothétique "drones foreurs", cela aurait peut-être occasionné quelques dégâts (Michael étant de toute façon la moins à même de pouvoir en juger étant donné qu’elle vient de débarquer au 32ème siècle), mais cela fait encore partie des implications et des "pertes acceptables" lors de tout affrontement militaire dans un univers réaliste. Ce qui est irréaliste en revanche, c’est que l’amiral Vance sacrifie une configuration stratégique qu’il savait lui-même très favorable à Fedefleet à l’inconnu complet d’un cadeau à la Chaine d’émeraude : lui abandonner le game changer du spore drive (quand bien même sans Stamets) en se basant sur la seule promesse de Burnham de tout arranger par la suite ! Quand bien même sincère, cette promesse était tactiquement sans valeur aucune puisque l’héroïne ne contrôlait alors strictement rien (en tant qu’otage et en situation de complète infériorité numérique), tout en témoignant d’une hubris dépassant l’entendement (quelle était sa probabilité de renverser la situation et d’’arracher par elle-même l’USS Discovery à un cartel n’ayant pas hésité à venir se pavaner dans le sanctum sanctorum de l’UFP ?).
À un tel niveau d’impéritie, Michael flirte avec la trahison pure et simple... au même titre que Book à la fin de DIS 03x12 There Is A Tide… lorsqu’il a livré à Osyraa le secret de la planète de dilithium pour tenter de sauver la vie de l’Andorien Ryn (alors qu’il était bien placé pour savoir que la Môme-vert-de-gris ne respecterait jamais sa parole). Et l’amiral chef d’état-major de Starfleet se transforme pour l’occasion en parfait Bisounours ou… en groupie, dont les décisions ne sont plus guidées par sa responsabilité envers la Fédération ni par ses compétences de chef d’état-major mais par… une foi irrationnelle en Michael ! Le « ayez confiance » qu’elle adresse à Vance pour achever de le convaincre ne renvoie pas au serpent Kaa du Livre de la jungle, mais signifie « ayez confiance dans mon univers autocentré et dans le script des auteurs ».
Bien entendu, la suite de l’épisode donnera raison à Mary-Sue puisque nous sommes dans le Burnhamverse gravitant autour des volontés et des décisions de sa prophétesse...
Mais puisqu’on vous répète que Michael est le chemin, la vérité et la vie.

Malheureusement, les personnages et les sociétés qui s’alignent sur un messianisme systémique défini par les showrunners y perdent fatalement toute crédibilité. On ne décide plus selon sa raison ou ses émotions, mais uniquement parce qu’il est écrit dans les briques mêmes de la réalité que Mary-Sue a raison.
Et l’ensemble des péripéties qui en résultent dans la suite de l’épisode ont pour seul et unique but de faire briller l’auréole de l’archange-Michael-priez-pour-nous afin de la sacrer capitaine à la fin de l’épisode devant les ovations des fans. Sauf que ça ne passe pas et nul n’a envie d’applaudir, car tel à le corollaire de l’artificialité complète. À l’exemple de la mort d’Airiam dans DIS 02x09 Project Daedalus qui ne faisait pleurer personne en dépit des tonnes de pathos… car cela n’aurait tout simplement jamais dû se produire si l’épisode avait été cohérent (il aurait suffi à l’USS Discovery de la téléporter, mais c’est ballot, nul n’y avait songé tellement ils kiffaient la scène d’adieu).
Et c’est ainsi qu’à la fin de l’épisode, lorsque l’amiral Vance promouvra (avec l’aval de Saru) Michael capitaine du Discovery, il matérialisera le plus absurde rematriçage, la plus surréaliste allégeance de la société aux caprices de Mary-Sue. Les trois saisons de DIS n’avaient finalement pas pour objectif de faire évoluer Michael Burnham, de lui permettre d’apprendre de ses erreurs (tel Archer dans ST ENT), de la rendre plus humble, de lui inculquer les normes et les responsabilités de Starfleet. Que nenni ! L’objectif était au contraire de faire évoluer la réalité, de faire comprendre à l’univers, aux civilisations, et à tous les autres personnages que Mary-Sue définit les lois naturelles et lois physiques. Et donc Vance matérialise cette puissante leçon cosmologique, et il le dit d’ailleurs presque sans ambages : « avant il y avait les normes et les protocoles de Starfleet, nous étions de pauvres brebis égarées ; mais depuis votre venue, Michael, nous avons vu la lumière ; amen. ».
L’épisode mérite bien de son titre vaniteux : That Hope Is You, Part 2.
Mahomet ne voulait pas aller la montagne, alors la montagne est venue à lui !
Quelle belle leçon de choses.

Ainsi donc, la suite de l’épisode est une arlequinade high tech à la limite du regardable, telle la parodie Futurama ou Rick And Morty de Die Hard. Quoique à la merci d’Osyraa et de Zareh, Michael et Book parviennent à s’évader en plongeant dans les entrailles de l’USS Discovery dont on savait depuis les précédentes saisons (en suivant les trajets des turbolifts) qu’elles étaient aussi creuses et vastes que celles d’un cube Borg. Mais en faisant un focus sur cet environnement et en y déployant une bonne partie des scènes d’action, DIS franchit un nouveau cap dans l’absurde. Quoiqu’officiellement presque de la même taille que l’USS Enterprise de Kirk (c’est-à-dire environ 300 m de longueur, moins en largeur et en hauteur, cf. la fin de la saison 1 de DIS), l’USS Discovery révèle ici que son intérieur est presque aussi vaste que la planète Coruscant dans l’univers de Star Wars !!! Mais Coruscant "by night"... avec son intense trafic de turbolifts-aéronefs, ses perspectives horizontales et verticales à perte de vue, ses trajets interminables à vitesse supersonique... Sur fond de BO à la John Williams, le saut de Michael en free flight à travers l’intense trafic aérien pour se raccrocher à un véhicule volant convoque pêle-mêle Star Wars : Episode II - Attack Of The Clones, The Fifth Element, Tron : Legacy, Blade Runner, Charlie And The Chocolate Factory... et même ST Into Darkness (pour un copié-collé de la scène de combat en turbolift).
Tout pour le spectacle, rien pour la crédibilité. Devant un rapport intérieur/extérieur aussi abyssal, même le TARDIS de Doctor Who est renvoyé aux oubliettes...
Peut-être que d’aucuns apprécieront ce show off visuel pour le seul plaisir d’organe, mais il est ici tellement nonsensique, tellement à contremploi, tellement injustifiable (dans le contexte comme dans l’histoire) que la limite de tolérance a été explosée !

L’équipe guidée par Tilly s’est retrouvée piégée dans les decks asphyxiés par Osyraa. Mais fort commodément, l’expulsion de l’air est suffisamment lente pour leur permettre d’y faire à peu près ce qu’ils veulent. Ainsi donc, parce que Mary-Sue leur demande d’aller déposer un engin explosif dans une des nacelles, ils sortent ledit engin de nulle part… et vont effectivement en direction des nacelles en dépit du blocage de toutes les issues par la Chaîne d’émeraude, et en dépit du découplage des nacelle depuis le refit (bon, il suffit de se dire que les nacelles se recouplent au vaisseau durant le warp). Commodément, il s’avère que Joann Owosekun bat presque le record mondial d’apnée (en pouvant se priver de respirer durant plus de dix minutes parce qu’elle avait l’habitude de pêcher des ormeaux dans sa jeunesse !), ce qui lui permettra d’achever la mission prescrite par Michael, quitte à ce que les auteurs confondent apnée et hypoxie (étant donné que Joann ne cessera de haleter dans les zones entièrement dépourvues de la moindre oxygène).
Entre l’immaturité de ce groupe d’ados qui essaient d’émuler les adultes et l’assistance providentielle du gentil robot Wall-E où l’IA Zora a élu sa nouvelle demeure (la précédente réclamant pas moins de 500 km de diamètre !), on se croirait dans un épisode des Teletubbies.

Alors qu’il aura suffi à la Chaine d’émeraude quelques secondes pour écraser l’OS (ou système d’exploitation) de la Fédération depuis la passerelle de l’USS Discovery, il faudra bizarrement à Mary Sue en passer par une course poursuite étirée en longueur sur une rame de métro volant à travers le dédale multidimensionnel de Tron : Legacy pour rejoindre un espace nommé "data core" (jamais vu ni évoqué dans aucune série ni films ST antérieur) d’où elle restaurera non sans mal l’OS de Starfleet. Une explicable asymétrie entre mesure et contremesure.
Suite à quoi, l’héroïne reprendra possession du vaisseau et en boutera par voie de téléportation tous les envahisseurs...
Bien sûr, Osyraa l’attendait déjà sur site, une pétoire à la main – les vaisseaux de Starfleet (y compris ceux qui ont mille ans d’âge) n’ayant décidément aucun secret pour elle. Mais puisque les actions de Mary-Sue ont si bien été anticipées par la partie adverse, comment se fait-il que ce ne soit pas une pleine escouade de régulateurs déshumanisés qui l’aient attendu dans ce cœur nodal des données ?!
Évidemment, la vraisemblance on s’en fiche, les dés sont pipés, et il fallait bien que Michael remporte le round de catch truqué dans le délai imparti. Et c’est donc dans cet environnement de type salle blanche (digne d’un Apple Store) que Wonder-Burnham affrontera rituellement – dans un interminable duel de kung fu hyper-chorégraphié of course – puis butera comme il se doit Osyraa, redevenue pour l’occasion la super-méchante de cartoon aux répliques vachardes qu’elle avait curieusement cessé d’être dans l’épisode précédent. Le "naturel kurtzmanien" revient au galop. Et si c’est bien l’intérêt des bad guys qui fait la valeur des œuvres comme le disait Nicholas Meyer, alors ce final de la saison 3 atteint sans trop d’efforts le niveau zéro.

La flotte de Ni’Var débarque durant le teaser, ce qui en chronologie interne (depuis que Burnham a lancé dans DIS 03x12 There Is A Tide… un appel à sa "maman n°1" Gabrielle désormais membre du Qowat Milat) représente tout au plus une heure de temps. Donc, exactement comme dans DIS 03x06 Scavengers lorsque le "Millennium Falcon" de Book aura parcouru en quelques minutes (au lieu de trois semaines) la distance entre Starfleet Headquarters et la planète Hunhau, et exactement comme dans DIS 03x11 Su’Kal où le Viridian débarque une heure après l’USS Discovery en plein quadrant gamma à proximité de Verubin (destination pourtant top-secrète), eh bien la flotte romulano-vulcaine met aussi peu de temps pour gagner le QG de Fedefleet depuis Ni’Var !
Avec quelle facilité et rapidité tous les vaisseaux du 32ème siècle parcourent la galaxie... aussitôt que le script en a besoin ! Idem pour les communications subspatiales prétendument ravagées... mais disponibles chaque fois que nécessaire ! Ce qui ridiculise à la fois les hypothèses déclinistes dilithium-centrées posées par cette troisième saison et le caractère disruptif du spore drive… puisqu’il est possible d’être quasiment aussi rapide sans lui. Le château de carte est décidément en perpétuel état d’effondrement et seul la foi inébranlable de quelques trekkers préserve l’illusion.

Le holodeck du KSF Khi’eth s’emploie pour des raisons finalement nébuleuses à changer l’aspect physique de tous ceux qui s’y aventurent, en leur attribuant les traits d’une autre espèce. Peut-être que l’intention idéologique est de prodiguer une pesante leçon d’inclusion woke aux visiteurs afin de leur faire découvrir une autre condition que la leur (à une époque qui n’est pourtant plus supposée en avoir besoin). Mais dans DIS 03x13 That Hope Is You, Part 2, le vaillant équipement fait encore plus fort : il matérialise dans le champ physique le gentil fantôme Gray Tal, lui conférant au passage un look vulcain (mais dans un style punk avec des cheveux bleus). L’épisode nous plonge ici davantage dans un concept fantastique façon The Ghost & Mrs. Muir ou Randall & Hopkirk, ce qui en SF de déclinera par un beau TGCM ("ta gueule c’est magique").
Ou alors, il faudrait que ce holodeck dispose d’aptitudes profondément télépathiques pour pouvoir se connecter en flux tendu (et "en duplex") au cerveau d’Adira pour parfaitement isoler et matérialiser la double personnalité émanant de son symbiote Tal (au point que celle-ci se sente pleinement exister physiquement). Ce qui impliquerait obligatoirement une interface neuronale directe (BCI ou ICM), qui plus est à distance (donc plus performante encore que le mind meld vulcain). Seulement, une telle technologie de rupture aurait alors dû irradier la Fédération du 32ème siècle, bien davantage que son holographie stérile.
En outre, le révisionnisme envers la symbiose Trill n’en est que plus profond. L’hôte humain (Adira) a vraiment beau dos de justifier n’importe quelle liberté, mais il n’en demeure pas moins que des épisodes comme ST DS9 03x04 Equilibrium (le join), ST DS9 03x25 Facets (le Zhian’tara Ritual), et ST DS9 07x13 Field Of Fire (avec le Rite of Emergence) avaient montré que les hôtes précédents étaient bel et bien morts, et qu’il ne subsistait plus que des souvenirs et des schémas de pensée. Mais la saison 3 de DIS s’emploie vraiment à vendre la survie pleinement intègre et sentient de Gray Tal, en somme de son âme, comme dans les histoires de spectres et de possessions, avec leurs lots d’angoisses existentielles et de désir d’incarnation. Une occasion pour de nouvelles scènes pleine de mélo lorsque Gray est désespéré à la perspective que son "corps holographique" lui soit retiré lors de la désactivation du holodeck.
Du coup, n’est-il pas bien inconséquent qu’Adira et Gray, pourtant natifs du 32ème siècle, découvrent exactement comme les protagonistes du 23ème siècle les performances de ce "holodeck télépathique"… alors qu’il s’agit pourtant d’un équipement parfaitement standard d’un vaisseau civil de la Fédération du 31ème siècle (ce n’est que l’holoroman initiatique de fantasy que la Dr Issa avait conçu, non sa technologie porteuse).
En toute logique, la géniale Adira aurait dû depuis longtemps se rendre par elle-même dans un holodeck de ce genre (par exemple au QG de Fedefleet) pour offrir une possibilité d’incarnation holographique à feu son bien-aimé.
En outre, se pose la possibilité ou non d’émanciper complètement la conscience de Gray du corps d’Adira par voie d’upload (comme dans la récente série du même nom)…
Mais finalement, strictement aucune question de cet ordre n’a été posée par les personnages, malgré leur interminable errance sur Azeroth. Le vocable "télépathie" n’a même pas été prononcé...
Paradoxalement, cette thématique serait riche en ouvertures SF, en réalité davantage en prise avec le supposé futurisme appelé par ce 32ème siècle... que tout ce que cette troisième saison de DIS a été (in)capable d’en montrer ! Dans un véritable Star Trek (donc pré-2009), pareille problématique aurait au minimum fait l’objet d’un épisode entier, pour explorer la problématique dans l’éthique et dans l’intime, tout en s’appuyant sur une conjecture scientifique solide. Malheureusement ici, le sujet est traité par-dessus la jambe, avec une approximation structurelle tellement brouillonne que c’est comme si les fondements scientifiques de Discovery n’étaient perpétuellement qu’une vaste blague. Il est évident qu’une fois de plus, la seule intention des showrunners est de vendre de l’émotion-en-kit à la manière d’une petite "branlette". Un travers récurrent qui plonge systématiquement les quelques inspirations de Discovery dans les égouts de la diégèse.

Quant à la résolution du Burn, à savoir un jeune enfant qui a hurlé si fort en assistant à la mort de sa mère que l’univers entier en a tremblé, ce pauvre dénouement (avec sa pseudo-poésie déployée autour de la dualité Intérieur vs. Extérieur) que Discovery 03x13 That Hope Is You, Part 2 voudrait désespérément faire passer pour du "fond trekkien", quelque part à la croisée de ST TOS 01x20 The Alternative Factor, ST TOS 03x10 For The World Is Hollow And I Have Touched The Sky et surtout Orphans Of The Sky de Robert A. Heinlein... il n’en subsiste hélas au mieux qu’un New Age holistique de fantasy, au pire une surenchère de démesure inédite dans le registre de la grandiloquence. À croire qu’il ne suffit plus de mettre en scène la viscérale tragédie d’un deuil – si infinie à l’échelle subjective mais si dérisoire à l’échelle de l’univers – comme avaient su si bien le faire les épisodes ST TNG 03x05 The Bounding, ST TNG 04x08 Future Imperfect ou encore ST TNG 05x11 Hero Worship… À croire qu’il faudrait désormais "faire sauter la banque" en donnant aux deuils une proportion objectivement cosmique, en les emphatisant par la foudre de Zeus en personne pour que le spectateur mesure bien le drame.
Soit le symptôme typiquement kurtzmanien d’une incontinence – et finalement d’une inflation générale – de représentation, au même titre que le surjeu perpétuel de Michael Burnham et Saru (lorsque ce dernier n’a pas ses prothèses) ou encore le gigantisme délirant (aussi impossible que les figures d’Oscar Reutersvärd) de l’intérieur des vaisseaux. En somme un concours de… taille (histoire de ne pas devenir vulgaire).
Mais le mieux est l’ennemi du bien. Les effets de bord de cette sorte d’outrance sont profondément contreproductifs. Dans sa vulgarité putassière, Secret Hideout est visiblement incapable de comprendre que la pudeur et la retenue générale (sans la moindre larme) du Star Trek bermanien sont bien davantage pourvoyeuses d’émotions authentiques. Tout comme la tragédie d’un orphelin ayant vu tous ses proches mourir sur une planète inconnue sera incomparablement plus poignante si l’univers ne devient pas son chœur antique.

Toute la philosophie d’Alex Kurtzman et de ses affidés est condensée dans cet épisode final : "il n’y a que les VIP qui comptent, les autres peuvent tous crever" ! Qu’on se le dise.
Le gigantesque Viridian (un vaisseau quasiment aussi énorme que le Narada de ST 2009 et faisant passer tous les vaisseaux de Fedefleet et de Ni’Var pour des Lilliputiens en comparaison) devait posséder un équipage à l’avenant, mais l’épisode s’est bien gardé d’en montrer autre chose que des stormtroopers (c’est bien pratique pour ça les costumes noirs de Ninja, les heaumes à la Darth Vader, et les modificateurs de voix dépersonnalisants). Dès lors, Burnham n’a pas une once de scrupule à "génocider" les très nombreux occupants du croiseur lourd de la Chaîne d’émeraude en surchargeant puis en expulsant le noyau de distorsion de l’USS Discovery. Une stratégie non seulement contreproductive (DIS en a l’habitude il est vrai) mais carrément criminelle pour le coup. Parce que si la navigation du spore drive par l’empathe Book (en lieu et place de Stamets exfiltré) réussissait, l’USS Discovery aurait sauté loin du Viridian et ce dernier n’aurait plus représenté la moindre menace pour lui (et il était donc inutile de le détruire). Mais la maîtrise du spore drive par Cleveland ne réussissait pas du premier coup (hypothèse la plus probable mais que le script n’a même pas daigné considérer), eh bien ne pas exploser avec le Viridan permettait de multiplier les essais de "navigation mycologique" jusqu’à y parvenir. En revanche, en couplant l’expulsion et l’explosion du noyau de distorsion à la toute première initiation de Book au spore drive, cela revenait à imposer au Discovery un niveau de contrainte supplémentaire et proprement suicidaire (l’obligation pour Cleveland de remplacer Stamets du premier coup sous peine de mort) tout en ne laissant aucune chance de survie au Viridian (même dans le cas où il aurait cessé de représenter une menace après le saut).
Par contre, en parallèle, on prodigue une exquise débauche d’égards urbains et d’émois infantiles à l’orphelin centenaire Su’Kal qui a causé malgré lui des milliards de morts et l’effondrement de civilisations entières. Tout ça parce que les auteurs ont décidé que Su’Kal serait au centre des épisodes, qu’il allait être le vecteur d’une interminable séance de psychanalyse initiatique (quelque part entre un Freud de comptoir et un monomythe campbellien délavé) sur fond de médiéval-fantastique à la World Of Warcraft, et qu’il aurait pour fonction calibrée d’émouvoir et de faire pleurer Margot.
Ce deux poids deux mesures pratiqué à la fois par les showrunners et leurs personnages est profondément répugnant, gerbant même. Et il faudrait s’être fait ramollir le cerveau par le pathos manipulatoire servi non stop depuis le début de la saison pour ne pas être profondément indigné.
Manifestement, c’est une tendance de fond récurrente chez les showrunners de Discovery... puisqu’avec de semblables procédés dans DIS 03x10 Terra Firma partie 2, ils avait tenté de rendre "sympa" une super-Hitler d’envergure galactique, Mirror-Georgiou, poussant l’indécence de faire chialer tout le monde lors son départ définitif, confondant le personnage et son actrice.

Sorry Mr K, sorry Michelle, mais lorsque vous osez établir avec pareil naturel une telle hiérarchie innéiste entre la vie de quelques privilégiés à vos yeux et celles tous les autres anonymes, eh bien votre poésie gothique et larmoyante sur le KSF Khi’eth, vos leçons d’inclusivité woke à géométrie variable... n’en apparaissent que plus faux cul.
À l’instar du scientifique Aurellio dont vous célébrez le handicap moteur à la façon d’un "trophée inclusif", mais que sa seule contemplation autosatisfaite dispense de toute volonté de le guérir en dépit de la débauche surréaliste de technologies tape-à-l’œil.
À l’instar des femmes que vous prétendez mettre en avant en toute occasion (au point de confondre féminisme et misandrie) tout en les faisant chialer à longueur d’épisodes pour perpétuer le pire cliché sexiste (celui de l’incontinence émotionnelle).
À l’instar de l’emploi des pronoms inclusif ("they" au singulier en VO ou "iel" en VF), à l’instar du communautarisme LGBTQIA+ que vous recréez à bord de l’USS Discovery sous couvert de famille recomposée, mais qui n’est qu’une transposition anachronique des fiertés tokens contemporaines dans une société utopique pourtant foncièrement post-token, post-revendications, post-pride, post-identitaire, post-classes, et post-capital.

À vouloir maladivement transposer le contemporain dans jamais le remettre dans le contexte du récit futuriste trekkien, l’aspect véritablement subversif d’un idéal vraiment libertaire et égalitaire (quels que soit l’apparence, les gènes, les convictions, les orientations, les mœurs, les goûts...) est perdu, littéralement lost in translation. En plaçant systématiquement l’inclusion au sens contemporain avant l’utopie au sens trekkien, on transforme un idéal intemporel et universel... en propagande idéologique éphémère frappée d’une date de péremption.
Et avec le nez dans le guidon de leur agit-prop virtuelle sur les réseaux sociaux, les showrunners de Discovery ne mesurent pas à quel point ils desservent eux-mêmes leur propos. Car leur message devient exactement l’inverse de celui qu’il ambitionnait d’être : « vous n’avez pas fini de revendiquer et de vous battre, parce que même dans l’utopie trekkienne, plus de mille ans après, il faudra continuer à le faire... »
Somme toute, les luttes sociales sont bien vaines car elles n’aboutiront jamais vraiment. Bravo et merci pour cette belle vaticination, démoralisante et anti-trekkienne au possible.

Dans un univers crédible et respecté par les auteurs, les êtres que l’on ne voit pas comptent autant que ceux que l’on met à l’honneur on screen.
Mais dans le Kurtzverse, c’est l’exact contraire. Et Discovery 03x13 That Hope Is You, Part 2 se révèle affligé du même syndrome que ST 2009 : on extermine sept milliards de Vulcains sans visage, mais on fait la teuf à la fin car une bande de héros prédestinés s’est retrouvée !
Ici, l’héroïne messianique massacre gratuitement un équipage entier, mais on est supposé s’en foutre parce que Su’Kal a "fait son rot" campbellien, parce que Mary-Sue devient enfin capitaine, et parce que le main cast est en vie pour s’agenouiller devant elle.
Offensant et nauséabond.

Cette troisième saison clamait s’affranchir de quarante ans de continuité trekkienne (après l’avoir abondamment charcutée durant ses deux premières saisons au 23ème siècle), et le déménagement avec armes et bagages au 32ème siècle était donc supposer constituer une forme de reboot implicite. Mais une saison pompeusement annoncée comme celle de la liberté créative ne pourra qu’être plus sévèrement jugée. En voici l’épure conceptuelle :
- L’USS Discovery a débarqué à une ère post-TCW sans que les auteurs n’en aient compris les implications. Détourner le sens originel du Temporal Accord de ST ENT en posant que le voyage temporel a été interdit pour offrir un "terrain de jeu" sur mesure à la saison 3 de DIS revient à frapper d’immaturité et d’irréalisme la Fédération du 32ème siècle. Car la possibilité même du voyage temporel et à fortiori l’existence d’une guerre temporelle est une boîte de Pandore qu’il est impossible de refermer à l’échelle de l’univers. Chose que Brannon Braga avait si bien comprise. Chose qu’Alex Kurtzman est incapable de comprendre.
- Outre d’innombrables innovations technologiques, scientifiques, transhumaniste aux abonnés absents en presque mille ans post-loi de Moore (hormis un tout-holographie risible révélant la profonde carence imaginaire des showrunners), c’est surtout conceptuellement que les sociétés du 32ème siècle auraient dû être radicalement différentes... à l’instar de l’humanité suite à sa rencontre avec les heptapodes dans Arrival de Denis Villeneuve (2016)… mais dans une version à la puissance dix. Seuls des auteurs brillants, maîtrisant véritablement les fondamentaux de la SF et les implications paradigmatiques à l’échelle de l’existence d’une guerre temporelle auraient pu se permettre de situer une série ST dans la période post-TCW. Secret Hideout aurait dû avoir la lucidité de rester "à son niveau" en situant l’action avant la TCW, par exemple au 26ème ou au 27ème siècle.
- L’ensemble de la relation des technologies FTL au dilithium a été retconé pour la circonstance, lui conférant rétroactivement le statut central d’Épice gériatrique de Dune, et au prix d’un complet reniement les cohortes de technologies FTL alternatives et dilithium-free mises en scène par ST TNG et ST VOY ("soliton wave", conduits de "transwarp", wormholes artificiels, quantum slipstream drive, "spatial trajector", "displacement wave", "Tash’s catapult", portails iconiens...), tandis que celles du lointain futur (à partir du 29ème siècle) dévoilé par ST VOY et ST ENT permettaient de se déplacer instantanément dans l’espace et/ou dans le temps.
- Quels que soient les exploits des protagonistes et l’origine du Burn, faire résoudre cette énigme en quelques épisodes par des personnages accusant presque un millénaire de retard alors que les ressortissants du 32ème siècle (qu’il s’agisse de l’UFP, de Ni’Var, et même de la Chaîne d’émeraude) en auront été incapables durant 120 ans, cela revient à transformer toutes les sociétés de ce futur en ST Idiocracy… sauvés par Godefroy de Montmirail et Jacquouille la Fripouille de ST Visiteurs.
- L’amant de Mary-Sue, le kwejian Cleveland Booker a en fait emprunté ce patronyme à son défunt mentor (son vrai nom étant Tareckx). Ses capacités empathiques (avec le monde animal) lui permettent d’émuler l’ADN des tardigrades géants (une espèce éteinte au 32ème siècle) et ainsi de remplacer Paul Stamets à la navigation du spore drive selon le scientifique Aurellio de la Chaîne d’émeraude. Sauf que le script confond l’empathie (établir une forme directe de communication/projection/partage/compréhension avec une autre forme de vie) et la métamorphie (reproduire l’ADN d’une espèce disparue à un niveau moléculaire). De surcroît, il est abusif et capillotracté que Book réussisse du premier coup (sans la moindre expérience) à parfaitement maîtriser le spore drive et circuler dans le réseau mycélien sur des dizaines de milliers d’années-lumière... alors qu’il avait fallu des années à Stamets et feu son collègue Straal pour comprendre et s’appropier – en mode trial and error – ce concept entièrement nouveau de navigation (cf. DIS 01x03 Context Is For Kings).
- Dans son monologue final, Michael Burnham se targue d’avoir brisé la Chaîne d’Emeraude par le seul meurtre d’Osyraa. Absurde ! Car si cette organisation est bien l’héritière du Syndicat d’Orion, donc un cartel ou un mafia, lorsqu’on coupe une tête, il en repousse aussitôt une autre voire plusieurs (du fait des vastes intérêts économiques en jeu). Et s’il s’agit d’une nation (avec son gouvernement, ses ministres, et son congrès) comme l’a prétendu (avec une certaine inconséquence) DIS 03x12 There Is A Tide…, alors la disparition d’Osyraa au mieux n’aura aucun impact, au pire sera un casus belli. Pas de quoi se réjouir. Mais évidemment, nous sommes dans le Burnhamverse...
- Au bout du compte, l’arc conclusif en trois épisodes se révèle une accumulation consternante de forcing plus invraisemblables les uns que les autres pour promouvoir Mary-Sue par tous les moyens possibles et offrir à Saint-Michel la consécration si prisée des fans-productions : poser son divin postérieur sur le trône mythique ! À tel point que l’univers entier, ses peuples, ses personnages, ses tragédies, ses milliards de morts, et ses MacGuffins à répétition ne sont que les accessoires de scène du One Burnham Show. Pas besoin d’être grand clerc pour deviner que dans la saison 4, la fonction de Number One reviendra mécaniquement à la meilleure copine : Sylvia Tilly. L’overdose d’obscénités est à son comble. Et après, il faudrait prendre cette mascarade au sérieux ?!
- Quelle est donc la "morale" de l’histoire délivrée doctement dans le speech final de Mary-Sue ? Eh bien l’importance du besoin de connexion des humanoïdes ! Profond. Le spore-drive matérialise cette possibilité de re-jonction entre tous les "mondes perdus" de la Fédération... sauf bien sûr chaque fois que ça arrange le script et sa pseudo-dramaturgie de faire aussi bien sans réseau mycélien. Une bien belle façon de prendre son élan... juste pour enfoncer (comme d’habitude) des portes ouvertes... tout en assurant en passant la promotion des GAFAM, ou plus particulièrement des réseaux sociaux comme Facebook, Twitter, et Instagram. On est parti si loin dans le futur... pour un complet surplace.
- Toute cette troisième saison prétend donc conférer au spore drive une valeur providentielle... car aussi improbable que cela soit, après son effacement des archives de Starfleet au 23ème siècle, nul n’a jamais redécouvert cette technologie en un millénaire d’Histoire et une galaxie d’interactions. C’est ainsi que le spore drive de l’USS Discovery vient offrir un support vital pour permettre à la Fédération du 32ème siècle de rassembler ses ouailles dispersés et leur livrer du dilithium extrait de la planète du même métal dans la nébuleuse Verubin. Mais les personnages comme les auteurs semblent avoir totalement oublié que l’équipage de l’USS Discovery s’était engagé en 2257 auprès de "May Ahearn" et des Jahsepp dans DIS 02x05 Saints Of Imperfection à ne jamais plus utiliser le spore drive étant donné la nuisance infligée au réseau mycélien et à ses habitants ! Cet engagement a-t-il désormais moins de valeur que le Temporal Accord que la troisième saison de DIS brandit pour interdire toute technologie temporelle ? Alors que cette dernière aurait pourtant permis de remonter 120 ans en arrière pour empêcher le bien inutile Burn de se produire (épargnant ainsi des milliards de vie et la "chute" de l’UFP) ?
- Malgré leur médiocrité homérique, la première saison avait pour elle (Mirror-)Lorca et le serial dans l’univers miroir, tandis que la seconde avait Pike (Anson Mount) et un certain potentiel SF. Mais la troisième saison n’a même pas "ça". Elle s’est en outre employée à ridiculiser et évincer progressivement Saru – le grand perdant de l’affaire – avant de le transformer en baby-sitter de Su’Kal (quelle "promotion" !) et l’expédier sur Kaminar, privant ainsi la franchise de son premier capitaine alien régulier de Starfleet et donc DIS de sa seule "innovation" dans l’acception trekkienne. Ce dumping grossier avait déjà été préfiguré par le sort du Commander Nhan dans DIS 03x05 Die Trying.
- Le Kurtzverse est tel un Ouroboros se mordant la queue dans une déconnexion absolue du Trekverse : DIS a inventé au 23ème siècle les Kelpiens et le réseau mycélien (dont nul n’a jamais entendu parler dans le Trekverse historique même au 24ème siècle) pour finalement que ce soit un enfant kelpien en relation avec un réseau de dilithium modelé sur son "homologue" mycélien qui compromette l’existence de l’UFP du 32ème siècle... et que seuls les héros de la même DIS pourront sauver.
Somme toute, qu’il s’agisse des postulats de départ, du contexte, du développement, de la résolution, et de la péroraison, absolument tout est bancal, bidon, artificiel, ou vain !
Mais malgré l’absence de fondations, d’édifice, de structure, et de sens... la bonne conscience devrait-elle tout de même obliger le spectateur à considérer chaque scène séparément pour s’émouvoir du mélo, des larmes, et des messages subliminaux bienpensants exhibés sans retenue tout au long de la saison ?!
Eh bien non, désolé ! Il manque à Discovery le minimum syndical en amont pour ce type d’entérinement.

Avant de conclure, attardons-nous encore sur la rubrique en bullet points (extensible à l’infini) de la "trinité kurtzmanienne" des WTF, des nawaks, et des bullshits constituant l’ossature même de l’épisode :
- À la fin de DIS 03x11 Su’Kal, il aura fallu que ce soit Adira qui songe à s’embarquer clandestinement sur le cargo de Book dans le seul but d’apporter à l’équipe au sol des médicaments contre les radiations alors que cela relevait dès l’origine de la compétence du Dr Culber qui savait parfaitement où le détachement allait. Et voilà qu’il s’avère qu’Adira a pris l’initiative de dissimuler dans sa bouche les "pilules miraculeuses" qui offriront un délai de survie supplémentaire à Saru et Culber ! À supposer que cette initiative eût bien pour objectif d’échapper à l’interfaçage holographique (transformant l’apparence de tous les visiteurs et masquant leur effets, en l’occurrence la valise médicale dont disposait le Dr Culber), la question est alors : comment Adira pouvait-elle savoir que le holodeck aurait fait disparaître cette médication si elle l’avait conservée à l’extérieur de son corps ? Rien de tel ne fut pourtant évoqué par radio lorsque Cleveland est venu secourir Michael. En amont, comment Tal pouvait-elle savoir que Culber avait été privé par le même holodeck de ses ressources médicales ? Pour expliquer cela, toute "géniale" et humaine qu’elle soit, il faudrait qu’Adira dispose d’aptitudes télépathiques à longue distance…
- Dans le même style, lorsque Adira débarque sur le KSF Khi’ethn, comment peut-il se faire que Saru lui demande d’emblée si Osyraa est partie ?! Alors que le Kelpien ne pouvait être au courant de l’apparition improbable du Viridian au voisinage de la nébuleuse Verubin dans DIS 03x11 Su’Kal ni du fait qu’Osyraa s’était aussitôt emparée de l’USS Discovery… puisque aucune communication directe n’était possible entre le vaisseau et l’intérieur de la nébuleuse et puisqu’il n’y eut aucun échange avec Book lorsque celui-ci est venu chercher Burnham.
- Le holoprogramme éducatif de Su’Kal met en scène un gormogander (espèce sentient appartenant à la famille taxonomique des cosmozoan, #283732 dans la classification xénobiologique de l’UFP) et le présente comme détenant le record de la plus longue présence sur la liste des espèces menacées de l’UFP ! Cette sorte de baleine spatiale avait été introduite pour la première fois dans DIS 01x07 Magic To Make The Sanest Man Go Mad, et elle matérialise elle-aussi le "SAV" strictement autocentré du Kurtztrek envers lui-même, consistant à placer à toutes les époques de la chronologie (i.e. dans Picard 01x07 Nepenthe et Lower Decks 01x01 Second Contact) les "fabrications" de la première saison de DIS afin de les légitimer par n’importe quel moyen. Un exercice particulièrement forcé dans la mesure où la connaissance dès la 23ème siècle par l’UFP d’une espèce sentient gigantesque vivant à même l’espace contredisait directement les découvertes du 24ème siècle (e.g. ST TNG 03x20 Tin Man et ST TNG 04x16 Galaxy’s Child). Et maintenant, l’existence d’espèces menacées dans le timeframe utopique de l’UFP vient largement invalider les réactions de l’équipage de Kirk dans le cultissime ST IV The Voyage Home.
- Même si ce n’est jamais explicitement précisé on screen, il faut supposer que c’est à l’activation permanente de boucliers par Osyraa que Starfleet doit de ne pouvoir téléporter directement à bord de l’USS Discovery – pourtant dans la gueule même de leurs Headquarters – des troupes d’assaut pour reprendre possession du si précieux vaisseau et libérer les otages (ou les en téléporter). Il est malgré tout très curieux que dans aucune ligne de dialogue, l’amiral Vance et son personnel ne témoigne d’une quelconque volonté de forcer les boucliers, surtout lorsqu’on sait qu’il s’agit tout de même d’un vaisseau de Starfleet avec de probables backdoors connus de la Fédération (qui plus est vieux de presque mille ans quoique refité et dont l’OS natif a été écrasé par celui de la Chaine d’émeraude). Pis, le QG de Fedefleet n’a aucune difficulté à suivre en temps réel tout ce qui se passe à bord de l’USS Discovery (par exemple lorsque la lieutenante Teemo constate qu’il n’y a plus de support de vie aux ponts inférieurs) et Osyraa s’en et s’y turbo-téléporte avec la plus grande aisance. Il y a vraiment de quoi être incrédule devant cette légèreté tactique qui jure considérablement à la fois envers le contexte supposé si pointu de Starfleet et envers la gravité des enjeux (le spore drive qui pourrait tomber entre les mains de l’ennemi de l’UFP). Cela sent donc le prétexte factice (ou le passage scripté de mauvais jeu de rôle) pour délayer le suspens et faire résoudre par Mary-Sue durant un épisode entier ce qui aurait pu l’être par la Fédération en cinq minutes.
- Burnham aura beau s’étonner, faire mine de refuser et jouer la carte de la fausse modestie lorsque l’amiral Vance lui propose de la promouvoir capitaine de l’USS Discovery, il est assez symptomatique qu’elle n’ait pas attendu cette consécration finale pour qualifier l’équipage de l’USS Discovery de « my crew » (notamment lorsque Osyraa menaçait Book de verrou neural pour tenter de faire plier Michael à ses volontés).
- Depuis le turbolift-aéronef où Burnham et Book combattent les régulateurs de l’Emerald Chain dans un rip-off chorégraphique de Spock-Quinto vs. Khan-Cumberbatch sur les bennes à ordures volantes de ST Into Darkness, Michael saute sans la moindre hésitation dans le "Coruscant intérieur" de l’USS Discovery pour s’accrocher aisément à d’autres transits de turbolifts. En toute logique, sauf à prêter des super-pouvoirs à Burnham, il faut en déduire que la force de gravité dans cet environnement "intra-spatial" est bien inférieure à celle de la Terre. Mais peu après, de colère que sa chatte (la "queen" Grudge)) ait été menacée de mort, Cleveland prend le dessus sur Zareh et l’expulse de "l’ascenseur". Comment se fait-il alors que la même chute pour le bad guy soit automatiquement synonyme de mort ? Lui s’écrabouille dans les abysses sans fond du vaisseau tandis que l’héroïne s’était gentiment posée au niveau inférieur – les mêmes causes ne produisant jamais les mêmes effets dans Disco.
- Au regard des us criminelles exhibées en toute occasion par la Chaîne d’émeraude et ses stormtroopers (asservissement, massacres des dissidents et des faibles, meurtres arbitraires, mépris général pour la vie et le libre arbitre…), la série atteint l’apothéose de l’ubuesque durant le petit discours melliflu qu’Aurellio adresse à Osyraa pour vanter son bon cœur afin de la dissuader de torturer Book, assorti de la réponse cynique de cette dernière où elle détrompe cet indécrottable naïf en lui balançant sans ménagement qu’elle ne l’a pas sauvé par générosité mais uniquement par utilitarisme… tout en tenant son visage et sa gorge à la merci de ses ongles crochus de sorcière à la peau verdâtre (se retenant pour ne pas le massacrer par simple gourmandise). Après cela, comment est-il encore possible de prendre au sérieux Aurellio, présenté comme le plus grand "génie" de l’Emerald Chain ? By the way, alors que l’influence de l’UFP est supposée s’être réduite comme une peau de chagrin, cette scène nous inflige une démonstration d’impérialisme linguistique anthropocentré puisque Osyraa superpose tout naturellement l’organe vasculaire (le cœur orion disposerait de six valves et le sang coulerait dans les deux sens) et les sentiments empathiques… alors qu’il s’agit pourtant là d’une idiosyncrasie allégorique seulement caractéristique de plusieurs langues humaines tels l’anglais et le français (cf. ST ENT 01x13 Dear Doctor).
- Faire d’une fréquence sonore spécifique (les cris émis par Su’Kal) le "trigger" ou le "générateur" d’une résonance dans le cœur de la planète de dilithium qui irait jusqu’à se répercuter en FTL (faster than light) à travers le subespace pour atteindre tous les autres échantillons de dilithium de la galaxie (que ceux-ci soient dans l’espace normal ou dans le subespace durant leur emploi par des vaisseaux à distorsion)... cela confirme bien un révisionnisme paradigmatique envers la nature même du dilithium. Alors que celui-ci était dans le Star Trek historique un cristal ayant des propriétés régulatrices en énergie et permettant d’optimiser le rendement des réacteurs matière-antimatière, il est devenu dans DIS par lui-même une voie d’accès entre l’espace et le subespace, hors de toute considération énergétique, c’est-à-dire comme en fantasy telles les "portes magiques" permettant d’entrer dans des mondes enchantés. Une tendance anti-SF tristement récurrente chez Kurtzman avec des épisodes comme DIS 02x05 Saints Of Imperfection et DIS 03x09 Terra Firma, Part 1
- Le Dr Culber avance que Su’Kal serait un polyploïde pour expliquer qu’il ait été affecté durant sa gestation intra-utérine par l’environnement du KSF Khi’eth, avec pour effet une capacité de survie aux rayonnements de la nébuleuse et la capacité à provoquer un Burn via la planète de dilithium. Mais la polyploïdie n’est qu’une démultiplication du lot nominal de chromosomes, elle n’est viable que dans le règne végétal, quasiment jamais dans le règne animal. Et de toute façon, si cette mutation peut favoriser la spéciation, elle n’engendre en revanche aucune interaction accrue avec l’écosystème et encore moins avec le règne minéral, pas plus qu’une résilience supérieure ni des super-pouvoirs. En outre, imputer à une polyploïdie l’impact de Su’Kal sur un gisement de dilithium revient à établir une confusion douteuse entre le biologique et le physique comme au début le première saison de DIS lors de la tentative de définition du spore drive. Une fois de plus, dès lors qu’il est question de sciences, les showrunners de Secret Hideout manipulent des mots et des concepts auxquels ils ne comprennent visiblement rien…
- Ce triptyque de fin de la saison tente d’établir un pesant parallèle symbolique entre la paternité que s’est soudain trouvée Stamets pour Adira et celle de Saru pour Su’Kal. Ce ressort thématique souffre non seulement d’une trivialité soapesque (rabaissant toujours davantage la vocation SF du show) mais il respire également l’artificialité. Parce qu’il ne suffit pas de nouer quelques échanges amicaux autour des deuils de l’existence pour s’ériger officiellement en père officiel d’Adira comme le fera pourtant sans complexe Stamets dans DIS 03x12 There Is A Tide…, ni d’aider un orphelin sur une planète pour brutalement abandonner sa carrière de capitaine de Starfleet pour se transformer en "nounou" (au point de ne même plus apparaître durant l’épilogue du final) et alors que ledit orphelin a 125 ans d’âge (existe-t-il des centenaires dont les parents sont encore en vie ?).
- Bien des spectateurs semblent s’être émus que ce soit un "couple de Blacks" (Burnham et Booker auquel il serait même possible d’ajouter Owosekun) qui aient "sauvé le jour" dans cette troisième saison. Mais cette prétendue "audace SJW" en faveur des minorités (minorités à la seule aune de la société US) demeure toute relative pour qui se souvient de la conclusion de ST DS9 avec le capitaine Benjamin Sisko (et sa famille recomposée) il y a déjà plus de vingt ans. Ladite pseudo-audace de DIS devient même plutôt contreproductive lorsqu’elle consiste finalement à réaffirmer implicitement le communautarisme typiquement étatsunien millésimé 2020 tout en continuant à proscrire du champ de la visibilité les unions mixtes, alors que de telles considérations auraient dû être largement dépassées au sein de l’utopie roddenberrienne. Il en ressort un parti pris davantage Black Lives Matter-approved, donc "contemporano-centré" (again) que vraiment futuriste et trekkien.
- Les uniformes du Fedefleet du 32ème siècle enfin adoptés par l’équipage de l’USS Discovery auront fait couler beaucoup d’encre. Par-delà les appréciations subjectives, il est surtout légitime sur le terrain internaliste de se demander pourquoi ils n’ont pas été adoptés auparavant, notamment durant les longues semaines de refit de l’USS Discovery dans DIS 03x06 Scavengers, à se demander si ces costumes ne sont pas juste un accessoires d’apparat monarchique pour emphatiser le sacre de Mary-Sue. Mais le message renvoyé n’en est pas moins ambivalent étant donné que leur design (couleur grise, coutures anguleuses…) distille un puissant connoté soviétisant… ou encore fascisant à la Starship Troopers, en somme exactement comme dans ST Into Darkness (du même auteur)… si ce n’est qu’il s’agissait alors seulement d’uniformes de parade, et non d’uniformes opérationnels.

Conclusion

La quatrième saison est d’ores et déjà annoncée (alors qu’il était évident à la vue de ce final grandiloquent qu’il avait été pensé pour conclure la série).
Mais dans la mesure où Discovery connaît une involution baissière (chaque saison aura été pire que la précédente) à l’inverse des séries ST historiques à l’évolution haussière (hormis ST TOS, elles avaient la réputation d’atteindre leur apex à la troisième saison), il n’y a désormais plus aucun raison d’espérer quoi que ce soit de la suite ni se faire la moindre illusion.
Loin d’avoir la compétence scénaristique d’écrire des épisodes se suffisant à eux-mêmes et proposant un quelconque contenu, la clique de Secret Hideout va forcément sortir de son chapeau de prestidigitateur une nouvelle-menace-de-la-mort-qui-tue, par exemple l’effondrement de tout le subspace de l’univers pour avoir tiré la chasse pendant le trajet d’un vaisseau en distorsion.
Ou alors, ayant entendu les critiques sur la saison 3 (comme auparavant sur les saisons 1 et 2), les showrunners éviteront de réitérer le coup du pet dans le vent à Qo’noS qui provoque un cyclone sur toutes les planètes de classe M de la galaxie... pour refaire plutôt revenir un vrai antagoniste digne de Disco, par exemple le grand, l’immense, l’incontournable... Control !

Après avoir été déçus, manipulés, et trahis tant et tant de fois depuis 2009, libre aux trekkers de continuer à espérer que la prochaine itération sera "moins pire" que les précédentes…
Mais il faut tout même garder à l’esprit que « fool me once, shame on you ; fool me twice, shame on me ». Et le "twice" en question a déjà été enfoncé et distancé depuis longtemps.
Or c’est bien parce que l’espoir refuse de mourir… qu’Alex Kurtzman reste en place et continue de plus belle.
De quoi regretter le temps béni des networks, où la moindre imperfection valait aux séries d’être annulées (au prix de véritables injustices parfois…). Or cette contrainte et ce stress garantissaient néanmoins l’effort et l’excellence, à la façon du meilleur vin qui sort des terres les plus arides.
Mais du fait de son opacité, de sa dilution et de son assurance anti-annulation (digne des subventionnements d’état), l’ère de la SVOD a retiré aux spectateurs – les clients finaux – le modeste pouvoir qu’ils avaient. Parce que la sélection naturelle a été sacrifiée au confort et au blancs-seings, telle une hydroponie. Du coup, de véritables parasites y ont fait leur nid en toute impunité.
Et c’est bien le cas du Kurtzverse. Outre d’être microscopique et replié sur lui-même, il fait l’effet d’être un écornifleur greffé sur le Trekverse, tentant de réécrire son Histoire, ses souvenirs, ses mécanismes, ses causalités, ses idéaux, ses lois... mais finalement ne servant que ses propres intérêts (et de plus, fort mal).

À chaque fois, c’est la même chanson, le même schéma, la même "martingale". Le déroulé de la saison profane à qui mieux mieux les idéaux trekkiens, la cohérence internaliste, la philosophie de la SF, le fond et les dilemmes moraux (ou plutôt leur tragique absence), la vraisemblance (même la plus élémentaire), la suspension consentie d’incrédulité, finalement tout ce qui fait que Star Trek est Star Trek, et même tout ce qui fait que la SF est de la SF.
Mais les showrunners s’imaginent pouvoir rattraper cette injure et ce fiasco par un happy end où le mielleux et la guimauve le disputent à l’orgueil et la fatuité, se déployant telle une garden-party de l’entre-soi où une poignée de privilégiés ivres de vanité s’auto-congratulent, où des super-héros messianiques et prédestinés consacrent une Fédération violée de toutes les façons possibles dans une tournante sans fin : idiocratie sous perfusion, deus ex machina à tous les niveaux, glorification de quelques Élus, paradigme de la fantasy au mépris de celui de la SF, sur-sensiblerie envers les VIP et massacres gratuits des anonymes, incohérences par dizaines voire par centaines dans chaque épisode, irrespect complet de la continuité (envers elle-même comme envers le Trekverse), totale impuissance de worldbuilding, "contemporano-centrisme", pinkwashing anachronique, SJW hollywoodien en lieu et place d’utopie post-token,sciences-pour-rire et TGCM…
Eh bien NON, cent fois NON ! Dix minutes de fin tellement "feel good" qu’elles semblent sortir d’une pub pour lessive, entre le monologue puant de la super-héroïne qui déclame de façon pontifiante le bréviaire trekkien comme à une séance de catéchisme (telle une "boucle temporelle" de la fin de la première saison), les accolades et les câlins généralisés sortant d’un teen soap de The CW, la convocation éhontée des compositions de Jerry Goldsmith pour les films ST TOS/TNG et la musique du générique de la série originale par Alexandre Courage, une citation ronflante et à contremploi de Gene Roddenberry pour couronner le tout… pareille exhibition ad nauseam de "gages d’authenticité" ne rédime strictement rien. Pire, c’est le plus insultant des doigts d’honneur possibles à Star Trek : soit l’aveu d’un profond mépris vis-à-vis des trekkers, soit l’exhibition des autosatisfecit de showrunners convaincus avec leurs séries-kleenex qu’ils marchent désormais dans les pas de Gene et de Rick Berman !
Kurtzman et Paradise croient pouvoir compenser l’absence de logos et d’ethos par une débauche de pathos et de musique violoneuse dégueulando. Ils s’imaginent qu’il suffit de maquiller derrière des gimmicks hautement trekkiens une négation permanente de Star Trek pour réussir à duper les "fidèles". Comme si iceux n’étaient que des pharisiens (ou plutôt des sadducéens) se contentant d’un rituel fétichiste, peu importe que celui-ci ne soit qu’une coquille vide de tout sens. Comme s’il suffisait de brandir les clichés les plus essorés et se draper de name dropping bienpensant pour s’ériger en digne hériter de Gene.
À ce niveau de contrefaçon, Discovery est bien partie pour réussir un jour à dégoûter, non seulement de Star Trek, mais de la SF tout court ! Et en attendant, elle aura réussi à battre les films Kelvin sur leur propre terrain : encore plus irrespectueuse, encore plus manipulatrice, encore plus creuse (désormais un "creux négatif" du genre trou noir), tout en étant bien plus prétentieuse (intellectuellement et "trekkiennement"), bien plus hypocrite (par son placement dans la chronologie de l’Histoire du futur) et bien moins maitrisée (en terme de spectacle et de rythme). Bref, un sous-Kelvin, sa parodie involontaire, dont le spectacle estival décérébré et sa timeline alternative n’ont même plus "l’excuse" d’être assumés.
Et lorsque la structure est à ce point inexistante, elle devient un élément absorbant : dès lors la qualité des effets spéciaux et le fric visible à l’écran deviennent vains (comme le résultat d’une multiplication par zéro) et ils ne sauraient être versés au crédit de l’épisode, pas davantage qu’une démo de showroom ou un clip musical.

Ce #faketrek n’est peut-être pas le vice au bras du crime (cf. Le souper), mais c’est assurément la prétention au bras de la nullité. Et il n’existe pas pire combinaison en création audiovisuelle.
Seule conséquence indirectement positive par effet de relativisme : n’importe quel navet, n’importe quelle série Z devient miraculeusement regardable et supportable après cette "cure" – ou plus exactement cette purge – de Discovery. C’est finalement la seule leçon convaincante "d’inclusion" délivrée par la série, mais bien malgré elle et à ses dépens : soyons donc davantage compréhensifs, indulgents, trekkiens quoi... envers tout ce qui a la chance – oui la chance – de ne pas porter le label "Star Trek" depuis 2017.

Il en résulte un zéro pointé pour le final.
Et puisque le modèle narratif de ces treize épisodes repose uniquement sur son dénouement, la saison souffrira fatalement de la même note.

NOTE DE L’EPISODE

NOTE DE LA SAISON

YR

EPISODE

- Episode : 3.13
- Titre : That Hope Is You, Part 2
- Date de première diffusion : 7/01/2021 (CBS All Access) - 08/01/2021 (Netflix)
- Réalisateur : Olatunde Osunsanmi
- Scénariste : Michelle Paradise

BANDE ANNONCE






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