Utopiales 2021 : Le samedi 30 octobre

Date : 31 / 10 / 2021 à 10h00
Sources :

Unification


Cette deuxième journée aux Utopiales était tout aussi agréable que la première. On trouvait du monde vraiment partout, tout en ne retrouvant pas face à la saturation qui avait fait de l’édition 2019 un moment parfois pénible, tant il était difficile de se déplacer au sein de la foule compacte qui se trouvait en ces lieux.

Les expositions sont donc facilement visibles et malgré le système de réservation, on peut rentrer sans problème dans les salles. D’ailleurs, en ce qui concerne les projections, comme chaque année, ce sont vraiment les sessions de courts métrages qui remplissent complètement la salle. Une spécificité nantaise qui fait chaud au cœur, surtout lorsque l’on apprécie beaucoup ce type de format de films.

Il était aussi possible de voir les très bons Satoshi Kon : l’illusionniste, Phase IV, que j’ai eu l’occasion de chroniquer.

Vous pouvez trouver ci-dessous un avis rapide sur les longs et courts métrages que j’ai visionné et en fin d’article un très beau portfolio d’Emmanuelle Tesseron sur les tables rondes de la journée.

IA

- SITE OFFICIEL

COURT MÉTRAGE SESSION 2

La troisième session de courts métrages était moyenne, même si les films avaient des qualités. Ce qui fait que le gagnant du prix du public pourrait se trouver dedans. En effet, quand des sessions ont beaucoup de films très bons, les votes se divisent, alors que quand une session est plus faible, celui qui sort le plus du lot fait plus l’unanimité.

Les corps électriques de Antoine Janot - France
Les corps biomécaniques ont remplacé les corps biologiques. Ceux qui ne peuvent plus payer la location de leur corps doivent l’abandonner. C’est ce qui menace la joueuse de nuages Emma Beaufort.

Avis : Un court métrage au visuel très travaillé. La thématique est intéressante, bien que le film soit inégal. Le travail sur les décors et les costumes est vraiment très beau.

Human Trash de Aitor Almuedo - Espagne
Un garçon est jeté dans une poubelle du futur. Dans sa recherche effrénée de la sortie, il rencontre un homme mystérieux, qui va le faire douter de l’origine de sa propre existence.

Avis : Un court métrage qui interroge sur l’humanité à travers une rencontre inattendue au cœur d’une poubelle géante.

The Immortal de Carl Firth - Australie
Un homme qui veut vaincre la mort apprend le secret de l’immortalité, mais en vient à regretter sa décision lorsqu’il découvre que finalement, tout meurt – tout sauf lui.

Avis : Un beau court qui montre à quel point l’immortalité n’est pas une chose enviable. Si le personnage n’est pas attachant, il finit pas être touchant dans sa solitude.

It’s Not Safe Outside de Stephan Bookas - Angleterre
L’air étant devenu irrespirable, l’humanité doit s’adapter en vivant dans l’isolement. Carla quitte rarement son appartement. Un jeune couple emménage en face de chez elle. Sa vie est sur le point de changer.

Avis : Un bon court métrage parfois drôle qui montre une femme devenant fascinée par ses voisins et suivant leur vie comme une émission de télévision.

Faces de Ivan Sainz-Pardo - Espagne
Une histoire d’amour au temps de l’obsolescence programmée.

Avis : Une histoire d’amour tragique fonctionnant sur l’apparence et faisant réfléchir sur la réalité de ses sentiments.

La Increible Vacuna del Dr. Dickinson de Alex Rey - Espagne
2024. Le monde continue son combat contre le COVID-19. Le Dr. Dickinson, spécialisé en biologie moléculaire, va changer à jamais le destin de l’humanité.

Avis : Un court métrage amusant parlant d’une solution à la pandémie en court particulièrement bizarre.

THE SPINE OF NIGHT

De Philip Gelatt & Morgan Galen King - États-Unis - 94’

Au terme d’un long périple, une sorcière des marais arrive devant l’entrée d’une grotte en forme de tête de mort, perdue aux confins des hauts plateaux glacés. À l’intérieur de cette grotte pousse une luminescente fleur bleue… mais celle-ci est bien gardée par un guerrier masqué portant l’épée. Pas une goutte de sang ne sera versée, cette nuit, mais plusieurs histoires seront racontées, et tous ces récits sont les maillons d’une grande chaîne des siècles : un cycle immémorial où avarice, trahison, corruption, massacre, folie et sorcellerie maléfique figurent en abondance. La soif de connaissance et le pouvoir que confère cette connaissance, à chaque fois, sont étouffés dans le sang et les flammes…

Avis : The Spine of Night de Philip Gelatt et Morgan Galen King est un excellent dessin animé vraiment surprenant qui n’est pas sans rappeler dans son esprit le film Metal Hurlant des années 80. L’animation est aussi similaire à celle du siècle précédent, ce qui y ajoute un certain charme. On y découvre une étrange sorcière, doublée en version originale par Lucy Lawless, qui à travers son histoire va conter celle de sa planète ponctuée de guerres, de crimes et de massacres. Cette grande violence réserve d’ailleurs l’œuvre à un public de grands adolescents et d’adultes. Le voyage proposé est vraiment intéressant et chronique la vie d’une planète que l’on peut découvrir sur des centaines d’années, ce qui fait beaucoup voyager, et permet de mettre en avant l’humanité avec ses qualités ses défauts.

MINOR PREMISE

De Erik Schultz - États-Unis - 95’

Tentant de surpasser l’héritage de son père, un neuroscientifique solitaire s’empêtre dans sa propre expérience, opposant dix fragments de sa conscience les uns aux autres.

Avis : Minor Premise est un très bon film de science-fiction d’Erik Schultz qui présente un savant expérimentant la nouvelle machine qu’il a créé sur lui-même. Une idée effectivement très mauvaise, surtout quand on sait que ce genre de choses a tendance à mal tourner. En effet, celui-ci va se dédoubler et voir chacune de ses personnalités se succéder les unes aux autres durant toutes les heures. Le film est intéressant et agit comme un thriller, alors que l’on ne sait jamais à qui on a affaire et que le personnage principal dois retrouver sa personnalité entière au risque de disparaître. Le film a une grande cohérence et propose une intéressante visite de la psyché d’un individu. N’hésitez donc pas à le voir si vous avez l’occasion de le regarder.

COURT MÉTRAGE SESSION 3

La troisième session de courts métrages était excellente et particulièrement intéressante avec des œuvres très diversifiées, drôles, émouvantes ou terribles.

(Smiles) Sonrisas de Javier Chavanel - Angleterre
Borja va enfin rencontrer les parents de sa petite amie. C’est un moment délicat, voire gênant. Cependant, il ne peut même pas imaginer ce qu’il est sur le point de découvrir.

Avis : Un court métrage très drôle parlant de la famille. L’idée est vraiment bien trouvée et la réalisation impeccable.

Zealandia de Bruno Du Bois - Nouvelle-Zélande | Belgique
En 2032, Zealandia est le seul pays indemne de virus. Le sac d’une femme intrépide entrant dans le pays pourrait-il être la chute de cet état oppressif ?

Avis : Un court vraiment intéressant sur un état autoritaire, une pandémie et une femme décidée. L’œuvre interroge aussi sur l’éthique et l’humanité.

Survivers de Carlos Gomez-Trigo - Espagne
La sélection naturelle dit que seuls ceux qui s’adaptent survivront. Et si les humains étaient devenus stupides ?

Avis : Un court très drôle et efficace qui est bien réalisé avec un trio de personnages truculents.

Swallow The Universe de Nieto - France
L’épopée d’un jeune enfant perdu dans les jungles de Mandchourie. Sa présence engendre une complète anarchie dans le monde primitif, jusqu’alors parfaitement organisé, des animaux de la faune locale.

Avis : Un court vraiment surprenant avec un splendide travail visuel et une animation magnifique. Le scénario n’est par contre pas entièrement convaincant.

Ghillie de Mike Marriage - Angleterre
Un ghillie écossais vieillissant (chasseur de cerfs) cache un sombre secret à sa femme qui est confinée chez eux et atteinte de démence.

Avis : Un superbe court métrage très dur et touchant qui est fort bien maîtrisé présentant un terrible secret et une superbe histoire d’amour.

System Error de Matthew Veselyv - Australie
George travaille dans un dépanneur miteux, espérant désespérément un ami. Mais George est aussi une unité de service robotique immobile, et ces unités n’ont pas d’amis. Pas encore en tout cas.

Avis : Un court très drôle parlant d’une machine prenant conscience de son existence à l’aide d’un improbable ami humain.

Please Hold de KD Davila - États-Unis
La vie d’un jeune homme est soudainement et inexplicablement perturbée, alors qu’il se retrouve à la merci d’une « justice » automatisée.

Avis : Un formidable court racontant l’histoire horrible d’un jeune homme condamné à la prison et ne savant pas pourquoi. Une très belle réflexion sur une société automatisée à outrance.

TIN CAN

De Seth A. Smith - Canada - 104’

Alors qu’une épidémie de peste ravage le monde, une parasitologue de renom se retrouve emprisonnée dans une chambre d’hibernation. Pour s’en échapper, elle doit commettre l’irréparable.

Avis : Tin Can est un film de Seth A. Smith qui est visuellement intéressant, surtout dans sa deuxième partie. Néanmoins, L’œuvre manque d’un véritable scénariste et surtout possède une deuxième partie assez peu convaincante. En effet, on découvre une femme enfermée dans une sorte de capsule qui va essayer désespérément d’en sortir et de comprendre pourquoi elle s’y trouve. À travers ses souvenirs, on va découvrir une pandémie mondiale particulièrement létale et on va appréhender les raisons de sa séquestration. Toutefois, l’utilisation de flashbacks devient de plus en plus lourd avec même l’emploi d’un de ceux-ci quasiment à la fin, ce qui n’y apporte rien de plus, rendant le final encore plus bancal et étrange. Si vous aimez les œuvres ayant une certaine ambiance et une esthétique visuelle, vous pourrez néanmoins trouver un certain plaisir à son visionnage, surtout si vous passez complètement sur le contenu du scénario.

2067

De Seth Larney - États-Unis | Royaume-Uni | Australie - 114’

À la suite du changement climatique, la végétation a été dévastée et l’oxygène n’est plus présent sur Terre. Ethan Whyte, un ouvrier qui travaille dans un tunnel, entreprend un voyage dans le temps...

Avis : 2067 est un film qui faisait partie de la compétition de long-métrage des Utopiales 2021. On y découvre une planète ravagée où le restant de l’humanité essaye de ne pas s’étouffer avec un taux d’oxygène très bas. Suite à la création d’un tunnel temporel, le fils de son inventeur est envoyé 4 siècles dans le futur pour essayer de trouver une solution pour sauver l’humanité. Le réalisateur Seth Larney vient des effets spéciaux. Aussi, le film est plutôt agréable à voir visuellement et propose une compilation de séquences spectaculaires agrégées les unes après les autres. Néanmoins, c’est par le scénario que le long métrage pêche. En effet, celui-ci a un certain nombre de trous particulièrement invraisemblables. Il n’y a pas grand chose qui fonctionne dedans et dès que l’on s’arrête sur ce que l’on voit et qu’on y réfléchit un peu, on est parfois pris par le rire devant l’invraisemblance de ce que l’on nous propose. Ce qui fait que le film a vrai potentiel nanar et reste plutôt plaisant à découvrir.

GALERIE PHOTOS DES TABLES RONDES

Utopiales 2021 : tables rondes du 30-10-21


Crédit Photos Emmanuelle Tesseron

© Alex Alice


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