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Space Force : Review de la saison 1

Date : 26 / 05 / 2020 à 14h30
Sources :

Unification


M’étant remusclé zygomatiques et abdominaux grâce à Upload, l’excellente série créée par Greg Daniels, je m’attendais à renouveler cet exercice involontaire mais tout à fait bienvenu (et nécessaire) avec Space Force, le nouvel opus du susnommé, développé en collaboration avec Steve Carell.

Mais pas tout à fait… Si l’emballage est formaté comédie : épisodes de 25 minutes, Daniels et Carrell à l’écriture, Carell en tête d’affiche… le fond est néanmoins assez dramatique. Le drame de l’arrogance d’un pays qui se prend depuis trop d’années pour la première puissance mondiale et qui s’enfonce de jour en jour dans ses délires paranoïaques de grandeur. Bien que Trump ne soit jamais nommé, son ombre plane sur les scénarios, et les auteurs prennent un grand plaisir à dénoncer et à se moquer de ses infantilismes. Et c’est entre autres pour cela que cette série est excellente.

Dans la vraie vie, l’United States Space Force (USSF), c’est la nouvelle branche armée des USA. Créée par la Grande Perruque Orange en décembre 2019, elle est issue et dépend de l’Air Force, et sa mission est de protéger (comprendre : militariser) les intérêts des USA et de ses alliés dans l’espace. Quelle source d’inspiration pour les comiques d’Hollywood, et c’est un vrai bonheur que Daniels et Carell aient battu leurs petits copains au poteau !

Alors qu’il vient de recevoir sa 4ème étoile, le grade le plus élevé attribué à un général américain, Mark Naird (Steve Carell), ancien pilote de combat, espère prendre la relève de son insupportable chef, Kick Grabaston (Noah Emmerich) à la tête de l’US Air Force. Manque de bol, le secrétaire d’État à la Défense a d’autres projets : Naird va initier et diriger la toute nouvelle Space Force, dans une ancienne base du NORAD dans le Colorado. ‘Des bottes sur la lune en 2024 !’ clame et réclame Ze President.

Générique.

Un an plus tard… Mark s’est installé dans le Colorado avec sa fille de 16 ans, Erin (Diana Silvers) qui l’a suivi à contrecœur. Des circonstances qui permettent aux auteurs de noyer Mark dans des situations familiales délicates : jamais assez de temps pour s’occuper de sa fille trop souvent livrée à elle-même, cerise sur le gâteau, ses parents, toujours à DC, qui sombrent dans la démence sénile…

Côté USSF, Mark a pour adjoint un scientifique civil écolo, Adrian Mallory (John Malkovich) qui vomit les militaires et le prend pour une brute ignorante et insensible ; pour aide de camp le général (1 étoile) Brad Gregory (Don Lake), un gentil bougre qui n’a pas inventé l’eau tiède ; comme pilote de son hélicoptère personnel, Angela Ali (Tawny Newsome) qui rêve d’être la première femme - black, de surcroit - à poser le pied sur la lune ; et comme chef des relations publiques, ‘Fuck’ Tony Scarapiducci (Ben Schwartz), un abruti jovial qui pense que le succès de l’USSF passe d’abord par un bon Community Management. Et en bonus, le second de Mallory, le Dr. Chan Kaifang (Jimmy O. Yang), le seul membre de l’équipe qui a - à peu près - les pieds sur terre.

Tout est posé pour mettre en scène des situations épiques, dont la plupart seraient hilarantes si elles n’étaient pas si criantes de vérité. Pas de tarte à la crème, pas de pipi, caca, prout et compagnie, ouf ! Les auteurs de Space Force ne prennent pas leur public pour une bande d’ignares sodaddicts et doritophages et, au delà des situations invraisemblables qu’ils utilisent comme prétexte pour nous divertir, ils nous proposent une deuxième lecture intelligente et sensible des personnages et de leurs problématiques.

Comme d’habitude, la série a bénéficié de la machine de guerre Netflix, ce qui lui confère une ‘production value’ de haut niveau. Un gros travail a été fait sur les décors et les effets spéciaux ; les personnages sont attachants, même les plus cons (et il y en a un paquet !) ; les scénarios et la mise en scène sont efficaces ; les dialogues souvent excellents, en tout cas dans la VO. Parce que si celui qui va écrire la VF est le même que celui qui a pondu les sous-titres, on est mal barré !

Malgré tous ces bons points, je ne mettrai pas la note maximum à cette série pour plusieurs raisons : de multiples erreurs de continuité dans les raccords (la monteuse en moi s’offusque !), peut-être dues au fait que les épisodes ont été un peu filmés à l’arrache pour pouvoir livrer le plus rapidement possible ; Malkovich qui fait trop souvent dans la caricature, je l’ai connu plus subtil ; quelques situations invraisemblables qui auraient pu être mieux amenées. Mais tout ça, c’est du détail, finalement…

Une série qui se binge sans efforts. Vivement la saison 2 !


EPISODE

- Episode : 1.01 à 1.10
- Titre  : The Launch, Save Epsilon 6 !, Mark & Mallory Go to Washington, Lunar Habitat, Space Flag, The Spy, Edison Jaymes, Conjugal Visit, It’s Good to Be Back on the Moon, Proportionate Response.
- Date de première diffusion : 29 mai 2020 (Netflix)
- Réalisateurs : Paul King, Tom Marshall, Daina Reid.
- Scénaristes : Steve Carell, Greg Daniels, Shepard Boucher, Lauren Houseman, Brent Forrester, Aasia Bullock, Connor Hines, Yael Green, Maxwell Theodore Vivian.

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