[Spectacle] Mon grand petit frère : La critique

Date : 24 / 10 / 2021 à 09h15
Sources :

Unification


Mon grand petit frère est une extraordinaire pièce de théâtre reposant sur un texte autobiographique.

Cela fait des décennies que l’artiste, chanteur et auteur Miguel Ange Sarmiento porte en lui ce drame intime qui a changé sa vie. Il va donc faire vivre aux spectateurs, par le biais de ses yeux d’enfant, l’événement tragique qui est arrivé à son frère aîné, à l’époque.

Le texte est absolument magnifique. Il est parfaitement ciselé et chaque mot, chaque respiration et chaque silence sont à leur place. C’est avec une très grande subtilité et une certaine pudeur qu’est narré l’accident. On découvre ainsi progressivement ce qu’il s’est passé, et on voit l’impact que cela a eu sur un petit garçon déjà différent qui a ainsi encore plus de mal à se trouver une place dans sa propre famille.

L’interprétation est époustouflante. L’immersion est non seulement intense, mais les hauts et bas émotionnels que l’on ressent laissent parfois en apnée. C’est une pièce que l’on vit réellement grâce au talent de l’artiste et à celui de ses mots qui sont parfois comme des coups de poignard.

Miguel Ange Sarmiento a toutefois trouvé un équilibre incroyable entre la candeur de l’enfant qu’il était, des passages parfois drôles et enjoués et une horreur insidieuse qui glace progressivement jusqu’à un final particulièrement poignant.

Évidemment, la pièce n’est pas une comédie, mais elle possède une telle puissance, qu’il s’agit d’une véritable expérience que l’on n’a pas souvent l’habitude de vivre et de ressentir lorsque l’on va voir des spectacles vivants. Cette intimité et cette intensité incroyable en font un grand moment qui reste très longtemps en mémoire et donne franchement l’impression d’avoir assisté à quelque chose sortant de l’ordinaire.

La mise en scène de Rémi Cotta est très bonne. Avec quelques éléments, de la musique, la belle création lumières de Jacques Boüault, et des déplacements soigneusement réfléchis, c’est toute une famille qui prend vie devant nos yeux, ainsi que les lieux dans lesquels ils vivent et se déplacent.

Ainsi, porté par les mots et l’énergie du comédien, c’est une autre époque, des personnages et des décors entiers qui se dessinent devant nos yeux. C’est aussi le drame qui le touche que l’on voit se jouer devant nous, bien qu’uniquement raconté, et son impact terrible sur tous ceux qui ont été impacté.

Mon grand petit frère est une pièce formidable et singulière qui s’éloigne de ce que l’on a l’habitude de voir pour faire une proposition incroyable et immersive. Miguel Ange Sarmiento livre une pièce d’une immense beauté et d’une grande profondeur rappelant que l’art du spectacle, c’est avant tout de faire vivre et ressentir. Et que c’est vraiment dans une salle de spectacle que l’on peut avoir de telles émotions. C’est donc bouleversé que l’on ressort, mais aussi apaisé par l’interprétation d’un très grand comédien qui partage avec son public un drame intime qui l’habite toujours, mais qu’il a pu surmonter.

Ne passez donc pas à côté de ce véritable bijou qui est aussi un très bon moyen de faire son propre deuil et d’apprendre à aller de l’avant. Soyez en tout cas assuré que vous vivrez littéralement cette pièce et qu’elle restera longtemps dans votre esprit.

Magistral et brillant.

INFORMATION

La pièce se joue tous le Mercredi 27 / Jeudi 28 / Vendredi 29 / Samedi 30 octobre à 19h00 et les Mercredi 8 Décembre / Jeudi 9 / Vendredi 10 / Samedi 11 novembre à 19h00 au Théâtre de l’Archipel (17 Boulevard de Strasbourg 75010 Paris) jusqu’à fin décembre 2021.

- RÉSERVATION : 01 73 54 79 79
- RÉSERVATION
- SITE OFFICIEL

SYNOPSIS

« Parler de ses peines, c’est déjà se consoler ». Albert Camus

« Toute ma vie, j’ai tenté de ne pas me noyer dans le chagrin de mes parents. Jusqu’à ce Noël 2019 où j’ai trouvé le courage de leur demander de me raconter le 9 mars 1971. Leur 9 mars 1971.
Chacun son tour, puis ensemble, ils m’ont livré le récit qu’ils gardaient enfoui en eux depuis ce jour, de peur de raviver leurs plaies mutuelles. Cinquante ans d’une mort-vie commune devant mes yeux embués d’enfant, d’adolescent puis d’adulte, sans jamais évoquer les mots échangés ce jour-là au bord du bassin. Cinquante ans à douter de la thèse de l’accident. Cinquante ans de silence et aujourd’hui, enfin, le temps des questions et de la reconstruction ».

Dans ce texte intime, Miguel-Ange Sarmiento fait le récit de la tragédie d’une famille survivante à travers les yeux d’un enfant. A deux ans, lorsque l’on n’a pas les mots pour comprendre ni pour exprimer ce que l’on ressent face à l’indicible, comment grandit-on ? Entre paroles et silences, Miguel-Ange rassemble les briques d’un chaos et prend voix. Une écriture sensible sur notre résilience face au chagrin.

DISTRIBUTION

  • Texte et interprétation : Miguel-Ange Sarmiento
  • Mise en scène : Rémi Cotta
  • Création lumières : Jacques Boüault
  • Durée : 60 minutes
  • Public : tout public
TARIFS

  • Plein tarif : 23 euros
  • Tarif réduit (chômage, moins de 26 ans)  : 18 euros
  • Tarif sénior (+ de 60 ans) : 18 euros
COMMUNIQUḖ DE PRESSE

BIOGRAPHIE MIGUEL-ANGE SARMIENTO

« Tu seras artiste, mon fils. Ou tu ne seras pas. »
Ces mots extraits de « Mon Petit Grand Frère » annoncent l’incontournable destin du petit Michel Sarmiento de Rians qui très tôt s’est mis à chanter pour couvrir les pleurs de sa mère et les silences de son père.

Il trouve son salut dans la carrière professionnelle de chanteur-comédien qu’il entreprend à Paris il y a plus de trente ans.

C’est le micro à la main qu’il ne cessera de prendre la parole pour se faire entendre dans les entrelacs de la chanson populaire, salvatrice pour lui.

C’est dans le spectacle vivant que Miguel-Ange Sarmiento renaîtra pour entendre battre son pouls au rythme des paroles de David Noir, Matéi Visniec, Alain Didier-Weill…

Enfin, en radio, il recueille les mots de vies fragiles et abimées dans l’émission qu’il anime « On n’oublie rien, on s’habitue ». Cette écoute sensible et empathique est un prélude à son propre travail d’écriture qu’il livre aujourd’hui.

Ainsi, avec des mots tout droit surgis de son enfance, il se fait auteur cathartique pour libérer enfin les fantômes de son passé.

BIOGRAPHIE REMI COTTA

« Je connais bien Miguel-Ange, depuis presque 20 ans que nous partageons les planches. L’ami, le comédien, mais aussi sa famille et son histoire. Le mettre en scène sur son texte est la plus belle aventure qui peut nous arriver. Derrière ce texte qui retrace son enfance, c’est l’adulte d’aujourd’hui qui s’exprime, porté par ses fantômes et ses idoles, mû d’une furieuse envie d’en découdre avec le destin. C’est l’homme conscient que nous montrons sans superflu. »

Plasticien, comédien, chanteur et metteur en scène, Rémi Cotta collabore souvent avec Miguel-Ange Sarmiento au sein de M-A.S. Productions.

Il signe plusieurs mises en scène : "La Petite Boutique du Bonheur", "Théo, Prince des Pierres"… Il met en scène Miguel-Ange dans "Tres" sur les scènes parisiennes ainsi qu’au Festival d’Avignon et à l’étranger.

De 2010 à 2018, il produit et réalise avec Miguel-Ange "Le Carolina Show", le "Happy Show de Carolina", "Carolina, Naissance d’une étoile" à Paris et en province.

Dernièrement, c’est dans une version bilingue franco-espagnole de « Comment j’ai dressé un escargot sur tes seins » de Matéi Visniec (Théâtre de la Contrescarpe, Paris) que Rémi Cotta dirige Miguel-Ange seul en scène.

Leur collaboration autour de « Mon Petit Grand Frère » semble une évidence tant leur relation professionnelle est teintée d’une douce fraternité.

GALERIE PHOTOS

Mon grand petit frère



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