La Créature de Kyŏngsŏng : La critique des 7 premiers épisodes de la série Netflix

Date : 23 / 12 / 2023 à 13h00
Sources :

Unification


LA CRÉATURE DE KYŎNGSŎNG

- Date de diffusion : 22/12/2023
- Diffusion : Netflix
- Épisodes : 1.01 à 1.07
- Réalisateur : Jeong Dong-yun
- Scénariste : Eun-kyung Kang
- Interprètes : Park Seo-joon, Claudia Kim, Wi Ha-joon, Han So-hee, Kim Hae-sook, Jo Han-chul, Ji Woo

LA CRITIQUE (SANS SPOILER)

Il fait toujours plus sombre avant l’aube.

Sur fond d’occupation de la Corée par le Japon colonial, à la toute fin de la Seconde Guerre Mondiale, cette série a beaucoup de choses pour plaire.

D’abord, son histoire.

Jang Tae Sang, le Maître de la Maison des Trésors à Kyŏngsŏng (une sorte de prêteur sur gages) a tout de Gatsby le Magnifique. Il règne sur la ville comme un nabab richissime d’argent, de pouvoirs et d’informations.
Il est alors capturé et torturé par le chef japonais de la police, qui lui confie la mission de retrouver sa maîtresse disparue, sous peine de tout perdre.

Pris au piège, il se lance dans une quête qui le mènera à rencontrer la jeune et téméraire Yoon Chae Ok et son père, deux détectives qui recherchent aussi quelqu’un. Leur enquête à travers la ville et dans la région, les mène tout droit à l’hôpital d’Ongseong, derrière lequel se cache bien des expériences au centre desquelles une créature monstrueuse.

Les monstres, dans les créations coréennes modernes, sont légion. Ils représentent l’inhumanité japonaise vue par une nation qui restera toujours très marquée par les périodes d’occupation (plus qu’en France, qui a su largement passer sur cet épisode). Il faut dire que la barbarie des forces de répression était tout à fait semblable à celle des pires moments de la période nazie.

Cette série reprend donc habilement cette image du monstre, pour la ramener à son époque d’origine. C’est la grande force de la série d’ailleurs.

Les décors extérieurs sont magnifiques (même si on peut douter que les villes coréennes ressemblaient autant à un Chicago oriental), ce qui contraste terriblement avec la grisaille et la saleté des caves des complexes pseudo-scientifiques.
Oui, c’est encore la science qui sert d’alibi aux choses qui se déroulent, et, là aussi, les responsables japonais déclarent leurs intentions de "rattraper leur retard" sur les avancées allemandes en la connaissance du corps humain (voir les atrocités du Dr. Mengele). Même si l’on ne connaît pas bien l’histoire coréenne, tous les ponts sont donc possibles avec ce que nous connaissons du IIIème Reich.

Le malaise des crimes perpétrés par la force d’occupation est en fait encore plus prenante que la chasse au monstre, qui se déroule dans un dédale de couloirs à la manière du jeu vidéo Resident Evil. Autre référence évidente, le film Alien de Ridley Scott, dont on emprunte les astuces pour ne pas révéler la créature entirère trop tôt.

En plus de ces éléments horrifiques, il faut savoir que les tortures et traitements affligés dans la série ont été largement documentés par les historiens orientaux, et cela est largement plus dérangeant qu’une énième créature (pas si bien faite que cela, numériquement parlant, d’ailleurs).

On retrouve les personnages typiques du genre : le brun ténébreux bien sur lui, la jeune femme qui ne se laisse pas faire, le presque clochard... et une horde de personnages clownesques, courant avec les jambes arquées et à l’humour décalé, qui ont au moins l’intérêt de faire redescendre la tension et de servir de dîner pour le monstre.

Avec le recul, et pour résumer, ces 7 premiers épisodes de la série La Créature de Kyŏngsŏng, utilisent les bonnes vieilles ficelles du K-drama d’action, mais en transportant le tout dans une époque extrêmement intéressante, apportant une vue à plusieurs niveaux de l’histoire.

La fin du 7ème épisode, annonce pourtant une évolution quelque peu inattendue, qui pourrait encore améliorer cette série déjà bonne.

Pour le savoir, il faudra attendre le 5 janvier 2024, avec les 3 derniers épisodes.

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