Willow : Critique des deux premiers épisodes

Date : 02 / 12 / 2022 à 14h30
Sources :

Unification


WILLOW

- Date de diffusion : 01/12/2022
- Plateforme de diffusion : Disney +
- Épisodes : 1.01 à 1.02
- Réalisateur : Stephen Woolfenden
- Scénaristes : Jonathan Kazan, Bob Dolman
- Interprètes : Warwick Davis, Erin Kellyman, Ruby Cruz, Ellie Bamber, Tony Revolori, Amer Chadah-Patel, Joanne Whalley

LA CRITIQUE

Si vous avez grandi dans les années 80, vous avez tous rêvé de voir des suites à des films qui ont fini par devenir culte malgré l’appréciation critique professionnelles parfois très négatives. C’est le cas de la trilogie Retour vers le futur, Les Goonies, Gremlins ou encore Qui veut la peau de Roger Rabbit ?. Ces films qui ont bercé l’enfance et l’adolescence de beaucoup d’entre nous reposaient sur un casting parfait, des protagonistes qui vivaient des choses extraordinaires et une capacité rarement égalée à enrichir notre imaginaire grâce à des effets spéciaux réussis ou novateurs.

De toutes les licences bien-aimées du public, Willow était peut-être celle dont l’univers de fantasy laissait envisager le plus logiquement une suite, mais le genre auquel il appartient n’a jamais été courronné d’un grand succès au box office, mis à part pour la trilogie de Peter Jackson. Ainsi, le succès de Willow s’est fait essentiellement en VHS et à l’international ce qui explique pourquoi une suite n’a jamais été mise en chantier. Paradoxalement, alors que le service de streaming Disney+ est accusé, à juste titre, de participer au fossoiement du cinéma en salle, c’est pourtant lui qui aura permis l’existence de cette série Willow et de donner vie à un fantasme évident qu’on aurait jamais pu voir se concrétiser.

Nous avons vu à quel point la dernière trilogie Star Wars a eu du mal à trouver le bon angle pour proposer des nouvelles histoires, tout en arrivant à répondre à certaines attentes des fans : le résultat mi-figue mi-raisin fût dans un premier considéré comme trop respectueux de l’original (l’épisode 7), trop irrespectueux (l’épisode 8), puis enfin affreusement consensuel (l’épisode 9). À la vue de ces deux premiers épisodes, Lawrence Kasdan (fils de Lawrence, le scénariste de L’Empire contre-attaque et Les aventuriers de l’Arche Perdu) l’un des deux showrunners, a choisi la même approche que JJ Abrams avec le Réveil de la Force, à savoir mettre en place la caractérisation et les liens des personnages interprétés par la nouvelle génération d’acteurs, enrichir le Lore de nouveaux éléments, et enfin donner suffisamment de gages nostalgiques pour rassurer le public avec par exemple le retour de Joanne Whalley dans le rôle de Sorsha et l’usage de tout un vocabulaire chatoyant et attendu (Daïkini, Nelwyn et même Peck...).

On peut dire que ces deux premiers épisodes arrivent globalement à remplir le contrat, et nous nous régalons même à l’avance à l’idée de lire le procès pour wokisme qui sera fait à Disney. Outre le fait que l’acteur principal est atteint de nanisme, la série coche effectivement toutes les cases de la bien-pensance avec la présence d’acteurs d’origine indienne, africaine et une romance lesbienne. Est ce un réel problème ? Non, car leur présence ne discrédite en rien l’intrigue et la crédibilité de l’histoire et c’est bien le plus important. Ainsi, Erin Kellyman est beaucoup plus crédible en guerrière enamourée qu’en antagoniste principale de la série Falcon et le Soldat de l’hiver. Dans le rôle d’un prince peu sûr de lui Tony Revolori est aussi hilarant que touchant continue de se faire un nom après ses participations dans les derniers films Spiderman, la série The Servant ou encore The Grand Budapest Hotel. Dans le rôle de la fille de Sorsha, Ruby Cruz, que nous avons découverts dans l’incroyable série Mare of Eastown parvient à rendre son agaçant personnage attachant. Indéniablement, la découverte de ces deux premiers épisodes est Amer Chadah-Patel dont la trogne, le physique massif et la gouaille promettent beaucoup de grands moments à venir !

Bien entendu, celui dont avait hâte de découvrir la performance est Warwick Davis dans le rôle-titre. Alors que son adorable lettre à Georges Lucas quand il avait 13 ans lui avait permis d’obtenir le rôle de Wicket, un Ewok dans Le retour du Jedi puis L’Aventure des Ewoks - La caravane du courage et La Bataile d’Andor, c’est bien entendu Willow qui lui a offert une renommée mondiale. Dans sa longue et inégale filmographie, c’est d’ailleurs la série Life’s Too Short de Ricky Gervais et Stephen Merchant où sa propre vie était mise en scène de manière désopilante qui permet de comprendre quelle direction a été prise dans sa réincarnation de Willow. En effet, malgré la réputation qu’il a gagné pour avoir contribué à sauver le monde de l’ignoble Bavmorda et le fait qu’il soit bien devenu le Grand Aldwin qu’il aspirait être, sa petite taille est toujours la source d’un certain scepticisme voir d’un mépris de la part des Nelwyns (personnes de taille normale). Il faut dire que pour l’instant, il n’a rien montré de ses grands pouvoirs et qu’en plus le caractère bougon qu’on lui connaît est toujours aussi présent. D’où la présence de dialogues truculents, de moment de comédie, bref des situations fidèles au film original qui situent la série à l’opposé totale des deux mastodontes sortis cette année qu’ont été l’époustouflante House of Dragon et Les (décevants) Anneaux de pouvoirs. C’est évidemment une très bonne chose puisque tout ce qui caractérise ces deux séries n’est pas vraiment que nous attendons pour Willow.

Là où elle est toutefois sur un pied d’égalité, c’est au niveau de la direction artistique qui est extrêmement satisfaisante avec notamment des effets spéciaux impeccables (rappelons que Willow a été un film précurseur avec la première utilisation dans l’histoire du cinéma du morfing), des paysages naturels sublimes et des monstres effrayants à souhait. À noter, la bande-son efficace de James Newton Howard qui reprend avec brio le thème principal culte et l’univers musical créé par James Horner.

Si la filiation de la série avec le film est indéniable il faut voir maintenant comment les éléments qui sont mis en place vont être utilisés pour nous donner envie de découvrir la suite. Lorsque La Communauté de l’anneau était sorti, beaucoup de ceux n’ayant pas lu les livres de Tolkien disaient alors préférer Willow pour sa simplicité et le fun immédiat qu’il procure. On ne peut donc pas reprocher à la série d’avoir une intrigue pour l’instant cousue de fil blanc et de chercher à reproduire l’ambiance parfois légère qu’avait le film malgré des enjeux apocalyptiques.

Finalement, on sent que la série en a énormément sous le coude (mais qu’est devenu Madmartigan ? ) et il reste juste à espérer qu’elle ne ronronne pas trop en diluant plus qu’il n’en faut son intrigue. Si dans les épisodes à venir, elle arrive à rester captivante et qu’elle nous offre les séquences grandioses attendues dans toute bonne œuvre de fantasy qui se respecte, la série Willow a le potentiel pour satisfaire tous ceux qui portent le film très haut dans leur cœur et pourquoi pas conquérir un nouveau public.

SYNOPSIS

L’action se déroule plusieurs années après les événements relatés dans le film. Au royaume enchanté des fées et du dragon à deux têtes Eborsisk, de nouveaux personnages feront leur apparition, mais on retrouvera également Willow Ufgood, le nain amateur de magie.

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