Star Trek Picard : Critique 2.07 Monsters

Date : 18 / 04 / 2022 à 16h30
Sources :

Unification


STAR TREK PICARD

- Date de diffusion : 15/04/2022
- Plateforme de diffusion : Prime Video
- Épisode : 2.07 Monsters
- Réalisateur : Joe Menendez
- Scénaristes : Jane Maggs
- Interprètes : Patrick Stewart, Alison Pill, Isa Briones, Evan Evagora, Michelle Hurd, Santiago Cabrera, Jeri Ryan

LA CRITIQUE FM

Voilà voilà… À la vision de cet épisode et en réfléchissant bien, j’ai enfin compris la stratégie de la Kurtzman Trek Corporation. Ma théorie, c’est la Wandavisionisation de Star Trek. L’idée géniale de la première série Marvel Studios de Disney+, c’était d’ancrer les épisodes dans différentes générations de sitcoms américaines (I Love Lucy, Ma sorcière bien aimée, Modern Family…) pour amener le téléspectateur à comprendre la folie dans laquelle Wanda s’était enfermée.

Je n’irais pas jusqu’à dire que Star Trek Picard s’inscrit dans la même ambition, loin de là. Mais, semaine après semaine, les épisodes font irrémédiablement penser à d’autres séries. Il y a 7 jours, j’avais qualifié l’épisode de Dynasty Picard. Il est difficile de ne pas voir que, cette semaine, nous ne regardons toujours pas un Star Trek. Entre les monstres des oubliettes du château Picard et Jean Luc sur le canapé d’un psy, on est dans un croisement entre la série Once Upon a Time d’ABC et En analyse d’HBO. Et mon petit doigt me dit, à la vision du cliffhanger, qu’on aura une version de Los Angeles Police Judiciaire (Law and Order) la semaine prochaine.

Cela étant dit, j’ai eu un grand plaisir à retrouver James Callis, l’inoubliable Docteur Gaius Baltar du Battlestar Galactica de Ron Moore. Les dialogues entre le « psy » de Starfleet et un Jean Luc passablement énervé sont assez savoureux.

Le soupir de la semaine : en admettant que certains d’entre vous n’avaient pas encore la certitude que Tallinn avait un rapport avec Laris, je ne comprends toujours pas à quoi ça sert de faire une scène de révélation à la fin de l’épisode alors qu’il a été montré clairement que Tallinn avait un dispositif aux oreilles pointues pour pénétrer dans l’esprit de Picard.

La moue dubitative de la semaine : j’étais assez enclin à clasher Rios et la téléportation de sa nouvelle dulcinée et son fils à bord de la Sirena. Tatie Raffi avait pourtant prévenu des risques sur la timeline de trop en révéler. Mais Rios, qui a du franchement sécher beaucoup de cours à Starfleet Academy, n’en a cure.

Et puis, je me suis remémoré les événements du film Star Trek 4 Retour sur Terre. Cela ne gênait en rien Kirk de mettre au courant le docteur Gillian Taylor, la spécialiste des baleines, qu’elle soit téléporté à bord de l’oiseau de proie Klingon et de la ramener au 23ème siècle. Bref, Star Trek et le respect de la timeline, c’est quand on veut et quelles que soient les explications qu’on puisse y apporter à posteriori. A ce stade de la série, rien ne peut prédire les conséquences de ce qu’a fait Rios. La seule différence que je vois entre les 2 situations, c’est qu’il y a un réel intérêt à avoir une spécialiste des baleines pour s’occuper d’une espèce éteinte. Alors que les problèmes de libido de Rios, on s’en bas légèrement les coucougnettes.

Encore une fois, globalement, j’ai trouvé l’épisode fort agréable à regarder. La note ci-dessous est donc pour Once upon a Picard sur le canapé du Psy. Pour la note Star Trek, merci de continuer à vous reporter à la note d’Yves.

LA CRITIQUE YR

Si vous ne souhaitez pas vous plonger dans une analyse exhaustive du contenu (forcément riche en spoilers), veuillez cliquer ici pour accéder directement à la conclusion.

Après la rencontre avec le Watcher alias la supervisor Tallinn, puis le recadrage causal de Renée Picard, l’exploration techno-assistée du subconscient de Jean-Luc s’avère finalement le troisième MacGuffin jetable de cette seconde saison sérialisée de géocaching picaresque...

Comme annoncé à la fin de Picard 02x06 Two Of One, depuis le dispensaire Las Mariposas de Los Angeles, Tallinn utilise sa technologie alien pour pénétrer dans le cerveau apparemment comateux mais hyperactif de l’amiral. Et là, il faut s’accrocher, car plus de la moitié de l’épisode inflige aux spectateurs l’hybridation improbable d’une psychanalyse freudienne mal comprise et mal digérée… avec un jeu vidéo médiéval-fantastique jonché de donjons et de boss (d’où le titre de l’épisode i.e. "Monsters").
Dans sa forme âgée, Picard est In Treatment sur le divan d’un psychanalyste de Starfleet officiant dans l’espace… et interprété non par Gabriel Byrne… mais par James Callis (célèbre dans le rôle du Dr. Gaius Baltar dans Battlestar Galactica 2003).
Dans sa forme adolescente, Jean-Luc explore les catacombes insondables du Château Picard de la Hammer à la recherche de sa mère capturée par des monstres au look de démons mâtinés de zombies. Mais l’arrivée de "l’ange gardienne" Tallinn contribuera à éclairer tant bien que mal ce delirium mental
Après des péripéties d’épouvante aussi factices qu’un train fantôme de foire, il apparaît que jamais Yvette ne fut kidnappée par des aliens (ni par des entités surnaturelles). Elle souffrait en fait d’une forme de trouble bipolaire cyclothymique (quoique non médicalement qualifié dans l’épisode, on y parlera seulement de « cycles of terrible darkness and irrational exhilaration »). Mais refusant de se faire soigner, elle était périodiquement enfermée dans les caves du château pour sa propre sécurité par le père de Jean-Luc, Maurice, qui se révèle être le psy interprété par James Callis. Ce dernier était jusque-là considéré comme cruel par son fils (qui ne l’avait pas reconnu sur le divan), mais grâce à ces visions de fantasy, Jean-Luc comprend qu’il avait bien méjugé son père, tandis que Tallinn lui explique que toute cette souffrance durant l’enfance lui aura permis de sauver des mondes en tant qu’adulte !
Alléluia pour l’homélie. Picard peut donc sortir vertueusement de son coma pédagogique, et il reprend – frais comme un gardon – sa mission temporelle salvatrice...

Derrière quelques fugaces moments sur le divan de Callis qui auraient pu conduire (dans une autre réalité) vers d’authentiques inspirations trekkiennes à la manière de Brannon Braga et/ou Joe Menosky (comme e.g. dans les chefs d’œuvre ST TNG 06x21 Frame Of Mind et ST VOY 05x19 The Fight), le n’importe nawak kurtzmanien atteint ici son apogée…
Picard 02x07 Monsters consiste ni plus ni moins en un remake du pathétique Discovery 03x11 Su’Kal… à ceci près que le Dungeons & Dragons holographique du "gamin" centenaire kelpian ayant provoqué le Burn au 31ème siècle… est désormais l’esprit dérangé de Jean-Luc Picard himself !!!
Il faudrait donc avaler que "l’homo StarTrekus" en personne, celui qui incarnait l’apogée des lumières de l’UFP, était en réalité un malade mental, hanté par des visions tératologique sorties de son enfance, et n’ayant jamais été fichu de faire la part des choses en devenant adulte et officier de Starfleet. Et donc, malgré la rationalité quasi-Vulcaine qui l’a toujours caractérisée, jamais Jean-Luc ne serait parvenu à comprendre par lui-même que sa mère souffrait de graves troubles bipolaires et que son père n’avait jamais été un bourreau ?! Sérieux ?!
Par transitivité, tous les systèmes de sélection hyper-élitistes de la Starfleet Academy du 24ème siècle auraient été totalement incapables de détecter – même en creux – de pareilles failles et fragilités. Mais pour en être resté à ce point enfermé dans un stade mental profondément infantile – incapable de dépasser le stade des monstres cachés sous le lit, de la peur d’être séparé de sa mère, de la culpabilisation et du rejet du père –, il eut fallu que Jean-Luc soit au minimum un enfant martyr, victime de sévices traumatiques et incurables… donc totalement inapte à intégrer Starfleet Academy et à commander des vaisseaux spatiaux en mesure d’anéantir toute forme de vie à la surface des planètes. (Bon, il y a quand même un pattern dans la série vu que ce même uniforme a été distribué à une caractérielle instable comme Raffi…)
En outre, contextuellement, les showrunners réussissent "l’exploit" de faire passer le début du 24ème siècle trekkien pour l’Angleterre du 19ème siècle de Charles Dickens, des sœurs Brontë, ou de Karl Marx… avec une médecine persécutrice et cristallisant toute la cruauté d’une société de classes !!! Alors qu’à l’inverse, les troubles bipolaires faisaient partie des maladies mentales depuis longtemps guéries par l’utopie trekkienne (hors manipulation génétique) comme avaient pu en témoigner par exemple ST DS9 06x09 Statistical Probabilities... et même implicitement ST TOS 01x10 Dagger Of The Mind et ST TOS 03x16 Whom Gods Destroy

Il va sans dire que pour développer un pareil ressort (et forcément dans une version très amenuisée pour un minimum de vraisemblance) à un âge aussi avancé de la vie de Picard, le minimum syndical de l’intradiégétique postulait son évocation préalable au moins une fois durant les sept saisons, 176 épisodes et quatre films de ST TNG. Mais il n’y a jamais eu même la moindre allusion à des rancœurs d’enfance irrésolues, à une mère victime, à un père salaud... Ce fut même le contraire en creux.
Dès lors, l’impact émotionnel d’une révélation à propos quelques chose qui n’existait pas on screen frise le zéro absolu. Mais c’est encore en in-universe que le préjudice est le plus rédhibitoire. Car après une exploration aussi exhaustive et larger than life du personnage sous toutes ses facettes (publiques et privées) durant tant d’années et d’opus, oser sortir du chapeau un trauma aussi handicapant et définissant (qui aurait logiquement dû conditionner et altérer tout son destin) est encore plus inacceptable et bidon que la sœur cachée de Spock dans Discovery.
Enfin, ce pensum se croit peut-être respectueux du fan-service en glissant dans les donjons purgatoires de Jean-Luc des échos discrets de son assimilation dans ST TNG 03x26+04x01 The Best Of Both Worlds (via la formule « I am Locutus of Borg ») et son expérience transcendante dans ST TNG 06x15 Tapestry (par la réplique « I rather die as captain of the Enterprise than live as an unambitious junior officer »). Mais comme Picard 02x07 Monsters n’a aucun sens de la mesure, la prépondérance étouffante du trauma d’enfance de Jean-Luc le discrédite par une aussi indécente mise en comparaison avec le viol intégral et indicible qu’il a subi durant son assimilation, et dont avait témoigné si viscéralement ST TNG 04x02 Family. Outre d’invalider de facto l’alibi d’un subconscient commodément verrouillé jusqu’à l’âge de 96 ans, cette tentative de surenchère sur l’innommable (ou sur l’exceptionnel) par le prosaïque (ou le médiocre) porte bien la marque de toute l’obscénité du #FakeTrek kurtzmanien.
Au fait, où se trouve le frère aîné Robert dans cette séance de psychanalyse grand-guignolesque de bazar ? Parce que lui en revanche occupait une place tangible et centrale dans le passé de Jean-Luc, mais il a été escamoté dans la fiction révisionniste de l’épisode. Et n’importe quel psy du monde réel pourra confirmer qu’un trauma d’enfance ne se négocie jamais en faisant abstraction des adelphes. Difficile dans ces conditions ne pas avoir une fois de plus la persistante impression que les personnages de Picard ne proviennent pas du tout de la même timeline (ni même peut-être du même univers) que ST TNG...

Nous retrouvons donc ici face à l’un des pires syndromes de Secret Hideout, à savoir la prétention d’un coucou décomplexé à se rendre indispensable en tentant de s’incruster par parasitisme dans la chaîne causale pour expliquer ce qui n’avait nul besoin de l’être. Mais ce faisant, bien pire qu’une mouche du coche ne servant à rien, l’exercice de sabotage brise un parfait équilibre et démolit un édifice historique aussi solide que cohérent en introduisant de profondes incohérences en cascade, notamment les idiocratisations systémiques des structures et d’authentiques dépouillements de caractérisations. Exactement comme Discovery 02x14 Such Sweet Sorrow Part 2 qui avait eu le culot d’imputer l’amitié légendaire de Spock & Kirk dans ST TOS à une promesse que Mary-Sue Burnham aurait arraché à son "frère" à la faveur de son départ, Picard 02x07 Monsters tente d’imputer un trauma d’enfance lamentable et immature la carrière mythique de Picard. Tout en transformant par la même occasion Jean-Luc en psychotique et Starfleet en idiocratie paroxystique (comme si les masses critiques d’imbécilités dans les épisodes précédents ne suffisaient déjà pas). Et tout comme Discovery avait escamoté le frère Sybok, la seconde saison de Picard escamote le frère Robert. Voilà bel et bien un réflexe de coucou qui pousse toute la fratrie hors du nid... ou un stratégie de changeling qui se substitue aux originaux sans que nul ne le remarque.
Après la séance de coma-thérapie, Picard a même le culot d’invoquer une phrase qu’aurait prononcée sa mère « Il n’y a pas de meilleur professeur que son ennemi » pour tenter d’expliquer l’intervention de Q depuis le début de la saison… qui aurait ainsi cherché à ce que Jean-Luc se connaisse mieux lui-même pour le guérir d’un trauma d’enfance irrésolu. Un possible indice envers la "révélation-de-la-mort-qui-tue" que préparent les trois épisodes suivants, mais qui n’en constitue pas moins une aporie. Les sept saisons de ST TNG avaient non seulement assez prouvé à Jean-Luc que Q n’était pas son ennemi. Et si tant est que ce dernier ait voulu lui révéler quelque chose sur lui-même au crépuscule de sa vie, il aurait fabriqué une simulation à usage privé comme dans le remarquable ST TNG 06x15 Tapestry au lieu de bousiller la timeline alors que ses pouvoirs sont visiblement déclinants et en se tirant ainsi dans le pied (car cette altération aura rétroactivement affecté le Continuum tant icelui avait été impacté par les épisodes ST VOY 02x18 Death Wish, ST VOY 03x11 The Q And The Grey et ST VOY 07x19 Q2).
Mais de toute évidence, le mauvais génie de l’inconséquence est ici moins Q que le "système Kurtzman" qui sacrifie comme à chaque fois le général au particulier, qui plus est au plus trivial, au plus nombriliste, au plus soapesque, et au plus VIP-centré possible. Avec un petit bonus people népotique (par la participation musicale de Sunny Ozell, la jeune épouse de Patrick Stewart...) qui efface toujours davantage la frontière entre internalisme et externalisme...

Toujours est-il que les showrunners ne s’y prendraient pas autrement s’ils cherchaient délibérément à massacrer non seulement l’iconique figure de proue de ST TNG mais également ses institutions utopiques par effet de ricochet.

Les trois autres "pôles" narratifs que balaye négligemment l’épisode (#1 Raffi & Seven à la recherche de Jurati, #2 Rios qui drague Ramirez en l’invitant sur son vaisseau du futur, #3 Picard qui retourne voir Guinan pour tailler une bavette avec Q mais se fait embarquer à la place par le FBI) ne sont hélas pas mieux lotis. Outre les humiliations idiocratiques et les bullshits infamants, ils infligent au Trekverse (ou STU), non plus des retcons en série, mais d’authentiques révisionnismes à la chaîne…
- Ainsi désormais, les El-Aurians forment une espèce omnisciente et omnipotente matchant celle du Continuum... puisqu’une guerre froide les a paraît-il longtemps opposés !!! Fort d’un tel niveau de révisionnisme, il en résulte qu’une bonne partie de ce que ST TNG a mis en scène depuis l’arrivée de Guinan au Ten Forward (en début de seconde saison) ne tient plus la route rétrospectivement ! Et moyennant une explication capillotractée 100% fantasy directement sortie de Harry Potter (une bouteille transdimensionnelle qui aurait capturé le "moment" de la trêve El-Auriane-Continuum because "chaque action vibre et chaque mot a une résonance"), la très Afro-américaine Guinan 2.0 ouvre cet ersatz de lampe d’Aladin pour une séance spirite (ou vaudou) d’invocation ("summoning" en VO) du "génie" Q ! Certes, malgré un spectacle sonore assez saisissant, celui-ci ne se montre pas. On a donc perdu le contact avec le Continuum – et tant pis pour sa propre chronologie internaliste (cf. ST VOY 03x11 The Q And The Grey) – mais il fallait bien alimenter le fil rouge pour le prochain numéro... Preuve que l’équation kurtzmanienne ("le pire est toujours à venir") est toujours vérifiée, cette bouteille de gnôle magique est encore plus TGCM (car encore moins compatible avec la troisième loi d’Arthur C Clarke) que l’outil magique que l’androïde Saga avait donné à Musiker et qui avait permis à Rios de réparer son La Sirena par la seule pensée dans Picard 01x10 Et in Arcadia Ego, Part 2.
- Désormais, tout en purgeant le CSS La Sirena du phagocytage borg infligé par Jurati, puis tout en se lançant à la recherche de cette dernière à travers L.A. (il serait temps...), Raffi et Seven passent leur temps (aussitôt qu’elles sont seules ensemble) à "bitcher" les autres membres d’équipage ! Après Thelma & Louise en mode conscientisé, puis Starsky & Hutch femwashé en mode buddy movie, la seconde saison bascule dans Gossip Girl en mode langue de vipère branchouille... Et en amont, il ne faut même pas s’étonner qu’Agnes n’ait pas cherché à prévenir ses collègues et compagnons de son infestation mentale lorsqu’elle était encore parfaitement maîtresse de ses actes. Au regard de son degré de compétence et de lucidité, c’est l’irresponsabilité au bras de l’orgueil d’un (autre) personnage profondément indigne de l’humanité trekkienne. Mais bien entendu, au sein de cette fausse utopie kurtzmanienne, Jurati bénéficiera de la même impunité qu’au terme de la première saison (après l’assassinat de Brice Maddox sous l’emprise de l’Admonition).
- Désormais, l’assimilation borg n’est plus du tout instantanée : il faut multiplier les poussées d’endorphine durant plusieurs jours pour pouvoir espérer "borguiser" quelqu’un ! Ainsi, Jurati en passe de devenir la nouvelle reine se paie un max de trips orgasmiques ou planants : après le karaoké de luxe du précédent épisode, du vandalisme et un peu d’ultra-violence dans les rades et les bouges (en l’occurrence le Deacon d’après le nom de l’un des personnages principaux de la série 12 Monkeys de Terry Matalas). Un lent "rodage" qui laisse donc une chance à cette humanité "pluri-alternative" de la seconde saison de Picard (malgré toutes les négligences et les gaffes depuis l’arrivée en 2024)... mais une fois de plus, la réalité et les lois de l’univers sont à géométrie variable pour agréer les héroïnes (exactement comme le Burnhamshow dans le Burnhamverse).
- Désormais, l’écart temporel (civilisationnel et évolutionniste) n’a plus aucune espèce d’importance, toutes les époques se valent (mais vu à quoi ressemblait l’UFP kurtzmanienne USA-morphe, ce n’est pas forcément une surprise). Ainsi, il suffira à Rios de commander à La Sirena du matériel médical de pointe pour le recevoir par téléportation en deux secondes chrono. Mais histoire de bien enfoncer le clou de l’incohérence crasse de Picard 02x06 Two Of One (consistant à préférer un dispensaire de 2024 à la technologie médicale de 2501), Cristóbal se gardera bien de se servir du "neural oscillator"... pour le confier obséquieusement à la doctoresse dûment diplômée ! Et alors, la Dr Ramirez du début du 21ème siècle parviendra instantanément à se servir mieux que Rios lui-même une technologie médicale du 25ème siècle !!! Cette déclaration d’amour de la série à la belle doctoresse mérite sans conteste la médaille d’or du WTF intergalactique ! Et le clin d’œil au "cortical stimulator" de ST IV The Voyage Home n’atténuera en rien ce record, quand bien même ce serait un œuf de Pâques tombant à point nommé.
- Désormais, la timeline... bah OSEF ! La série se lâche et s’assume dans ce qu’elle est vraiment : la mise à mort de tout dépassement collectif et le triomphe de tous les opportunismes narcissiques et individualistes. Cristóbal fait donc faire tout naturellement à Teresa (ainsi qu’à son fils Ricardo) la tournée des grands-ducs en téléportation express (intra-terrestre) sur le CSS La Sirena... rien que pour épater la belle et réussir une fois pour toute à l’emballer. "Viens donc faire un tour pour que je te montre mon bel engin... et toi le tien". Avec ça, c’est sûr que le plan cul de Rios est dans la poche. Devant des motivations aussi autocentrées, la timeline n’a qu’à bien se tenir, non mais ! Après tout, cette dernière connaît sa place-fonction : elle est au service des personnages-VIP et rien d’autre. Pour mémoire, ST IV The Voyage Home (avec la Dr. Gillian Taylor) et ST TNG 05x25+06x01 Time’s Arrow (avec Mark Twain) étaient des Pogo paradox (ou paradoxes de prédestination)... ce que ne pourrait être la seconde saison de Picard (puisque la timeline trekkienne y a été effacée). Le film des baleines à bosse est d’ailleurs plus que jamais à l’honneur du fan service lorsque Gillian Taylor demandait ironiquement « You’re from outer space ? » et Kirk lui répondait « No, I’m from Iowa. I only work in outer space. » ; or ici Teresa Ramirez demande non moins ironiquement « Are you from outer space ? », et Cristóbal lui répond « No. I’m from Chile. I just... I work in outer space ». Alors faut-il en déduire que Ramirez suivra elle aussi Rios jusqu’au 25ème siècle à la fin de la seconde saison comme Taylor avait suivi Kirk au 23ème siècle à la fin de ST IV TVH ?
- Désormais, le lieutenant Ducane n’est plus un agent temporel du 29ème siècle (cf. ST VOY 05x25 Relativity)… mais l’agent Wells du FBI de 2024 ! Et ce FBI arrête et embarque Picard et Guinan à la fin de Picard 02x07 Monsters pour utilisation abusive de téléportation dans l’espace public ! On se demande d’ailleurs si le caméo de Jay Karnes est vraiment une référence fan service à l’un des épisodes temporels les plus ambitieux de la franchise historique… ou si Terry Matalas se paie juste une autoréférence publicitaire de plus (en l’occurrence à l’agent Robert Gale dans sa série 12 Monkeys). Visiblement, faire embarquer Rios comme immigré clandestin par la Migra à la fin de Picard 02x03 Assimilation ne suffisait pas au manifeste bienpensant. Tellement à court de postures pour enfoncer des portes ouvertes, tellement en panne de créativité, la seconde saison de Picard n’a d’autre choix que de pratiquer des surenchères sur ses propres impuissances, au point de de s’auto-cannibaliser à rythme régulier (tous les trois épisodes ?)
- Désormais, l’organisation de Gary Seven emploie des Romuliens sur Terre avant même la découverte de la distorsion et des siècles avant la Guerre romulienne !!! Car, signe de rapprochement sentimental, Tallinn dévoile en effet à Picard son intimité, c’est-à-dire ses oreilles pointues derrière une espèce de voile holographique (ou métamorphique tant qu’à faire)... Mais un voile qui curieusement ne peut plus se réactiver pendant huit heures lorsqu’il est désactivé (WTF ?). Lorsque l’omniscience et l’arrogance se moquent bien de la continuité...

Ouf, on est "rassuré" : il y a donc autant de sosies qu’il y a que de liens de famille et de filiation entre tous les personnages. On a beau voyager dans le temps, on rencontre uniquement des "mères de", "pères de", "filles de", "fils de"... et ce quelle que soit l’époque et quel que soit le coin de la galaxie ! Tout comme Renée est la pluri-aïeule de Jean-Luc, et Adam est le pluri-aïeul de Noonian Soong... Tallinn est également la pluri-aïeule de Laris, et l’agent Wells (au patronyme prédisposé ou annonciateur) est possiblement le pluri-aïeul de Ducane...
Euh... il y a trois bons siècles d’écart, voire même peut-être neuf siècles, les générations se comptent par dizaines, mais les membres de la famiglia sont tous au même endroit et ont tous la même gueule ?! Bah, et alors ? C’était pareil dans Les Visiteurs (1993), non ? Malgré les neuf siècles depuis Louis VI le Gros... Godefroy de Montmirail, Frénégonde de Pouille, et Jacquouille la Fripouille ressemblaient à leurs très lointains descendants, respectivement François de Montmirail, Béatrice Goulard, et Jacques-Henri Jacquart. Alors si la trilogie si populaire de Jean-Marie Poiré l’avait ainsi établi, c’est probablement crédible, et le "Star Trek" revu et corrigé par Alex Kurtzman n’aurait aucune raison de ne pas suivre pieusement ce modèle indépassable de la Hard SF.

Conclusion

Du néant en guise de contenu, du teen soap en guise de psychologie, de la superficialité en guise de profondeur, des simplismes et guise de complexité, du WTF systémique en guise de cohérence, de l’inconséquence en guise de continuité, du TGCM en guise de science, de la fantasy en guise de SF, du divertissement en guise d’enrichissement, du marketing en guise de pensée, de l’autosatisfaction en guise de reflexion, du pathos en guise de logos, du VIPisme en guise d’infinitude, du wokisme en guise d’universalisme, de l’individualisme en guise d’idéalisme, de la diversion en guise de dialectique, de l’auto-plagiat en guise d’inspiration, de la nostalgie fan service en guise de worldbuilding, du retcon en guise de téléologie, du révisionnisme en guise d’internalisme... la liste binomiale d’usurpations et de contrefaçons se répète inlassablement et s’allonge inéluctablement, épisode après épisode...

Mais de délitements en effondrements, Picard 02x07 Monsters en est parvenu à un point critique où le #FakeTrek ne se contente pas de violer allégrement, de profaner sans complexe, de dévisser à force de ne jamais tenir debout, d’enfiler les perles et d’aligner les absurdités nonsensiques comme autant de trophées de chasse. Dorénavant, il devient carrément... nuisible au real Star Trek historique, telle une nécrose putréfiante galopante !
Sera-t-il encore possible de revoir ST TNG et ST VOY en faisant mentalement fi des crachats, des souillures, des défécations rétroactives que Picard inflige à leurs personnages, à leur société, à leur univers ? Si d’aventure il fallait accorder un quelconque crédit in-universe à la série Picard (et à la série Discovery)... l’univers Star Trek dans son ensemble ne serait alors plus qu’une (très mauvaise) plaisanterie.

Pour conclure, Picard 02x07 Monsters a l’insigne honneur de décrocher le Flop 1 de cette série (à ce jour). Or considérant le niveau déjà abyssal des autres épisodes (du moins passé l’illusion des ouvertures de saisons), ce nadir donne une petite idée de l’infini...

Sorry guys, mais la jouissance de visionnage et l’hédonisme de l’instant deviennent en la circonstance des arguments de plus en plus faibles...

NOTE ÉPISODE

NOTE STAR TREK

BANDE ANNONCE





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