Y, le dernier homme : Review des trois premiers épisodes

Date : 15 / 09 / 2021 à 14h30
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Unification


Les trois premiers épisodes de Y, le dernier homme sont excellents et offrent une très belle adaptation du comics éponyme de Brian K. Vaughan, et de Pia Guerra.

Le scénario d’Eliza Clark et de Katie Edgerton montre un événement tragique qui affecte tous les mammifères porteurs d’un chromosome Y. En effet, ces derniers, y compris les humains, disparaissent en même temps. Seul un homme, et son singe mâle, survivent et le récit va les suivre de près, ainsi que la nouvelle société qui va se mettre en place.

L’adaptation de la bande dessinée est vraiment bien faite. La trame principale est respectée et de nouveaux personnages sont ajoutés afin de pouvoir remplir les 60 minutes de chacun des épisodes en suivant différents récits personnels. Toutefois, des différences existent, notamment au niveau des personnages. Néanmoins, l’œuvre est restée globalement fidèle et son actualisation permet d’être plus proche de notre société que de celle d’il y a presque 20 ans.

Le premier épisode permet de découvrir les événements ayant mené à cette tragédie. Alors que les suivants se concentrent sur les protagonistes que l’on a découverts, les interactions qui existent entre eux et ce qu’ils vont faire.

La réalisation de Louise Friedberg et de Daisy von Scherler Mayer est vraiment agréable. Elle repose sur de très beaux effets spéciaux permettant de croire à cette catastrophe mondiale et à l’impact immédiat qu’elle a. Si les scènes d’action et de chaos sont particulièrement bien faites, celles se recentrant sur les personnages sont vraiment intéressantes. En effet, au-delà de la catastrophe, c’est bien l’individu qui prime. Et ce sont les trajectoires de vie de nombreux d’entre eux qui brossent la trame intéressante d’une nouvelle humanité.

L’interprétation est très bonne. Ben Schnetzer est impeccable dans son rôle d’homme survivant, magicien en herbe. Ce dernier continue d’espérer retrouver sa fiancée, incarnée par Juliana Canfield, qui a disparu au moment du drame. C’est sa propre famille qui sert de point focal au récit, avec une sœur, très bien jouée par Olivia Thirlby, se retrouvant face à une situation personnelle compliquée et une mère prenant la tête des États-Unis. Elle est impeccablement interprétée par Diane Lane qui donne une grande véracité à son personnage.

Marin Ireland est vraiment intéressante en fille de l’ancien président des États-Unis. Et Amber Tamblyn est touchante en ancienne membre du staff du président. Mais c’est vraiment Ashley Romans qui crève l’écran en tant qu’agent 355, une femme mystérieuse qui ne s’embarrasse pas de moralité et chargée de protéger le dernier homme connu.

L’ambiance de fin du monde est particulièrement bien présente et donne vraiment envie de savoir ce qu’il va se passer et la manière dont l’humanité va pouvoir rebondir après un tel événement. D’autant que le quatrième épisode préfigure l’arrivée du troisième personnage le plus important après Yorick et l’agent 355.

Les trois premiers épisodes de Y le dernier homme sont excellents et lancent impeccablement une nouvelle série apocalyptique d’un nouveau genre. Avec une histoire vraiment prenante, une très belle réalisation, une atmosphère bien rendue et des personnages captivants, on passe un bon moment en compagnie de ce dernier homme et de ces nombreuses femmes essayant de survivre.

Spectaculaire et passionnant.

IA

Quand j’ai appris que Y, le dernier homme, sans aucun doute l’un de mes comics préférés, allait être adapté en série télé, mon niveau d’excitation a été maximal. Il a néanmoins fallu être patient avant de la voir débarquer, notamment lors de la dernière droite de sa mise en chantier, car des différents d’ordre créatif ont amené à un changement des showrunners ce qui a retardé sa diffusion. On ne va pas se mentir, en général lorsqu’un projet télé doit gérer ce genre de problèmes lors de sa production, cela s’en ressent énormément sur le résultat final.

Dernier exemple en date , Jupiter’s Legacy, pourtant l’une des meilleures œuvres écrites par Mark Millar (Kingsman, Kick-Ass), qui a vu son showrunner évincé pour les mêmes raisons avec au final un résultat très moyen qui s’est ressenti à l’écran. Tout comme pour cette dernière, les scénaristes ont décidé d’étoffer l’intrigue du comics, en s’attardant, ici, sur les premiers jours suivant la catastrophique disparition de tous les mâles présents sur Terre, alors que dans le comics, l’action reprenait directement deux mois plus tard. Nourrir la mythologie du récit de cette manière aurait pu s’avérer pertinent, sauf que le rendu donne l’impression d’une tartine sur laquelle on a voulu étaler une quantité de confiture loin d’être suffisante.

Ainsi, un accent prononcé est mis les coulisses de gestion politique de la catastrophe sous forme de longs dialogues voulant rendre les choses le plus crédible possible, alors que le comics posait les enjeux en quelques pages d’une efficacité redoutable. Bavarde au possible, la série s’est permise en plus de retirer en plus tout le fun, et surtout cet humour nourrit d’éléments de la pop culture qui non seulement fonctionnait très bien dans le comics, mais lui donnait également sa propre marque de fabrique.

Bien entendu, un travail d’adaptation amène à des choix en terme d’ambiance, mais personnellement je regrette que la série ait fait de l’oeuvre de Brian K. Vaughan quelque chose d’aussi pesant. Autre problème à mes yeux l’incarnation de Yorick, le protagoniste principal, dont je n’arrive pas à retrouver toutes les qualités et ressources qui faisaient de lui un héros malgré lui si attachant. Ici, Yorick m’a profondément agacé par son incompétence et c’est dommage, car en ce qui concerne le reste du casting principal, notamment sa sœur, sa mère et l’agent 355, je n’ai rien de particulier à reprocher. De même, le singe Esperluette est aussi facétieux que ce qu’on pouvait attendre et constitue sans doute, l’une des rares réussites de la série.

Enfin, si des efforts indéniables ont été faits en terme de réalisation et de photographie, ceux-ci sont loin d’être suffisants pour compenser tout l’ennui profond et la frustration que j’ai pu ressentir devant la série, très loin d’atteindre le niveau qualitatif du comics.

Y, le dernier homme apparaît donc comme une énième histoire apocalyptique, avec la particularité certes d’être particulièrement radicale dans son approche du féminisme et de l’inclusivité, mais d’autres récits (The Handmaid’s Tale) l’ont déjà fait avant elles de manière plus brillante et subtile, du moins pour l’instant. Après un premier épisode encourageant, le récit s’embourbe maladroitement pour nous mener à la fin du troisième épisode où débute alors le grand voyage auquel est destiné notre héros. Tant de choses incroyables et inattendues l’attendent et pour l’instant ce début au combien médiocre ne donnent pas vraiment l’impression qu’elles vont avoir lieu.

Partie comme elle est, la série aura bien du mal à justifier le statut d’œuvre culte et multi-récompensée dont elle est l’adaptation. Ce qui devait être l’un des grands événements de cette rentrée s’avère être un soufflet qui va vite mener à une annulation précoce si elle persiste à enrichir l’intrigue principale de manière aussi maladroite. Pourvu que les scénaristes arrivent à rectifier le tir et nous offre le spectacle que l’on aurait dû avoir !

AN


EPISODE

- Episodes : 1.01 - 1.02 - 1.03
- Titres : The Day Before - Would the World Be Kind - Neil
- Date de première diffusion : 22 septembre 2021 (Disney+)
- Réalisateur : Louise Friedberg - Daisy von Scherler Mayer
- Scénariste : Eliza Clark - Katie Edgerton

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