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The Republic Of Sarah : Review du pilote

Date : 16 / 06 / 2021 à 12h30
Sources :

Unification


Les Américains sont les rois de la série du genre ’sans-genre’. Cette nouvelle série du CW n’est pas un procédural, ni de la SF ou du fantastique, pas un thriller, pas une comédie bref, ce n’est rien, en fait. C’est une série de société, l’histoire de gens qui vivent les choses de la vie - en général d’une banalité affligeante - dans un bled loin de la civilisation - Smalltown U.S.A. Soudain, ils sont confrontés aux abus de ladite civilisation et doivent se sortir des embrouilles dont les scénaristes les accablent d’épisode en épisode. Vous savez de quoi je parle : Gilmore Girls, Dawson’s Creek, Brothers and Sisters... C’est du remplissage - à bas coût - de grille de programmation, c’est là juste pour faire marcher l’industrie, vendre des plages de publicité et gonfler le C.A. des fabricants de crèmes glacées et de popcorn (dont se gavent les Américains devant la télé, et non, ce n’est pas un cliché).

The Republic of Sarah, c’est ça. Ça se passe dans un bled du New Hampshire, Greylock. L’héroïne s’appelle Sarah (Stella Baker), elle est prof d’histoire dans un lycée. Dans sa classe, le jock insupportable s’appelle Hunter, sa jolie copine, Bella et son concurrent réservé mais tellement plus intelligent, Tyler. Les scénaristes US doivent avoir accès à une liste qui s’appelle ’Choisissez votre personnage en fonction de son prénom : nous vous recommandons Hunter pour les abrutis, Sarah pour les héroïnes, Bella pour la mignonne avec un cerveau qui fonctionne et Tyler pour le super copain qui en a dans le pantalon’ . Il y a aussi le sempiternel diner où les protagonistes se retrouvent entre deux scènes pour manger un burger ou boire un café, le maire cupide, la mère alcoolique, le meilleur ami amoureux transi... la seule chose qui manque à l’appel, c’est le golden retriever. Il est peut-être quelque part, mais je ne l’ai pas encore vu. Bref, c’est tellement cliché que c’en est pathétique.

Danny (Luke Mitchell) le frère de Sarah qui avait quitté la ville dans des circonstances dramatiques (on nous le rappelle régulièrement sans nous expliquer ce qui s’est passé, suspense !) revient pour détruire Greylock à coups de pelleteuse : une énorme veine de coltan - un minerai de grande valeur - a été découverte sous la ville et Lydon, la société qui emploie Danny, s’est arrangée avec le maire pour transformer la bourgade en mine à ciel ouvert. Sarah ne voit pas ça d’un bon oeil et cherche un moyen pour tout arrêter. Elle le trouve dans la petite erreur de cartographie qui va bien : Greylock est bâtie sur une île au milieu d’un fleuve qui sépare le Canada des USA. Les frontières des deux pays commençant de chaque côté du fleuve, le milieu du fleuve - donc Greylock - se trouve entre les frontières. Alors pourquoi ne pas faire sécession d’un pays auquel, finalement, la ville n’est pas vraiment rattachée ? L’idée est intrigante et on se doute que ce ne sera pas une mince affaire. Peut-être bien que la série va finir par se trouver un genre : thriller politique ? On imagine - comme le titre l’indique - la jolie Sarah, propulsée à la tête de sa petite république, qui négocierait le prix de l’essence ou de l’électricité avec ses gigantesques voisins, ou qui créerait une nouvelle monnaie rose et bleue parce que c’est plus joli que vert et noir. C’est tellement excitant tout ça !

Les gentils sont sympathiques, les méchants antipathiques. Et puis il y a le méchant dont on soupçonne qu’il va devenir gentil, et peut-être aussi un gentil qui va devenir méchant, mais je ne l’ai pas encore trouvé non plus. Ce sera peut-être une méchante d’ailleurs. Je me demande toujours ce qui se passe dans la tête des créateurs de ce genre de série, un truc du style ’On va faire pareil que tout ce que font les autres et qui ne marche pas trop mal, à part qu’on va juste essayer de trouver un truc qui va faire que ce ne sera pas exactement pareil’. Ils pitchent ça, et bam !, les millions de dollars pleuvent et hop !, on remplit la grille. Quand ce genre de pitch accouche d’un Résident Alien, ça me va bien. Mais là... pfff... comment vous dire ?

En ces temps troublés où les peuples en ont ras-le-bol de leurs gouvernements, The Republic of Sarah est peut-être l’exutoire dont beaucoup ont besoin et pourrait, éventuellement, déclencher un certain engouement, du moins au début. C’est assez divertissant - ça l’est quasiment toujours parce que les Américains sont très forts - mais combien de temps vont-ils réussir à garder tendu le fil de l’intrigue sans replonger la tête la première dans la banalité ? Une saison, allez, deux au max. J’ai l’impression que cette série n’a pas suffisamment de potentiel pour durer. Je regarderai le deuxième épisode par curiosité, comme on essaye une nouvelle marque de pâtes qui vient d’apparaître dans le rayon des pâtes. Ça reste des pâtes... Mais je peux me tromper.


EPISODE

- Episode : 1.01
- Titre : Pilote
- Date de première diffusion : 14 juin 2021 (The CW)
- Réalisatrice : Kat Candler
- Scénariste : Jeffrey Paul King

BANDE ANNONCE - EXTRAITS



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