Utopiales 2021 : Le vendredi 29 octobre

Date : 30 / 10 / 2021 à 10h00
Sources :

Unification


Cette première journée aux Utopiales s’est très bien passée. Le public, après une année de hiatus, s’est trouvé au rendez-vous. La nouvelle gestion des salles de conférence et de projection s’est bien faite. D’autant qu’une grande partie des places était disponible pour les personnes qui étaient présentes dans la journée et qui n’avaient pas réservé leur billet en ligne.

L’ambiance est bien au rendez-vous. De très belles expositions sont à découvrir partout dans les lieux et le bar est rempli d’un grand nombre de personnes qui sont là pour se reposer, pour manger et bien sûr bavarder. Car comme chaque année, il s’agit d’un point stratégique où on peut retrouver des connaissances, échanger avec des inconnus sur ce que l’on a vu et entendu et y croiser de nombreux invités.

Comme chaque année, le festival s’ouvre sur la conférence de son président, Roland Lehoucq, qui est toujours aussi éblouissant. Celui-ci a la capacité rare d’être un scientifique de haut niveau et de réussir à partager ses connaissances avec humour, tout en les rendant compréhensibles à tout le monde.

Cette année, c’est sur Énergie, puissance et science-fiction qu’il s’est penché. Il a donc fait une démonstration magistrale sur la manière dont l’énergie est employée dans les films de science-fiction pour montrer qu’il ne s’agit avant tout que de fiction. D’ailleurs, ses propos font beaucoup réfléchir sur des notions telles que l’exploration spatiale et l’utilisation d’énergie dans un certain nombre de situations. Ce qui, en l’état des choses et avec des ressources de plus en plus diminuées, n’est absolument pas possible.

Si cette conférence met à mal un certain nombre de notre désir de voir notre futur évoluer vers ce que l’on peut découvrir dans certaines œuvres, il n’en reste pas moins qu’avoir une connaissance de ce qui attend l’humanité est intéressante, ne serait-ce que pour essayer de s’y adapter en avance et d’éviter que les perturbations humaines ne rendent notre unique planète inhabitable dans le futur.

Vous pouvez trouver ci-dessous un avis rapide sur les longs et courts métrages que j’ai visionné et en fin d’article un très beau portfolio d’Emmanuelle Tesseron sur les tables rondes de la journée.

IA

- SITE OFFICIEL

COURT MÉTRAGE SESSION 1

C’était une très belle session de court métrages à laquelle on a pu assister avec beaucoup de films intéressants et bien réalisés.

À la mode de Jean Lecointre - France
Dans un royaume tourmenté par des croyances ancestrales, une reine et ses sujets doivent se maintenir à la mode sous peine d’être dévorés par un monstre abominable : le Ridicule.

Avis : Ce court métrage animé est très drôle. Les choix artistiques rendent particulièrement bien. Le scénario utilise avec subtilité des références connues, comme le roi Dagobert, pour les mettre en avant d’une intelligente façon.

Angst de Béla Baptiste - Autriche
Dans notre monde réel effervescent, nous prenons des médicaments pour obtenir la paix. Dans ce monde fictif paisible, nous prenons des drogues pour vivre des troubles, afin de redevenir plus humains.

Avis : Comment avoir la sensation de vivre si on ne ressent plus rien de dérangeant ? C’est avec ce postulat que le court métrage fait une démonstration intéressante. L’œuvre est agréable à regarder et montre bien que l’humain n’est jamais satisfait de ce qu’il a.

Facelift de Virat Pal - États-Unis | Inde
Essie n’est pas satisfaite de ses rides. Elle reçoit un masque mystérieux pour l’aider à retrouver sa beauté et sa jeunesse. Mais il y a des règles strictes à suivre ; sinon cela peut entraîner des conséquences sinistres.

Avis : Ce court-métrage d’horreur donne une sensation de déjà vu. Il est néanmoins bien réalisé et efficace. Certains passages anxiogènes fonctionnent bien et on prend plaisir à découvrir cette réflexion sur la jeunesse et la beauté.

Opera Erick Oh - Corée | États-Unis
Une fantaisie animée contemporaine de fresques murales de la Renaissance.

Avis : Un très beau court métrage animé montrant la vie d’une étrange cité et la manière dont elle évolue. Un film foisonnant d’images qui donne envie de le revoir pour en apprécier toutes ses propositions.

The Following Year de Miguel Campana - Espagne | États-Unis
Le jour de son anniversaire, un veuf reçoit le clone de la femme qu’il a perdue il y a des années dans des circonstances tragiques.

Avis : Une très bon fil de science-fiction qui parle de clonage, mais offre surtout un thriller palpitant et une belle réflexion sur l’amour et la vengeance. Une œuvre vraiment passionnante à découvrir.

Recoding Entropia de François Vautier - France
Au coeur du néant, erre une imposante géométrie : un tétraèdre immense qui, bientôt, va se disloquer pour s’éparpiller et délivrer par son changement de forme un mystérieux message.

Avis : Un beau court métrage expérimental qui fait une proposition visuelle intéressante.

The Hearers de Andy Fortenbacher - États-Unis
Consumée par un mystérieux bourdonnement que peu de gens peuvent entendre, Andrea Abner découvre la vérité sur le sort de son fils et une force maléfique qui menace l’humanité.

Avis : Un film horrifique sur l’action d’un bourdonnement sur certaines personnes. L’œuvre est intéressante, mais frustrante, donnant l’impression de se trouver devant le prologue d’un long métrage qui a de belles potentialités.

BELLE

De Mamoru Hosoda - Japon - 122’

Dans la vie réelle, Suzu est une adolescente complexée, coincée dans sa petite ville de montagne avec son père. Mais dans le monde virtuel de U, Suzu devient Belle, une icône musicale suivie par plus de 5 milliards de followers.
Une double vie difficile pour la timide Suzu, qui va prendre une envolée inattendue lorsque Belle rencontre la Bête, une créature aussi fascinante qu’effrayante. S’engage alors un chassé-croisé virtuel entre Belle et la Bête, au terme duquel Suzu va découvrir qui elle est.

Avis : Belle est un très bon dessin animé de Mamoru Hosoda qui s’inspire de La Belle et la Bête pour faire une critique sociétale acerbe et intelligente. L’œuvre n’est pas sans rappeler le très bon Summer Wars du même réalisateur qui était plus focalisé sur les jeux vidéo. Dans don dernier long métrage, le personnage principal est une jeune fille timide qui va devenir une chanteuse adulée dans un monde virtuel. Mais cette dernière va vouloir se rapprocher, et découvrir l’identité humaine d’une étrange bête qui combat les joueurs et qui semble avoir un passé bien chargé. L’animation est vraiment de toute beauté, les personnages très intéressants et la musique est absolument magnifique. Les chansons que l’on peut découvrir sont d’ailleurs splendides. L’œuvre sort en salle le 29 décembre 2021. N’hésitez donc pas à aller la découvrir si vous ne pouvez pas la voir dans le cadre du festival.

WOMAN IN MOTION

De Todd Thompson - États-Unis

Fin des années 70 : l’actrice de Star Trek Nichelle Nichols accompagne la NASA dans son programme de recrutement dans l’objectif d’embaucher des personnes de couleur et les premières femmes astronautes. Ce documentaire présente l’ascension de Nichelle Nichols vers la gloire et le portrait d’Uhura dans Star Trek, qui a marqué l’un des premiers rôles principaux d’une actrice afro-américaine dans une série télévisée grand public.

Avis : Woman in Motion est un extraordinaire documentaire sur une femme exceptionnelle. On y découvre la vie, la carrière et l’impact incroyable sur la société américaine de la comédienne et artiste Nichelle Nichols. Celle-ci, connue en France pour avoir incarné le lieutenant Uhura dans la série Star Trek originale est bien plus que la première femme afro-américaine à avoir embrassé un homme blanc sur un petit écran.

En effet, née en 1932, la jeune femme a toujours été poussée par son père à faire ce qu’elle voulait en cette période de ségrégation aux USA. Elle a donc décidé de devenir une danseuse de ballet noire, la première, et s’est orientée comme danseuse de comédie musicale et chanteuse. C’est le hasard qui lui a fait rencontrer Gene Roddenberry qui lui a créé un rôle dans la série Star Trek qui a changé le milieu de la télévision et a occasionné la création des immenses conventions dédiées aux séries.

Mais la femme a eu beaucoup plus d’impact que ses propres rôles. Outre le fait que voir une femme noire sur un écran dans un poste de responsabilité a été très inspirante pour les afro-américains et les femmes, elle a été choisie par la NASA pour recruter des astronautes qui seraient plus représentatif de la société américaine, jusque-là étant uniquement composés par des hommes blancs.

Le documentaire est remarquable et montre à la fois la carrière de Nichelle Nichols et l’impact de cette campagne de recrutement impressionnante. Une campagne qui a aussi eu un impact profond dans la société américaine en montrant que des afro-américain et des femmes pouvaient occuper des postes qui jusqu’à présent leur étaient inaccessibles.

Si vous avez l’occasion de le voir, ne passez pas à côté de ce véritable bijou qui montre la vie d’une très grande femme et rappelle qu’avec beaucoup de volonté, et du travail, on peut tout faire.

POUPELLE

De Yusuke Hirota - Japon - 100’

Lubicchi vit seul avec sa mère dans une ville dont le paysage est parsemé de cheminées, à tel point que la fumée qui s’en émane cache constamment le ciel pour ceux qui y vivent. Il occupe un travail quotidien de ramoneur, ce qui lui permet de se rapprocher un peu plus du ciel. Son rêve serait de libérer le ciel de cette fumée constante et faire découvrir les étoiles ainsi que le monde environnant aux habitants de Chimney Town. Son destin va changer le jour où il fait la rencontre d’un être formé de déchets…

Avis : Poupelle est un bon dessin animé japonais de Yusuke Hirota. Il s’agit de l’adaptation d’un conte pour enfants plein d’imagination et de couleurs. Dans une ville où d’immenses cheminées crachent de la fumée noire et où le ciel est invisible, un jeune garçon va devenir ami avec une étrange créature composée de déchets. Ensemble ils vont essayer de voir les étoiles et vont lutter contre le pouvoir en place voulant garder les habitants dans l’ignorance. Le graphisme est bien particulier et l’animation sort de l’ordinaire. Les personnages ont des caractéristiques intéressantes et cette aventure est souvent spectaculaire.

De l’humour et de l’émotion se glissent régulièrement dans les péripéties des deux personnages principaux. Les couleurs sont vives et les rebondissements spectaculaire. Il est donc vraiment plaisant de découvrir où la volonté et l’imagination peuvent entraîner les personnages. L’œuvre sort en salle le 20 avril 2022. Et ne vous laissez pas arrêter par l’âge du protagoniste principal, car les adultes se feront aussi plaisir devant les aventures de Poupelle et de son jeune compagnon humain, surtout lorsque l’on est fan d’animation japonaise.

BEYOND THE INFINITE TWO MINUTES

De Junta Yamaguchi - Japon - 70’

Kato (Kazunori Tosa) se retrouve dans une impasse : vivant au-dessus de son café, il a le sentiment de voir sa vie s’enliser, du moins jusqu’au jour où son ordinateur se met à lui parler.
Cette voix, c’est celle de Kato qui lui parvient deux minutes depuis le futur ! Alors qu’il se retrouve piégé dans une boucle temporelle à courte portée, Kato fait appel à ses amis et à ses collègues pour tenter de comprendre cet étrange phénomène. Ses proches trouveront cependant vite des moyens ingénieux de profiter de cet aperçu de l’avenir.

Avis : Beyond The Infinite Two Minutes est un bon film japonais de science-fiction qui propose une boucle temporelle sortant tout à fait l’ordinaire. En effet, un homme se rend compte qu’entre la télévision du bar dont il le patron et l’ordinateur de sa chambre, une connexion lui permet de voir deux minutes dans le futur. On peut se dire que l’idée va vite tourner en rond, mais l’histoire réserve de nombreux rebondissements, fait beaucoup rire et fait preuve d’énormément d’imagination pour être crédible malgré un budget limité et un espace qui l’est tout autant.

Il faut aussi signaler que le film a été tourné avec de nombreux longs plans-séquences et qu’il est particulièrement agréable à voir visuellement.

THE GREAT YOKAÏ WAR-GUARDIANS

De Takashi Miike - Japon - 118’

Comme beaucoup d’enfants de son âge, Kei apprend à contrôler ses peurs et se querelle
constamment avec son petit frère Dai. Une nuit, une créature étrange vient le visiter, puis un
mystérieux portail s’ouvre dans sa chambre. Il est alors transporté dans le monde magique des
Yokais, les gentils démons japonais ayant chacun une forme inusitée et des traits de caractère
uniques. Ils lui annoncent qu’une terrible guerre menaçant leur univers dévastera le centre-ville de Tokyo sous la forme du colossal Yokaiju.

Avis : C’est avec un film pour enfants, The Great Yokaï War-Guardians, que nous revient le cinéaste Takashi Miike . Celui-ci se penche à nouveau sur les Yokaï qu’il avait mis en scène il y a quelques années. Il raconte, à travers les yeux de deux enfants, la façon dont les Yokaï essayent de se débarrasser d’une menace les concernant qui, de plus, risque de détruire Tokyo et une partie du Japon. Le film a un certain nombre de longueurs, mais propose un bestiaire de Yokaï intéressant. Certains combats sont vraiment très agréables, d’autant que quelques effets spéciaux sont très bien faits. La partie finale part un peu dans du n’importe quoi, mais est divertissante et amuse parfois.

Utopiales 2021 : tables rondes du 29-10-21


Crédit Photos Emmanuelle Tesseron

© Alex Alice


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