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The Banker : La review du film Apple TV+

Date : 24 / 03 / 2020 à 13h45
Sources :

Unification


Mon coup de coeur du moment. Le récit, basé sur des faits réels, est prenant ; les acteurs sont excellents ; le scénario, les dialogues, la réalisation et le montage sans aucune fausse note ; la musique, la photographie, les décors et les costumes de grande qualité. Deux heures de pur plaisir !

Vous trouverez l’essentiel de l’histoire dans le synopsis, alors j’ai décidé de ne pas vous résumer le film mais de souligner les propos qui m’ont le plus touchée.

The Banker, avant toute autre considération, c’est une page fondamentale de l’histoire américaine. Tellement fondamentale, d’ailleurs, que nous n’en avons jamais entendu parler. Mais tout ce qui touche la cause des noirs aux USA n’est pas toujours largement diffusé dans les livres d’histoire...

Nous avons là deux hommes issus de milieux radicalement différents, le Texan Bernard Garrett (Anthony Mackie), un ancien cireur de chaussures, et le Californien Joe Morris (Samuel L. Jackson), né dans une famille aisée et qui s’est fait un petit trou bien confortable dans le monde des affaires de Los Angeles. Alors que le second vit sa petite vie pépère de gérant de night-club en se demandant s’il va plutôt boire du Scotch ou du Bourbon, le premier se pose de vraies questions sur l’avenir des noirs dans le pays : pourquoi ne peuvent-ils pas vivre ailleurs que dans des quartiers noirs ? Pourquoi ne peuvent-ils pas acheter leur propres maisons ? Pourquoi ne peuvent-il pas créer leurs propres entreprises ? Les réponses sont simples : les propriétaires d’immeubles dans les quartiers blancs ne veulent pas leur louer ou leur vendre des biens immobiliers et les banquiers ne veulent pas leur prêter de l’argent. Et pourtant, les noirs (10% de la population dans les années 50) représentent un potentiel économique non négligeable dans ce pays où le libéralisme est presque une religion. Mais la ségrégation est un dogme...

Attendre que les blancs fassent bouger les choses, c’était comme espérer gagner au loto sans y jouer. Pour s’en sortir, il était impératif pour les noirs de prendre les choses en main, à l’instar de Rosa Parks dans son bus à Montgomery en 1956. Le film nous montre de façon neutre et dépassionnée la réalité de la ségrégation raciale aux USA et les terribles conséquences humaines et sociales qu’elle a pu engendrer. Sans agressivité et sans haine, il dénonce l’absurdité du racisme à l’américaine qui ressemble à s’y méprendre au sexisme que les femme subissent, hélas, toujours aujourd’hui. Ils y font d’ailleurs une référence très intelligente dans un dialogue entre Bernard et sa femme Eunice (Nia Long) : lorsque Bernard refuse de porter une tenue d’homme de ménage pour tenter d’éviter un désastre financier, Eunice lui rétorque qu’elle l’a bien fait elle, et pour les mêmes raisons. Bernard lui dit que c’est normal car c’est une femme. Eunice lui met le nez dans sa bouse : en disant cela il ne vaut pas mieux qu’un blanc qui dénigre un noir ! Eunice, si forte, si aimante, Eunice qui jusqu’au bout ne lâchera pas et soutiendra son mari contre vents et marées.

L’espoir dans ce film est représenté par Matt Steiner (Nicholas Hoult), l’homme de paille embauché par Bernard et Joe pour négocier avec leurs interlocuteurs blancs. Matt ne voit en ses employeurs que des hommes qui l’impressionnent et qu’il admire, des hommes qui ont beaucoup à lui apprendre et dont il voudrait suivre les pas. Il se fiche bien qu’ils soient noirs. ’Ils sont bien plus intelligents que moi’ dit-il à sa femme qui lui affirme que c’est impossible. Elle n’a pas besoin d’expliquer le fond de sa pensée : Matt est outré ! ’Ce sont mes amis !’ réplique t-il sèchement. Tout est dit. Il permettra leur réussite et les mènera à leur perte, mais uniquement par manque d’expérience et de maturité car son cœur restera toujours du bon côté. Et c’est parce que son cas n’était heureusement pas isolé que la situation des noirs a pu évoluer aux USA.

Une ascension impressionnante suivie d’une chute fulgurante... Mais si le film s’arrête là, ce n’est pas la fin de l’histoire de Bernard et de Joe : il y a ces gentils petits cartons, juste avant le générique, qui nous rassurent sur le sort de nos deux héros. Quant à l’Histoire - avec un grand H -, Bernard et Joe l’ont bouleversée en ouvrant les yeux de l’establishment américain qui finira par voter les bonnes lois.


SYNOPSIS

Bernard Garrett est brillant : il a l’esprit d’un mathématicien et une passion pour l’argent. Il quitte son Texas natal pour Los Angeles où il rencontre Joe Morris, un patron de night-club et homme d’affaires redoutable. Bernard lui propose de s’associer avec lui pour se lancer dans l’immobilier. Son objectif : acheter le maximum d’immeubles de rapport dans des quartiers exclusivement blancs et louer des appartements à des noirs, permettant ainsi d’instaurer une plus grande mixité dans la ville. Mais être noir dans l’Amérique des années 50, ce n’est pas une bonne carte de visite et ils vont devoir faire appel à un homme de paille, Matt Steiner, pour négocier et signer leurs plus gros contrats. Hélas, Bernard est trop ambitieux et lorsqu’il décide de racheter la banque de sa ville natale, son beau rêve américain va s’écrouler.

BANDE ANNONCE - EXTRAITS


FICHE TECHNIQUE

- Durée du film : 2 h 00
- Titre original : The Banker
- Date de sortie : 20/03/2020
- Réalisateur : George Nolfi
- Scénaristes : Brad Kane, Niceole R. Levy, George Nolfi, David Lewis Smith, Stan Younger
- Interprètes : Anthony Mackie, Samuel L. Jackson, Nicholas Hoult, Nia Long
- Photographie : Charlotte Bruus Christensen
- Montage : Joel Viertel
- Musique : H. Scott Salinas
- Costumes : Aieisha Li
- Décors : Lynne Mitchell
- Producteurs : Nnamdi Asomugha, Jonathan T. Baker, Brad Feinstein
- Distributeur : Apple TV+


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