159 connectés

Little Fires Everywhere : Review des trois premiers épisodes

Date : 21 / 05 / 2020 à 10h00
Sources :

Unification


REPUBLICATION DE LA CRITIQUE À L’OCCASION DE L’ARRIVÉE DE LA SÉRIE SUR AMAZON PRIME VIDEO EN FRANCE

Dans la lignée de Big Little Lies, l’excellente mini-série créée par David E. Kelley, nous retrouvons Reese Witherspoon dans un rôle hyper cliché de bourgeoise américaine coincée du cul, et ça lui va toujours comme un gant. Il faut dire qu’elle en connait un rayon sur la question, elle-même élevée dans la tradition des ‘filles du Sud’ avec bal des débutantes et tout le tintouin, éducation qu’elle fait d’ailleurs subir à sa propre progéniture. Un autre monde…

Little Fires Everywhere est tiré du roman éponyme de Celeste Ng dont le nom ne vous dit probablement rien. Rassurez-vous, à moi non plus. L’histoire se déroule en 1997 dans une ville au nom improbable de Shaker et met en scène trois femmes d’origines ethniques et culturelles différentes.

Elena Richardson (Reese Witherspoon) est mariée à un avocat friqué, Bill (Joshua Jackson) et prétend être journaliste, un alibi qui lui permet de se pointer quand elle veut pour faire la belle dans les bureaux du journal du coin et de mettre son nez dans les affaires des uns et des autres grâce à son large réseau d’influence. Elle élève quatre beaux lycéens nés façon ‘mitraillette’ à un an d’écart les uns des autres : Lexie (Jade Pettyjohn) la ‘reine’ de sa promo, Trip (Jordan Elsass) le ‘jock’ de service, Moody (Gavin Lewis) bourré de bonnes intentions et la petite dernière, Izzie (Megan Scott) qui traverse une méchante crise d’adolescence et fait tourner sa mère en bourrique. Elena fait partie d’un ‘book club’ de rombières du coin, et le titre de leur dernière lecture, ‘Les monologues du vagin’, lui écorche tellement la bouche qu’elle ne peut le prononcer. Elle adore recevoir et organiser des fêtes pour ses amis, elle est organisée comme un général d’infanterie et s’habille comme une pub de Chanel, bref, on a envie de lui coller des baffes.

Mia Warren (Kerry Washington) est une artiste plasticienne/photographe et mère célibataire ‘afro-américaine’ (comme se plait à le répéter Elena) qui trimbale sa fille Pearl (Lexi Underwood) de ville en ville, peut-être parce qu’elle a la bougeotte, peut-être parce qu’elle fuit quelque chose ou quelqu’un comme certains de ses cauchemars pourraient nous le suggérer. C’est une femme farouche qui n’aime pas les questions et qui a beaucoup de mal à socialiser. Elle se méfie des gens qui semblent n’avoir aucun problème, s’intéresse à ceux qui en ont. Elle couche avec qui elle veut, quand elle veut, c’est un divertissement comme un autre. Sa relation avec sa fille est fusionnelle. Du moins, c’est ce qu’elle voudrait croire car Pearl a besoin d’indépendance et de stabilité, et elle va finir par le lui faire savoir. Une autre relation mère-fille en danger…

Bebe Chow (Lu Hang) est une immigrante chinoise illégale. N’ayant pas réussi à nourrir son bébé, elle a préféré l’abandonner devant une caserne de pompiers. Un an plus tard, elle regrette son geste et n’a qu’une envie : retrouver sa petite fille. Mais comment s’y prendre quand on n’a pas de statut légal ?

Vous vous en doutez, les routes de ces trois femmes vont se croiser : Elena loue un appartement à Mia et lui offre un emploi de ‘house manager’ - un titre ronflant pour éviter d’utiliser le terme ‘employée de maison’, beaucoup moins glamour. Mais ni l’une, ni l’autre n’est dupe. Elena embauche Mia par culpabilité - ce qu’elle croit être de la grandeur d’âme - car elle ne supporte pas de voir sa locataire brûler la chandelle par les deux bouts alors qu’elle-même vit dans une opulence obscène. Mia accepte le poste car elle ne supporte pas de voir sa fille passer du temps avec les enfants d’Elena, et c’est un moyen pour elle de la surveiller. Elle ne veut pas qu’elle s’attache trop à eux car, on ne sait jamais, elle pourrait décider de repartir bientôt. Et puis il y a aussi cette amertume de voir Pearl plus heureuse et tellement à l’aise dans un environnement qu’elle n’est pas capable de lui offrir.

Mia travaille aussi trois soirs par semaine dans un restaurant chinois et elle remarque que sa collègue Bebe est malheureuse. Bebe se confie à Mia et lui raconte l’histoire de sa fillette abandonnée. Touchée, Mia décide de prendre les choses en main et de retrouver la petite May Ling. Elle apprend qu’Elena organise une soirée pour fêter le premier anniversaire de l’adoption de la petite Mirabelle par un couple d’amis qui désespéraient de ne jamais avoir d’enfant. Lorsqu’ Elena lui dit que la fillette est d’origine asiatique, le sang de Mia ne fait qu’un tour : et si le bébé était celui de sa collège Bebe ? Elle se fait inviter à la soirée sous prétexte de prendre des photos et s’introduit discrètement dans la chambre de Mirabelle : a t-elle sur le sommet du crâne cette tache rouge dont sa jeune collègue lui a parlé ? Eh oui, évidemment, car c’est là le coeur de l’histoire !

Comme vous l’aurez compris, cette mini-série s’articule autour de la relation mère-fille. Les scénaristes enfoncent d’ailleurs bien le clou lorsque, pendant le ‘book club’ sur ’Les monologues du vagin’, Elena critique le fait que ceux-ci n’abordent pas suffisamment la femme dans son rôle de mère. Et puis s’en suivent tous les clichés habituels sur la lutte des classes, le racisme, le sexisme, l’homophobie… bref, tout ce qui permet de critiquer notre société qui le mérite bien, il faut le dire. L’action se déroule à la fin des années 90 et il y a certainement une raison à cela que je n’ai pas encore comprise. Je pencherais pour la rareté des téléphones portables à l’époque ainsi que l’état embryonnaire d’Internet, ce qui permet à certaines situations critiques pour l’histoire d’être résolues beaucoup moins rapidement qu’aujourd’hui.

La mise en scène est conventionnelle, mais l’histoire l’est aussi, alors pas de surprise de ce côté là. Le jeu est juste, à part Joshua Jackson qui a l’air aussi à l’aise qu’un poisson hors de son bocal. Ça doit être un copain des producteurs. J’ai choisi de faire la review de cette série parce que, confinement aidant, j’avais du temps devant moi, mais j’avais peur de me prendre la tête avec le bombardement de stéréotypes auquel je m’attendais et qui a bien eu lieu. Mais comme les scénaristes ont fait leur boulot correctement, c’est bien mené et je me suis laissé prendre. Hâte de voir la suite.


EPISODE

- Episode : 1.01 - 1.02 - 1.03
- Titre  : The Spark, Seeds and All, Seventy Cents
- Date de première diffusion : 19 mars 2020 (Hulu)- 21 mai 2020 (Prime Video France)
- Réalisateurs : Lynn Shelton, Michael Weaver
- Scénaristes : Liz Tigelaar, Nancy Won, Raamla Mohamed

BANDE ANNONCE - EXTRAITS



Les illustrations des articles sont Copyright © de leurs ayants droits. Tous droits réservés



 Charte des commentaires 


Little Fires Everywhere : Review des trois premiers épisodes
Pinocchio : La critique
Upload : Review de la saison 1
Tales From The Loop : La Review de la saison 1
Star Trek Picard : Review 1.10 Et in Arcadia Ego, Part (...)
Agents of S.H.I.E.L.D. : Review 7.02 Know Your Onions
Mission Impossible 7 & 8 : Reprise de la production en (...)
Cook Off : La review du film Netflix
Cobra Kai : La série Karaté Kid pour Netflix ou Hulu (...)
The School For Good And Evil : Le conte de fées Netflix réalisé (...)
Three Pines : Les producteurs de The Crown pour adapter les (...)
Kill Them All : Une adaptation cinéma par Victoria Mahoney
Cinéma - Bandes Annonces : 5 juin 2020
Avatar : David Thewlis donne des précisions sur son rôle
Stargirl : Review 1.03 Icicle