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Star Trek Countdown : Un premier avis mitigé !

Date : 25 / 03 / 2009 à 00h20


Qualifié commercialement de "prequel officiel du prochain film", Star Trek : Countdown est le comics non canon - en quatre volumes - chargé de faire le lien entre le dixième film Star Trek Nemesis et le futur film Star Trek de J.J. Abrams. Comme pour celui-ci, Roberto Orci & Alex Kurtzman sont aux commandes du scénario, même s’ils ont confié cette fois les dialogues à Mike Johnson & Tim Jones - réputés fans de Star Trek TNG.

Star Trek : Countdown prend place à la stardate 64333.4, soit environ huit ans après Star Trek : Nemesis (donc vers 2387). Après avoir mené depuis quarante ans (cf. ST TNG 03x23 Sarek et surtout le diptyque ST TNG 05x07+05x08 Unification) son action de prosélytisme vulcain sur Romulus au bénéfice d’une éventuelle réunification avec Vulcain, Spock est devenu il y a cinq ans résident officiel romulien, et finalement ambassadeur de l’UFP près Romulus.

Conscient du danger que la transformation en supernova de l’étoile Hobus représente pour l’Empire romulien, Spock propose un remède consistant à créer au moyen de decalithium (une nouvelle variante du lithium, après le dilithium et le trilithium) de la "matière rouge" (red matter) pour donner naissance à un trou noir capable d’avaler Hobus. Mais Spock se heurte à l’incrédulité du Sénat, convaincu de l’innocuité d’Hobus.


Nero est le capitaine du vaisseau minier Narada, spécialiste du forage et de l’extraction, représentant la "guilde minière", et seul romulien réceptif aux avertissements de Spock.

Spock et Nero se lient d’amitié et montent ensemble une opération clandestine à bord du Narada pour extraire le decalithium d’une planète du système Kimben. Ils sont alors sauvés d’une attaque remienne par l’USS Enteprise - commandé par le capitaine de vaisseau Data ("ressuscité" dans le corps de B-4). Il apparait que la Fédération a autorisé une opération de forage officieuse pour neutraliser l’étoile Hobus. Rendus sur Vulcain, l’ambassadeur Spock et Jean-Luc Picard (devenu ambassadeur de l’UFP près Vulcain) sollicitent du Conseil scientifique un accès aux recherches sur la manipulation de la "matière rouge", dont seuls les Vulcains auraient le secret. Mais de peur que celles-ci ne soient détournées à des fins guerrières par leurs ennemis romuliens, le Conseil scientifique de Vulcain s’y oppose.


Spock promettant à Nero de tenter l’opération malgré tout, le Narada confie toutes ses réserves de decalithium à l’USS Enterprise, tandis que Nero repart vers Romulus pour participer à l’évacuation de ses compatriotes. Mais Hobus se transforme prématurément en supernova, et anéantit Romulus ! L’épouse bien-aimée de Nero enceinte de son fils n’en réchappe pas.

Voilà donc comment naît en Nero une effroyable haine de Vulcain, de la Fédération, et un irrépressible désir de vengeance universelle...

Finalement le Conseil scientifique vulcain autorise Spock, Picard, et Data à disposer de la technologie de "manipulation de la matière rouge" pour faire naître une singularité dans la supernova Hobus dont l’inéluctable expansion menace dorénavant Vulcain et la Terre. Une mission dont se chargera Spock - et lui seul - à l’aide du Jellyfish, un vaisseau spatial prototype conçu par Geordi La Forge pour résister aux environnements les plus extrêmes.


Après avoir sournoisement attaqué des vaisseaux hospitaliers de la Fédération, massacré le Praetor & tout le Sénat romuliens en exil, et s’être "gravé" le crane en souvenir de leurs chers disparus (selon une ancienne coutume romulienne), Nero et son équipage trouvent dans le Commander D’Spal - en charge de la station secrète romulienne The Vault - une alliée inespérée pour équiper le vaisseau minier Narada des armements romuliens les plus avancés & secrets - issus de la technologie borg, et supposés être les plus puissants de la galaxie !

Et c’est ainsi que Nero, aux commandes d’un Narada puissamment "borguisé", assisté de ses lieutenants à la fidélité inébranlable, part en croisade contre tout le monde, et en particulier les Vulcains. Il rencontrera sur sa route une flotte de vaisseaux klingons commandée par Worf, devenu général dans l’Empire klingon...


Le dessinateur italien David Messina possède déjà à son actif une quinzaine de comics de la mosaïque (non canonique) Star Trek. Ses lignes claires permettent une assez bonne reconnaissance des protagonistes préexistants, et les découpages des plans sont relativement cinématographiques. Graphiquement, Star Trek : Countdown remplit donc sa mission.

A la différence du film de J.J. Abrams qui prendra place dans un univers distinct de l’univers originel suite aux altérations temporelles façonnées par Nero, le comics Star Trek : Countdown prend bien place dans l’univers originel, presque une décennie après le film Star Trek : Nemesis. Star Trek : Countdown peut donc être encore mesuré à l’aune des vénérables canons de la franchise.

Profitons-en, car c’est bien la dernière fois !


Il est évident que Star Trek : Countdown s’emploie à rendre un hommage appuyé aux protagonistes de Star Trek TNG, en offrant notamment un épilogue à Star Trek : Nemesis, certainement à l’attention de la proportion non négligeable de trekkers frustrés d’un cinquième film sis à l’ère de Picard. Au fil de ses planches, le comics s’emploie à faire systématiquement apparaître chaque protagoniste de Star Trek TNG (Data, puis Jean-Luc Picard, Geordi La Forge, Worf...), presque ostentatoirement, comme pour conférer un label de légitimité au film de J.J. Abrams, en établissant sans ambigüité que son nouvel univers puise bien sa causalité directement dans le Star Trek le plus familier et canonique - probablement en signe d’adieu.

"Ressusciter" Data dans le corps de B-4 (Proto en VF) après son sacrifice n’est que le prolongement naturel de la conclusion de Star Trek : Nemesis, même si cela accroît encore un peu plus le parallèle avec Star Trek : The Wrath Of Khan, et que cela dédramatise davantage morts et sacrifices dans l’univers Star Trek.


Que Data devienne capitaine du vaisseau amiral de Starfleet, et que le plus vulcain des humains - Jean-Luc Picard - devienne ambassadeur de l’UFP près Vulcain... n’est que justice.

Que Geordi La Forge se soit retiré de Starfleet pour se consacrer à la conception de vaisseaux prototypes de pointe est original et pittoresque.

Que Worf rejoigne la flotte de l’Empire klingon (et y soit promu général) est la concrétisation d’une option qui n’avait jamais cessé de hanter le plus omniprésent des personnages de Star Trek durant toute sa carrière dans Starfleet.

Autant de destins individuels qui en surprendront plus d’un, séduiront et décevront selon les cas, mais qui demeurent essentiellement cohérents.


La menace que représente la méga-supernova Hobus pour l’Empire romulien - et finalement pour la galaxie - n’est pas une mauvaise idée de départ dans la mesure où cela pourrait faire écho au GRB (Gamma Ray Burst), l’un des phénomènes astronomiques de l’univers réel les plus inquiétants et jusqu’à maintenant (quasiment) absent de l’univers canonique de Star Trek. Ce ressort peut aussi renvoyer à Superman et à la destruction de Krypton...

Mais du GRB finalement, il n’en reste pas grand chose, puisque dans cette histoire, la supernova est supposée grossir sans fin... ce qui est scientifiquement totalement absurde, notamment parce qu’à parti d’une certaine densité critique, tout supernova s’effondre et devient un trou noir, soit un mécanisme de régulation naturel rendant nulle et non avenue la prémisse de ce comics et du film qui suit.

Star Trek : Countdown préfère manifestement se désintéresser du pouvoir immensément destructeur (pour la vie) des radiations gamma d’une supernova (et conforme aux sciences réelles), pour figurer un phénomène certes spectaculaire mais hautement invraisemblable.


Dans une certaine mesure, Star Trek : Countdown résulte de ce qui aurait pu constituer un tournant historique semblable à celui du film Star Trek : The Undiscovered Country. Mais ce que Spock avait réussi à accomplir avec les Klingons (Khitomer Accords) à la faveur de leur affaiblissement, il ne le réussira pas avec les Romuliens, et il contribuera même à aggraver les choses. On ne gagne pas à tous les coups…

Finalement, il semble de plus en plus probable que les principales sources trekkiennes d’inspiration (pour le comics & le film) de Roberto Orci & Alex Kurtzman sont :
- le film Star Trek : Nemesis (plus encore que Star Trek II : The Wrath Of Khan qui fut souvent cité) : parallèle croissant entre Shinzon et Nero par le massacre du Sénat romulien, par le noyautage terroriste de Romulus, par une soif de vengeance aveugle et sans fondement contre la Fédération ; parenté de design et de puissance entre le Scimitar de Shinzon et le Narada de Nero (gonflé à l’armement borg) ;

- la série Star Trek Enterprise : une haine quasi-irrationnelle envers les Vulcains ; une faction venue du futur pour bouleverser la trame temporelle par la destruction d’une planète-clef de l’UFP ;
- le diptyque Star Trek Voyager 04x08 + 04x09 Year Of Hell : un mégalomane prêt à bouleverser l’univers et même une infinité d’univers pour retrouver - ou à défaut venger - sa défunte dulcinée ;
- le film Star Trek : First Contact : le pire ennemi qui tente d’altérer un "point nodal" de l’histoire ; l’implication de la technologie borg ;
- le roman non canonique The Return de William Shatner : à défaut d’une alliance improbable, le mariage des technologies borgs et romuliennes.


Passés ces quelques points plutôt positifs (si l’on veut), il ressort malheureusement de Star Trek : Countdown que la représentation des Vulcains et des Romuliens laisse sérieusement à désirer - au mépris du canon et de la vraisemblance -, et que Nero est une caricature de "méchant hollywoodien" - indigne de Star Trek.

I - Les Vulcains

Le mépris affiché envers Spock, pourtant ambassadeur accrédité de l’UFP près l’Empire Romulien, puis le refus - au mépris des recommandations de l’UFP - par le Conseil scientifique de Vulcain d’apporter son aide à l’Empire Romulien menacé de disparition, sont autant de sectarismes et de cruautés indignes des Vulcains de l’ère de ST TNG, contredisant les valeurs mêmes de l’UFP dont les Vulcains sont pourtant membres fondateurs et actifs. Leur comportement est en réalité plus ou moins celui des Vulcains de l’ère de ST ENT (et encore...), c’est à dire tout bonnement crypto-romulien ! Pourtant, un siècle avant, à l’ère de ST TOS, ce furent bien les Vulcains (Spock et Sarek) qui tendirent la main aux Klingons pour le compte de l’UFP (Star Trek : The Undiscovered Country). Les Vulcains paraissent donc ici bien anachroniques...


Étrangement, il est d’ailleurs bien difficile de percevoir dans Star Trek : Countdown une quelconque différence comportementale entre Vulcains et Romuliens. Les Vulcains y sont aussi intraitables et égoïstes que les Romuliens eux-mêmes, le Vulcan High Command semble être tout puissant (alors que son influence est supposée s’être considérablement réduite depuis la fin de ST ENT), et le titre romulien de Praetor se retrouve soudain aussi dans la hiérarchie politique vulcaine !

Et outre, Star Trek : Countdown semble totalement ignorer le sérieux rapprochement entre l’UFP et les Romuliens induit par les événements de Star Trek : Nemesis, où - faut-il le rappeler - la flotte romulienne avaient spontanément combattu aux cotés de l’USS Enterprise, comme d’ailleurs elle l’avait fait aux cotés de la Fédération durant la guerre contre le Dominion. L’indifférence vulcaine envers le sort de Romulus jure ici comme jamais..

Enfin, étant donné l’ignorance volontaire de la supernova Hobus par les Romuliens, et le projet initial de la Fédération pour intervenir sous couverture, quel était le sens de demander au Conseil scientifique vulcain le partage explicite de ses travaux sur la "matière rouge" avec les Romuliens ? L’enjeu initial n’était-il pas plutôt de permettre à la Fédération d’intervenir indépendamment des Romuliens pour éradiquer le péril Hobus, évitant ainsi tout partage technologique entre puissances ennemies. Il faudra attendre la destruction de Romulus par Hobus, et la certitude que celle-ci représente désormais aussi une menace pour l’UFP, pour que la sollicitation de la technologie vulcaine par Picard et Spock soit comme par hasard formulée de façon cohérente (à savoir permettre à un vaisseau de la Fédération - le Jellyfish - d’intervenir contre la supernova Hobus) et donc adoubée par le Conseil scientifique vulcain. C’est peut-être pratique pour l’intrigue, mais si peu logique...


II - Les Romuliens

Ce qui frappe en premier lieu est l’apparence des Romuliens, de visage tous identiques aux Vulcains, c’est à dire comme au 23ème siècle, et non comme au 24ème ! Un impardonnable anachronisme qui non content de confondre les Romuliens et les Vulcains dans le comportement, les confond également dans l’apparence physique...

La soudaine existence d’une "guilde minière" - comme sortie de l’univers de Dune - s’accorde mal avec la structure crypto-romaine de l’Empire romulien.

Quant à l’arsenal borg que les Romuliens possèdent en secret dans la The Vault, c’est du pure délire ! Comment l’Empire romulien - qui n’est pourtant pas plus puissant que la Fédération - a-t-il fait pour s’emparer de la technologie de la plus grande menace galactique (même affaiblie à la fin de Star Trek Voyager) ? Et serait-ce oublier que cette technologie n’est pas directement utilisable sans interfaçage collectif borg ?

Plus grave, il est impossible de croire une seule seconde que l’Empire romulien, réputé pour son pragmatisme, sa prophylaxie, et même sa paranoïa dès lors que ses intérêts et sa survie sont en jeu, ait aussi grossièrement et unanimement ignoré la menace que représentait pour lui la supernova Hobus. Selon toute vraisemblance, l’Empire Romulien aurait dû se préparer depuis fort longtemps à cette issue, au minimum par un vaste programme d’exode (les planètes de classe M ne manquent pas dans l’univers Star Trek). Étant nettement plus exposé à Hobus que Vulcain, l’Empire Romulien aurait même dû faire de la technologie de "manipulation de la matière rouge" (ou n’importe quel équivalent) une priorité absolue (par la R&D, par la négociation avec les Vulcains, ou même par l’espionnage dans lequel les Romuliens excellent).


Au lieu de cela, Romulus se fait anéantir par une naïveté scientifique (et politique) qui lui sied bien mal, tout en dévoilant un arsenal apocalyptique bizarrement hérité des Borgs (The Return n’est pas loin...) et grâce auquel le "méchant-cinglé" de service pourra faire trembler l’univers...

III - Nero

Les motivations de Nero à détruire Vulcain (dans le présent ou le passé) sont aussi - voire plus - minces que celles de Shinzon à exterminer l’humanité dans Star Trek : Nemesis ! Mais Shinzon, lui, ne manquait pas d’épaisseur...

Qui est responsable de l’anéantissement de l’Empire romulien par la supernova Hobus ? Avant tout, les Romuliens eux-mêmes, trop aveugles et vaniteux pour écouter les mises en gardes de l’ambassadeur Spock, et surtout trop irresponsables pour avoir été capables de s’y préparer (par l’évacuation ou la technologie) !


Les Remiens auraient quant à eux ruiné le projet clandestin de Spock et de Nero si l’USS Enterprise aux commandes du capitaine Data n’était pas intervenue...

Mais tenir l’UFP et plus encore les Vulcains pour uniques responsables de ce drame comme le vaticine sans cesse Nero est très abusif. Certes, le Conseil scientifique vulcain a refusé d’accorder son aide directe aux Romuliens, mais celle-ci ne constituait en rien un dû entre puissances que l’on présente dans l’histoire comme ennemies. En outre, considérant le timing serré, l’aide de Vulcain n’aurait probablement rien changé.

Etant donné que le vulcain Spock et la Fédération furent les seuls à proposer une solution pour désamorcer la menace Hobus et les seuls à tenter malgré tout de sauver l’Empire romulien malgré lui, pourquoi Nero fait-il de Vulcain son bouc-émissaire privilégié ?


Et puisque Nero va avoir le privilège de revenir un siècle et demi dans le passé, ne va-t-il pas avoir la possibilité et le temps de rendre Hobus inoffensive et ainsi éviter à cette tragédie de se produire ? Toute vengeance contre Vulcain devrait alors aussitôt être sans objet !

Mais, on a tous bien compris que le but suprême de Nero est de faire la peau aux Vulcains, ce concept a le mérite d’être vraiment très simple à comprendre, et il est martelé suffisamment souvent pour être retenu. Mais la soif meurtrière de Nero ne se limite pas aux Vulcains, elle est en fait cosmique ! Il massacre donc allègrement tous ceux qu’il croise - sauf bien sûr s’ils servent sa pathologie vengeresse.

Nero présente ainsi toutes les caractéristiques d’un monodimensionnel "bon gros méchant de blockbuster", porté par une paranoïa insane et une colère autoalimentée. Son inextinguible "haine" est aussi gratuite qu’artificielle... et c’est pourtant la pierre angulaire du prochain film…

Bref, le prequel en comics du Star Trek de JJ Abrams ne manque pas d’intérêt visuel et contextuel, essentiellement en levant le voile sur l’après Star Trek : Nemesis. Mais il révèle hélas une intrigue très "prétexte", des Vulcains et des Romuliens totalement méconnaissables - presque permutés -, et un "méchant parce que !" pour les besoins en climax et en manichéisme du prochain film.

Même si Star Trek : Countdown n’est pas le film de J.J., tout ça n’augure rien de bon...

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