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Bombay Rose [VOD] : La critique

Date : 06 / 08 / 2020 à 10h00
Sources :

Unification


Bombay Rose est un magnifique dessin animé, peint à la main qui est d’une force est d’une poésie immense.

Il s’agit du premier long métrage de Gitanjali Rao, qui en signe aussi le scénario et le design. Après plusieurs courts métrages d’animation, qu’elle a réalisé à la main, celle-ci a mis 6 ans avant de livrer sa première œuvre de longue durée en s’inspirant des passants et de ce qu’elle voyait à Bombay.

Elle focalise le scénario sur la rencontre de deux personnages non natifs de la ville qui vont se retrouver attirés. Le premier vit avec son grand-père et sa sœur dans une petite cabane près de la mer et danse la nuit dans un cabaret pour aider sa famille et le second vend des fleurs aux voitures qui passent en essayant d’avoir un emploi plus stable.

Cette belle rencontre est frappée par le sceau de Bollywood, qui est loin d’être toujours coloré et joyeux. Bien qu’un film idoine soit inséré dans le récit et montre un personnage charismatique qui réussit toujours sa vie malgré les malheurs qui s’abattent sur lui. Le cinéma indien occupe d’ailleurs une grande place dans l’histoire, l’un des protagonistes secondaire étant une ancienne actrice à la retraite.

Toute l’animation 2D a été entièrement peinte à la main. Ce qui explique pourquoi on a régulièrement l’impression de voir un tableau qui prend vie devant nos yeux. La réalisatrice n’utilise pas l’astuce de dessiner avec un trait le contour des personnages et des objets, mais bien d’utiliser la couleur pour marquer les différences. Ce qui crée parfois une impression de flou qui emmène le spectateur encore plus au cœur de ce conte délicat dans lequel l’onirisme s’invite régulièrement.

De très nombreux partis-pris narratifs sont faits, et tous sont magnifiques, et judicieusement mis en place. Le lieu singulier du cimetière, qui a autant d’importance que celle de la cabane et de la boutique accolée où vit le personnage principal, ou encore que la maison de l’actrice, en est un magnifique exemple. Les parcours fait par cette dernière pour s’y rendre, et la vie au cœur de ce site est rendu avec une poésie et une grâce immense et propose des séquences marquantes d’une grande maestria.

La couleur est omniprésente, parfois saturée ou surexposée, elle apporte une vie chatoyante à la vie qui s’écoule à Bombay. Néanmoins, le noir et blanc s’invite régulièrement pour décrire une vie du passé et des événements anciens qui sont rendus formidablement dans un dérivé de gris est extrêmement travaillé.

Les personnages ont tous un charme certain et une grande personnalité qui doit beaucoup aux excellents doubleurs. À l’opposé de l’un d’entre eux qui joue constamment le rôle de trublion, chaque individu rencontré est positif et attachant et l’alchimie qui se tisse subrepticement au fil des images entre tout ce petit monde fonctionne formidablement bien.

L’œuvre traite avec une grande intelligence de la famille et de l’amour, de l’amitié de la vie, du travail et des souvenirs. Elle aborde avec beaucoup de finesse certains sujets sociétaux et se permet des rebondissements que l’on ne voit pas venir et qui apportent une dimension supplémentaire à un long métrage à côté duquel les amateurs d’animation ne peuvent en aucune mesure passer à côté.

Quant à la composition de Cyli Khare et Yoav Rosenthal, elle est extrêmement présente et de nombreuses chansons accompagnent les pérégrinations des différents protagonistes. Il est très intéressant que le personnage principal, dont la doubleuse interprète elle-même ses chansons, ne soit pas une soprano, comme dans la quasi-totalité des chansons bollywoodiennes plus traditionnelles.

Bombay Rose est une œuvre rare, un moment de dessins animés magique qui semble sortir du passé pour rappeler la beauté d’une animation entièrement peinte à la main. Avec une histoire dressant le portrait d’une Inde contemporaine, des personnages et des décors somptueux, une réalisation audacieuse fourmillant d’idées, une musique envoûtante et des personnages auxquels on s’attache beaucoup, c’est à un véritable voyage dans une œuvre très particulière que le spectateur est invité, et qui n’est pas prêt de quitter son esprit.

Impressionnant et magnifique.

SYNOPSIS

Kamala, vingt-et-un ans, est une migrante originaire du Madhya Pradesh vivant à Bombay. Elle habite une cabane au bord de la plage de Juhu avec son grand-père et sa jeune sœur. La journée, elle tresse des guirlandes de jasmin pour faire vivre sa famille. De l’autre côté de la rue, un autre vendeur de fleurs, Salim, dix-neuf ans, venu du Cachemire, ne la quitte pas des yeux. Il tombe amoureux d’elle et lui déclare sa flamme. Une véritable fable Bollywoodienne, mais Salim découvre que Kamala danse la nuit dans un bar pour survivre...

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

- Durée du film : 1 h 33
- Titre original : Bombay Rose
- Date de sortie : 07/08/2020
- Réalisateur : Gitanjali Rao
- Scénariste : Gitanjali Rao
- Interprètes : Anurag Kashyap, Geetanjali Kulkarni, Makrand Deshpande, Virendra Saxena, Shishir Sharma, Amardeep Jha
- Montage : Gitanjali Rao
- Musique : Cyli Khare, Yoav Rosenthal
- Décors : Rupali Gatti
- Producteur : Rohit Khattar pour Les Films d’Ici, Gitanjali Rao Films
- Distributeur : Jour2fête

LIENS

- SITE OFFICIEL
- ALLOCINÉ
- IMDB

PORTFOLIO

Bombay Rose



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