576 connectés

Perry Mason : Review saison 1

Date : 20 / 06 / 2020 à 12h15
Sources :

Unification


Perry Mason, c’est indéniablement l’un des avocats de télévision les plus célèbres des USA, et donc du monde, les USA étant le centre du monde quand on parle de séries TV. Ah, ne commencez pas à râler, c’est la vérité vraie !

Né dans les années 30 dans l’imagination d’Erle Stanley Gardner, Perry Mason débute sa carrière de bretteur judiciaire dans les romans, pour la poursuivre à la radio puis à la télévision. C’est Raymond Burr (L’homme de fer) qui en sera l’incarnation la plus célèbre dans la série éponyme de CBS-TV entre 1957 et 1966, et ensuite dans une trentaine de films de télévision entre 1985 et 1993 (Perry Mason : Sur le retour…).

Dans ma très grande naïveté, je m’étais dit que cette n-ième version respecterait le format original : un avocat brillant et coriace qui défend des innocents accusés à tort de crimes complexes, au rythme d’une affaire par épisode ou par film. Et ce n’est pas le cas : HBO a choisi de nous raconter comment et pourquoi Perry Mason est devenu avocat. Cela nous permet de découvrir la ‘backstory’ d’un personnage emblématique sur lequel on ne s’est jamais vraiment posé de questions.

Côté ’production value’ : 74,3 millions de dollars qui nous sautent au visage ! Une superbe reconstitution des années 30 ; les acteurs et une tripotée de figurants remarquablement coiffés, maquillés et habillés ; un très beau travail technique, avec mention spéciale pour la direction photo. C’est du grand art télévisuel, comme seules les chaînes ‘premium’ ou VOD américaines savent et surtout peuvent le faire. Fédora !

Côté histoire : Los Angeles, 1932. Un bébé est enlevé et, malgré le paiement de la rançon, ses parents le retrouvent mort. Qui a commis cet odieux meurtre et dans quel but ? Le père ? La mère ? Est-ce qu’il y a un lien avec la communauté religieuse dans laquelle gravite le grand-père ? Le District Attorney est une pourriture misogyne qui va jeter son dévolu sur la mère et n’aura de cesse de la faire condamner, quitte à odieusement manipuler le jury et refuser toute preuve qui pourrait la disculper. Mais Perry Mason ne l’entend pas de cette oreille et va tout faire pour innocenter la jeune femme. ’The way I see it’ dit-il ’there’s what’s legal, and there’s what’s right !’ (’Moi je dis : il y a ce qui est légal et il y a ce qui est juste’).

Côté personnages : c’est Robert Downey Jr. qui devait incarner le rôle titre à l’origine, mais à cause d’un problème d’emploi du temps, il a préféré revêtir uniquement sa casquette de producteur et laisser la place à l’excellent Matthew Rhys (Brothers & Sisters, The Americans), ce qui n’a rien enlevé à la série, bien au contraire.

Perry Mason est un vétéran de la première guerre mondiale. En tant qu’officier, il a dû prendre des décisions dramatiques et cela ne lui a pas valu la reconnaissance de ses pairs. Il a quitté l’armée avec un ‘ticket bleu’, une mention ni honorable, ni déshonorable, mais qui sans rien dire en dit long et le pénalise dans la société d’entre deux guerres qui se remet à peine de la crise de 29. Un petit peu de syndrome post-traumatique et quelques bouteilles plus tard, Perry erre sur Terre en prenant occasionnellement du bon temps dans les bras de sa voisine Lupe (Veronica Falcon), une as de l’aviation un peu castratrice. Il se noie dans son travail de détective privé pour oublier les aléas de sa vie et loue volontiers ses services à un ancien ténor du barreau, E.B. Jonathan (John Lithgow, magnifique) qui a passé l’âge de la retraite mais qui continue avec ténacité à défendre les innocents. E.B.J. a pour secrétaire Della Street (Juliet Rylance) une femme de tête qui ne se laisse pas marcher dessus, et qui est probablement le véritable cerveau de leur cabinet juridique.

Et puis en vrac : Pete Strickland (Shea Whigham), un fin limier retors et courageux qui assiste fidèlement Perry, même lorsque celui-ci a du mal à le payer ; Paul Drake (Chris Chalk), un flic trop intelligent au goût de ses supérieurs qui voient surtout le black en lui ; Emily Dodson (Gayle Rankin), la mère de la petite victime, écartelée entre son désespoir, son procès et sa foi ; Soeur Alice (Tatiana Maslany) une prédicatrice envoutante manipulée par sa mère omniprésente et toxique, Birdy (Lily Taylor) ; le D.A. Maynard Barnes (Stephen Root) tellement odieux qu’on lui arracherait volontiers les yeux ; Matthew Dodson (Nate Corddry) le mari d’Émily, pleutre et méprisable et Herman Baggerly (Robert Patrick) le richissime grand-père dépassé par les événements. Et quelques apparitions fascinantes du D.A. adjoint Hamilton Burger (Justin Kirk), personnage essentiel de la légende Perry Mason qui devrait sortir de l’ombre dans la saison 2 - s’il y a une saison 2, ce que j’espère.

Côté scénario : comme d’habitude, Hollywood profite de son temps d’antenne pour faire passer des messages nécessaires sur le racisme, l’homosexualité, la religion, la corruption, les médias... C’est fait de façon subtile et ça fonctionne vraiment bien. Par contre, au plan de la narration, c’est un peu fastidieux, voire occasionnellement brouillon. Les arches narratives des personnages secondaires ne sont pas vraiment abouties et leurs motivations personnelles peu ou mal établies. Les auteurs auraient pu faire beaucoup plus simple, on se perd parfois dans des circonvolutions qui n’apportent rien à l’histoire, et des longueurs qui n’ont pour seul intérêt que de faire joli... un peu trop de remplissage à mon goût. J’ai eu du mal à suivre les cinq premiers épisodes, et si les trois derniers n’avaient pas été aussi prenants, j’aurais moins bien noté cette série.

Mais si HBO nous gratifie d’une saison 2, je ne manquerai pas de la regarder car Perry Mason et ses acolytes me sont fort sympathiques et surtout, quel formidable voyage dans les années 30 ! Je croise les doigts pour que les auteurs se souviennent que le grand talent de Perry Mason c’est de sortir des lapins de son chapeau et de retourner les témoins pendant le procès, et c’est ça qu’on veut voir ! Alors s’il faut chaque fois attendre les 3 derniers épisodes de la saison pour en arriver là, ça ne va pas le faire…


EPISODE

- Episode : 1.01 à 1.08
- Titre : Chapitres 1 à 8
- Date de première diffusion : 21 juin 2020 (HBO) - 22 juin 2020 (OCS)
- Réalisateurs : Timothy Van Patten, Deniz Gamze Ergüven
- Scénaristes : Ron Fitzgerald, Rolin Jones

BANDE ANNONCE - EXTRAITS



Les séries TV sont Copyright © leurs ayants droits Tous droits réservés. Les séries TV, leurs personnages et photos de production sont la propriété de leurs ayants droits.



 Charte des commentaires 


Raised by Wolves : Review 1.05 Infected Memory
The Third Day : Review 1.01 The Father
Raised by Wolves : Review 1.04 Nature’s Course
Raised by Wolves : Review des 3 premiers épisodes
Lovecraft Country : Review des 5 premiers épisodes
Black Panther : Chris Evans et Samuel L. Jackson rendent hommage (...)
The Gift : Review de la saison 2
Ant-Man 3 : Jonathan Majors débarque dans le MCU
Star Wars Squadrons : Impressionnante balade dans un chasseur (...)
#Alive : La review du film Netflix
Apple One : Apple dévoile l’offre groupé de ses (...)
Doogie Kameāloha, M.D. : Disney+ donne le feu vert au reboot (...)
Monsterland : Première bande annonce de l’anthologie (...)
Ragnarok : La critique de la campagne pour le JdR Dark (...)
Cinéma - Bandes Annonces : 18 septembre 2020