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PIFFF 2019 : Rencontre avec Cyril Despontin et Fausto Fasulo

Date : 01 / 12 / 2019 à 09h00
Sources :

Unification


Tous les amateurs du festival le savent, le PIFFF, soit le Paris International Fantastic Film Festival, c’est maintenant dans quelques jours, soit du 11 au 17 décembre 2019 au Max Linder Panorama.

À l’occasion d’une soirée spéciale, le Club Jokers, avec la projection du grand gagnant de l’année dernière, le très bon Freaks qui sort en vidéo le 7 janvier 2020, et qui a raflé les trois prix long métrage de la compétition, les créateurs de ce festival, Cyril Despontin et Fausto Fasulo, sont venus parler de sa genèse, de la façon d’organiser un tel événement et ont livré une multitude d’anecdotes croustillantes à ce propos. Un débat organisé sur le thème de « C’est quoi organiser un festival de films indés aujd’hui ? Ne vaut-il pas mieux ouvrir une paillote en Corse ? » dans lequel il n’a jamais été question de restaurant bien sûr ! Mais qui a été complètement passionnant à suivre.

Créé un peu par hasard, suite à un malentendu entre les deux cofondateurs, le festival a réussi à réunir un jury de haute volée pour une première édition de quatre jours. Dès l’année suivante, ils sont passés à un format de 10 jours qui a épuisé un peu tout le monde, ce qui les a poussés à se tourner vers un format de 5 jours qui a existé les années suivantes jusqu’à cette neuvième édition qui propose pratiquement une semaine de festivités.

Un festival qui a non seulement su évoluer au cours du temps, en apprenant de ses erreurs, mais qui a réussi à se bonifier et à proposer de plus en plus de nouveautés tels un jury composé par des lecteurs de Mad Movie qui viennent sur scène remettre le prix en main propre à leur gagnant.

Néanmoins, tout le monde le sait, l’argent est le nerf de la guerre. Or, comme l’a fait remarquer avec truculence Cyril Despontin, la masse salariale est ce qui coûte le plus cher partout, ce qui a entraîné une équité totale entre chacune des personnes travaillant pour le PIFFF, soit aucune rémunération.

En effet, ce sont les volontaires qui font vivre l’événement, et ces derniers œuvrent parfois durant toute une année pour que les films projetés et les rencontres avec le public soit des moments non seulement appréciés, mais surtout des souvenirs merveilleux.

Au fil des ans, en gagnant progressivement de plus en plus en notoriété, le PIFFF a attiré des partenaires toujours plus nombreux. Qu’ils soient présents dès ses origines comme Mad Movie ou Ciné Frisson, ou plus récents comme la Ville de Paris qui participe pour la première fois au PIFFF à l’occasion de cette 9ème édition.

Néanmoins, ce qui a étonné, et ébloui, toutes les personnes de la salle, c’est bien le fait d’apprendre que ce festival, qui propose plus d’une vingtaine de films, ne coûte finalement que 20 000 €. Une somme sidérante pour ceux qui, comme moi, suivent le PIFFF depuis ses débuts et y a toujours trouvé énormément de qualités. Et qui pensait qu’il coûtait beaucoup plus cher. C’est finalement la possibilité d’avoir des films gratuitement qui permet de payer ceux qui sont plus onéreux, notamment ceux appartenant aux majors. Tout en sachant qu’il y a des limites au prix d’achat de la diffusion qui ne peut pas être dépassé. Et que les programmateurs ont fait le choix assez rapidement de privilégier la venue des réalisateurs et des acteurs dans la limite de l’enveloppe qu’ils ont. Car ce qu’ils ont à l’esprit, c’est bien le spectateur et son plaisir de découvrir des films et à rencontrer ceux qui les ont fait.

Les organisateurs ont eu une velléité de mettre en place un jury, comme d’autres festivals et cela a bien fonctionné les deux premières années, bien que cela ait occasionné des frais qui ont fortement grevé le budget. Ce n’est finalement qu’au bout de ces deux années, après s’être rendu compte que mettre en place un jury international était vraiment compliqué et coûteux, qu’ils se sont rendus compte que plutôt que de faire venir un jury que le public ne voit pratiquement que sur scène pour la remise des prix, les spectateurs préféreraient sans doute voir les réalisateurs et les acteurs sur scène parler de leur film et échanger avec eux dessus.

De plus, ils se sont rendus compte que le prix du public passait souvent inaperçu à côté de celui du jury et que finalement, c’était ce même public qui allait voir les films. Ils ont ainsi décidé de le mettre vraiment à l’honneur et que le grand prix de leur festival, l’œil d’or, serait décerné uniquement par ceux qui se sont rendus dans les salles afin d’y découvrir la programmation.

Les co-fondateurs n’en ont pas fait part lors de cette très intéressante présentation du festival, mais depuis deux ans, pour éviter un bourrage d’urnes et qu’un film soit plébiscité parce qu’une grande partie de l’équipe se trouve dans la salle, les invités et les journalistes n’ont plus le droit de voter pour le prix du public. Un choix fort qu’il faut saluer, que je ne rencontre qu’au PIFFF et dont j’ai malheureusement été témoin dans d’autres festivals ou cela a favorisé un long métrage, ou un court métrage, qui était loin d’être le meilleur.

Si vous-même voulez organiser un festival dans votre région, car loin des idées préconçues, plus de festivals se passent en province qu’à Paris, écoutez bien les conseils des spécialistes : ne commencez pas trop gros, juste avec un petit weekend ou une soirée afin de tester si le festival peut trouver son public. Ne voyez pas trop grand et ne vous précipitez pas sur un jury qui vous coûtera potentiellement plus cher que les films et la venue de leur réalisateur. Et surtout sachez vous entourer de personnes bénévoles comme vous qui auront à cœur de faire vivre ce festival, et de se battre pour lui, afin qu’il ait de nombreuses éditions après. En bonus, n’oubliez pas que malgré les hauts et les bas, seule votre motivation, et celle de votre équipe, permettra à l’évènement de devenir pérenne.

Vous pouvez visualiser la rencontre très drôle qui a eu lieu entre les différents participants, tous plus enthousiastes les uns que les autres, ci-dessous.

Et surtout n’hésitez pas aller faire un passage au PIFFF, sa programmation complète est maintenant en ligne sur leur site. L’ambiance chaleureuse, un public qui est là pour se faire plaisir et partir dans de grands échanges entre deux séances, la rencontre parfois émouvante avec des réalisateurs et des comédiens et la possibilité d’avoir une seule salle pour la programmation, ce qui fait que les personnes qui sont présentes ne le sont que pour le festival, en font un lieu vraiment agréable à fréquenter en décembre. Si vous y allez, assurément vous y retournerez avec encore plus de joie et d’envie !

Et parce qu’elle est tous simplement magnifique et parle d’elle-même de la qualité du programme, j’ajoute en fin d’article la merveilleuse bande annonce du festival. Le temps paraît long dans l’attente de pouvoir découvrir ces œuvres sur grand écran !

- SITE OFFICIEL
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Rencontre avec Cyril Despontin et Fausto Fasulo :


Bande annonce de la neuvième édition du PIFFF :



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