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Les Misérables : La critique

Date : 16 / 11 / 2019 à 11h30
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Unification


Après avoir vu un tel chef-d’oeuvre, difficile de croire que Les Misérables ait eu autant de difficultés à trouver son financement. Récompensé par le Prix du Jury à Cannes et choisi pour représenter la France à l’Oscar du Meilleur film international, cette reconnaissance de la profession paraît pourtant comme une évidence, tant le film s’impose parmi les incontournables de l’année et de l’histoire du cinéma français.

Présenté comme l’héritier du film La Haine de Mathieu Kassovitz, mais du point de vue des flics, Les Misérables en est pourtant l’antithèse esthétique. Ceci peut s’expliquer par le fait que son réalisateur Ladj Ly, membre du collectif Kourtrajmé, a commencé sa carrière de cinéaste avec 365 jours à Clichy Montfermeil, un documentaire centré sur les émeutes ayant eu lieu dans les banlieues en 2005. De plus, ayant grandi dans une cité, son regard n’est pas celui d’un intellectuel du cinéma, mais celui de ceux qui se sont fait une culture cinématographique en regardant essentiellement des films américains à la télévision.

On a donc une mise en scène épurée, quasi-documentaire qui parvient habilement à créer un choc esthétique majeur pour le spectateur. Au gré de l’intrigue, des classiques comme Do The Right Thing, Training Day ou La Cité de Dieu transparaissent pour les plus cinéphiles. Des références heureusement loin d’être indispensables pour savourer le film.

Aussi incroyable que puissent paraître les différentes situations qui composent la trame de son film, le réalisateur dit s’être inspiré de son propre vécu et de faits divers qui ont fait l’actualité toutes ces dernières années. Ainsi, le vol d’un lionceau appartenant à un cirque gitan va mettre à mal le fragile équilibre qui a été mis en place dans des barres d’immeuble de Montfermeil. Et il faut le voir pour croire à tout ce qui a été mis en place pour préserver la paix sociale dans une zone abandonnée par l’État français. Bienvenue dans un monde de compromis, où les adultes ne sont parvenus qu’à mettre la poussière sous le tapis sans s’occuper réellement de tous ceux, notamment les enfants, qui sont derrière la porte.

Le film est un film dit de banlieue, mais le choix de faire de trois flics de la BAC les principaux protagonistes, modifie de fait le regard sur les choses qui sont racontées. Bien qu’une bavure policière constitue l’un des climax, Les Misérables est loin d’être un film anti-flics. Ce que nous montre brillamment le film, c’est plutôt toute la complexité de la nature humaine en milieu hostile, et ce, quel que soit le point de vue dans lequel on se place. Comment être indifférent à tous ces êtres brisés par un contexte socio-économique pourvoyeur d’injustices et d’erreurs d’appréciation aux conséquences dramatiques. Néanmoins, malgré les multiples tragédies qui se jouent devant nos yeux, le film n’en oublie pas pour autant d’être drôle grâce à une galerie de personnages particulièrement savoureuse.

Lorsqu’à l’approche du dénouement chacun se révèle à nous dans toute son humanité, on se dit alors que tout ce qui devait être raconté l’a été et de manière suffisamment intelligente pour nous avoir fait passer un très bon moment au cinéma. C’est alors que s’enclenche une séquence finale mémorable dont la dernière image restera profondément gravée dans la mémoire du spectateur.

Sans aucun doute possible, la sortie au cinéma des Misérables va faire beaucoup parler et donner lieu à certaines interprétations dont les plus fallacieuses ne manqueront pas de ternir l’image d’un film aussi intelligent que bouleversant. En invitant chacun à se poser les bonnes questions et à en tirer un enseignement aussi bien pour lui-même que pour la société dans lequel il vit, Les Misérables rejoint tous les films majeurs du 7ème Art qui arrivent à être parfaitement dans l’air du temps, tout en étant en avance dans les perspectives qu’ils évoquent.

Vous l’aurez compris dès les premiers mots de cette critique, Les Misérables est un futur film culte qu’il ne faut manquer sous aucun prétexte lors de sa sortie dans les salles. Un choc salvateur qui a toute la légitimité pour représenter, aussi fièrement que les jeunes protagonistes que l’on voit au début du film, les couleurs de notre pays !

SYNOPSIS

Stéphane, tout juste arrivé de Cherbourg, intègre la Brigade Anti-Criminalité de Montfermeil, dans le 93. Il va faire la rencontre de ses nouveaux coéquipiers, Chris et Gwada, deux "Bacqueux" d’expérience. Il découvre rapidement les tensions entre les différents groupes du quartier. Alors qu’ils se trouvent débordés lors d’une interpellation, un drone filme leurs moindres faits et gestes...

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

- Durée du film : 1 h 42
- Titre original : Les Misérables
- Date de sortie : 20/11/2019
- Réalisateur : Ladj Ly
- Scénariste : Ladj Ly, Giordano Gederlini, Alexis Manenti
- Interprètes : Damien Bonnard, Alexis Manenti, Djebril Didier Zonga, Isssa Perica, Al-Hassan Ly, Steve Tientcheu, Almany Kanoute
- Photographie : Julien Poupard
- Montage : Flora Volpelière
- Musique : Pink Noise
- Costumes : Marine Galliano
- Décors : Karim Lagati
- Producteur : SRAB Films, Rectangle Productions, Lyly Films
- Distributeur : Le Pacte

LIENS

- SITE OFFICIEL
- ALLOCINÉ
- IMDB

PORTFOLIO

Les Misérables



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