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Sorry We Missed You : La critique

Date : 21 / 10 / 2019 à 10h00
Sources :

Unification


Sorry we missed you, petite phrase anodine, laissée sur un papier pour indiquer le passage du livreur, sonne ici comme une sanction sociale pleine de sens.
Traduite communément par "Désolé, on vous a manqué"... elle constitue un subtil jeu de mots, en pointant celui qui l’écrit.
On pourrait donner un autre sens à "missed you" et du coup révéler qu’on a bien oublié quelqu’un dans l’affaire...

Passé maître dans l’art de décrire la galère, Ken Loach peint encore une fois le sombre tableau de la société de consommation, qui oublie les hommes et les oblige à vivre les expériences les plus difficiles, pour survivre, dans un monde de brutes.

Saisissant de réalisme, le film de Ken Loach décrit le parcours du combattant que s’inflige un père de famille au bord de la banqueroute.
C’est poignant, tellement vrai, qu’on s’y croirait.
Les acteurs sont parfaits. L’image et la lumière exactes.
Ken Loach va au delà du reportage vérité. Il nous entraîne, par une fiction bien menée, dans l’univers de ses personnages qu’il sert d’un scénario très bien écrit. Et d’une mise en scène fluide, qui laisse à ses interprètes toute la place de s’épanouir dans leur rôle.

C’est très bien fait. On s’identifie sans mal à cette famille dans une précarité emprunte de dignité. Qui fait tout pour s’en sortir honnêtement, en travaillant dur. Dans une société qui s’évertue à leur rendre la vie impossible.

Ken Loach n’a de cesse, depuis des années, de dénoncer ce cruel manque de considération des élites pour la vie quotidienne de ces gens, exploités et souvent dans la misère, bien qu’ils s’en cachent par fierté. Il n’a pas son pareil pour montrer l’ordinaire, en pointant ce qu’il contient d’exceptionnel.
Il dévoile le courage, la persévérance, la bienveillance, la solidarité, l’optimisme d’une population, pas vraiment aidée par ses dirigeants, face à la crise.
Menace du chômage, précarité, difficultés sociales et même intimes, sont ici décrites avec beaucoup de tact. C’est ce qui m’a toujours impressionnée dans le travail de ce réalisateur humaniste. Il sait montrer le pire, sans oublier de présenter l’aspect positif et réactif de ses protagonistes. Qu’il choisit toujours avec soin. Pour traiter d’un propos complexe, entre étude sociale et psychologique.

Il remet toujours l’être humain au centre de la réflexion.

En cinéaste accompli, Ken Loach enrichit encore une fois sa filmographie d’un opus parfaitement maîtrisé sur le plan technique et profondément humain sur le fond. Il laissera une oeuvre intelligente et documentée sur notre époque, qui déjà constitue un formidable témoignage. Dans lequel il serait bon que ceux qui nous gouvernent, puisent un peu d’inspiration, pour tenter de mieux conduire le monde.

Un peu dur, mais tellement édifiant.


SYNOPSIS


Ricky, Abby et leurs deux enfants vivent à Newcastle. Leur famille est soudée et les parents travaillent dur. Alors qu’Abby travaille avec dévouement pour des personnes âgées à domicile, Ricky enchaîne les jobs mal payés ; ils réalisent que jamais ils ne pourront devenir indépendants ni propriétaires de leur maison. C’est maintenant ou jamais ! Une réelle opportunité semble leur être offerte par la révolution numérique : Abby vend alors sa voiture pour que Ricky puisse acheter une camionnette afin de devenir chauffeur-livreur à son compte. Mais les dérives de ce nouveau monde moderne auront des répercussions majeures sur toute la famille…

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE


- Durée du film : 1h 40
- Titre original : Sorry we missed you
- Date de sortie : 23 octobre 2019
- Réalisateur : Ken Loach
- Scénariste : Paul Laverty
- Interprètes : Kris Hitchen, Debbie Honeywood, Rhys Stone
- Photographie : Robbie Ryan
- Montage : Jonathan Morris
- Musique : George Fenton
- Costumes : Joanne Slater
- Décors : Fergus Clegg
- Producteur : Rebecca O’Brien-Sixteen Films,Why Not Productions, Les Films du Fleuve
- Distributeur : Le Pacte

LIENS


- SITE OFFICIEL
- ALLOCINÉ
- IMDB

PORTFOLIO

Sorry we missed you



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