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Enter The Anime : La review du film Netflix

Date : 05 / 08 / 2019 à 10h30
Sources :

Unification


Enter The Anime et un documentaire décevant qui vaut la peine d’être visionné principalement pour les interviews des différents artistes et producteurs travaillant dans le monde de l’animation.

La France est le deuxième pays, après le Japon, à consommer des mangas et des animes. Et cela depuis les années 80. La culture japonaise a donc une place à part dans notre pays, d’autant que les liens entre la France et le Japon, dont on vient de fêter les 160 ans du Japonisme en 2018, ont toujours été forts. En effet, les artistes japonais ont beaucoup inspiré les artistes français, et cela est réciproque. De plus, on n’indique même plus en France aux lecteurs, depuis la fin des années 90, la façon de lire les mangas qui sont publiés dans le sens original de lecture du Japon, soit l’opposé des bandes dessinées française.

Aux États-Unis, visiblement, cette culture est nettement moins présente. La documentariste Alex Burunova décide de rechercher ce qui qualifie un anime, en ayant découvert l’existence assez tardivement.

Elle offre donc un documentaire d’une certaine naïveté, rempli de clichés, et d’une véritable méconnaissance de la culture japonaise et de son histoire concernant l’anime et les mangas. Évidemment, en moins d’une heure, on ne peut pas attendre à un passage en revue de l’histoire de l’animation japonaise, mais le documentaire ne décolle jamais vraiment.

De plus, les seules séries présentées dans le documentaire sont diffusées sur Netflix, ce qui en réduit énormément la pertinence. On a donc l’impression d’un passage en revue de séries en grande partie très bourines et concentrées sur des combats. Ce qui n’est qu’une toute petite partie de la spécificité des animes et des mangas produits au Japon.

On ne parle donc jamais du fait que l’animation japonaise est la première et, selon les thématiques la seule, dans le monde entier à traiter de sujets de société extrêmement puissants et variés, avec généralement une grande délicatesse. Sans compter que certaines séries sont exclusivement consacrées aux adultes et montrent un grand nombre de morts, de violence, de torture, voire de pornographie, car l’animation s’adresse à tous au Japon et pas seulement aux enfants.

De plus, considérer que l’anime violent ou bizarre ne s’adresse qu’à des personnes atypiques n’est réellement plus vrai depuis plus d’une dizaine d’années. En effet, alors qu’au siècle précédent, les adultes arrêtaient de lire des mangas et de consommer des animes, aujourd’hui, il n’en est plus de même. Les adultes ne s’arrêtent plus de s’acheter des mangas, de voir des animes, voire des films en prises de vue réelles adaptant leurs séries préférées. Et un nouveau marché, basé sur cette pop culture dépassant les catégories d’âge, s’est mis en place les ciblant plus particulièrement.

Si en France, il a fallu plusieurs décennies pour qu’on cesse d’identifier qu’un dessin animé s’adresse forcément à un public uniquement d’enfants, surtout lorsque les dessins sont très beaux, grâce à des éditeurs et diffuseurs sérieux, le cinéma d’animation pour adultes est devenu un vrai marché à part. Par contre, dans de nombreux autres pays du monde, un anime est généralement considéré comme s’adressant à un enfant, comme en Belgique. Ce qui évidemment entraîne une certaine sidération lorsqu’un spectateur non averti tombe sur quelque chose d’extrêmement violent, interdit au moins de 16 ans au Japon et parfois en libre accès pour des jeunes ailleurs.

La réalisatrice Alex Burunova rencontre un certain nombre d’acteurs travaillant dans le milieu de l’anime. Elle interview aussi des producteurs et des réalisateurs qui montrent la façon dont ils ont réalisé leur série et leurs sources d’inspiration. Elle fait, de plus, un passage à Toei Animation, plutôt spécialisé dans les animes s’adressant aux enfants, et va voir plusieurs créateurs très sympathiques qui expliquent la façon dont ils travaillent.

Les amateurs seront ravis de découvrir la séquence concernant Yōko Takahashi, la chanteuse de l’opening du générique d’Evangelion qui, 24 années plus tard, reste toujours un tube et hante les esprits de ceux qui l’ont entendu.

Enter The Anime est un documentaire qui ne tient pas vraiment ses promesses. S’il permet de découvrir une petite partie de l’animation japonaise à partir des séries que l’on peut voir sur Netflix, il n’aborde pas vraiment les longs métrages qui ont donné de nombreux chefs-d’œuvre ces dernières années. Ne cherchez donc pas les noms des grands maîtres de l’animation et du manga qui ont été complètement oubliés, ni à appréhender réellement l’essence de l’anime liée à une complexe société japonaise préférant adapter ses faits de société en anime plutôt qu’en long métrage traditionnel. Une culture d’une grande richesse décryptée superficiellement et dont seuls quelques clichés sont présentés pour expliquer la raison de cette culture d’anime.

Pour information, les mangas étaient interdits des années 30 à la fin de la Seconde Guerre mondiale comme jugés improductifs et superficiels avant de devenir un espace de liberté pour les japonais. D’ailleurs en continuant de dessiner, le dieu du manga Ozamu Tezuka aurait pu prendre très cher (vous pouvez lire toutes ses œuvres, rien n’est mauvais et l’homme a inventé tous les genres de manga existants. Il a aussi inventé l’animation moderne, notamment dans les séries télévisées avec par exemple Astro, le petit robot).

Quant aux longs métrages, ils ont vraiment été inspirés par Disney donnant des films de propagande incroyables pendant la guerre comme le surprenant Momotaro, le divin soldat de la mer en 1944.

Si vous vous intéressez à l’animation japonaise, ou voulez en découvrir plus, je vous conseille vivement la série Evangelion qui n’accuse pas son âge et qui a vraiment révolutionné l’animation des séries télévisées. D’ailleurs ces dernières années elle a été adaptée assez fidèlement en trois longs métrages magnifiques et les fans attendent avec impatience la suite. La série est actuellement disponible sur Netflix.

Vous pouvez aussi découvrir la manière dont la série Saint Seya Omega (Les chevaliers du zodiaque) a été créée en parcourant la très bonne master class que Terumi Nishii, la chara designer de Shun, avait donné alors qu’elle était l’invitée d’honneur des 10 ans de Japan expo Sud en 2019. Une nouvelle variante de la série originale de Saint Seya est disponible sur Netflix, mais je n’ai pas eu l’occasion de la visionner.

Je n’ai pas, non plus, eu l’occasion de voir la série 7 seeds, mais elle paraît vraiment intéressante et le manga de Yumi Tamura, dont elle est issue, est une grande œuvre de science-fiction.

Je n’ai pas non plus eu vraiment l’occasion de voir d’autres séries animées sur Netflix, en dehors d’Aggretsuko que je conseille vivement (2 saisons et 1 épisode spécial) et qui revient sur la vie d’une Office Lady, une jeune femme chargée des tâches subalternes dans les entreprises, et adepte de death metal, montrée de façon très drôle et originale.

Inégal et réducteur.

SYNOPSIS

Mais au fait, qu’est-ce qu’un anime ? Ce documentaire au rythme bien enlevé rassemble les explications des plus grands créateurs de ce genre passionnant.

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

- Durée du film : 0 h 58
- Titre original : Enter the Anime
- Date de sortie : 05/08/2019
- Réalisateur : Alex Burunova
- Scénariste : Julia Yorks, Meggy Garol
- Interprètes : Shinji Aramaki, Kôzô Morishita, Yôko Takahashi
- Photographie : Yohei Tateishi
- Montage : Ian Asbjornsen, Thomas A. Krueger, Vincent Moran, Amy Reedy
- Musique : Jamie Zekofsky
- Producteur : Alex Burunova, Estefanía Lee pour Burunova Productions
- Distributeur : Netflix France

LIENS

- SITE OFFICIEL
- ALLOCINÉ
- IMDB

PORTFOLIO


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