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Les Nouvelles Aventures de Sabrina : Review de la saison 2

Date : 13 / 04 / 2019 à 13h00
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Comme beaucoup de gens de ma génération, je suis un fan de la première heure de Sabrina, l’apprentie sorcière, cette très sympathique série que je regardais adolescent. J’avoue cependant avoir mis du temps à avoir eu envie de me plonger dans ces Nouvelles aventures. Tout d’abord le showrunner de la série est celui de Riverdale, série à laquelle je n’ai pas du tout réussi à accrocher à cause de ses personnages que j’ai trouvé trop stéréotypés et de son côté un peu trop teen movie. Deux choses, certes, présentes dans Sabrina, mais que le côté horrifique m’a permis de supporter. Ensuite, il m’a fallu faire le deuil des personnages auxquels je m’étais en fait très attaché, pour une version beaucoup plus sombre, mais en fait plus proche du comics originel.

La principale force de cette version, c’est surtout son sous-texte où on peut voir les difficultés d’une adolescente pour arriver à survivre dans le milieu intégriste qu’on lui impose. J’ai finalement pris beaucoup de plaisir à regarder la première saison en me faisant très rapidement à l’ambiance horrifico-gothique et la nouvelle troupe d’acteurs très convaincante. La fin de la saison 1 sonnait d’ailleurs comme une défaite, car notre jeune sorcière finissait par signer le Livre de la Bête et laissait son côté sorcier prendre le dessus sur son côté humain.

Au début de cette saison, Sabrina va continuer d’hésiter entre suivre le Chemin de la Nuit (comprendre son côté sorcier et leurs mœurs dépravés) et celui de la Lumière (comprendre la mortalité et ses fragiles amis humains). Tiraillée entre faire des compromis et changer les choses radicalement, elle continue de faire de Faustus Blackwood son antagoniste naturel. Ce dernier qui veut chercher à asseoir un pouvoir à la misogynie de plus en plus affirmée va continuer de nous montrer à quel point il est vil et sournois, et ce, pour notre plus grand bonheur de spectateur.

Outre Sabrina, toute la famille Spellman continue d’évoluer. Alors que le cousin Ambrose a une place de plus en plus importante parmi les hommes de confiance du père Blackwood, la tante Zelda continue sa romance avec ce dernier, pendant que Hilda va entamer une relation amoureuse pour le moins risquée.

Parmi les 3 amis de Sabrina, c’est probablement Suzie, personnage dont la transsexualité va s’affirmer de manière beaucoup plus prononcée dans cette saison, qui vient apporter un vent de modernité remarquable sur la série.

Le triangle amoureux formé par Harvey, Nicholas et Sabrina va enfin aboutir à un choix très clair de la part de cette dernière qui va fortement impacter sur son entourage, avec pas mal de réactions venimeuses en retour.

Enfin, les lubies misogynes du père Blackwood continuent de rendre la série féministe, en venant rappeler que la plupart des hommes ont toujours cherché à ne garder le pouvoir que pour eux. Le trait est parfois un peu forcé, mais cela reste suffisamment crédible pour qu’on ne puisse remettre cela en question.

Dans la première saison, j’ai adoré détester le personnage de Lilith, pour sa duplicité et sa capacité à manipuler Sabrina. Elle continue sur sa lancée dans ces nouveaux épisodes, où l’on peut sentir le plaisir évident de son interprète Michelle Gomez, dont l’oeil semble friser de plaisir à chaque mauvaise action accomplie. Son personnage gagne également en profondeur, au fur et à mesure que sa tragique destinée nous ai révélée.

En antagoniste ultime, Le Seigneur des Ténèbres, A.K.A Lucifer utilise tous les pouvoirs à sa disposition pour que Sabrina accomplisse la destinée qui lui a réservé. Franchement terrifiant pendant une grande partie de la saison, cela ne m’a pas empêché de trouver que son apparence bestiale frôlait aussi parfois le ridicule. J’ai fini par être un peu déçu par son manque de clairvoyance final, même si cela n’a rien enlevé à son aura maléfique.

À l’image de la première saison, la direction artistique est réussie, avec la volonté manifeste d’avoir une photographie atypique qu’on associera forcément à la série. Dans ce genre de production, un côté kitsch pourrait très vite faire basculer les choses du côté de la série B, mais ici encore, il y a très peu de fautes de goût que ce soit au niveau des costumes, des décors ou des effets spéciaux. Je ne peux cependant pas m’empêcher d’évoquer le pagne en peau de bête porté par la version humaine Lucifer pour cacher son sexe, que j’avoue avoir trouvé risible. Mis à part ça, tous les effets mécaniques ou en imagerie numérique sont vraiment très corrects.

Dans son ensemble, cette partie 2 (désignation officielle Netflixienne) est un modèle d’efficacité en terme d’écriture. En mode binge watching les épisodes s’enchaînent sans qu’on s’en rende compte grâce à des cliffhangers frustrants et une progression dramatique allant crescendo. Après la mise en place des différents enjeux lors des premiers épisodes, l’intrigue feuilletonnante bénéficie d’habiles ruptures de rythme (superbes épisodes de La maison de l’horreur du docteur Cerberus et des Missionnaires ) avec un climax de mi-saison (Blackwood) poignant qui aboutit à la révélation de la destinée de Sabrina et ses conséquences.

Comme toute production de ce genre, on peut reprocher certaines facilités scénaristiques, mais il n’y a rien de rédhibitoire non plus, car les personnages évoluent et font quand même face à des épreuves qui nous empêchent de nous dire que tout est un peu trop facile pour eux. De beaux messages comme l’importance de la solidarité, ou l’appel à la tolérance, contribuent à rendre l’univers attachant et renforcent le plaisir qu’on a à regarder la série. Tout un programme, qui n’oublie pas en guise de conclusion de semer habilement les graines de ce qui constituera la prochaine saison, pour nous laisser un petit goût de " Reviens-y " ! Vivement la suite que j’espère tout aussi ensorcelante !

EPISODE

- Episodes : 2.12 – 2.13 – 2.14 – 2.15 – 2.16 – 2.17 – 2.18 – 2.019 - 2.20

- Titres : Chapitre 12 : L’Épiphanie - Chapitre 13 : La passion de Sabrina Spellman - Chapitre 14 : Lupercales - Chapitre 15 : La maison de l’horreur du docteur Cerberus - Chapitre 16 : Blackwood - Chapitre 17 : Les missionnaires - Chapitre 18 : LEs miracles de Sabrina Spellman - Chapitre 19 : Le sort de mandragore - Chapitre 20 : La valse de Mephisto

- Date de première diffusion : 22/03/2019 (Netflix)

- Réalisateurs : Kevin Sullivan(2.1, 2.9) - Michael Goi (2.2) - Salli Richardson-Whitfield (2.3) - Alex Garcia Lopez (2.4) - Alex Pillai (2.5) - Rob Seidenglanz (2.6) - Rob Seidenglanz (2.7) - Antonio Negret (2.8)

- Scénaristes : Roberto Aguire-Sacasa (2.1, 2.9) - MJ Kaufman & Christina Ham (2.2) - Oanh Ly (2.3) - Ross Maxwell (2.4) - Matthew Barry (2.5) - Donna Thorland (2.6) - Christiane Hedtke & Lindsay Calhoon Bring (2.7) - Joshua Conkel (2.8)

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