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The Rain : Review de la première saison

Date : 11 / 05 / 2018 à 14h00
Sources :

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Disponible le 04 mai sur Netflix, The Rain raconte la chute de la civilisation humaine au lendemain d’un désastre écologique qui a transformé le ciel et l’eau, sources de vie, en destructeurs de monde.

Inscrit dans un genre " post-apocalyptique " surchargé au point d’être vulgarisé, The rain se heurte à un défi : captiver en affirmant sa propre identité pour se démarquer des autres shows.

Pour répondre à ce défi, Jannick Tai Mosholt, Christian Potalivo et Esben Toft Jacobsen associent l’atmosphère lente et intimiste de Leftovers à la jeunesse innocente et désoeuvrée de It Follows.

Ici, point de Rick Grimes, mais des jeunes adultes, à peine sortie de leur bulle d’enfant, arrachés à leur monde. L’inexpérience et parfois la naïveté de cette jeunesse sont des éléments moteurs de l’intrigue et génèrent maintes prises de décisions illogiques et très frustrantes.

De manière triviale, il faut imaginer un groupe de survivant composé exclusivement de Carl Grimes à ces débuts dans The Walking dead. Tel est le postulat de départ de The Rain qui va jouer avec les nerfs de beaucoup, avant que les personnages ne révèlent leur plein potentiel.

Derrière une intrigue et un background (trop) classique, avec une première moitié de saison très poussive, The Rain révèle un potentiel insoupçonné qui la rend au moins aussi intéressante que la pépite allemande Dark.

En effet, The rain, n’est pas un récit " survivaliste " à proprement parlé mais un voyage initiatique dans un monde en ruine.

Dans la droite lignée des récits initiatiques, les jeunes personnages n’ont pas d’autres choix que de grandir, par l’expérience, pour survivre aux assauts d’un monde nouveau. Ils s’entraînent alors mutuellement dans un périple au cœur d’un environnement très varié (ville en ruine, bunkers souterrains, fermes, etc…) dominé par une nature belle et hostile. A noter que dans la construction des étapes du récit, le voyage du héros, le monomythe, de Joseph Campbell est très prégnant.

Reprenant les principes au cœur des rites initiatiques, la série développe l’idée selon laquelle le passage à l’âge adulte nécessite une renaissance, l’éclosion d’une nouvelle personne. Sur ce point, les symboles liés à l’accouchement et la maternité inondent la série (cf. le bunker). Au cœur de toutes naissances, l’accouchement est une épreuve douloureuse mais nécessaire. Véritable point de non-retour, il constitue à la fois l’accès à un nouveau monde et un nouveau départ.

En tant que voyage didactique, la série enseigne que la logique, tirée d’expériences d’un monde déjà mort, ne suffit plus pour affronter les épreuves. Il est donc nécessaire de s’initier à de nouvelles pratiques s’adaptant aux nouvelles conditions de vie.

Au gré du voyage, les jeunes acteurs, un brin archetypés, révèlent, chacun à leur façon, un charme et un charisme lumineux. Bien loin des personnages lugubres associés au genre, ils s’efforcent de dégager de l’espoir, de l’optimisme et une chaleur bienvenue dans l’univers de mort où ils évoluent. Pour les jeunes protagonistes, il n’est pas question de sauver le monde ou de livrer des secrets cachés (tout est révélé dès le premier épisode). Il s’agit d’expérimenter et de prendre à bras le corps les joies et les peines offertes par la vie.

En un sens, leur voyage initiatique ne se limite pas à subir le nouveau monde naissant, aussi hostile soit-il. Pour s’initier à la vie, il est tout aussi important de tirer le meilleur profit possible des joies cachés d’un tel monde. Après tout, ne voir que le pire en tout chose, c’est déjà s’abandonner à la mort.

Ainsi, au mépris de toute logique de survie, les personnages s’enrichissent des expériences émotionnelles procurées par les sens. Ils contemplent, touchent, goutent au péril de leur vie. Parfois, pour mieux vivre, il faut aussi délaisser la raison pour jouir sous l’empire des sens et ce, peu importe les risques.

Dans cette 1 ère saison, The Rain livre également l’idée, anti-survivaliste, selon laquelle se terrer dans un bunker est une mort en soi. En effet, le bunker est aussi bien un abri souterrain qu’un tombeau. En ce sens, The Rain est une ode à la prise de risque, au saut vers l’inconnu et à l’aventure. Et l’essentiel n’est pas la finalité de cette dernière, qui est accessoire en soi. L’essentiel est le cheminement, riche en expériences humaines douloureuses et magnifiques.

Le show développe surtout un message lumineux et positif sur la vie à destination d’une jeunesse contemporaine, en quête de repères et de modèles, à qui l’on prophétise des lendemains loin d’être enchanteurs et radieux.

En définitive, dans le genre " post-apocalyptique ", The Rain est une série positivement singulière. À l’heure où l’offre est abondante, elle présente des qualités pour attirer l’attention qu’elle mérite.

EPISODES

- Episodes : 1.01 – 1.02 – 1.03 – 1.04 – 1.05 – 1.06 – 1.07 – 1.08
- Titres  : Stay Inside – Stay Together – Avoid the City – Trust No One – Have Faith – Keep Your Friends Close – Don’t Talk to Strangers – Trust Your Instincts
- Date de première diffusion : 04/05/2018 (Netflix)
- Réalisateurs : Kenneth Kainz (ép 1, ép 2, ép 3, ép 4) – Natasha Arthy & Kenneth Kainz (ép 5, ép 6, ép 7, ép 8)
- Scénaristes : Jannick Tai Mosholt (ép 1, ép 2, ép 3, ép 6, ép 8) – Poul Berg (ép 4, ép 7) – Meete Heeno (ép 5)

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