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[Théâtre] Harold Pinter - Le retour : La critique

Date : 23 / 03 / 2018 à 09h15
Sources :

Unification


Le retour est une pièce de théâtre de Harold Pinter, Prix Nobel de la littérature en 2005, écrite en 1965, racontant les retrouvailles tendues d’une famille.

En effet, le fils aîné, professeur dans une Université américaine, revient après 6 années d’absence avec sa femme dans la maison familiale en pleine nuit. Il y retrouve son père, son oncle et ses deux frères cadets.

Cet environnement exclusivement masculin va se retrouver chamboulé par l’arrivée de cette femme qui ne va pas hésiter à jouer avec les uns et les autres, faisant ressortir envie et rancœurs, ainsi qu’une violence larvée s’exprimant progressivement par les mots.

Cette pièce trouble peut perturber le spectateur, d’autant que les non-dits sont nombreux et que l’interprétation des faits et des gestes, ainsi que des paroles de chacun, sont nombreuses.

Le texte est très bien écrit et révèle les dessous d’une famille appartenant à une classe moyenne anglaise. Certaines répliques sont d’une grande force et violence et la fin est une merveille de cynisme.

L’étude psychologique des personnages et les interactions et relations les liants sont une étude pointue de la psyché humaine. Une réflexion intéressante sur la colère et la frustration que l’humain peut porter en lui et qu’une situation inédite aide à exprimer.

La pièce a lieu dans un salon défraîchi dans lequel les différents protagonistes entrent et sortent créant du dynamisme et ponctuant les moments forts d’une journée de 24 heures.

Ces derniers sont très bien interprétés par 6 comédiens incarnant cette famille dysfonctionnelle. Ce sont eux qui mettent en scène collectivement le texte, et ces derniers livrent une prestation puissante et intense captivant le spectateur de bout en bout.

La jolie création lumière de Pierre Langlois rend le lieu aussi bien accueillant que menaçant, tout en jouant sur les heures de la journée. Le site du théâtre de l’opprimé se prête bien à ces jeux d’illumination, reconstituant une scène ouverte, surplombée par les gradins de fauteuils, et dont l’espace est délimité par un rectangle de lino posé au sol.

Les très beaux costumes de Floriane Gaudin, associés à quelques éléments de décors, permettent aussi de se retrouver projeté plus de 50 ans en arrière.

Le retour est une très bonne pièce de théâtre, intense et puissante, faisant réfléchir et jouant sur les émotions. Une histoire familiale sortant de l’ordinaire, porté par un très beau texte d’Harold Pinter et interprétée avec talent par une bande d’acteurs captivants.

Une véritable expérience théâtrale ne laissant pas indifférent.

Dense et profond.

INFORMATION

La pièce de théâtre se joue du 21 au 25 mars au Théâtre de l’Opprimé (78 rue du Charolais 75012 Paris) jusqu’au 25 mars 2018.

- RÉSERVATION
- SITE OFFICIEL

SYNOPSIS

Une famille modeste du Nord de Londres. Max, le vieux père, ancien boucher, vit avec ses deux fils, Lenny et Joey, et son propre frère, Sam, chauffeur de taxi. Ce soir-là, dans la maisonnée à moitié endormie, a lieu le retour, en catimini, du troisième fils, Ted, brillant professeur de philosophie établi aux États-Unis depuis six ans. Il est accompagné de sa femme, Ruth, rencontrée et épousée en Angleterre la veille de leur départ. Dans cette intimité désertée par les femmes (la mort de la mère, Jessie, est antérieure au départ de Ted), le "retour" de ce fils prodigue et l’intrusion d’une femme au passé trouble et dont tout nous échappe au premier abord vont bouleverser l’ordre des rapports établis au sein de cette cellule familiale. Comment ceux qui ont survécu jusque-là vont-ils vivre à présent ?

Le Retour a été créé à Londres par la Royal Shakespeare Company à l’Aldwych Théâtre en 1965, présenté l’année suivante dans une adaptation de Eric Kahane - mise en scène de Claude Régy - et en 2000 à la Comédie-Française. En 2012, Luc Bondy reprend la pièce à l’Odéon-Théâtre de l’Europe.


DISTRIBUTION

  • Collaboration artistique : Claude Leprêtre et Lou Martin-Fernet
  • Mise en scène : collective
  • Avec : Cantor Bourdeaux, Jean-Rémi Chaize, Théo Costa-Marini, Jérôme Fauvel, Maud Roulet et Charles-Antoine Sanchez
  • Texte : Harold Pinter
  • Création lumière : Pierre Langlois
  • Costumes : Floriane Gaudin
  • Durée : 1h40
  • Public : tout public

Spectacle créé avec les soutiens de l’ENSATT, la Fédération Cie Philippe Delaigue et le Centre Culturel Jean Vilar de Champigny-sur-Marne

TARIFS

  • Plein tarif : 16 euros
  • Tarif réduit (étudiants, intermittents, professionnels du spectacle, - de 30 ans, + de 65 ans, demandeurs d’emploi)  : 12 euros
  • Tarif mini (pass culture du 12e, groupe de plus de 10 personnes, adhérents, -12 ans, structures partenaires) : 10 euros
COMMUNIQUḖ DE PRESSE

Le projet :

« L’aventure autour du Retour de Harold Pinter a commencé en 2010 à l’ENSATT, où nous avions présenté une maquette de 50 minutes de cette pièce. Depuis cette pièce n’a cessé de nous accompagner et nous avons toujours su que nous y reviendrions. Nous nous y attelons maintenant, sept ans après le début de cette aventure. Notre groupe est issu d’une même promotion de comédiens, créateur lumière et costumier. Cette histoire commune nous semble faire sens par rapport à cette pièce, où il est question de cellule familiale, de fratrie, et de rapports de forces intimes. »

Biographie d’Harold Pinter :

Né le 10 octobre 1930 dans une famille d’origine Russe et de religion Juive du Faubourg d’Hackney à Londres et mort le 24 décembre 2008 à Londres. Il suit des études à la Hackney Downs Grammar School puis passe brièvement à l’Académie Royale d’Art dramatique. Il débute sa carrière au théâtre en tant qu’acteur, sous le pseudonyme de David Baron. Il collabore à divers magazines et écrit sa première pièce, The Room (La Chambre) interprétée en 1957 par les étudiants de l’université de Bristol. Suivront The Birthday Party en 1958 puis Le Gardien (The Caretaker), qu’il adaptera trois ans plus tard au cinéma.

Dans les années 1970, il s’intéresse de plus en plus à la mise en scène et devient directeur associé du National Theater en 1973. Dans la même période, il commence à prendre parti sur des problèmes politiques, s’affichant distinctement à gauche. Il mène un combat continu pour porter à la connaissance du public les violations des droits de l’homme et la répression. Ses courriers sont souvent publiés dans les journaux britanniques, comme The Guardian ou The Independent.

Parallèlement, il a collaboré à la radio et à la télévision britannique (une vingtaine de scripts de 1960 à 1999, ainsi que trois réalisations en 1979, 1982 et 1992).

Harold Pinter est également connu en tant que scénariste. Son premier scénario, The Servant, est écrit en 1962 (le film sort en 1963) d’après le roman de Tobin Maugham. Le film est réalisé par Joseph Losey, tout comme Accident (dans lequel Harold Pinter joue d’ailleurs un producteur de télévision) et Le Messager (The Go-Between). Pinter écrit aussi le scénario de La Maîtresse du lieutenant français (The French Lieutenant’s Woman), d’après le roman de John Fowles, le film sera nommé aux Oscars de 1981.

Plusieurs des pièces de Pinter furent également adaptées pour le cinéma : The Caretaker (1963), The Birthday Party (1968), The Homecoming (1973) et Betrayal qui sera également nommé aux Oscars (1983).

GALERIE PHOTOS

Harold Pinter : Le retour


© Cantor Bourdeaux


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