270 connectés

[Spectacle] Pas d’souci ! : La critique

Date : 02 / 03 / 2018 à 09h30
Sources :

Unification


Pas de soucis ! est une mise en valeur des dérives textuelles auxquelles nous ont habitué ces dernières années journalistes et comédiens, artistes et sportifs, sans oublier l’homme du commun. En effet, ce dernier n’est pas en reste pour seriner qu’il n’y a pas de soucis, qu’on va tout donner, mais rien lâcher.

Le texte de Philippe Fertray est brillamment écrit, présentant plusieurs personnages mettant en valeur l’inanité de certaines sentences et la non information de formules sans queue ni tête. On découvre ainsi plusieurs scénettes mettant en valeur des situations souvent truculentes alors que l’auteur lui-même incarne sur scène les protagonistes les déclamant.

Ainsi, de l’actrice s’écoutant parler, à la journaliste verbeuse, de la conférence sur l’art moderne au footballeur, de l’homme de la rue au politicien, tout le monde en prend pour son grade alors que les tics verbaux de chacun sont passés à une grande moulinette caustique.

Associée aux démonstrations verbales parfois pleine d’emphase, l’ironie mordante n’est jamais loin. Le texte se déroule ainsi sur 1h20, parfois à une telle vitesse qu’il n’est pas toujours évident de décoder toutes les références textuelles disséminées par un trublion de la langue française.

Un stakhanoviste des mots s’amusant à les mettre en valeur pour mieux fustiger leur dérive dont nous sommes parfois nous-mêmes promoteurs.

Si, au vu des perles dont ils sont coutumiers, on peut trouver la parole des footballeurs un peu moins forte que le reste du spectacle, quelques passages sont formidablement croqués comme une interview édifiante, ou encore un merveilleux moment d’explication de l’art, méritant la palme de l’éloquence.

Pas de soucis ! est un spectacle très bien écrit, faisant rire et démontrant parfois par l’absurde que si le langage est vivant, son évolution peut mener au ridicule, pour peu qu’on s’interroge sur le véritable sens de ce qui est dit.

Caustique et juste plaisant.

INFORMATION

Le spectacle se joue tous les vendredi et samedis à 21h30 au Théâtre de la Contrescarpe (5 Rue Blainville, 75005 Paris) jusqu’au 10 mars 2018. Prolongations les mercredis et jeudis à 21h30 du 22 mars au 28 juin 2018.

- RÉSERVATION
- SITE OFFICIEL

SYNOPSIS

Spectacle lauréat p’tits Molières 2016 p’tit Molière « coup de cœur »

Halte aux abus textuels ! Prenons enfin conscience, avec humour, des déviances langagières de notre époque !

Un personnage presque confus met en lumière nos tics de langage et s’amuse des expressions qui ne veulent rien dire.

Agacé qu’il n’y ait "pas de souci" nulle part, il convoque un galeriste postmoderne, un touriste "just back" from New York, une actrice qui s’écoute, la chronicreuse Tristine Angoasse, des journalistes pratiquant le parler-parlé, des individus lourdement armés et des sportifs à 200%.

En toute illogique, on termine sur une initiation à la chanson de variété chinoise "parce que voilà".

Un spectacle "juste génial" !


DISTRIBUTION

  • Mise en scène : Virginie Darmon
  • Avec : Philippe Fertray
  • Texte : Philippe Fertray
  • Collaboration musicale : Bernard Faulon
  • Vidéo : Fertray
  • Lumières : François Ancellet
  • Durée : 1h15
  • Public : tout public
TARIFS

  • Catégorie 1 : 26 euros
  • Catégorie 2 : 18 euros
  • Catégorie 1 tarif réduit : 16 euros
  • Catégorie 2 tarif réduit : 12 euros
GALERIE PHOTOS

Pas d'souci !



Les illustrations des articles sont Copyright © de leurs ayants droits. Tous droits réservés.



 Charte des commentaires 


The Empire Strips Back - A Star Wars Burlesque Parody : La (...)
[Spectacle] Jay - World Man Bio : La critique
[Spectacle] Stéphanie Jarroux - Bio et barge : La critique
[Spectacle] Xenakis et le Japon : La critique
[Spectacle] Cirque Alfonse - Tabarnak : La critique
Loup-Garou L’Apocalypse : Les premiers suppléments de (...)
Bandes Annonces & Co : 18 juin 2018
Sans un bruit : La critique
Wonder Woman 1984 : De nouvelles photos de Diana et de --- (...)
Black Panther : La magie numérique des paysages du Wakanda
Netflix - Bandes annonces : 17 juin 2018
Jurassic World Evolution : La critique du jeu vidéo
Ant-Man et la Guêpe : Marvel en couverture d’Empire
Bandes Annonces & Co : 17 juin 2018
Avengers - Infinity War : La première vague de concept-arts