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[Spectacle] Les Anges au Plafond - White Dog : La critique

Date : 10 / 02 / 2018 à 10h00
Sources :

Unification


La compagnie Les Anges au Plafond adapte le roman de Romain Gary White Dog pour son dernier excellent spectacle.

On peut ainsi découvrir une histoire en grande partie autobiographique, alors que l’auteur vivant avec sa femme Jean Seberg découvre un chien errant qu’il va adopter. Ce dernier va se rendre compte que cet animal adorable se mue en monstre à la vision d’un noir. Il s’agit d’un white dog, un chien entraîné à attaquer des afro-américains. Il va donc le confier à dresseur pour lui faire perdre cette mauvaise attitude.

Le roman de Romain Gary est passionnant à lire. Ce dernier revient sur les combats menés aux États-Unis pour les droits civiques des Noirs, la guerre du Viêtnam, et même mai 68 en France. Mais outre une exposition des évènements marquant de l’époque, c’est un véritable plaidoyer contre la bêtise humaine qui s’étend au fil des pages.

L’œuvre a été filmée pour le cinéma en 1982 sous le nom de Dressé pour tuer, mais l’adapter en spectacle vivant est une gageuse. Les Anges au Plafond réussissent brillamment cette transposition des mots et offrent aux spectateurs un spectacle éblouissant qui est un véritable bijou.

On retrouve 3 comédiens incarnant les différents rôles du récit et se transformant de temps en temps en leurs personnages de papier grâce à des marionnettes géantes extraordinaires crées par Camille Trouvé, Amélie Madeline et Emmanuelle Lhermie. Le chien est aussi animé de la sorte et prend vie de façon incroyable devant nos yeux.

Le quatrième artiste, un formidable musicien disposé sur un côté de l’avant-scène, interprète de la batterie tout le long du show, faisant certaines voix, chantant et s’occupant des bruitages, parant ainsi les scènes de sonorités jazz et blues.

Le décor, impressionnant et modulable s’enrichit régulièrement d’énormes bandes de papier permettant de faire avancer l’intrigue, d’utiliser les ombres, de dessiner dessus, et même, de les découper afin de les transformer en éléments interactifs du décor.

La grande scène centrale montée sur double système de rotation est une merveille d’ingéniosité. De multiples éléments sont sortis d’un sol que l’on croit sans aspérité. Cette dernière se transforme tout à tour en villa cossue, zoo, cage et autres lieux, et la création de ses divers éléments est incroyable.

Le décor du fond est tout aussi impressionnant, se construisant au fur et à mesure que l’histoire arrive à son terme. Certains éléments le rejoignent d’ailleurs dans des séquences utilisant des fils invisibles permettant de faire voler le papier avant de l’envoyer se nicher près de ses comparses.

La scénographie de Brice Berthoud assisté de Margot Chamberlin est incroyable et bluffante visuellement. La mise en scène de Camille Trouvé, assistée de Jonas Coutancier, est géniale et capte l’attention pendant les 1h20 du spectacle.

Mais ce dernier ne serait pas aussi intense et réussi sans ses interprètes magnifiques. Brice Berthoud, porteur de multiples casquettes, incarne aussi Romain Gary, ainsi que son chien. Entre sa maîtrise de l’art de la marionnette et les voix variées qu’il fait, sa présence sur scène est captivante.

Arnaud Biscay est un batteur superbe. Il utilise divers éléments du décor pour faire raisonner le son quand il quitte sa batterie. Et sa belle voix s’élevant dans la salle accompagne très bien le spectacle et fait passer les moments de transformation du décor sans que l’on ne s’en rende compte.

Tadie Tuené est très bon en ami de Roman Gary, mais aussi en dresseur d’animal. Il incarne, de plus, avec une grande véracité, d’autres personnages, utilisant, ou non, des marionnettes pour ce faire.

Le dernier artiste, Yvan Bernardet, est un homme-orchestre, donnant vie à certains éléments du décor, animant quelques marionnettes et gérant une très grande partie de la logistique de la scène.

White Dog est un spectacle incroyable montrant le meilleur de ce que peut être le spectacle vivant. Il présente une adaptation remarquable d’un grand livre et le met en valeur grâce à une immense ingéniosité, des artistes de grand talent et une mise en scène en mettant plein les yeux. La pièce est non seulement à vivre, mais aussi à ressentir. Car tout est parfaitement maîtrisé et surprend sans arrêt grâce à des techniques de l’art de la marionnette et du papier parfaitement adaptées.

La troupe tourne aussi en province avec son spectacle. Aussi, n’hésitez pas à vérifier leurs dates de prestation sur leur SITE, vous ne serez assurément pas déçu du déplacement.

Incroyable et spectaculaire.

INFORMATION

Le spectacle se joue au Théâtre Le Mouffetard - Théâtre des arts de la marionnette (73 Rue Mouffetard, 75005 Paris) jusqu’au 11 février 2018.

- RÉSERVATION
- SITE OFFICIEL
- SITE OFFICIEL DE LA COMPAGNIE

SYNOPSIS

Thriller social sur papier froissé
États-Unis. Années 1960. La lutte pour les droits civiques des Noirs secoue le pays. Installé à Beverly Hills, l’écrivain Romain Gary est témoin de cette révolution sociale. À ses côtés, son épouse, l’actrice américaine Jean Seberg, est partie prenante de ce combat pour l’égalité. Au même moment, le couple adopte un chien errant et se prend d’affection pour lui. Tout à coup, leur nouvel ami, au caractère très doux, révèle un autre visage, terrifiant.

Les Anges au Plafond s’attachent au moment où le romancier tente d’écrire cette histoire qu’il publiera en 1970. Par une nuit d’insomnie, devant la feuille blanche, Romain Gary empoigne le papier comme il se saisit de la réalité, le tord, le déchire, transforme ses proches en personnages littéraires, et l’autobiographie en fable. Deux comédiens manipulent des figures de papier, tandis que la projection de photos d’époque et les rythmes afro-américains du batteur et compositeur Arnaud Biscay soulignent les tensions de cette époque. Les divergences politiques entre extrémistes et modérés se répercutent sur le couple et dans leur cercle d’amis. Le drame domestique déclenché par le chien fait écho à l’histoire en marche. Comment sortir de la haine ? Comment ne pas désespérer ? Comment réapprendre l’humanité ? Le défi nous tient en haleine, comme dans un film à suspense. Un hommage poignant à l’écrivain humaniste qu’était Romain Gary et une réflexion sur l’acte même de création.


DISTRIBUTION

  • Mise en scène : Camille Trouvé assistée de Jonas Coutancier
  • Avec : Brice Berthoud, Arnaud Biscay, Yvan Bernardet et Tadie Tuené
  • Texte : d’après Chien blanc de Romain Gary
  • Adaptation : Brice Berthoud et Camille Trouvé
  • Scénographie : Brice Berthoud assisté de Margot Chamberlin
  • Musique : Arnaud Biscay et Emmanuel Trouvé
  • Lumières : Nicolas Lamatière
  • Création sonore : Antoine Garry
  • Costumes : Séverine Thiébault
  • Dramaturgie : Saskia Berthod
  • Marionnettes : Camille Trouvé, Amélie Madeline et Emmanuelle Lhermie
  • Mécanismes de scène : Magali Rousseau
  • Construction du décor : Les Ateliers de la MCB
  • Durée : 1h20
  • Public : tout public
TARIFS

  • Plein tarif : 18 euros
  • Tarif réduit : 14 euros
  • Moins de 26 ans : 12 euros
COMMUNIQUḖ DE PRESSE

Les anges au plafond, la compagnie, née de la rencontre entre deux comédiens marionnettistes, Camille Trouvé et Brice Berthoud, a déjà une belle palette de créations à son actif. Sept spectacles de la cie sont joués en Ile-de-France ce trimestre.

White dog créé au Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes de Charleville-Mezières 2017 est joué pour la première fois à Paris. Il sera ensuite au Festival Marto du 15 au 21 mars puis dans toute la France jusqu’en juillet.

GALERIE PHOTOS

Les Anges au Plafond : White Dog



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