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PIFFF 2017 : Jour 4

Date : 09 / 12 / 2017 à 09h00
Sources :

Unification


Cette quatrième journée a été riche en œuvres puissantes et poignantes qui ne laissent clairement pas indifférent.

En effet, si trois films utilisent le parti-pris de la comédie, ne serait-ce que pour dénoncer notre société et ses codes, le dernier, le fort touchant Sicilian Ghost Story présente une très belle romance adolescente sous forme d’un conte vraiment sombre.

Le Carpenter de l’édition, le très bon Les aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin a été plébiscité par le public, qui a tout autant apprécié le caustique et sanglant Tragedy Girls et l’incroyable et culotté Bodied.

La qualité des films en compétition cette année est incontestable et je n’ai aucune idée du film qui aura rassemblé la plus grande adhésion du public, tant ces derniers sont variés et réussis. En tout cas, la moyenne des notes de chacun sera sans doute l’une des plus élevées du festival.

Il faut aussi saluer le travail du PIFFF qui sous-titre en français toutes les œuvres, et en plus, le Max Linder permettant un deuxième sous titrage en dessous de son écran géant) en anglais les films non anglophones. Cet effort permet de rendre le festival vraiment international et de donner l’occasion aux réalisateurs invités de découvrir des longs métrages de genre étrangers qui ne sortiront peut-être pas dans leur pays.

Enlèvement, mandarin, slasher et battle sont les mots clé de la journée.

14h00 : SICILIAN GHOST STORY

Dans un petit village de Sicile, le jeune Giuseppe disparaît du jour au lendemain. En quête de vérité, une de ses camarades de classe, Luna, décide de mener sa propre enquête sans se douter que ses recherches vont la plonger dans un univers particulièrement sombre et dangereux...

Avis : Sicilian Ghost Story est l’adaptation d’un fait divers horrible qui a traumatisé la Sicile dans les années 80. En effet, la mafia était puissante et inspirait la terreur et cette dernière a enlevé un adolescent pour faire pression sur son père.

Le film de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza alterne entre l’adolescente amoureuse de ce dernier tentant de le retrouver, et le jeune homme prisonnier. Il se transforme de temps en temps en conte très noir duquel submerge une très belle romance désespérée surfant sur le passage à l’âge adulte de deux enfants obligés de grandir trop vite.

Beau et gothique, habité de fulgurances poétiques, cette œuvre est à voir et malgré son propos très sombre captive aussi bien adolescents qu’adultes. Il faut d’ailleurs souligner la très puissante interprétation des deux jeunes qui captent l’attention tout du long de l’histoire.

Un peu bordeline pour être en compétition au PIFFF, ce mélange de romance adolescente et de critique sans concession de la mafia est poignante et laisse un goût amer devant la veulerie des hommes.

Q&A des réalisateurs Fabio Grassadonia et Antonio Piazza à l’issue de la projection du film :


Bande annonce :


16h30 : LES AVENTURES DE JACK BURTON DANS LES GRIFFES DU MANDARIN

Routier prétentieux et machiste, Jack Burton vient en aide à son ami Wan Chi dont la fiancée est retenue prisonnière par des malfrats chinois vivants à Chinatown. Le début d’une grande aventure qui va les plonger au cœur d’une lutte ancestrale entre les forces du bien et du mal...

Avis : Les aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin est une œuvre qui n’a pas marché lors de sa sortie en salle. Elle a signé la fin de la période « major » de John Carpenter après l’échec de The Thing qui avait bien écorné le statut du réalisateur.

Des années plus tard, ces deux œuvres ont atteint un statut de films cultes, malheureusement trop tard pour la carrière de Carpenter qui a réalisé après les années 80 des longs métrages puissants, mais manquant parfois de budget.

Le festival permet donc de (re)voir sur grand écran, dans une très belle version restaurée, les aventures burlesques et spectaculaires d’un Jack Burton impeccablement interprété par un Kurt Russell au sommet de sa forme.

Enjoué et bourré d’humour, surfant sur la vague des films chinois des années 80, le long métrage n’a pas perdu de sa superbe. Œuvre à part dans la filmographie d’un réalisateur spécialisé dans l’horreur, le fantastique et la science-fiction, son incursion dans la comédie d’action fantastique est une véritable réussite.

À (re)découvrir sans hésiter avant son potentiel remake qui devrait, peut-être, voir le jour prochainement.


19h30 : TRAGEDY GIRLS

Deux adolescentes fascinées par la mort décident de kidnapper un tueur en série pour qu’il leur enseigne les « ficelles du métier ». Le début d’une vague de crimes qui va transformer ce duo de lycéennes mal dans leur peau en véritables stars des réseaux sociaux...

Avis : Tragedy Girls est un très bon Teen Slasher de Tyler MacIntyre s’amusant à inverser les codes pour amuser encore plus et à dénoncer les dérives des réseaux sociaux.

En effet, c’est deux Pom Pom Girl qui décident de tuer des gens pour accéder à une certaine notoriété. Ces deux meilleurs amies n’hésitent pas à éliminer les personnes qu’elles n’apprécient pas et à gérer leur blog présentant leur ressenti sur les morts terribles touchant la population de leur petite ville.

Les deux actrices principales sont formidables et font beaucoup rire. Ces dernières utilisent très bien leur physique et des situations parfois burlesques pour éliminer sans états d’âme les victimes qu’elles choisissent. Il faut d’ailleurs donner une mention spéciale au psychopathe serial killer qu’elles kidnappent pour qu’il leur apprenne le « métier ».

Le long métrage est bourré de références multiples à des films d’horreur dont le spectateur averti pourra essayer de retrouver les titres. Ce mélange détonnant permet de passer un moment très agréable et de beaucoup rigoler en regardant ces donzelles létales faire preuve d’imagination dans leurs mises à mort.


21h30 : BODIED

Adam, un étudiant blanc issu des beaux quartiers, déchaîne les passions lorsqu’il décide de rejoindre le monde provocateur des rap battles, au grand dam d’Anna, sa petite amie féministe et possessive...

Avis : Bodied est un film de Joseph Kahn que j’attendais avec impatience après l’excellent Détention du même réalisateur qui avait clôturé la première édition du PIFFF. Si le résumé et la bande annonce me laissait un peu sceptique, et, il faut bien avouer, ne me donnait pas trop envie de le découvrir, je me suis bien trompée sur ce ressenti a priori.

Le long métrage parle de rap battle, des batailles verbales dans lesquelles deux personnes s’affrontent oralement en s’insultant copieusement, en rimes bien sûr et devant un public applaudissant et s’esclaffant devant les piques les plus méchantes. L’un des sujets est donc les mots et la façon dont on les manipule. Mais à travers ces derniers l’œuvre est une dénonciation au vitriol de notre société, de son hypocrisie, des clichés attachés aux gens. Elle explore ainsi des thématiques fortes comme la couleur, le sexe, l’orientation sexuelle, l’appartenance sociale…

Rien n’est oublié dans ce film anti-conventionnel n’hésitant pas à tacler tout le monde sans jamais mettre quiconque ou quelque pensée que ce soit en avant.

L’interprétation collégiale est fort brillante et les comédiens ont réécrit leur texte pour leur battle afin de coller au mieux à leurs personnages.

Cette véritable claque fait beaucoup réfléchir et à travers un humour brillant, montre l’inanité des comportements humains. Car tout le monde a sa part d’ombre et sait plus ou moins s’en affranchir un peu.

Magistralement écrit, avec une superbe bande originale, un montage impeccable, des acteurs impressionnants et une réalisation sans faille, on ressort bouleversé par cette poésie moderne exposant sans fard les tréfonds de la psyché humaine.

Présentation du film et Q&A du réalisateur Joseph Kahn à l’issue de la projection du film :


Bande annonce :


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