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Marvin ou la belle éducation : La rencontre avec Anne Fontaine, Finnegan Oldfield et Jules Porier

Date : 22 / 11 / 2017 à 10h30
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À l’issue de la projection du film Marvin ou la belle éducation, la réalisatrice Anne Fontaine et les acteurs Finnegan Oldfield et Jules Porier sont venus répondre aux questions du public.

Voici la retranscription des échanges qui ont eu lieu. Vous pouvez aussi en visualiser la vidéo en fin d’article.

On retrouve beaucoup de ton roux dans les cheveux des acteurs et la tonalité de certaines images. Pourquoi cette couleur ?

Anne Fontaine : C’était pour rapprocher les 2 Marvin et le roux est ce que l’on retient. On a aussi travaillé sur la peau, les grains de beauté des deux acteurs. Cela permet de tout de suite les reconnaître, car ils ne sont pas roux en réalité.
Mais Isabelle Huppert est rousse. Les roux sont aussi victimes de la différence.
C’est un film qui est une ode à la différence permettant de se sortir d’une situation inextricable.

Votre mise en scène est-elle inspirée du film de Guillaume Gallienne Les Garçons et Guillaume, à table ! ?

Anne Fontaine : Non, elle n’a rien à voir. C’est bouleversant de voir comment la famille peut se déplacer dans un environnement particulier. Mais je ne me suis pas du tout inspiré du film de Guillaume Gallienne.

Finnegan Oldfield : Le film parle de plusieurs choses, notamment comment le père du personnage principal peut devenir un héros. Le film parle aussi de la réconciliation.

Anne Fontaine : L’acteur est aussi sclérosé dès son départ. Quel est son rapport avec sa famille d’origine ? Comment se réconcilier avec cette dernière ? C’est ce qu’il y a de plus fort, l’amour.

Comment vous êtes-vous préparé pour votre premier rôle ?

Jules Porier : J’ai fait un casting en avant tournage. J’ai beaucoup travaillé avec Anne Fontaine en amont de ce dernier et j’ai parlé avec elle pour voir comment cela allait se passer. J’ai aussi parlé avec Finnegan. C’était comme une danse.

Anne Fontaine : J’ai fait un casting sauvage. Au bout de quelques mois, Jules a vu un article dans le journal et s’est dit « pourquoi pas moi ? ». Il a fait des essais et j’ai été saisie par sa présence cinématographique. Il fallait un acteur qui n’en fasse pas trop. Si je n’avais pas eu le coup de foudre, je n’aurais pas fait le film et aurais attendu le bon acteur pour le rôle.

Pourquoi avez-vous souvent utilisé un effet miroir ?

Anne Fontaine : Ce sont des regards bienveillants qui permettent d’infléchir un destin, comme celui de la principale. Le personnage principal se remémore des phrases et les théâtralise. Puis il rencontre son professeur de théâtre qui met des mots sur sa situation. C’est aussi une quête initiatique. Si personne ne croit en vous, vous êtes bloqués dans une situation.

Quel est le rôle du harceleur ?

Anne Fontaine : Il n’est pas là pour aider.

Finnegan Oldfield : Le personnage est très ambigu. C’est le premier à vouloir abuser du jeune.

Qu’est-ce que qui vous a donné envie de continuer le roman autobiographique En finir avec Eddy Bellegueule d’Edouard Louis ?

Anne Fontaine : C’est l’auteur qui est venu vers moi avec son roman. Cela a été un choc. Je lui ai très vite expliqué que si je faisais un film, ce ne serait pas l’adaptation de son roman, d’autant qu’il s’arrêtait à 12 ans.
L’auteur a été d’accord, car il nous a vendu ses droits. On retrouve une enfance très proche de celle du personnage du livre. L’âge adulte est inventé par le scénariste Pierre Trividic et moi.
Moi, je n’ai pas vécu cette vie là, j’étais plus libre. Je ne fais pas un film si je ne m’attache pas à l’histoire.

Edouard Louis a t’il vu le film ?

Anne Fontaine : Pas encore, car il est aux États-Unis. Il a vendu les droits sur son livre une fois qu’il a lu le scénario. Il a accepté le fait que je sois libre dans ma réalisation.

Pourquoi avoir inséré un passage télévisé du personnage dans l’histoire ?

Anne Fontaine : C’est intéressant de voir comment la famille ressent le passage à la télévision de quelqu’un qu’elle connaît et l’impact de cela sur sa propre vie.

Quel est votre parcours ?

Jules Porier : J’ai fait plusieurs années de théâtre et d’improvisation en extrascolaire. Quand j’ai vu l’annonce, j’ai trouvé cette expérience intéressante. Ce n’était pas comme un projet professionnel. Si on me repropose de faire un film, c’est génial, sinon, c’est une super expérience à vivre.

Y a-t-il une volonté de votre part de montrer ce que regarde la personne plutôt qu’elle-même ?

Anne Fontaine : C’est le point de vue de Marvin que je voulais montrer. Cela permet d’incarner tout ce qu’il ressent. Ce n’est pas explicatif. Le personnage vit les situations, d’autant que les 2 Marvin avancent ensemble.

Finnegan Oldfield : Et nous on regarde le gaffeur orange.

Est-ce que c’était des rôles difficiles à jouer ?

Finnegan Oldfield : C’était un rôle costaud. C’était beaucoup d’implication, car Anne est une grande bosseuse. Il fallait bien le raconter. Chaque scène avait beaucoup de poids et était émotionnellement chargée. Ce n’était pas anodin et j’étais sur les rotules à la fin du tournage.

Jules Porier : C’était assez fort et Finnegan a bien résumé la situation.

Est-ce votre parti pris de faire des films qui dérangent ?

Anne Fontaine : Qu’est-ce que cela veut dire transgressif ? C’est par rapport à la normalité. C’est intéressant au cinéma d’exprimer des choses qui sortent de la normalité. Je change souvent de sujet, mais il y a un point commun. Dans l’histoire de Marvin, il y a quelque chose de fondamental.
Ce qui m’intéresse, c’est de travailler sur des émotions amorales. On cherche à renseigner le spectateur sur lui-même, à transmettre des choses humaines. Ce qui m’intéresse, c’est la part qui est en nous et qu’on ne connaît pas.

Est-ce que vous pensez qu’un homme aurait pu filmer le regard d’un homme sur un autre ?

Anne Fontaine : Je ne fais pas de différence. C’est une question de mise en scène. C’est absurde d’être un homme pour filmer un homme, noir pour filmer un noir… C’est une mouvance actuelle. On a reproché à Kathryn Bigelow d’avoir filmé des noirs dans Detroit.
Moi-même quand j’ai été jeune, j’ai dû faire face à cette différence.
C’était important de montrer un film sensuel et je ne pense pas que parce que je suis une femme, cela améliore les choses.

Marvin ou la belle éducation est un beau film délicat porté par une distribution impeccable. Vous pouvez en retrouver la critique ICI.

- SITE OFFICIEL

VIDÉOS

Rencontre avec Anne Fontaine, Finnegan Oldfield et Jules Porier :


Bande annonce :



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