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Star Trek Discovery : Review 1.04 The Butcher’s Knife Cares Not for the Lamb’s Cry

Date : 10 / 10 / 2017 à 15h17
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Unification


C’est une Stargate, c’est la boule à facettes du futur. Je n’ose pas regarder la critique d’Yves ci-dessous, tant j’ai eu une envie pressante de hurler "Chevron 1 enclenché" en regardant le déplacement de la nacelle du Discovery. Et ça, c’était avant que le tout fasse penser à une toupie galactique lors du "Warp Champignon". Je ne sais pas qui a eu cette idée visuelle aussi spectaculaire que stupide, mais les spores cosmiques ont dû être absorbés par les scénaristes de cet épisode. Stupéfait, j’étais en regardant ces images. En écrivant cette critique, j’ai juste envie d’éclater de rire. L’équipe de production a-t-elle fait un stage à Amsterdam avant de définir les tenants et aboutissants de la série ? Mystère… Mais au moins, on pourrait comprendre l’utilisation des champignons dans la série...

Dans le même genre... Les officiers de Starfleet sont-ils devenus totalement cons ? Que peut-il se passer dans le cerveau de l’officier sécurité, le Commander Landry, pour ouvrir comme ça la cage du monstro-plantes ? Starfleet est, à la base, une représentation fantasmée de l’intelligence humaine. Franchement, scrogneugneu, l’intelligence, je ne la voie pas dans cet épisode, ni dans les actions, ni dans les motivations des personnages. Même le couple de Klingons me semble plus sensé que l’équipage du Discovery. C’est dire...

La seule à se rendre compte que cela ne va pas, c’est Michael Burnham. Cela ne donne malheureusement pas à l’actrice beaucoup de chose à jouer. Sur l’ensemble de l’épisode, Sonequa Martin-Green n’a que deux expressions sur son visage : le dégoût, la désapprobation, voire la consternation envers ses collègues.

Si je suis plus flexible que beaucoup sur le respect de l’orthodoxie trekienne, à un moment, il faut arrêter à ce point de réduire à néant 50 ans de chronologie. Si effectivement cette téléportation sporique de vaisseau marche, je suis d’accord avec Lorca, c’est un avantage tactique majeur. Pourquoi, lors de la confrontation avec le Dominion, Starfleet n’a pas réactivé cette technologie pour gagner immédiatement la guerre ? Pourquoi lors des premiers contacts avec Voyager, Starfleet n’a pas envoyé un vaisseau pour récupérer l’équipage de l’autre côté de la galaxie ? etc etc… Oui, c’est toujours superbe visuellement, un régal pour les yeux. Et ces histoires et cette technologie auraient fait un bon point de départ pour une série se passant après les évènements de Voyager. Oui, un nouveau spectateur de l’univers Trek n’a strictement rien à faire, pour rester poli, de nos préoccupations de gardiens du Temple. C’est juste dommage de ne pas pouvoir contenter facilement tous les publics…

Pour autant, je ne m’avoue pas vaincu, j’ai encore un espoir concernant STD. C’est peut-être de l’aveuglement ou de l’acharnement thérapeutique, mais je pense qu’il y a une chance que La série originale soit vraiment dans le viseur de Discovery. J’ai plusieurs hypothèses en tête. La mission du Discovery pourrait être en fin de compte un échec total. Et l’action de Michael Burnham, et par là sa rédemption, passerait par la mise hors d’état de nuire de Lorca. Le tout conduirait Starfleet à revoir son organisation et à promouvoir sa fonction d’exploration. Autre hypothèse, cette technologie pourrait être liée au voyage temporel et en fin de saison, le Discovery pourrait se retrouver dans un futur éloigné, incapable de revenir à leur époque. En mode WTF, Starfleet pourrait être poursuivi par une Brigitte Bardot vulcaine pour maltraitance animale et cela conduirait à l’interdiction de cette technologie... De toute façon, il est quasi sûr que la réprobation de Michael Burnham sera utilisée à un moment ou un autre dans ce but.

Ce sont pour l’instant des vœux pieux, mais je ne peux comprendre autrement la décision de placer la série dans la timeline originale. Réponse dans onze épisodes.

FM

Selon la tradition sériphilique, c’est seulement au quatrième épisode qu’un premier jugement peut être porté sur une série. Si tel est vraiment le cas, DIS 01x04 The Butcher’s Knife Cares Not for the Lamb’s Cry sonnerait alors comme un glas tant il réussit à tirer encore davantage vers le bas une série qui n’avait pourtant jusque-là rien de vraiment prometteuse.

Je ne reviendrai pas sur le viol de plus en plus grossier de la continuité trekkienne, les critiques précédentes, ainsi que celle de Frank ci-dessus, ayant déjà accordé une large place à cette question, désormais déclarée cause perdue.

Ce qui frappe de prime abord dans DIS 01x04 The Butcher’s Knife Cares Not for the Lamb’s Cry, c’est l’inintérêt profond de la majeure partie du cast : des personnages sans épaisseur et sans conviction qui hantent la série comme autant d’ectoplasmes, débitant des lignes de dialogue sans saveur ni profondeur, multipliant les invraisemblances et les non-sens comportementaux, laissant au mieux le spectateur indifférent, suscitant au pire une profonde antipathie (par exemple la mort de l’insupportable commander Landry - à la fois malveillante et irresponsable - ferait presque plaisir, soit le parangon de la "GameOfThronisation" loupée).
Seule Michael Burnham (Sonequa Martin-Green), vendue par les showrunners comme le personnage principal, se révèle relativement attachante par sa sensibilité humaine, ce qui est involontairement ironique étant donné qu’elle a reçu une éducation et une formation vulcaines, tandis que la société profondément dystopique de la "nouvelle" Fédération a tenté d’en faire le bouc émissaire de sa propre impéritie.

Toutefois, signe d’une écriture dysfonctionnelle, les quelques qualités psychologiques de Michael Burnham ont un "coût" internaliste exorbitant, à savoir le discrédit systématique des autres personnages et même de la société à laquelle ils appartiennent.
C’est donc au prix d’un contraste très artificiel avec l’ensemble de son univers d’appartenance que l’héroïne principale tire son épingle du jeu, ce qui constitue une généralisation du principe initié par le reboot Kelvin : un univers à l’origine infini, en constante expansion entre 1964 et 2005, mais qui en 2009 se voit soudain frappé d’un Big Crunch et satellisé autour d’une poignée de super-héros iconiques. Dans DIS, c’est maintenant une héroïne unique qui est devenue le centre de gravité de l’univers, réduit quant à lui à une fonction de perpétuel faire-valoir.
Et seule l’héroïne porte les couleurs - hélas délavées - des idéaux trekkiens, lorsque – par contraste – l’univers et ses composants en constituent l’absolue négation. Avec ce quatrième épisode, les point d’invariance se dévoilent, les fils narratifs prennent forme, l’équation commence à se préciser. D’entrée de jeu, Starfleet est une institution dévoyée et imbécile, tant elle n’a eu aucun scrupule à marginaliser et condamner son meilleur des officiers pour avoir témoigné d’une lucidité dont tous les autres étaient curieusement dépourvus. Puis dans DIS 01x04 The Butcher’s Knife Cares Not for the Lamb’s Cry, il apparaît que le seul capitaine (Lorca) suffisamment réaliste et sensé pour réhabiliter et ré-engager Michael obéit en réalité à des schémas de pensée bellicistes qui non seulement renvoient lourdement à la dialectique de la Section 31, mais constituent un vulgaire copier-coller des discours et des stratégies de l’amiral Marcus dans Star Trek Into Darkness !

En effet, pour être capable de faire face à des Klingons jugés de plus en plus menaçants, Marcus avait réveillé l’humain génétiquement amélioré Khan 2.0 afin d’exploiter son intelligence, sa combativité, et sa résilience supérieures. Eh bien, de même dans Discovery, dans le cadre de l’effort de guerre contre les Klingons, Lorca se comporte en pur prédateur en cherchant à exploiter sans déontologie aucune le prétendu "craignos monster" apparu dans l’épisode précédent. Or celui-ci s’avère être un tardigrade géant (dans sa forme microscopique terrestre du monde réel, le tardigrade est connu pour être un micro-animal d’une résistance exceptionnelle, capable même de survivre dans le vide spatial, et certains lui prêtent une origine extraterrestre dans le cadre des thèses panspermiques… auxquelles se raccroche justement mais maladroitement DIS). Et dans la série, ledit méga-tartigrade est en fait une créature sensient, ce que nul à bord de l’USS Discovery ne devine… sauf bien entendu Michael.
Loin de toute analyse comportementale qui préside au plus élémentaire des first contacts, le capitaine Lorca et sa "sicaire" Landry étaient visiblement davantage pressés de mutiler le tardigrade plutôt que de chercher à utiliser les informations (et le matériel) collecté sur l’USS Glenn. Des informations qui auraient notamment d’emblée révélé que le tardigrade a développé une relation symbiotique avec les spores du mycelial network au point de se substituer – comme le Glapum’tien dans Valerian – à un super-calculateur de navigation, seul en mesure de permettre aux vaisseaux de franchir de grandes distances en spore drive (difficile d’utiliser cette expression sans rire, mais passons). Sauf que lorsque le paradigme du très trekkien TOS 01x25 The Devil In the Dark est en passe d’être invoqué, cette empreinte mémorielle s’évanouit aussitôt : en effet, le projet de mutilation de Landry cède la place à l’organisation de sa torture par Lorca… dans un reaction cube translucide qui évoque curieusement l’agony booth du Mirror Universe (dans ENT et TOS). Cet extraterrestre possède dans son cerveau une cartographie détaillée de la galaxie et s’avère capable de réaliser des calculs qui ne sont pas à la portée des plus puissants ordinateurs de Starfleet, mais nul ne songe sur l’USS Discovery à établir une communication avec lui ni à solliciter son consentement. À dire vrai, cette question n’effleure même pas les protagonistes (seule Michael témoigne visuellement d’un début d’empathie silencieuse face aux séance de tortures), alors inutile de songer aux débats ontologiques qui faisaient tout le sel de TNG...

Certains seraient tentés de chercher dans Discovery – hors de toute considération de (dis)continuité chronologique - l’ombre des "problématiques guerrières" de DS9. L’énorme différence pourtant, c’est que la troisième série Star Trek était bourrée de sens et de profondeur, prenant le temps d’introduire les enjeux et les alternatives, respectant la complexité et la diversité des espèces extraterrestres. Et outre de ne jamais perdre de vue les idéaux trekkiens intelligemment questionnés face aux impératifs de survie et à ses corollaires militaires, DS9 était référentielle sur les terrains tactiques, géostratégiques, et politiques (dont la guerre était le prolongement par d’autres moyens).
Du coup, c’est plutôt dans le cauchemar d’un Univers miroir que Discovery plonge son personnage principal Michael. Un Univers miroir où les officiers de Starfleet ont troqué l’idéalisme et la lucidité contre le cynisme et le dogmatisme, où le capitaine en titre – personnage hautement emblématique dans l’imagerie trekkienne – est un épigone idéologique du Bad Guy de Star Trek Into Darkness, et où le vaisseau principal – non moins iconographique – est un vaisseau de guerre revendiqué mais aussi un laboratoire de vivisection et de bio-armement. Le titre de l’épisode 4 est une fois de plus éloquent (comme le fut le titre de l’épisode 3).
Et il y a d’ailleurs quelque chose de prophétique à percevoir déjà les effluves dystopique bien grasses du Mirror Universe... étant donné que les scénaristes comptent apparemment l’intégrer officiellement dans la suite de Discovery. Un seul miroir obscur aurait pourtant largement suffi.

Mais pour le spectateur, le pire de l’expérience de visionnage réside probablement dans traitement des antagonistes pseudo-Klingons. Il est en réalité très difficile de suivre une seule des laborieuses scènes en VO klingonne qui leur est consacrée sans bailler voire s’assoupir. Leurs visages grimaçants – telles des gargouilles – ne dissimulent plus rien des prothèses en latex utilisées. Les dialogues estampillées "The Asylum", outre d’être une perpétuelle injure à la flamboyance shakespearienne des Klingons historiques, trahissent non seulement la culture et l’identité klingonnes (cette "identité" dont ils prétendent pourtant se réclamer à chaque réplique), mais également la simple cohérence factuelle.
Ainsi les pseudo-Klingons sont devenus en quelque sorte "cannibales" (L’Rell et Voq se targuent d’avoir dévoré le corps de leur ennemie Philippa Georgiou) !
Le vaisseau de T’Kuvma’s est resté - avec L’Rell et Voq à son bord - durant six mois parmi les débris de la bataille des étoiles binaires, sans que nul klingon ne se préoccupe du sort des rescapés, et pire (sur le plan tactique), alors que ce vaisseau détenait le seul exemplaire klingon d’appareil occulteur (pourtant déterminant dans le conflit en cours).
Les pseudo-Klingons sont carrément prêts à se vendre pour un plat de lentille, ce que même les Ferengis ne feraient pas...
Et voilà que tout le ban et l’arrière ban de l’heroic fantasy est soudain convoquée par l’introduction d’une mystérieuse "matriarchie" klingonne…
Décidément, ces Klingons new style n’ont de "Klingon" que le nom. En somme, à l’instar du label "Star Trek" lui-même depuis 2009.

Le chapitre de Corvan 2 n’est pas en reste non plus au tableau de chasse des absurdités....
Cette colonie minière est présentée comme l’unique (depuis quand ?) source d’approvisionnement de dilithium de la Fédération, minerai vital pour tous les vaisseaux de Starfleet. Or en dépit de la guerre supposée faire rage, et malgré son positionnement stratégique, Corvan 2 se révèle fort peu protégée et totalement vulnérable aux attaques klingonnes ! On croit rêver. Oh my, que DS9 est loin...
En outre, comment se fait-il que l’USS Discovery réussisse à détruire - seul et en quelques secondes - quatre vaisseaux klingons, alors que ceux-ci sont présentés depuis le début de la série comme plus puissants que ceux de Starfleet (histoire de justifier toutes les "solutions extrêmes" auxquelles s’abaisse Lorca ?). Les seuls "sauts" en black alert - et l’effet de surprise résultant - ne réussissent pas à expliquer une si soudaine suprématie tactique.
Et pourquoi, aussitôt après avoir détruit les vaisseaux klingons, l’USS Discovery abandonne-t-il à leur funeste sort tous les rescapés de l’attaque de Corvan 2 (dont les appels aux secours désespérés ont été martelés durant tout l’épisode) ? Bah, probablement parce que l’USS Discovery est dorénavant un pur (et dur) vaisseau de guerre bien bad ass (comme jamais ne l’a été l’USS Defiant dans DS9), et non un vaisseau d’assistance...

Les auteurs espèrent-ils faire vraiment avaler ce festival de mauvais goût et de mépris caractérisé en concluant l’épisode par une illusion de profondeur introspective via le legs (audiovisuel et matériel) de feue Philippa Georgiou à sa "fille" adoptive Michael Burnham ? Chercherait-on à faire pleurer Margot au détour des séances de démolition au marteau-piqueur ?

Au bout du compte, que penser de notre époque si le seul Star Trek officiel qui puisse être désormais commercialement porté à l’écran soit tenu de mettre en vedette des proto-agents de la Section 31, évoluant dans un ersatz d’Univers miroir ?

Encore un 1/5, mais cette fois parce que le barème ne permet pas de descendre jusqu’à 0/5.

YR

EPISODE

- Episode : 1.04
- Titre  : The Butcher’s Knife Cares Not for the Lamb’s Cry
- Date de première diffusion : 8/10/2017 (CBS) - 9/10/2017 (Netflix)
- Réalisateur : Olatunde Osunsanmi
- Scénaristes : Jesse Alexander & Aron Eli Coleite

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