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Les initiés : La rencontre avec John Trengove

Date : 17 / 04 / 2017 à 10h30
Sources :

Unification


À l’issue de la projection du film Les initiés, le réalisateur John Trengove est venu répondre aux questions du public.

Voici la retranscription des échanges qui ont eu lieu. Vous pouvez aussi en visualiser la vidéo en fin d’article.

Attention ! De gros spoilers se trouvent dans l’article. Les deux questions concernées ont été déplacées en fin d’article et un avertissement a été ajouté.

Comment avez-vous eu l’idée de cette histoire ?

L’idée est venue, car j’ai eu une conversation avec un ami cinéaste xhosa qui est gai, Thando Mgqolozana qui co-signe le scénario. On pensait tous les deux que c’était une bonne idée de faire en Afrique du Sud un film queer, et on avait aussi envie de parler de cette initiation qu’il a aussi vécu.

Pourquoi avoir choisit ce rite d’initiation pour parler du sujet de l’homosexualité ?

Il y a plusieurs réponses. Très souvent, on parle de ce rite d’initiation comme un moment où il y a des pratiques homosexuelles.

On dit dans le pays, que même si l’homosexualité est tolérée chez les jeunes gens, après le rite, on doit prendre une femme et avoir des enfants.

C’est la raison pour laquelle on a été intéressé par ce rite, quand le personnage principal est à un moment charnière et qu’on se demande ce qui se passe dans sa tête.

L’auteur du scénario, Malusi Bengu, a écrit un récit à propos de cette initiation.

Pourquoi les initiés ont la tête rasée et sont peints en blanc ?

Cette couleur symbolise une période de passage entre l’enfance et l’âge adulte et elle porte le nom du moment qu’ils traversent.

Cette couleur m’intéressait. Même si le jeune homme est appelé blanc par les autres, car il habite la ville et fréquente des blancs.

On appelle aussi les initiés, les chèvres à cause de la couleur blanche.

Est-ce qu’en fait, vous vouliez parler d’une histoire d’amour ?

En effet, c’est une histoire qui parle de la passion que les deux protagonistes doivent réprimer.

J’ai beaucoup aimé les sons, et pas du tout la manière de filmer. Pourquoi ces choix ?

J’apprécie beaucoup en temps que spectateur le son et c’est pour cela que j’y ai prêté attention.

Je ne voyais que cette manière de filmer l’histoire. Parce que nous tournions avec un grand nombre d’acteurs non professionnels, il fallait une façon de filmer très souple avec la caméra, car on ne pouvait pas mettre en scène l’action, ni répéter avec les personnes.

Avez-vous eu des retours homophobes sur le film ? Et qu’avez-vous répondu ?

Le film n’a pas encore été montré en Afrique du Sud, mais il y a eu déjà beaucoup de retours au niveau international. Les deux acteurs principaux ont été pris à partie sur les réseaux sociaux. Mais ce sont des gens intelligents qui peuvent débattre et expliquer pourquoi ils ont fait ce film.

La problématique gaie est vraiment là.

Comment s’est passé le tournage ?

C’était une équipe réduite, mais aussi un tournage éprouvant. On a eu la chance de trouver des endroits proches de Johannesburg. On avait peu de chemin à faire pour aller dans ces lieux. Il faisait très chaud et il y avait beaucoup de poussière. C’était u tournage très éprouvant.

Tous les acteurs étaient non professionnels ?

La plupart des comédiens que vous avez vus sont non professionnels. C’est le premier film du personnage principal. Celui qui joue Vija est un acteur de théâtre reconnu dans le pays.

Tous parlent leur langue maternelle et tous les comédiens, sauf un, ont suivit cette initiation.

Est-ce que c’est un honneur ou une honte de faire ce film pour les acteurs ?

Beaucoup de gens qui ont été approchés pour participer au film n’ont pas donné suite à cette proposition, car ils ne pensaient pas que c’était juste et possible. Je crois que les comédiens qui ont fait le film ont pensé que c’était important et qu’il fallait le faire.

La plupart des gens du groupe ont réinterprété ce qu’ils ont vécu dans le rituel. C’est eu qui avaient la maîtrise de ce qui se filmait.

On voit beaucoup de plans sur la croix que porte Vija. Pourquoi ces plans ?

Le comédien qui joue Vija a insisté pour porter cette croix. Pour moi, cela était normal. Cela apporte une nouvelle couche de compréhension, car il y a des traditions vraiment anciennes, mais il y a aussi le contexte de la religion qui fait vraiment partie de la vie du pays.

Pourquoi les personnages ne remettent pas en cause cette initiation ?

Il y a dans le film un personnage qui a beaucoup de critiques à faire et pose beaucoup de questions, c’est le jeune homme. Mais je voulais aussi montrer que la plupart des jeunes hommes considèrent ce moment comme le plus important de leur vie. Le jeune personnage est une exception.

On a l’impression qu’à la fin, personne ne remet en question ce qu’on apprend aux jeunes ?

C’est important de comprendre qu’en Afrique du Sud, il y a deux réalités différentes qui vivent l’une par rapport à l’autre. Pour quelqu’un de la classe moyenne, c’est facile de vivre son homosexualité. Il sera protégé par les lois.

Mais dans les régions les plus pauvres, la réalité est tout autre.

Malgré la loi, il y a beaucoup de violence contre les homosexuels et la réalité est très différente.

Quelle est la proportion de gens qui ont fait ce rite ?

Les xhosa sont la plus grande ethnie en Afrique du Sud. À ce jour, la presque totalité des jeunes hommes vont faire ce rite sans le questionner, quel que soient leur origine et lieu d’habitation.

Cela fait quelques années que certains parents se posent la question, mais ce n’est pas le cas de la plupart des gens.

- SITE OFFICIEL

Attention ! Spoilers ci-dessous !

La sexualité au début est violente et s’atténue par la suite. Est-ce fait exprès ?

C’était mon intention. On doit comprendre ce qu’est le personnage de Vija. Il ne peut envisager des relations homosexuelles que de façon violente, car l’intimité serait une mise en danger pour lui.

Vers la fin du film, j’essaie de montrer ce qu’une telle relation pourrait être sans la pression sociale. La scène près des chutes d’eau est presque rêvée.

Les initiés est un film fort réussi et très intéressant parlant d’une façon originale d’un problème sociétal, l’acceptation de l’homosexualité, à travers un rite ancestral. Vous pouvez en retrouver la critique ICI.

Pourquoi avez-vous choisit de transformer le gentil en méchant à la fin du film ?

Je ne pense pas en terme de bon et de mal. C’est une histoire d’amour qui tourne mal et c’est un drame de passion. Il fait cela pour protéger son amant.

Je comprends que cela peut être perturbant pour des spectateurs comme vous qui pensent à la liberté d’aimer et ne voient pas le problème rencontré par le personnage principal. Mais je voulais montrer que notre conception des choses n’est pas la même que la sienne

VIDÉOS

Rencontre avec le réalisateur John Trengove :


Bande annonce :



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