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La Belle et la Bête : La rencontre avec le compositeur Alan Menken

Date : 19 / 03 / 2017 à 12h45
Sources :

Unification


Pour la sortie du film La Belle et la Bête, le compositeur Alan Menken a donné une conférence de presse.

Je tiens à remercier vivement Disney d’avoir permis à Unification d’assister à cette conférence de presse bien mélodieuse.

Voici la retranscription des échanges qui ont eu lieu. Vous pouvez aussi en visualiser la vidéo en fin d’article qui permet d’entendre le compositeur interpréter sur un piano nombre de musique du film.

Avant quelques questions posées par la trentaine de personnes invitées à la conférence de presse, Alan Menken a fait une longue et passionnante introduction parsemée de morceaux musicaux.

À chaque fois que je vais travailler sur la musique d’une comédie musicale quelle qu’elle soit, il faut toujours que je me demande s’il y a une histoire en terme de structure narrative, si elle se marie bien avec la musique et si la musique lui apporte quelque chose. Et si tel est le cas, à ce moment-là, il faut que je me demande quel est le vocabulaire musical que je vais mettre à l’œuvre pour construite la musique de ce film en terme d’information et de soutien narratif. Qu’est qu’elle peut lui apporter qui permette d’accompagner la trame de l’histoire.

Par exemple, quand j’écrivais La petite boutique des horreurs avec Howard Ashman mon collaborateur, le style musical était le début des années 60, soit le Rock’n Roll. Pour cette œuvre-là, qui était l’adaptation d’un film de série B, c’était vraiment ce style musical qu’il fallait employer.

Et donc, pour La petite sirène, Sébastien est devenu un crabe antillais pour pouvoir faire du calypso et du reggae.

C’est très important d’avoir un style musical adapté et unique pour chaque comédie musicale que l’on fait.

Pour La Belle et la Bête, il y avait des choix évidents qui s’imposaient : il fallait que ce soit français, que cela soit classique, que du point de vue musical, ce soit de la musique de vaudeville et de l’opérette. Et bien sûr, cette dimension d’histoire d’amour et de mystère faisait qu’il y avait foison d’influences.

L’évolution d’un compositeur est très intéressante sur un projet comme cela. Puisque quand on commençait à écrire des chansons, moi et mon co-auteur, nous étions les rois du monde. Nous faisons ce que nous voulons, nous savons où nous allions, quel style musical employer, quelle était l’œuvre que nous créions. Nous croyons tout pouvoir faire et choisir.

Mais à la fin du film, on est un peu les valets. C’est-à-dire qu’il y a le réalisateur qui lui a sa trame de partition et donc, moi, il faut que je me colle aux besoins spécifiques par scènes que lui a en fonction de sa narration.

Et pour le prologue, ils avaient décidé que cela serait Le Carnaval des Animaux de Saint-Saëns. Alors, je leur ai dit, « d’accord, je vais vous proposer une partition de musique » et j’avais beau leur proposer quelque chose, Jeffrey Katzenberg, le producteur exécutif, continuait de dire que lui préférait Saint-Saëns.

C’est une très belle musique en effet.

Voici comment j’ai réussi à composer une musique originale à partir de Saint-Saëns (vous pouvez découvrir le morceau interprété au piano par Alan Menken dans la vidéo ci-dessous).

Puis on arrive à la séquence dans laquelle on découvre le personnage de Belle. On la voit sortir de la maison, on comprend qui elle est. Elle va à la rencontre des habitants du village. Et on découvre la vision que chacune des personnes a sur elle. Et puis, on arrive sur Gaston.

Nous, on a écrit un morceau assez long, une introduction de 6 minutes qui permettait de voir tous ces éléments. Il s’agit du prologue dans lequel les personnages disent « Bonjour ».

Nous, on a tout fait, on a écrit, on a fait notre démo. Tout était prêt et au moment de l’envoyer, là, il y a Howard Ashman qui est pris de scrupules et qui m’a dit : « On est complètement tarés ! Personne ne nous a jamais demandé une ouverture de 6 minutes 30. Ils vont se foutre de notre gueule. Il est impossible de l’envoyer ! ».

Inutile de vous dire qu’à l’époque, il ne s’agissait pas d’envoyer un mail avec un .mp3 attaché et d’avoir la réponse dans l’heure qui suit. Il fallait faire une cassette, la mettre à la poste et attendre une semaine la réponse de ceux qui la recevait. On l’a fait, on a attendu une semaine et ils l’ont adoré !

Il y a beaucoup d’inventions qui ont été faites sur La Belle et la Bête pour que cela ait toutes les caractéristiques d’un dessin animé Disney. Évidemment, si j’avais voulu composer une musique pour le film de Jean Cocteau, elle aurait été complètement différente de ce que nous avons ici.

Notamment, parmi les spécificités de l’animation Disney, il y a tous ces objets enchantés, tous ces gens de maison qui subissent le sort de la Bête et ont été transformés en objets. Il y a aussi ce côté très extravagant de Gaston, le fait que ce soit un personnage un peu caricatural et qu’il ait cet acolyte, Le fou, qui lui colle aux basques.

Et le fait d’avoir cet homme de Néandertal dans l’histoire qui a en plus des sous-hommes de Néandertal qui vont chanter une chanson à Gaston en son hommage, pour nous, c’est du pain béni pour écrire une chanson de comédie.

Sur cette chanson, Howard arrive avec les paroles pour que je peaufine un peu la musique dessus et je riais tellement que je n’arrivais pas à travailler. Je trouvais cela assez dingue, la façon et le talent très particulier qu’avait Howard pour casser ses personnages et les mettre en boîte. Et voir cet homme, Gaston, et son torse velu qui devaient suivre la musique était quelque chose d’hilarant pour moi.

Et les objets enchantés du château ont été utilisés pour cette séquence où à l’initiative de Lumière, ils décidaient de faire une réception digne de ce nom pour Belle quand elle vient dîner.

Les objets enchantés du château ont été utilisés pour cette séquence où à l’initiative de Lumière, ils décidaient de faire une réception digne de ce nom pour Belle pour quand elle vient dîner.

Et là, enchaîne le roulement de tambours et la musique. On a eu l’accroche de cette façon-là et on a su qu’il fallait que la mélodie, c’est-à-dire la chanson, ne commence pas au moment où la musique démarre, elle commence avec la réplique : qu’est-ce qu’un diner sans musique ?

Et c’est cela qui déclenche le roulement de tambours et la musique. Donc, il a fallu qu’on négocie pendant un mois avec les réalisateurs pour qu’ils acceptent de ne pas mettre du texte après la réplique qui lance le repas, car elles sont intégrées dans la musique.

Howard a eu gain de cause, et il fallait qu’il écrire les paroles de la chanson. Il m’a demandé de lui donner la musique pour qu’il puisse le faire et je lui ai réponde « Je te donne un accord, quelque chose de très simple qui est juste une sorte de brouillon. Tu écris les paroles là-dessus et je ferais les arrangements après ».

Il a écrit les paroles, mais je n’ai jamais pu me détacher de ce brouillon-là, de cet accord-là et il a fallut que je travaille sur cette musique très simple et cela a donné C’est la fête (Be Our Guest).

Avec La Belle et la Bête, on nous avait aussi fixé un objectif encore plus difficile à atteindre. À la différence de La petite boutique des horreurs et de La petite sirène, il nous fallait composer une chanson qui devienne un tube et fasse une carrière seule, en dehors de la partition du film. Cela a donné Histoire éternelle (Tale As Old As Time) qui a été interprétée par Céline Dion.

Comment se sont passées vos retrouvailles avec Céline Dion 25 ans plus tard ?

Ce n’était pas mon choix de la prendre pour chanter la chanson à l’époque, mais c’était un bon choix. Elle a chanté merveilleusement la chanson et cela durera pour toujours.

Quel a été votre processus de création des nouvelles chansons et est-ce que le travail sur la comédie musicale a été une aide ?

Dans la comédie musicale, il y avait un morceau formidable, If I Can’t Love Her qui était chanté par la Bête quand il repousse Belle et qu’elle s’en va. Et le thème de la musique, c’est « je ne peux pas l’aimer ». On ne pouvait pas l’utiliser, mais j’ai écrit une autre chanson qu’il chante quand il laisse partir Belle par amour.

On a une nouvelle chanson sur Maurice, ainsi qu’une berceuse, lorsque Belle et la Bête découvrent l’ancien appartement du père de Belle.

Quel acteur vous a le plus surpris ?

Josh Gad, Emma Watson… Je ne peux pas choisir.

Parmi les chansons Disney que vous avez créé, laquelle préférez-vous et pourquoi ?

Je ne peux pas répondre à cette question.

Avez-vous repris des chansons pas utilisées dans le dessin animé dans le film ?

En 1991, j’avais fait pour le dessin animé une chanson : Human again (Vivants à nouveau) qui a été utilisé pour la ressortie du film en 2002. Mais c’est une exception. Je ne fais pas de recyclage.

Quel film sur lequel vous avez travaillé, avez-vous envie de voir en live ?

Le bossu de Notre-Dame.

La Belle et la Bête est un film magnifique qui est une excellente adaptation du dessin animé, tout en proposant aux différents personnages des personnalités plus détaillées grâce à de nouvelles scènes ajoutées. Vous pouvez en retrouver la critique ICI.

- SITE OFFICIEL

VIDÉOS

Rencontre avec le compositeur Alan Menken :


Bande annonce :


GALERIE PHOTOS

Photos officielles :

Conférence La Belle et la Bête : photos officielles


Photos de l’évènement :

Conférences La Belle et la Bête



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