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Bitch Planet : La critique du tome 1

Date : 30 / 03 / 2017 à 08h30
Sources :

Unification France


Extraordinary machine
Bitch Planet, tome 1

  • Scénario : Kelly Sue DeConnick
  • Dessin : Valentine De Landro
  • Editeur : Glénat
  • Collection : Comics
  • Genres : Sci-fi
  • Date de sortie : 4 mai 2016
  • Nombre de pages : 176
  • ISBN : 978-2-344-01465-3
  • Format : 185 mm x 283 mm
  • Prix : 16.95 €

Lire un extrait

Seule une vraie femme peut survivre à... Bitch Planet !

Le futur. Le monde est gouverné par le diktat des hommes. Les femmes qui ne se plient pas aveuglément à leur volonté doivent être « rééduquées ». À l’issue d’un discours évangélisateur psalmodié en boucle dans leur sommeil, elles sont expédiées dans l’établissement auxiliaire de conformité, une prison pour femmes en orbite au-dessus de la Terre. Ces rebelles qui rejettent les règles masculines vont ainsi découvrir les joies de la vie carcérale dans cette boîte de métal que l’on appelle « Bitch Planet. »

Entre pamphlet social, miroir de notre bonne vieille société patriarcale et récit d’aventure futuriste enlevé, Bitch Planet nous invite à découvrir un monde où les femmes se rebellent contre l’injustice et les disparités du consumérisme moderne. Un récit engagé en forme de coup de poing narratif et graphique, orchestré par la brillante Kelly Sue DeConnick (Pretty Deadly, Captain Marvel) et Valentine De Landro (X-Factor). En bonus à cette édition Glénat Comics : une couverture inédite, un appareil critique sur le féminisme et la culture populaire rédigé par Pia-Victoria Jacqmart, des interviews exclusives des auteurs, des fausses-pubs, et plein d’autres surprises !

Décryptage
Dans un futur que l’on imagine lointain, les femmes criminelles (ou non conformes ou encore déviantes) sont envoyées purger leurs peines, non pas dans un pénitencier ou une prison classique mais sur Bitch Planet, lointaine et isolée, dans "l’établissement auxiliaire de conformité." On leur apprendra à se remettre dans le droit chemin.

Dès la couverture et dès l’introduction sur la "non-conformité" le ton et l’ambiance sont donnés, il s’agira d’une histoire de science-fiction et c’est assez paradoxal parce que tout fleure bon les années 70. C’est très Pulp, Très Quentin Tarantino. C’est très rétro et en même temps très moderne. Tout y passe, de la corruption des fonctionnaires, aux matons violents (et/ou pervers), aux jeux du cirque pour faire rentrer dans le rang et bien évidemment divertir le peuple. Certains personnages sont un peu plus creusés que d’autres, ils ont même droit à leur histoire d’avant le drame comme Penny ou encore Kamau Kogo.

Récit coup de poing, il dénonce via cette intelligente allégorie, la place de la femme dans la société actuelle. La vie dans le pénitencier n’est pas de tout repos. Il faut réapprendre à rentrer dans le moule de la société, rentrer dans le rang, être comme tout le monde, ne pas faire de bruit et encore moins de vague. Il s’agit avant tout de femmes à fortes personnalité en décalage avec la société. Certains personnages sont attachants d’autres repoussants. Certains personnages comme certaines situations sont très clichés mais le principal étant le message féministe qui passe extrêmement bien renforcé par une mise en image très funky, bel hommage aux années 70.

Pour éviter la comparaison directe, les auteures ont décidé d’implanter leur récit dans un futur que l’on estime lointain, tout comme H.G. Wells (décidément on ne parle que de lui) avec sa machine à explorer le temps. C’est loin, donc c’est moins dérangeant alors que là encore il s’agit d’une satire de notre société machiste et anti féministe. Souvenez-vous que le droit de vote aux femmes a été accordé en 1944 soit il y a 73 ans cette année. Il reste encore beaucoup de travail à accomplir dans notre société avant que ne disparaissent les inégalités entre hommes et femmes et il est évident que le récit peut aussi s’étendre aux autres minorités oppressées de notre société moderne.

Les titres s’enchainent et étonnent chez Glénat Comics mais ne se ressemblent pas. Il faut avouer que leur grande force est de trouver ces séries ou one-shots étonnants. Ce titre-là, Bitch Planet ne déroge pas à la règle et se classerait même dans la catégorie OVNI des titres encore plus étonnants et dérangeants que les précédents. Et Bitch Planet est au final un divertissement intelligent ambitieux qui laisse passer des messages importants tout en respectant la case divertissement où l’action et la violence sont maitresses dans ce huis clos carcéral.


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