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L’Empereur : Rencontre avec Luc Jacquet et Lambert Wilson

Date : 18 / 02 / 2017 à 11h15
Sources :

Unification


Douze ans après La Marche de l’Empereur, Luc Jacquet est retourné en Antarctique filmer ces animaux extraordinaires lors de l’expédition « Wild-Touch Antarctica » organisé par son ONG Wild Touch. Cette aventure a été menée par une équipe de cinéma de 11 personnes se rendant en Antarctique pour livrer un témoignage sensible sur un monde fragilisé par le changement climatique. Il en découle des documentaires et un film l’Empereur. Pour ce dernier, le réalisateur a choisi le comédien Lambert Wilson pour narrer l’histoire. Unification a rencontré les deux hommes à l’occasion de la sortie du film lors d’une table ronde.

Contrairement à ce que l’on peut penser l’Antarctique n’est pas un continent à l’abri de l’humain. Son équilibre est fragile comme le rappelle Luc Jacquet :
« L’Antarctique a été longtemps considéré comme un lieu bizarrement à l’abri. Les études récentes ont prouvé le contraire. Il y a une manifestation du réchauffement climatique qui est très forte : d’énormes failles de glace dans des icebergs partent aujourd’hui au large. L’empereur est extrêmement lié au cycle de la banquise. Il lui faut un optimum : pas assez de banquise, il n’a pas un support stable pour élever son poussin ; trop de banquise, il a trop à marcher, il n’a pas le temps de ravitailler son poussin pour le nourrir et c’est ce qui est en train de se passer aujourd’hui. On a eu énormément de chance l’année dernière sur l’expédition d’avoir une colonie extrêmement bien portante avec des poussins qui étaient bien nourris, qui se portaient bien. Cette année est totalement catastrophique, l’été austral qui se termine est catastrophique. Les deux années avant, les expéditions ont été catastrophiques. C’est-à-dire, il y a trois générations où sur les 2500-3000 poussins il n’y en a quasiment aucun qui a survécut. A horizon cinquante ans, cette espèce n’existera plus. Et à titre personnel, à titre d’individu, à titre de père de famille, je ne peux pas imaginer laisser un monde sans empereur à mes enfants. »

Le film n’est pas seulement fait pour montrer de belles images et distraire, il a aussi pour but de sensibiliser le grand public à la question environnementale. Pour mettre en scène cette histoire, le réalisateur a travaillé en trois phases : 
« L’histoire je la connaissais par cœur puisque le cycle des manchots empereur c’est toujours le même. L’enjeu était de trouver un angle qui permette de suivre un personnage et que la caméra aide le spectateur à suivre ce personnage. Ça c’est une première couche qui est au filmage et une deuxième couche au montage. J’aime bien quand on ramène les rush au studio de montage. On s’aperçoit qu’il y a toujours des petites choses qui vous échappent. Il y a certaines images qui sont plus magiques que les autres. Une image devient transcendantale. Et j’aime bien aller chercher ça car ça a beaucoup plus de force que la simple description. Le troisième élément, c’est ramené par la voix l’émotion et les éléments nécessaires. Ils suffisent pour comprendre l’histoire sans que l’on ait l’impression qu’il y a quelque chose de plaqué, ça c’est du feeling, pas trop de voix mais assez : faire passer un maximum de chose par le jeu de l’acteur qui économise des phrases, qui économise des adjectifs. C’est en ça que c’est intéressant de travailler avec quelqu’un comme Lambert. Il va vous dire en une expression ce qu’il aurait fallu des phrases de description pour arriver à amener cela au spectateur »

Lambert Wilson nous a ensuite parlé de son travail sur le long-métrage :
« je suis arrivé très tard puisque le film était déjà monté. Luc avait préparé le texte qu’il a continué à écrire jusqu’au dernier moment. Ce qui est particulier dans ce travail là, c’est que les metteurs en scène, qui font des films qui leur prennent énormément de temps, qui vivent avec les mots qui vont accompagner ce film ont une attente très particulière parce que ça va être le vecteur de l’émotion et de certains concepts. Bien sûr, l’émotion est vécue immédiatement par les images. Il y a des informations qui passent par la voix et ça nécessite des phases très très précises de direction d’acteur pour que le metteur en scène retrouve son rêve d’une certaine façon parce que lui il a vécu très longtemps avec ça.(...) Luc est particulièrement exigeant et précis dans ces indications. Là où beaucoup d’autres auraient pu simplement être convaincus facilement, parce que l’on a du métier. La matière est assez réduite donc il ne faut pas se tromper sur la façon de colorer ce matériel. Cette exigence, on la rencontre rarement. »

La passion pour ce continent lointain se ressent chez les deux hommes. Lambert Wilson a pu y aller à l’occasion du tournage de l’Odyssée et en garde un souvenir extraordinaire. Luc Jacquet qui y a séjourné à plusieurs reprises est passionné :
« C’est extrêmement loin, extrêmement dur pour y aller et en revenir : il faut un mois mais il y a un charme incroyable. La beauté de ce paysage qui change en permanence au gré de la lumière, le plaisir de se sentir petit, à sa juste place et appréhender le défi que cela représente d’être vivant. Cette leçon de modestie ou de sagesse. »


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